Chapitre 3

Introduction

Tout au début du 20e siècle régnait un optimisme bienheureux. On croyait que l’humanité allait enfin régler tous ses problèmes et qu’un âge d’or était sur le point de commencer. Les obus de la Première Guerre mondiale ont rapidement mis fin à l’enthousiasme béat de ce rêve éveillé. Le 20e siècle fut le pire de tous. Il a prouvé sans l’ombre d’un doute que le cœur de l’homme est fondamentalement mauvais et tordu dans tous les sens. Les Écritures le proclament haut et fort à de nombreuses reprises. L’apôtre Paul vient lui aussi ajouter un réquisitoire implacable et cinglant contre toute l’humanité sans omettre un seul individu. Vous et moi sommes donc aussi concernés.

Versets 10-12

Je continue à lire dans le chapitre 3 de l’épître aux Romains.

L’Écriture le dit : Il n’y a pas de juste, pas même un seul, pas d’homme capable de comprendre, pas un qui cherche Dieu. Ils se sont tous égarés, ils se sont corrompus tous ensemble. il n’y en a pas qui fasse le bien, non, pas même un seul (Romains 3.10-12).

Paul tape fort et ses exagérations dépassent toutes les mesures. Vraiment ! Et si ce qu’il affirme à l’emporte-pièces était vrai ! Comme je l’ai déjà dit, Paul va émettre toute une série de condamnations tirées de 6 passages de l’Ancien Testament, qui décrivent l’attitude de l’impie selon Dieu. Oui, mais ici, l’apôtre Paul attribue ces comportements odieux aux Juifs qu’il a plus particulièrement dans le collimateur, mais par extension, ce qu’il dit s’applique à toute la race humaine. Premièrement donc, l’homme livré à lui-même n’a pas en lui la capacité morale et spirituelle qui lui permette de faire normalement et automatiquement preuve de bonté à l’égard de ses semblables. Le péché qui m’habite me pousse à être égoïste et vaniteux, à rechercher le plaisir, le pouvoir et à posséder ; telles sont mes prédispositions normales et naturelles depuis que je suis né.

Dans le texte grec, les 7 expressions condamnatoires que Paul vient de lancer commencent et se terminent par les mots : « pas même un seul ». Cette insistance signifie qu’on ne peut pas trouver une seule exception dans toute la race humaine, ce qui veut dire bien sûr que vous et moi sommes inclus. C’est choquant, je l’avoue, et c’est pourquoi il vaut la peine d’examiner le passage du livre des Psaumes d’où Paul a tiré sa condamnation. Je le lis :

L’Éternel, du haut des cieux, se penche sur les êtres humains, pour voir s’il y a quelqu’un qui ait du bon sens, qui cherche Dieu. Tous sont égarés, ensemble ils sont pervertis ; Il n’en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul (Psaumes 14.2-3).

L’homme laissé à lui-même ne découvre pas grand-chose de son Créateur ; en fait, il se crée ses propres divinités parce qu’il ne veut rien avoir à faire avec le vrai Dieu à cause de la culpabilité due à ses fautes. Aux yeux de Dieu, aucun être humain n’est capable de faire ce qui est bien au sens absolu du terme. En effet, même mes actes les plus désintéressés sont entachés d’égoïsme, et personne ne peut dire que Dieu est sa passion. Peut-être, trouvez-vous que les Écritures et Paul exagèrent dans leurs propos. Fut un temps, c’est ce que je pensais aussi ; alors, voyons cela de plus près.

On peut d’emblée écarter les fanatiques, les fous de Dieu, comme on les appelle. Ces gens n’ont évidemment aucun intérêt pour Dieu, mais un programme politique. Pour eux ce qui compte est de prendre le pouvoir par la force, un point c’est tout; la religion étant le moyen par lequel il pensent arriver à leurs fins, exactement comme les doctrines du communisme ou du fascisme. Ensuite, il y a les mystiques qui sont des exaltés religieux littéralement jusqu’au bout des ongles. Certains d’entre eux portent même les stigmates du Christ comme saint François d’Assise par exemple, tandis que d’autres, des nonnes en particulier, répandent un parfum inexplicable, autour d’elles, même une fois mortes. Je ne mets aucunement en doute la force de leur piété ou les prodiges qui les accompagnent, mais sur le fond, ce sont des romantiques fous amoureux du sentiment religieux qu’ils projettent sur un personnage biblique : la vierge, le Christ ou un apôtre. Au final, ces mystiques se trompent eux-mêmes ainsi que leur entourage ; ils ne cherchent pas vraiment l’Éternel, le Dieu créateur, tel qu’il s’est révélé dans les Écritures. En troisième lieu, on a les chefs religieux. Au temps du Christ, les vrais, les purs et durs s’appelaient les pharisiens. Ils étaient immergés jusqu’au cou dans une pratique complexe du judaïsme qu’ils avaient inventée. Mais Jésus leur a dit :

Hypocrites ! Ésaïe vous a fort bien dépeints dans sa prophétie : Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais, au fond de son cœur, il est bien loin de moi ! Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur, car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes. Alors les disciples s’approchèrent de lui pour lui faire remarquer : — Sais-tu que les pharisiens ont été très choqués par tes paroles ? Il leur répondit : — Toute plante que mon Père céleste n’a pas lui-même plantée sera arrachée. Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent d’autres aveugles ! Or, si un aveugle en conduit un autre, ils tomberont tous deux dans le fossé (Matthieu 15.7-9, 12-14).

Une fois qu’on a fait le tour des religions du monde et de leurs gurus, on ne peut pas s’opposer à la sentence divine particulièrement cinglante contre toute l’humanité, qu’elle soit émise par Jésus ou l’apôtre Paul. Extérieurement, nous sommes tous des égarés car nous faisons fausse route. De plus, nous sommes intérieurement pervertis, c’est-à-dire pourris, comme un fruit qui s’est gâté et qui n’est plus comestible. Cette condamnation sans appel de toute l’humanité est plutôt dure à avaler, j’en conviens.

Verset 13

Je continue le texte.

Leur gosier ressemble à une tombe ouverte, leur langue sert à tromper, ils ont sur les lèvres un venin de vipère (Romains 3.13).

Il ne prend pas de gant l’apôtre. Voyons Paul, ce n’est pas en parlant de la sorte que tu vas te faire des amis. Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne mène pas une campagne de séduction. Après la description générale de l’état de péché (Romains 3:10-12), l’apôtre utilise quatre sentences tirées de trois Psaumes différents, pour montrer que la perversité de l’homme se manifeste d’abord par la parole. Je lis les deux premiers passages.

Dans leurs propos, tout est malice, et ils ne pensent qu’à détruire. Dès qu’ils se mettent à parler, on dirait un tombeau qui s’ouvre ; leur langue se fait enjôleuse. Ils ont dardé leur langue comme un serpent, ils ont, entre les lèvres, du venin de vipère (Psaumes 5.10 ; 140.4).

Quand je vais chez le médecin, une partie de l’examen consiste à me faire ouvrir la bouche puis à appuyer sur ma langue avec un petit bâtonnet en bois, tout en regardant à quoi ressemble ma gorge quand je dis ah ! Quand Dieu regarde notre gosier, à ses yeux, il ressemble à une tombe qui demande toujours de nouvelles victimes à engloutir et qui exhale la puanteur de la chair en état de décomposition ; l’odeur pestilentielle de cet amas cadavérique en putréfaction remplit l’air ; c’est intenable. Voilà à quoi ressemble mon état moral et spirituel devant le Créateur. Si je pouvais me voir comme lui me voit, je ne pourrais pas me supporter. Toujours dans le cabinet médical, le docteur continue son examen en me demandant de tirer la langue. Eh bien quand Dieu nous regarde, il constate que nous nous servons beaucoup de nos langues pour faire du mal à notre prochain, pour le diffamer ou le tromper. Il y a les gros mensonges, bien sûr, mais aussi ceux qui sont moins évidents, les exagérations, les sous-entendus nocifs et toutes les formes d’hypocrisie dont la langue est capable. Notre méchanceté envers nos semblables est pour le Seigneur comme le venin d’un serpent. Je suis capable de distiller la tromperie et le commérage, la fausseté et les calomnies qui ruineront la réputation de quelqu’un que j’ai dans le nez.

Verset 14

Je continue avec la quatrième sentence.

Leur bouche est pleine d’aigres malédictions (Romains 3.14).

Comme les précédents, ce verset est une citation très libre de l’apôtre. Elle provient elle aussi d’un Psaume selon la version grecque Septante  que je lis :

Sa bouche ne fait que maudire, ses mots sont trompeurs et violents, sous sa langue acérée fleurissent des propos méchants et blessants (Psaumes 10.7).

Un texte du Nouveau Testament, de l’épître de Jacques, s’étend en longueur sur les dangers de la langue. J’en lis une partie :

Celui qui ne commet jamais de faute dans ses paroles est un homme parvenu à l’état d’adulte, capable de maîtriser aussi son corps tout entier. Quand nous mettons un mors dans la bouche des chevaux, pour qu’ils nous obéissent, nous dirigeons aussi tout leur corps. Pensez encore aux bateaux : même s’il s’agit de grands navires et s’ils sont poussés par des vents violents, il suffit d’un tout petit gouvernail pour les diriger au gré du pilote. Il en va de même pour la langue : c’est un petit organe, mais elle se vante de grandes choses. Ne suffit-il pas d’un petit feu pour incendier une vaste forêt ? La langue aussi est un feu ; c’est tout un monde de mal. Elle est là, parmi les autres organes de notre corps, et contamine notre être entier. Allumée au feu de l’enfer, elle enflamme toute notre existence. L’homme est capable de dompter toutes sortes de bêtes sauvages, d’oiseaux, de reptiles, d’animaux marins, et il les a effectivement domptées. Mais la langue, aucun homme ne peut la dompter. C’est un fléau impossible à maîtriser ; elle est pleine d’un venin mortel. Nous nous en servons pour… maudire les hommes, pourtant créés à l’image de Dieu (Jacques 3.2-9).

Jusqu’à présent, Paul a décrit la vilenie et la méchanceté du gosier, de la langue, des lèvres et de la bouche. Il va continuer toujours en indiquant de façon imagée comment chaque membre du corps humain contribue à répandre le mal, ce qui entraîne une condamnation divine. Après le langage et les paroles malhonnêtes, dommageables, blasphématoires et corrompues, l’apôtre va attaquer le comportement des Juifs en particulier et des êtres humains en général.

Après avoir critiqué et calomnié son prochain, l’homme livré à lui-même parle de lui faire du mal. Maintenant, il passe carrément à l’action. Les prochaines citations de l’apôtre Paul sont tirées du livre du prophète Ésaïe et s’appliquaient alors aux Israélites un bon siècle avant que le royaume de Juda ne soit détruit par les Babyloniens. Je lis le passage d’Ésaïe :

Mais non : la main de l’Eternel n’est pas trop courte pour sauver, et son oreille n’est pas sourde au point de ne plus vous entendre ! Ce sont vos fautes qui vous séparent de votre Dieu. C’est à cause de vos péchés qu’il s’est détourné loin de vous pour ne plus vous entendre. Car vos mains sont tachées de sang et vos doigts de péchés, vos lèvres disent des mensonges, votre langue susurre des paroles perfides. Personne n’invoque le droit, et nul ne plaide selon la vérité. On s’appuie sur des faussetés et l’on allègue des mensonges. Ils conçoivent le mal et enfantent le crime. Leurs pieds courent au mal, et ils ont hâte de verser le sang innocent. Leurs pensées sont sans cesse orientées vers le mal, dévastation et destruction jalonnent leur parcours. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et le droit est absent des routes qu’ils empruntent. Les sentiers qu’ils se tracent sont des voies tortueuses : quiconque s’y engage ne connaît pas la paix (Ésaïe 59.1-4, 7-8).

Versets 15-17

De ce discours percutant, l’apôtre Paul tire, toujours de la version Septante, une citation abrégée que je lis :

Leurs pieds sont agiles quand il s’agit de verser le sang. La destruction et le malheur jalonnent leur parcours. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix (Romains 3.15-17).

La méchanceté de l’homme en action. Esaïe y rajoute : « le droit, c’est-à-dire la justice, est absent des routes qu’ils empruntent ». Tout le monde, et en particulier les politiciens, disent vouloir la paix, même s’il faut faire quelques massacres au passage pour y arriver. Cependant, le journal du matin comme les infos du soir à la télé prouvent bien que cette paix est illusoire, un mirage en plein désert de violence. Comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, l’histoire de l’humanité se résume essentiellement à des guerres de conquête souvent accompagnées de crises d’égotisme d’un tyran ou d’un général quelconque qui considère ses soldats comme de la pure chair à canon dont il peut faire usage comme bon lui semble.

Peut-être pensez-vous que si vous teniez les rênes du pouvoir, il y aurait la paix dans votre fief. Même si à ce jour vous et moi n’avons assassiné personne, le potentiel de tuer mon prochain habite bel et bien mon cœur. En certaines circonstances favorables ou défavorables, selon le point de vue qu’on adopte, j’ai malheureusement en moi la capacité de commettre le pire des crimes.

Verset 18

Je continue le texte et finis ce réquisitoire contre l’humanité.

À leurs yeux, révérer Dieu n’a aucun sens (Romains 3.18).

Cette parole est également tirée d’un Psaume que je cite.

En moi-même, je médite sur ce que déclare le méchant dans son péché ; il est insensé, à ses yeux, de respecter Dieu (Psaumes 36.2).

Je préfère la version Second qui est plus parlante et qui dit : « La crainte de Dieu n’est pas devant ses yeux ». La citation finale de l’apôtre se rapporte aux relations de l’homme avec Dieu et pointe vers l’origine de toute la perversité humaine. Les jugements absolus de l’Écriture sur l’état moral de l’homme sont portés selon le point de vue de Dieu qui siège sur son trône dans les cieux. Ici-bas et à un niveau tout relatif et humain, il ne serait pas entièrement exact de dire que nul ne cherche Dieu, que nul ne fait le bien, etc. Moi, par exemple, parfois je cherche la face de Dieu, mais ma ferveur laisse pas mal à désirer.

Selon l’enseignement des Écritures, révérer Dieu par l’adoration, la confiance en lui, l’obéissance et le service est l’essence même d’une personne pieuse; ces comportements lui sont dictés par son attitude intérieure. Pour un Juif pieux, déshonorer l’Éternel était la pire de toutes les fautes ; c’est pour cela que sous le régime de l’Ancienne Alliance, le blasphème est punissable de la peine capitale à coups de pierres.

Avec cette longue série de citations tirée du livre des Psaumes, Paul ne laisse absolument aucun argument à ses lecteurs pour contredire son point de vue selon lequel les Juifs sont tout autant des pécheurs coupables devant Dieu que les païens.

Verset 19

Je continue le texte.

Or, nous le savons, ce que l’Écriture dit dans la Loi, elle l’adresse à ceux qui vivent sous le régime de la Loi. Il en est ainsi pour que personne n’ait rien à répliquer et que le monde entier soit reconnu coupable devant Dieu (Romains 3.19).

Paul conclut sa discussion par une déclaration finale adressée plus particulièrement aux Juifs et qui concerne l’objectif de la Loi. Quand il dit : « nous savons », l’apôtre s’inclut avec ses lecteurs. Le principe qu’il énonce est évident : les exigences de la Loi s’adressent en priorité à ceux à qui elle fut donnée, aux Juifs, et ils étaient tenus d’obéir à toutes ses clauses et contraintes ; ce n’était pas une option. En tant que peuple élu placé sous le régime de la Loi, Israël doit rendre des comptes à son Dieu. Mais le véritable objectif de cette Loi est de faire en sorte que toute bouche soit cousue devant Dieu parce que condamnée, afin que les hommes du monde entier se reconnaissent coupables devant lui. La Loi met en évidence les normes du Seigneur du ciel et de la terre et prouve l’incapacité de quiconque de la mettre en pratique. Si j’essaie d’échapper au jugement de Dieu en suivant les règles que Moïse a imposées aux Israélites, c’est un peu comme si je m’accrochais à un fétu de paille pour échapper à la noyade, ou comme si je sautais d’un avion avec mon sac de couchage en guise de parachute. Ça ne peut que mal finir. Soit dit en passant que le Sermon sur la Montagne qu’a donné Jésus aux Juifs et qui se trouve dans l’Évangile est bien plus exigeant que la Loi de Moïse. En effet, à quelques exceptions près, la Loi adresse essentiellement des comportements extérieurs et des rites à satisfaire, tandis que Jésus demande une attitude droite et juste qui vient du cœur.

Verset 20

Je termine cette section de l’Épître qui condamne sans appel la totalité de la race humaine dont vous et moi, je le rappelle, faisons partie.

Car personne ne sera déclaré juste devant lui parce qu’il aura accompli les œuvres demandées par la Loi. En effet, la Loi donne seulement la connaissance du péché (Romains 3.20).

Finalement, l’observance de la Loi n’est pour personne un moyen de se justifier, de gagner des points devant Dieu, et de se voir offrir le paradis en cadeau pour service rendu ou pour sa bonne conduite. Là n’est pas son but, ni pour les Juifs ni pour d’autres peuples. La Loi a plutôt été donnée afin que par elle je prenne conscience et connaissance du péché qui m’habite, que je pratique et qui m’accuse. La Loi est un instrument, non pour me permettre de mériter la vie éternelle, mais pour me condamner. La raison pour laquelle l’homme a tant de peine à se reconnaître coupable devant Dieu et à se sentir perdu, c’est qu’il se juge avec un instrument qui est faux, un étalon de mesure autre que la sainteté et la perfection de Dieu qui se reflètent dans la Loi. Voilà pourquoi l’apôtre prend grand soin de rappeler cette mesure absolue.

Le verdict des Écritures est sans appel : tous, Juifs et païens, sont coupables, car tous sont sous l’empire et l’emprise du péché. Maintenant, on peut se demander si la corruption humaine qu’a décrite Paul s’applique à tous les temps et à tous les individus, ou seulement aux époques de grande dépravation et à des hommes profondément déchus. Il est vrai qu’il y a des degrés dans le mal mais l’universalité et la profondeur de la déchéance humaine ressort à toutes les époques. La répétition des mêmes perversions n’est pas due à des circonstances accidentelles, mais à une loi qui est à l’oeuvre et qui a sa source dans le cœur corrompu de l’homme et donc en moi. Je ne pourrai jamais être déclaré juste aux yeux de Dieu en observant la Loi de Moïse ou n’importe quel autre système de règles. En conséquence, je suis condamné de multiples façons : parce que je n’ai pas répondu de manière adéquate à la révélation que Dieu a faite de lui dans la nature, parce que je suis incapable de satisfaire les normes morales contenues dans la Loi de Moïse, et aussi parce que ma conduite est à des années lumières des exigences du Sermon sur la Montagne que Jésus nous a laissé. Je n’exagère pas, lisez-le donc et voyez par vous-même. Il commence au chapitre 5 de l’Évangile selon saint Matthieu.

Si vous m’écoutez c’est que Dieu a ouvert votre intelligence spirituelle. Alors, sachez avec une entière certitude que vous ne pouvez pas être déclaré juste devant Dieu parce que vous aurez suivi certains rites et fait des bonnes oeuvres. Mes actions morales et mes observances rituelles sont sans valeur à ses yeux parce qu’il exige de moi que j’observe parfaitement, toujours, en tout lieu et en toute circonstance, toutes ses lois morales, mais cela m’est totalement impossible parce que ses exigences dépassent de loin mes capacités à les satisfaire.

Dieu n’a pas donné la Loi à l’homme comme moyen de s’élever à l’état de juste; la loi est uniquement destinée à lui donner une exacte et complète connaissance du péché, connaissance fondée sur l’expérience personnelle. La Loi révèle que je suis immergé dans, et submergé par le péché. Or il me faut être absolument parfait pour entrer dans la présence du Dieu de gloire. Vous et moi sommes condamnés. Nous n’avons qu’une seule issue : celle de nous tourner vers notre Créateur pour accepter de lui sa solution en la personne de Jésus-Christ.