Chapitre 15

Introduction

Depuis le début du 20e siècle, l’efficacité est devenue la maxime de toutes les entreprises, et aussi la locomotive des économies occidentales et asiatiques. Ce concept de rentabilité à n’importe quel prix est en train de s’étendre au reste du monde. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, un peu en bien et beaucoup en mal, mais là n’est pas mon propos. Le grand apôtre Paul avait un rendement phénoménal ; sa prédication, son énergie, sa consécration étaient sans pareil. En tant qu’évangéliste de Jésus-Christ, il est l’exemple à suivre, un exemple qui a d’ailleurs fait école. Grand maître de la communication, il parle avec l’assurance inébranlable d’un apôtre, et sa simple présence devait être gigantesque et remplir tout l’espace disponible autour de lui. Il a une parfaite connaissance des Écritures de l’Ancien Testament, une conviction sans faille en la seigneurie suprême de Jésus-Christ et la certitude que la grâce de Dieu est suffisante pour tous les hommes. Comme il opère par la puissance du Saint-Esprit, il peut faire des miracles afin d’attester qu’il est un serviteur authentique de l’Éternel, le Créateur du ciel et de la terre. Je lis un passage à ce sujet alors que lui et son compagnon Barnabas effectuent un voyage missionnaire en Asie Mineure, la Turquie actuelle. Je lis le passage :

Le Seigneur confirmait la vérité du message de sa grâce, en leur donnant d’accomplir des signes miraculeux et des prodiges (Actes 14.3).

Cela dit, Paul a bien souligné que le royaume de Dieu ne consiste pas en des pratiques rituelles (Romains 14.17) telles que ce qu’on doit manger ou boire. Il n’est pas non plus caractérisé par les signes extérieurs son et lumière des miracles et des guérisons. L’essence du royaume de Dieu est la justice, et ceux qui se réclament de ce royaume s’efforcent d’être justes dans toute leurs actions, ce qui était aussi le message des prophètes de l’Ancien Testament.

Versets 23-24

Je continue maintenant à lire dans le chapitre 15 de l’Épître de l’apôtre Paul aux Romains.

À présent, je n’ai plus de champ d’action dans ces régions. Or, depuis plusieurs années, je désire aller chez vous et cela pourra se réaliser quand j’irai en Espagne. En effet, j’espère vous voir en passant, et je compte sur vous pour m’aider à me rendre dans ce pays après avoir été pour un temps, pleinement comblé de mon désir de me trouver en votre compagnie (Romains 15.23-24).

Paul est dans la ville de Corinthe d’où il écrit cette épître. Suite à ses nombreux voyages missionnaires que Luc nous décrit dans le livre des Actes, il sent qu’il a achevé la tâche que le Seigneur lui a confiée d’annoncer la Bonne Nouvelle dans les principales villes de Grèce et d’Asie Mineure. Ses disciples poursuivent l’oeuvre qu’il a commencée, mais lui, en tant que pionnier et apôtre des païens, il a les pieds qui le démangent d’aller dans de nouveaux territoires. Mû par l’Esprit de Dieu, il a dans ses cartons le projet de se rendre en Espagne qui, à cette époque, est une colonie romaine à la limite occidentale de l’empire. En route pour cette destination, il voudrait faire une halte à Rome pour y effectuer une visite pastorale.

Quand il écrit aux Romains : « après avoir été en partie pleinement comblé de mon désir de me trouver en votre compagnie », il leur fait un sincère compliment disant que leur communion fraternelle le rafraîchirait et le comblerait, spirituellement bien sûr, mais dans tout son être également. Le but de l’apôtre est de fortifier dans la foi les croyants de cette ville tout en sollicitant leur appui pour la suite de son voyage puisqu’il a bien l’intention de se rendre jusqu’à la péninsule ibérique. Selon la coutume de l’époque, cette aide demandée par Paul comprend des informations diverses, des recommandations, des provisions pour la route, et éventuellement même des compagnons de voyage. On ne sait pas si Paul s’est effectivement rendu en Espagne après sa première captivité romaine car ce voyage ne figure nulle part dans les expéditions missionnaires de l’apôtre que nous relate l’historien Luc dans le livre des Actes. Mais Luc ne mentionne pas non plus le circuit que fit Paul en Illyrie, dans l’ancienne Yougoslavie, et si un peu plus tôt dans cette Épître, l’apôtre ne l’avait pas mentionné en passant, on ignorerait tout de ce périple. Ce qu’on sait par contre, est que la première venue de Paul à Rome n’a pas eu lieu du tout dans les conditions qu’il envisage. Dans le livre des Actes (ch. 28), Luc nous raconte les circonstances dramatiques qui l’ont conduit dans la capitale impériale. Ce que l’on sait aussi et qui est notable, est ce que Paul a écrit à Timothée alors qu’il est au soir de sa vie. Peu de temps avant d’être exécuté par Néron, Paul dit qu’il est parfaitement satisfait de ce qu’a été sa vie. Combien de gens peuvent dire comme lui :

Le moment de mon départ est arrivé. J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé la foi. Le prix de la victoire, la couronne de justice est déjà préparée pour moi. Le Seigneur, le juste Juge, me le remettra en ce jour (2Timothée 4.6-8; Auteur).

Versets 25-27

Je continue à lire le texte du dernier chapitre de l’épître aux Romains.

Pour l’instant, je vais à Jérusalem pour le service de ceux qui appartiennent à Dieu. En effet, les Églises de la Macédoine et de l’Achaïe ont librement décidé de mettre en commun une part de leurs biens pour venir en aide aux croyants pauvres de Jérusalem. C’est une libre initiative de leur part, mais elles le leur devaient bien : car si les non-Juifs ont eu leur part des biens spirituels qui appartenaient aux Juifs, ils doivent bien, à leur tour, les assister de leurs biens matériels (Romains 15.25-27).

Avant de prendre son bâton de pèlerin pour l’Espagne avec arrêt à Rome, Paul va d’abord aller à Jérusalem. Il est décidément un grand voyageur devant l’Éternel car il ne laisse pas le temps à l’herbe de pousser sous ses sandales. Il part donc pour la ville sainte dans le but d’amener de l’argent à l’Église de Jérusalem. Le livre des Actes mentionne ce voyage. Je lis le passage :

Après plusieurs années d’absence, je suis revenu dans mon pays pour apporter une aide en argent aux gens de mon peuple et pour présenter des offrandes à Dieu (Actes 24.17).

Paul a résolu d’aller lui-même remettre la collecte aux anciens de l’église de Jérusalem en faveur des chrétiens pauvres de la ville, parce qu’en même temps, il veut expliquer ce que cet argent implique de la part des croyants d’origine païenne convertis à Jésus-Christ. D’une part, ces dons en espèces sonnantes et trébuchantes sont volontaires, ce qui apparaît clairement dans le texte par la répétition d’un verbe dénotant la libéralité, et d’autre part, c’est de cette manière que les païens qui ont placé leur foi dans le Seigneur comme sauveur manifestent leur amour, leur reconnaissance et leur solidarité avec les chrétiens de souche israélite. En effet, la propagation de l’Évangile a débuté en Palestine, puisque c’est à Jérusalem qu’eut lieu la Pentecôte, quand le Saint-Esprit est descendu avec puissance sur chaque disciple du Christ. Suite à cette effusion de l’Esprit, des églises se sont constituées dans les provinces grecques de la Macédoine et de l’Achaïe, ainsi que dans l’Asie Mineure. Il s’en suit que toutes ces Églises, dont les membres sont en grande majorité d’origine païenne, ont une dette spirituelle envers les Israélites. On peut dire que les chrétiens juifs ont fait part de leurs biens spirituels à tous les non-Juifs du monde entier et qu’il convient d’en tenir compte. Par ailleurs, et comme le fait remarquer Martin Luther, ce que dit Paul est peut-être aussi une façon délicate de rappeler aux Romains qu’ils ont eux aussi une obligation envers les croyants juifs.

Le texte dit littéralement que les églises d’origine païenne sont « débitrices » de l’Église de Jérusalem. Jésus lui-même, au cours de son entretien avec la femme samaritaine, a validé cette obligation morale des non-Juifs envers les descendants d’Abraham quand il a dit :

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient du peuple juif (Jean 4.22).

Avec l’offrande qu’il apporte, Paul veut illustrer la solidarité des Églises non-juives avec celle de Jérusalem. Par ailleurs, cette volonté de l’apôtre de se rendre lui-même sur place a une valeur symbolique. En effet, en tant que religieux juif Pharisien, il avait violemment persécuté les chrétiens de l’Église de Jérusalem. En leur apportant ce don, il ne répare pas le mal qu’il a fait, mais il l’atténue dans l’esprit des croyants juifs ; c’est un peu comme mettre de la pommade sur une plaie. La blessure est toujours là mais le pansement aussi. La troisième raison pour laquelle Paul veut venir en personne à Jérusalem est pour dissiper la suspicion qui règne de la part des croyants juifs vis-à-vis des païens devenus chrétiens. Il n’y a rien de tel qu’un don d’argent pour arrondir les angles, amadouer ses ennemis et détendre l’atmosphère. D’ailleurs, c’est un peu le message d’un proverbe de l’Ancien Testament qui dit :

Un cadeau offert en secret apaise la colère, et un présent glissé en cachette calme la plus violente fureur (Proverbes 21.14).

Versets 28-29

Je continue le texte.

Lorsque je me serai acquitté de ce service et que j’aurai remis à ses destinataires le fruit de cette initiative, je prendrai le chemin de l’Espagne et passerai donc par chez vous. Et je sais que lorsque je viendrai chez vous, ce sera avec la pleine bénédiction du Christ (Romains 15.28-29).

Paul réitère ses intentions de se rendre en Espagne et de s’arrêter à Rome en cours de route. C’est vrai qu’il ira dans la ville impériale, mais pas au moment ni de la façon dont il pense. En effet, quand il écrit ces lignes, il ignore encore qu’un long séjour en prison de plusieurs années l’attend entre sa visite à Jérusalem et son futur voyage vers la péninsule ibérique. Paul, comme chacun d’entre nous, devait établir des projets, les marquer sur son agenda, et se préparer à les réaliser, mais ni lui ni vous ni moi ne pouvons dire avec certitude s’il sera en mesure d’accomplir ce qu’il a planifié. Un chrétien plus que tout autre doit se montrer flexible, sachant que puisque c’est Jésus-Christ qui dirige sa vie, ses plans peuvent changer à tout moment.

Versets 30-33

Je finis le chapitre 15 de l’épître de Paul aux Romains.

Je vous le demande, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l’amour que donne l’Esprit : combattez avec moi, en priant Dieu pour moi. Qu’il me fasse échapper aux incrédules de la Judée et permette que l’aide que j’apporte à Jérusalem puisse être reçue favorablement par ceux qui appartiennent à Dieu. Ainsi je pourrai venir chez vous le cœur plein de joie, si Dieu le veut, et trouver quelque repos parmi vous. Que le Dieu qui donne la paix soit avec vous tous. Amen (Romains 15.30-33).

L’apôtre Paul, tout aussi grand qu’il est, reconnait qu’il a besoin du soutien des autres et en particulier des prières d’intercession de ses lecteurs, ce qu’il demande plusieurs fois dans ses lettres. On voit ici la mise en pratique de la vie chrétienne au 1er siècle. Les croyants aident financièrement leurs frères qui sont dans le besoin, et ils intercèdent les uns pour les autres auprès de Dieu au nom de Jésus-Christ. La requête de prière que Paul adresse aux Romains est solennelle et fervente. Ce n’est pas une répétition gnangnan, du genre moulin à prière, mais un exercice de l’âme énergique et musclé. Quand il demande : « combattez avec moi, en priant Dieu pour moi », le verbe traduit par « combattez » a donné « agoniser » en français; c’est tout dire de l’intensité de l’intercession souhaitée par l’apôtre. Il faut dire que Paul sait très bien qu’il va au-devant de graves dangers et que sa vie est menacée par les chefs religieux juifs véreux de Palestine qui depuis toujours mettent tout en œuvre pour lui faire la peau. La suite des événement prouvera que les craintes de l’apôtre étaient fondées. Il est victime d’un coup monté par les autorités religieuses, maltraité, roué de coups et laissé pour mort par les Juifs, mais délivré par les Romains. Ensuite, il passe deux ans en prison en Palestine où il a l’occasion de comparaître et de témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ devant rois et gouverneurs. Toujours menacé par les autorités religieuses juives, il fait appel à la cour de justice impériale. En route pour Rome avec d’autres prisonniers, le voyage est une catastrophe; la navigation est longue et difficile et le navire fait naufrage sur l’île de Malte (Actes 28.1). Enfin, Paul atteint la capitale de l’empire, mais alors qu’il espérait s’y rendre dans la joie, il y arrive dans les chaînes. Néanmoins, il reconnaît la volonté de Dieu dans ces événements fâcheux. Il est alors assigné à résidence jusqu’à ce qu’il soit jugé par César, avant d’être finalement libéré. Il faut remarquer que pour parer aux graves dangers qu’il sait le menacent, l’apôtre fait une très grande confiance dans le pouvoir des prières de ses frères, et avec raison puisqu’il fut l’objet de plusieurs délivrances, toutes providentielles.

Quand sur le chemin de Damas, Jésus est apparu à Saul de Tarse, le futur apôtre Paul, il ne lui a pas donné les détails de ce que serait sa vie et son ministère, mais il a dit au disciple Ananias : cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ; et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom (Actes 9.15,16).

Ici, l’apôtre demande également aux Romains de prier pour lui concernant les dons qu’il apporte aux croyants pauvres de Jérusalem. Il avait à cœur que cette offrande soit, d’une part, acceptée pour ce qu’elle est, une aide désintéressée de la part des chrétiens d’origine païenne, et d’autre part, qu’elle soit distribuée de façon équitable.

Dans cette première partie de la conclusion de cette lettre, Paul fait part de ses projets futurs et immédiats, et donne quelques nouvelles plus personnelles à ses lecteurs. Ces remarques sont en accord avec les coutumes de l’époque.

Si Dieu répond à la requête de Paul, il aura enfin l’occasion de rendre visite aux Romains, l’esprit libre et le cœur en fête. Il pourra alors jouir d’un peu de repos en leur compagnie. Hormis les longues salutations qu’il va encore adresser aux Romains, l’apôtre termine ce livre par une brève bénédiction, la troisième de ce chapitre 15. Dans ses lettres, Paul utilise plusieurs fois l’expression qui est littéralement : « le Dieu de la paix », parce que c’est Lui qui en est la source, qui la donne et qui la renouvelle sans cesse dans le cœur de ses enfants (Romains 16:20 ; 2Corinthiens 13:11 ; Philippiens 4:9 ; 1 Thessaloniciens 5:23).

Chapitre 16

Introduction

Nous arrivons maintenant à la conclusion de cette Épître aux Romains. Paul a quitté les sommets élevés de la doctrine du christianisme, et pour leur mise en pratique, il est descendu dans la vie de tous les jours. A Rome circulent les nombreux citoyens de l’Empire qui ont accepté Jésus-Christ comme leur sauveur et qui témoignent de leur foi à une population non seulement païenne, mais aux mœurs les plus dévolues qu’on puisse imaginer : un mélange de vices où se mêlent cruauté, débauche et orgies à gogo. Une visite de la capitale de l’Empire romain, c’est remonter dans le temps et se retrouver en plein centre de Sodome.

L’enseignement que nous donne Paul dans cette épître n’est pas destiné à l’élite intellectuelle sacerdotale de Rome, mais à ceux qui ont embrassé la foi toute simple en Jésus-Christ et qui battent le pavé de la capitale ayant à cœur de répandre autour d’eux la Bonne Nouvelle comme quoi le Sauveur est venu et leur tend les bras.

Dans le seizième et dernier chapitre de cette épître, l’Évangile de Jésus-Christ est exprimé dans la réalité quotidienne de personnes en chair et en os. Rome était un aimant qui attirait des gens d’un peu partout de l’empire et même d’ailleurs, et c’est pourquoi Paul y avait de nombreuses connaissances. À cette époque, les communications étaient lentes et laborieuses et les déplacements dangereux se faisaient surtout à pied. Alors il est absolument remarquable de constater que l’apôtre sait où se trouvent ses amis; il les suit à la trace pour ainsi dire, ce qui prouve qu’il se soucie véritablement de ceux qu’il a rencontrés et avec qui il s’est lié d’amitié. Les salutations qu’il leur adresse sont un témoignage d’amour et de tendresse, des valeurs qui ne faisaient pas partie de la philosophie et des pratiques romaines. Il n’est donc pas étonnant qu’après les avoir observés, des écrivains du premier siècle aient écrit : « Vraiment, ces chrétiens s’aiment du fond du cœur ! ».

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 16 de l’épître aux Romains.

Je vous recommande notre sœur Phœbé, diacre de l’Église de Cenchrées (Romains 16.1).

Corinthe, situé sur un cordon littoral entre deux lagunes, était desservi par deux ports. Cenchrées qui donnait sur l’Asie, était situé à quelques kilomètres à l’est de la ville, et recevait les navires venant de la mer Égée. De toute évidence, Phœbé, dont le nom signifie « radieuse », est d’origine païenne. C’est elle qui fit le facteur pour Paul et livra cette lettre, c’est pourquoi il la recommande chaleureusement en l’appelant : « notre sœur », cette relation étant bien sûr spirituelle et non familiale. Phœbé est la première croyante mentionnée dans ce chapitre qui constitue en lui-même un petit catalogue des héros de la foi.

Cette femme est appelée : « diacre », ce qui veut dire « serviteur ». Paul se désigne ainsi lui-même plusieurs fois dans ses Épîtres. Ce mot désigne également une responsabilité spirituelle  dans l’Église locale ce que la tournure de la phrase grecque semble indiquer. Phœbé a donc une position reconnue ce qui convient bien à une personne servant d’émissaire de l’apôtre. A côté de ses responsabilités d’ordre spirituel dans l’église, Phoebé fait probablement du commerce de ville en ville, ce qui de temps en temps l’amène jusqu’à Rome. C’est à l’occasion de l’un de ses voyages d’affaires que cette lettre fut remise à ses destinataires.

La structure rigide hiérarchisée et macho de la plupart des Églises dites chrétiennes exclut les dames des fonctions dirigeantes. S’il est vrai que le Nouveau Testament interdit à une femme d’exercer le rôle proprement dit de pasteur et de prédicateur, rien ne l’empêche de participer à toutes les décisions qu’une Église doit prendre. Le sexe faible comme on l’appelle, a une sensibilité naturelle et une intuition que les hommes n’ont pas. Il est des situations où la finesse des mâles s’apparente à celle du Cro-Magnon armé d’une massue.

Verset 2

Je continue.

Réservez-lui, comme à quelqu’un qui appartient au Seigneur, l’accueil que lui doivent des chrétiens. Mettez-vous à sa disposition pour toute affaire où elle aurait besoin de vous. Car elle est intervenue en faveur de beaucoup et, en particulier, pour moi (Romains 16.2).

Paul recommande la soeur Phoebé aux Romains avec une touchante sollicitude, qui montre que d’étroits rapports d’affection unissaient ces premiers ouvriers de la Bonne Nouvelle. Le vocabulaire légal utilisé révèle que Phœbé est une femme d’influence qui a le bras long qui va jusqu’aux autorités romaines. Apparemment, elle est déjà intervenue en faveur d’étrangers de passage et donc privés de certains droits juridiques. Il s’agit sans aucun doute de chrétiens dont Paul lui-même; on ignore dans quelles circonstances Phœbé a été l’aide de l’apôtre, mais il est évident qu’il lui en conserve une vive reconnaissance.

Dans l’ensemble des Écritures, il apparaît clairement que ce qu’on appelle en terme péjoratif « le piston » est tout à fait légitime s’il est utilisé dans un cadre éthique qui respecte les règles morales. Cela fait partie des relations humaines, ni plus, ni moins. Ce genre d’aide indirecte transparaît des pages de plusieurs livres de l’Ancien Testament. Ainsi par exemple, le prophète Élisée a fait dire à la femme de Sunem : « Voici, tu nous as montré tout cet empressement ; que peut-on faire pour toi ? Faut-il parler pour toi au roi ou au chef de l’armée ? » (2 Rois 4.13). Et dans le livre d’Esther, l’oncle de la reine vient exiger d’elle son intervention auprès du roi pour secourir le peuple juif menacé par un sinistre complot. Que je bénéficie d’un coup de pouce ou que je le donne, cette action ne doit en aucun cas entraîner de l’orgueil, mais plutôt de la reconnaissance envers Dieu pour ce privilège qu’il m’accorde. En effet, selon l’Épître aux Romains, toute personne qui occupe une position d’autorité la doit au Seigneur.