Chapitre 3

Introduction

Dans les Textes Sacrés, il y a des sujets et des doctrines qui n’en finissent pas d’être expliqués, développés et enseignés selon diverses perspectives. Par exemple dans l’Ancien Testament, l’Éternel communique à Moïse, qui l’écrit en long, en large et en travers dans les livres de la Loi, comment et quand offrir les sacrifices d’animaux. Non seulement les mêmes règles sont répétées dans plusieurs livres mais parfois dans le même livre. Alors c’est avec raison qu’on peut se poser la question suivante : « Pourquoi une seule mention ne suffit-elle pas, pourquoi les mêmes détails sont dits et redits à nouveau ici et là ? » La raison est somme toute évidente, c’est que ce sujet est d’une importance capitale. C’est ainsi que dans l’Épître aux Romains, l’apôtre Paul n’en finit pas d’expliquer le pourquoi du comment du salut. Soit dit en passant que cette grande question avec la réponse : « Comment l’homme coupable peut-il devenir juste aux yeux de Dieu », fut le cheval de bataille des réformateurs comme Jean Calvin et Martin Luther pour ne citer que les plus connus.

Versets 27-28

Je continue à lire vers la fin du chapitre trois de l’Épître aux Romains.

Reste-t-il encore une raison de se vanter ? Non, cela est exclu. Pourquoi ? Parce que ce qui compte, ce n’est plus le principe du mérite, mais celui de la foi. Voici donc ce que nous concluons : l’homme est déclaré juste par la foi sans qu’il ait à accomplir les œuvres qu’exige la Loi (Romains 3.27-28).

Après avoir développé en quoi consiste le salut que Dieu offre aux pécheurs, Paul considère 5 questions que ses lecteurs sont susceptibles de lui poser. La première est : « En quoi les Juifs peuvent-ils se faire valoir comme peuple choisi ? » Réponse : « en rien ! » C’est plutôt brusque, mais c’est la vérité. Ensuite, l’apôtre explique pourquoi il en est ainsi. Dans la mesure où tout homme peut devenir juste devant Dieu uniquement par la foi, et que c’est un don, il est évident que les mérites humains et la vantardise, sont exclus. C’est comme si après avoir été condamné à mort par la justice, un criminel est gracié par le président de la République; il n’a pas la moindre raison de gonfler la poitrine. La Loi n’a pas été donnée aux Israélites pour qu’ils en fassent un piédestal de leur propre justice, mais pour leur montre leur impuissance à lui obéir. Tel était l’objectif de la Loi (Romains 3.19,20), mais comme elle n’a pas atteint son but, la Loi est remplacée par le don de la vie éternelle. La gratuité du salut rend le croyant humble et lui ouvre la voie à une vie de sainteté.

Versets 29-30

Je continue.

Ou alors : Dieu serait-il seulement le Dieu des Juifs ? N’est-il pas aussi le Dieu des non-Juifs ? Bien sûr, il est aussi le Dieu des non-Juifs. Car il n’y a qu’un seul Dieu qui justifie les Juifs en raison de leur foi et qui justifie aussi les non-Juifs au moyen de leur foi (Romains 3.29-30).

Littéralement, Paul écrit : « il justifie la circoncision (c’est à dire les Juifs) de la foi et l’incirconcision (c’est à dire les non-Juifs) à travers la foi. » Il faut voir le changement de préposition comme un désir de Paul de varier le style. Parce que les païens adorent de fausses divinités au travers d’idoles, les Juifs croyaient que l’Éternel était seulement le Dieu des Israélites monothéistes. C’est vrai qu’il les avait privilégiés en leur donnant la Loi, mais ils ne l’ont pratiquement jamais suivie. Les Juifs pieux étaient déjà sauvés par leur foi en l’Éternel ce qu’ils manifestaient concrètement en se conformant à tous les rites de la Loi et surtout en sacrifiant sans cesse des animaux pour leurs péchés. Ces offrandes préfiguraient la mort de Jésus. C’est donc à crédit et sur la base du futur sacrifice de Jésus sur la croix que ces Israélites étaient sauvés. Déjà sous le régime de l’Ancien Testament, les Israélites étaient sauvés grâce à Jésus-Christ et par par la foi tout comme aujourd’hui. Cela dit, Paul rappelle aux Juifs que parce qu’il est le Créateur et le Seigneur du ciel et de la terre, l’Éternel est le Dieu de tous les hommes et pas seulement des Israélites. D’ailleurs avant qu’il appelle Abraham et qu’il choisisse ses descendants pour son peuple, l’Éternel régissait toute l’humanité de la même façon. En fait, tout au long de l’histoire d’Israël, Dieu a clairement montré qu’il est le Dieu aussi bien des païens que des Juifs. S’il avait été possible de devenir juste en obéissant à la Loi de Moïse, alors l’Éternel serait seulement le Dieu des Juifs. Mais comme le salut s’obtient par la foi, il est le Dieu de tous les hommes. Le principe de la foi abolit le mur de séparation entre Juifs et païens.

Si les descendants d’Abraham persistent et refusent de croire que l’Éternel est aussi le Dieu des non-Juifs, alors il doit y avoir un autre dieu quelque part spécialement pour eux. Mais les Juifs étant monothéistes, cette idée est tout à fait inacceptable. Donc, puisqu’il y a un seul Seigneur, il est le Dieu des uns et des autres. Il s’en suit qu’il doit aussi y avoir un seul et même moyen par lequel tous, Juifs et païens, sont sauvés, et c’est bien sûr Jésus-Christ.

Verset 31

Je finis le chapitre 3 avec la cinquième question qu’un Juif est susceptible de soulever.

Mais alors, est-ce que nous annulons la Loi au moyen de la foi ? Loin de là ! Nous confirmons la Loi (Romains 3.31).

Ce verset clôt l’argumentation (Romains 3:27-30) selon laquelle la justification par la foi est attestée par la loi et les prophètes (Romains 3.21). Quand un individu reconnaît qu’il lui est impossible d’obéir aux commandements moraux de Dieu et qu’il accepte Jésus comme son Sauveur, il est sauvé par la foi. L’objectif de la Loi qui est de condamner est alors atteint et son enseignement comme quoi il n’y a qu’un seul et même Dieu pour Juifs et païens est confirmée. L’apôtre va le montrer dans le chapitre suivant en prenant pour exemples Abraham et David, deux hommes exceptionnels qui font partie des personnages les plus importants de l’histoire d’Israël. L’un est l’ancêtre fondateur et l’autre le plus grand roi. Paul va prouver que tous deux furent sauvés uniquement sur la base de leur foi. Son argumentation enfonce profondément le clou quand on sait qu’Abraham a vécu environ 1 000 ans avant que Moïse ne reçoive la Loi, et que David a commis des actes ignobles.

Chapitre 4

Introduction

Dans le chapitre 4 de l’Épître aux Romains, Paul montre donc que la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ ne contredit pas et n’exclut pas la Loi de Moïse. Ces deux systèmes sont opposés dans leur forme mais pas dans leur fond car avant et pendant le régime de la Loi, les croyants étaient déjà et toujours sauvés par la foi. Paul n’introduit donc pas une idée neuve ou une nouvelle doctrine qui annulerait les enseignements de Moïse. Simplement dit, sous l’Ancienne Alliance, la Loi joue le rôle d’un pédagogue qui prend le Juif pieux par la main, en quelque sorte, et le conduit à Jésus-Christ préfiguré par les sacrifices qui étaient continuellement offerts sous le système lévitique de la Loi.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 4.

Prenons l’exemple d’Abraham, l’ancêtre de notre peuple, selon la descendance physique. Que pouvons-nous dire à son sujet ? Quelle a été son expérience ? (Romains 4.1).

Paul introduit l’exemple d’Abraham avec la question : « que pouvons-nous dire » qui va revenir encore cinq fois dans l’Épître aux Romains. Ici, cette question a trait à l’expérience du salut du patriarche. Puisque Abraham est le numéro 1 de la race juive, le premier par ordre chronologique, c’est lui qui a donné le ton religieux et l’ordre de marche de tout ce groupe ethnique. Il est l’archétype de la manière dont s’obtient la justice divine.

Versets 2-3

Je continue.

S’il a été déclaré juste en raison de ce qu’il a fait, alors certes, il peut se vanter. Mais ce n’est pas ainsi que Dieu voit la chose ! En effet, que dit l’Écriture ? Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste (Romains 4.2-3).

Paul admet que si l’on suppose qu’Abraham a été déclaré juste à cause de ses œuvres, alors il a de quoi pavaner, mais seulement devant les hommes car ce ne sont pas ses actions qui l’ont justifié devant Dieu, mais sa foi. Abraham a cru que l’Éternel est fidèle et qu’il accomplirait la promesse qu’il lui avait faite. Dans le livre de la Genèse, on lit :

Abraham fit confiance à l’Éternel et, à cause de cela, l’Éternel le déclara juste (Genèse 15.6).

Paul choisit ce verset pour deux raisons. Premièrement, il prouve que la justification par la foi n’est pas une idée nouvelle, mais qu’elle était déjà le fondement de l’alliance établie par l’Éternel avec Abraham et le peuple d’Israël. Deuxièmement, ce verset est le texte fondamental d’une doctrine rabbinique selon laquelle les mérites des grands hommes d’Israël s’appliquent aux membres du peuple choisi.

Soit dit en passant que l’Église catholique romaine a repris cette idée avec la Vierge et ceux qui sont béatifiés. Selon cette croyance, les fidèles catholiques peuvent aussi, tout comme les Juifs, profiter du surplus de bonnes actions de ceux déclarés « saints » par l’Église.

La foi d’Abraham lui a été comptée comme justice, c’est-à-dire que sa foi a été portée à son crédit. Paul emploie un terme du vocabulaire commercial et juridique de l’époque qui veut justement dire : « porter au compte de  quelqu’un ». Abraham a pris l’Éternel au mot et s’est reposé sur lui; il a cru au Dieu fidèle qui ne peut mentir. L’Éternel a fait une promesse qu’il a accomplie et que le patriarche a crue sans rien faire. Cette confiance en Dieu d’Abraham n’est pas une œuvre méritoire, mais une attitude de cœur. C’est sur cette seule base que Dieu, portant cette foi au compte juridique céleste d’Abraham, l’a déclaré « en règle » avec lui. Le croyant qui reconnaît n’avoir aucune vie juste à présenter à Dieu, se voit lui aussi attribuer la justice de Jésus-Christ, par pure grâce. Cela étant bien établi, il est tout aussi vrai que dans son épître, Jacques cite également ce verset de la Genèse pour dire et je le cite :

Veux-tu avoir la preuve que la foi sans les actes ne sert à rien ? Abraham, notre ancêtre, n’a-t-il pas été déclaré juste à cause de ses actes, lorsqu’il a offert son fils Isaac sur l’autel ? Tu le vois, sa foi et ses actes agissaient ensemble et, grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement (Jacques 2.20-22).

Il est vrai que l’obéissance d’Abraham est une bonne œuvre mais elle fait suite à sa confiance en Dieu. Sa foi a simplement porté des fruits bien des années plus tard. En effet, Jacques fait référence à une action entreprise par le père de la nation d’Israël après avoir été croyant pendant au moins 40 ans, tandis que Paul décrit la foi du patriarche au tout début de son appel par l’Éternel.

Versets 4-5

Je continue le texte.

Si quelqu’un accomplit un travail, on lui compte son salaire non pas comme si on lui faisait une faveur, mais d’après ce qui lui est dû. Et si quelqu’un n’accomplit pas d’œuvre mais place sa confiance en Dieu qui déclare justes les pécheurs, Dieu le déclare juste en portant sa foi à son crédit (Romains 4.4-5).

L’apôtre explique ce que veut dire la citation de Genèse qui concerne la foi d’Abraham. Il fait bien la différence entre le salaire qui est dû à un ouvrier parce qu’il l’a gagné à la sueur de son front, et la grâce de Dieu qui est une faveur non méritée. Le travailleur est payé à l’heure ou à la tâche ; il reçoit une certaine somme d’argent pour l’accomplissement de son travail de la part de son employeur qui lui est redevable. Abraham, par contre, n’a rien fait du tout qui lui ait valu l’acquisition du salut; il a seulement eu foi en l’Éternel qui déclare juste les pécheurs. La gratuité absolue du salut est le chef-d’oeuvre de Dieu; elle sauve l’homme, le ramène à Dieu, l’amène à lui obéir et à l’accomplissement d’oeuvres à la gloire de Dieu. Abraham s’est présenté à l’Éternel, non comme méritant mais comme demandant, quelqu’un dans le besoin. Et l’Éternel lui a accordé sa grâce parce qu’il a eu confiance en lui. Contrairement aux œuvres que j’accomplis de moi-même grâce à mes talents et mes capacités, dans un acte de foi en Dieu, tout dépend de lui, en qui j’ai placé ma confiance. La foi n’est ni une vertu ni un mérite; c’est l’acceptation humble et reconnaissante de ce que Dieu a fait. La foi est la seule condition exigée du Créateur pour qu’il m’accorde sa grâce et la vie éternelle. Par contre Dieu ne donne le salut à personne sur la base de ses mérites ou d’un rite quelconque.

Versets 6-8

Je continue le texte.

David exprime aussi de la même manière le bonheur de l’homme que Dieu déclare juste sans qu’il ait produit d’œuvres pour le mériter : Heureux ceux dont les fautes ont été pardonnées et dont les péchés ont été effacés. Heureux l’homme au compte de qui le Seigneur ne porte pas le péché (Romains 4.6-8).

Ce qui est vrai d’Abraham l’est aussi de David. Paul cite la façon dont le grand roi décrit la grâce que l’Éternel lui accorda. Les œuvres de David étaient mauvaises. C’était un homme de sang qui commit un adultère et un meurtre. Cependant, il savait que Dieu est un père tendre qui prend le pécheur dans ses bras et le reçoit avec amour. Alors, David s’est repenti de ses fautes et a imploré l’Éternel qui n’a pas crédité ses péchés sur son compte judiciaire céleste, mais qui a effacé son ardoise. Le pardon des péchés est chanté par David parce que c’est la bonne nouvelle qui répond au plus profond besoin de la nature humaine; c’est le vrai bonheur. La foi qui sauve équivaut à : compter comme justice et ne pas compter le péché. On peut aussi dire que le pardon est l’aspect marqué négatif du salut, et la justification son aspect marqué positif.

L’attitude de David fut un acte de confiance en Dieu. Son exemple confirme que la justice provient, non de l’obéissance à la Loi, mais de la foi au Dieu de grâce.

Cependant, cet acte miséricordieux de Dieu n’est pas gratuit pour tout le monde, puisque Jésus a dû payer le plein salaire du péché de David et du mien et du votre par sa mort expiatoire sur la croix. Il lui a fallu boire la coupe amère de la colère de Dieu jusqu’à la lie.

Paul condamne ceux qui considèrent les mérites comme la raison du salut. La démarche spirituelle d’Abraham et de David montre que la justice par la foi est déconnectée des œuvres accomplies, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Versets 9-12

Je continue.

Ce bonheur est-il réservé aux seuls circoncis, ou est-il aussi accessible aux incirconcis ? Nous venons de le dire : Abraham a été déclaré juste par Dieu qui a porté sa foi à son crédit. Et Dieu donna ensuite à Abraham le signe de la circoncision comme sceau de la justice qu’il avait déjà reçue par la foi avant d’être circoncis. Il est devenu ainsi le père de tous ceux qui croient sans être circoncis pour qu’eux aussi soient déclarés justes par Dieu de la même manière. À quel moment cela a-t-il eu lieu ? Quand il était circoncis ou quand il était encore incirconcis ? Ce n’est pas quand il était circoncis, mais quand il ne l’était pas encore. Il est aussi devenu le père des circoncis qui ne se contentent pas d’avoir la circoncision, mais qui suivent l’exemple de la foi que notre père Abraham a manifestée alors qu’il était encore incirconcis (Romains 4.9-12).

Le texte devient un peu fastidieux parce que Paul nous fait une démonstration de rhétorique. Il veut maintenant prouver que le pardon et la justice ne sont pas seulement pour les Juifs, mais aussi pour les païens. Il reprend Abraham comme illustration et répète l’affirmation de l’Écriture comme quoi le patriarche a été déclaré juste sur la base de sa foi. Or cette déclaration divine a eu lieu alors qu’Abraham était un païen pur et dur, et bien avant la circoncision. Celle-ci n’est donc pas la condition de sa justification. Elle lui fut donnée comme un témoignage extérieur de la justice qu’il avait déjà obtenue 14 ans plus tôt. Abraham a d’abord eu la foi puis a été déclaré juste et enfin a reçu le signe de la circoncision, mais les Juifs ont inversé cet ordre. Il s’en suit que les vrais enfants d’Abraham ne sont pas forcément ses descendants naturels, mais  ceux qui marchent sur ses traces et ont la même foi que lui.

Le dessein de Dieu était qu’Abraham devienne le père de tous ceux qui croient, Juifs et païens. Le rite de la circoncision sur lequel beaucoup de Juifs s’appuient pour leur salut, n’y contribue nullement. Il ne leur donne aucun droit particulier devant Dieu. La circoncision est seulement un sceau, la garantie visible d’une promesse, et le signe de l’alliance entre Israël et l’Éternel. Puisque Abraham n’était pas circoncis au moment où il a cru et qu’il fut malgré tout déclaré juste, peu importe que l’on soit circoncis ou non ; ce n’est pas une petite intervention chirurgicale qui décide l’obtention du salut car c’est la foi seule qui sauve.

Verset 13

Je continue.

Ce n’est pas parce qu’il avait obéi à la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais parce que Dieu l’a déclaré juste à cause de sa foi (Romains 4.13).

La promesse que Dieu a faite à Abraham est que « tous les peuples de la terre seront bénies en toi (Genèse 12.3)», ce qui implique le règne du Messie sur le monde entier.

Après avoir démoli la valeur salvatrice de la circoncision, Paul s’attaque maintenant à la Loi. Les Israélites considéraient en effet que parce qu’ils possédaient la Loi, ils occupaient une position privilégiée devant Dieu. Ici encore, les Juifs sont dans l’erreur, car c’est quatre siècles avant le don de la Loi que l’Éternel a fait la promesse à Abraham.

Verset 14

Je continue.

En effet, s’il faut obéir à la Loi pour avoir droit à cet héritage, alors la foi est sans objet et la promesse est annulée (Romains 4.14).

Les principes de fonctionnement de la Loi et de la Promesse sont aux antipodes l’un de l’autre. La Loi exige une obéissance sans faille tandis que la Promesse s’accomplit en réponse à la foi. C’est l’une ou l’autre ; il faut choisir.

Verset 15

Je continue.

Car la Loi produit la colère de Dieu. Or, là où il n’y a pas de Loi, il n’y a pas non plus de transgression (Romains 4.15).

Quelqu’un qui choisit d’acquérir sa propre justice en essayant de se conformer aux exigences de la Loi se place de facto sous la colère de Dieu parce que personne n’en est capable. Par contre, sous le régime de la grâce, l’étalon mesure qu’est la Loi a disparu. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de péché (Romains 2.10), mais seulement qu’il n’y a pas de désobéissance à un commandement spécifique, ce qui engendre une responsabilité plus grande et provoque une condamnation plus grave.

Verset 16

Je continue.

Voilà pourquoi l’héritage est promis à la foi : c’est pour qu’il soit un don de la grâce. Ainsi, la promesse se trouve confirmée à toute la descendance d’Abraham, c’est-à-dire non seulement à celle qui est sous le régime de la Loi, mais aussi à celle qui partage la foi d’Abraham (Romains 4.16).

Aujourd’hui où le temps presse, on prend des raccourcis partout, alors que pour suivre Paul, il faut se cramponner aux ridelles. L’apôtre tire la conclusion de sa démonstration, disant que les héritiers de la promesse faite à Abraham ne sont pas ses descendants physiques mais ceux qui saisissent l’héritage de la vie éternelle par la foi. Le salut est un don de la grâce de Dieu; on ne peut pas le gagner. Si quelqu’un me fait un cadeau et que je le prenne, je n’ai pas fait un acte méritoire. La foi est la main tendue qui prend le pardon et la justice que Dieu me donne. Dieu a promis la vie éternelle (1Jean 2.25); cette promesse est pour moi et pour vous. Le Dieu qui ne ment pas me demande seulement de le prendre au mot, de croire en lui et de saisir la vie éternelle qu’il m’offre gratuitement.