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13 août 2024

Psaumes 85.1 – 88.19

Psaume 85

Introduction

Le 20e siècle fut probablement le plus cruel de l’histoire de l’humanité. Les guerres et les exterminations systématiques ont dû faire proche de 100 millions de morts sans compter les autres millions de réfugiés morts-vivants parqués dans des camps de misère. Même le super despote Nabuchodonosor en aurait été consterné. Lui au moins, il avait donné aux populations exilées la possibilité de s’établir sur place et de prospérer. C’est ce qui arriva aux Israélites. Ils sont déportés à Babylone au début du 6e siècle av. J-C, mais 70 ans plus tard, alors qu’ils se trouvent sous la coupe des Perses, un décret de l’empereur Cyrus les autorise à rentrer chez eux. Seulement, ils sont tellement confortables dans leur nouvelle patrie que très peu d’entre eux veulent retourner dans le pays dévasté de leurs ancêtres pour le reconstruire. Certains pourtant font le voyage et le Psaume 85 semble être une prière des premiers colons juifs de retour en Palestine. Le psalmiste évoque tout d’abord les bienfaits passés de Dieu en faveur de son peuple, puis demande une nouvelle intervention de sa part. Ensuite, il exprime sa confiance en lui et son espérance en un meilleur avenir.

Versets 1-2

Je commence à lire le psaume 85.

Au chef de chœur. Psaume des Qoréites. Éternel, tu as montré ta faveur à ton pays. Tu as ramené ceux de Jacob qui étaient en captivité (Psaumes 85.1-2).

Les Juifs sont aujourd’hui en Israël, cependant un jour ils en seront à nouveau chassés, mais alors, ce sera Dieu lui-même qui les ramènera dans le pays qu’il a juré de donner à Abraham et à ses descendants. Alors ce psaume sera vraiment d’actualité.

Verset 3

Je continue.

Tu as pardonné les fautes de ton peuple, tu as couvert leur péché. — Pause (Psaumes 85.3).

Les Israélites qui sont retournés dans leur pays avaient le cœur tendre à l’égard de l’Éternel, mais cette bonne disposition fut de très courte durée. D’après les livres historiques (Néhémie et Esdras) et les écrits des prophètes (Aggée, Zacharie, Malachie), la plupart du temps, les Juifs étaient indifférents ou rebelles à Dieu. Cependant, les hommes pieux qui souffrent sont fortifiés à la pensée des compassions de Dieu dans le passé et de la gloire d’Israël à venir.

Verset 4

Je continue.

Tu as retiré toute ta colère, tu as réfréné ton indignation (Psaumes 85.4).

Le pire pour Israël et le monde est encore à venir. Ce sera la Grande Tribulation avec l’Antichrist aux commandes. Satan pourra alors donner libre cours à sa haine et le mal ne sera plus contenu par le Saint-Esprit comme il l’est encore aujourd’hui. Puis aura lieu le jugement de Dieu tel qu’il est décrit dans le livre de l’Apocalypse. Ensuite, Jésus-Christ reviendra sur terre pour y établir une paix durable.

Mais avant ces événements, les chrétiens authentiques seront enlevés dans les cieux. Ils échapperont à la grande colère de Dieu parce que leurs fautes ont déjà été jugées sur la croix en la personne de Jésus-Christ. Cependant, chaque croyant doit quand même passer devant le tribunal du Christ (1Corinthiens 3.13-15) pour que ses œuvres sur terre soient évaluées.

Versets 5-6

Je continue le psaume.

Oh, fais-nous revenir, Dieu, notre Sauveur ! Mets un terme à ta colère ! Vas-tu, éternellement, être irrité contre nous ? Ton ressentiment durera-t-il d’âge en âge ? (Psaumes 85.5-6).

Au début, le psalmiste a dit : « tu nous as ramenés », pourtant ici, il semble que la situation des Israélites est bien précaire et qu’ils vivent une période particulièrement troublée parce que Dieu est toujours fâché et laisse encore sa colère peser sur le pays. On connaît les difficultés que les Israélites ont dû endurer pour relever le temple et les murailles de Jérusalem. Par ailleurs, leurs ennemis réussirent également à freiner la venue de nouvelles caravanes de colons.

Versets 7-8

Je continue.

Ne voudrais-tu pas nous rendre à la vie afin que ton peuple se réjouisse en toi ? Fais-nous contempler, ton amour, ô Éternel ! Accorde-nous ton salut ! (Psaumes 85.7-8).

Les relations entre l’Éternel et les Israélites ne sont bonnes que quand ces derniers se réjouissent en lui, ce qui est d’ailleurs l’un des objectifs de toutes les fêtes juives.

Verset 9

Je continue.

Je veux écouter ce que dit Dieu, l’Éternel : c’est de prospérité, de félicité qu’il parle à son peuple et à ses bien-aimés. Mais qu’ils ne retournent pas à leur folie ! (Psaumes 85.9).

Les malheurs d’Israël ainsi que de tous les hommes, c’est leur folie à se rebeller contre le Créateur. Heureusement, dans l’éternité à venir, cette possibilité n’existera plus.

Verset 10

Je continue.

Oui, il va bientôt sauver ceux qui le révèrent, afin que sa gloire puisse demeurer bientôt dans notre pays (Psaumes 85.10).

Le peuple jouira à nouveau du salut une fois que sera reconstruit le sanctuaire ou Dieu réside.

Versets 11-12

Je continue.

La bonté et la vérité se sont rencontrées, et la justice et la paix se sont données l’accolade. La vérité germera du sein de la terre, la justice descendra des hauteurs célestes (Psaumes 85.11-12).

Les attributs de Dieu sont personnifiés. C’est comme s’ils habitaient au milieu du peuple et par leur présence, attiraient la bénédiction d’En-Haut. Parce que l’être humain est coupable en vérité, il se tient à l’écart de la bonté de Dieu et c’est le mal qui règne. La justice divine exige alors qu’il soit jugé, voilà pourquoi il ne connaît pas la paix. Mais une fois le pardon accordé, l’harmonie est rétablie. La bonté de Dieu est accordée sans réserve puisque l’homme pardonné n’est véritablement plus coupable à ses yeux. Tout cela s’accomplit aujourd’hui par la foi en Jésus-Christ.

Versets 13-14

Je finis le psaume 85.

L’Éternel lui-même nous donnera le bonheur et notre pays produira ses fruits. La justice le précédera, elle prend garde au chemin de ses pas, pour y marcher après lui (Psaumes 85.13-14; Auteur).

La présence de Dieu se manifeste par le règne de la justice ; elle précède l’Éternel et le suit. Le psalmiste envisage le règne futur de la justice personnifiée dans le Messie, Jésus-Christ. Dans sa seconde épître, l’apôtre Pierre écrit :

Mais nous, nous attendons, comme Dieu l’a promis, un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera (2Pierre 3.13).

La terre sera alors sujette aux bénédictions divines comme c’était le cas au paradis terrestre. Ce n’est pas un conte de fée car cette espérance est fondée sur ce que Dieu a promis et décidé.

Psaume 86

Introduction

Nous arrivons au psaume 86 qui est une prière liturgique d’appel au secours, qui exprime les besoins permanents et universels du peuple de Dieu de tous les temps. Il a sans doute été composé par les fils de Qoré, ce qui explique sa place au milieu de cantiques qui leur sont attribués. Le nom de David, mis en tête de ce psaume, est dû aux citations de psaumes plus anciens, de David, qui s’y trouvent en grand nombre. Cela dit, le psaume 86 possède quand même son caractère propre. Ainsi, au lieu d’utiliser pour Dieu les noms Élohim qui évoque le Créateur, et Yaweh qui décrit le Dieu de l’alliance et du salut, ici, le psalmiste emploie 7 fois Adonaï qui veut dire Seigneur. Ce nom est aussi celui qui dans la lecture de l’Ancien Testament, est substitué à Yaweh, que les Juifs pieux n’osent pas prononcer parce qu’il était trop sacré à leurs yeux.

Dans le psaume 86, l’espérance messianique occupe la place centrale, mais ce n’est pas Jésus-Christ qui parle. Par exemple, la prière « Enseigne-moi, ô Éternel, à suivre les voies que tu traces, et je me conduirai selon ta vérité. Accorde-moi un cœur qui te révère sans partage » (v.11) pourrait être dite par un croyant mais pas par Jésus-Christ. Quelqu’un a dit :

Le temps [..], souvent nous le gaspillons en futilité ce qui ralentit d’autant notre marche avec Dieu. Même si nous sommes sur le chemin du ciel, nous nous arrêtons en route pour chasser les papillons [..]. Combien de croyants qui ne commettent pas de fautes grossières, mais qui se débattent dans des soucis inutiles, des tâches qu’ils imaginent nécessaires mais qui ne sont que des diversions par rapport à ce qui compte vraiment dans la vie [..].

Je ne sais pas vous, mais moi je tue souvent le temps en brassant beaucoup d’air et je stresse pour un oui ou pour un non. Jean Calvin a dit :

Le cœur de l’homme est troublé, distrait et comme désuni, jusqu’à ce que Dieu l’ait recueilli à soi, et qu’il le retienne, pour lui obéir.

Tous ceux qui se disent chrétiens, surtout s’ils sont attirés par l’éclat et les jouissances de ce monde, ont besoin de prier comme suit : « Enseigne-moi ô Éternel à suivre les voies que tu traces… Accorde-moi un cœur qui te révère sans partage, réunis toutes mes pensées et mes aspirations en une seule, qui soit de te vénérer ». À cette requête Dieu répondra par :

Je te rendrai intelligent, je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conduirai ; mon œil sera sur toi (Psaumes 32.8).

Versets 1-7

Je commence maintenant à lire le Psaume 86.

Prière de David. Tends vers moi ton oreille, Éternel, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux. Viens protéger ma vie, car je suis ton bien-aimé. Et toi, tu es mon Dieu. Je suis ton serviteur qui se confie en toi : viens me sauver ! Ô Seigneur, fais-moi grâce ! Je crie vers toi sans cesse : réjouis ton serviteur, car c’est vers toi, Seigneur, que je me tourne. Oui, tu es bon, Seigneur, et prompt à pardonner, riche en amour pour tous ceux qui t’invoquent. Écoute ma prière, ô Éternel ! Sois attentif à mes supplications ! Au jour de ma détresse, c’est vers toi que je crie, car tu m’exauceras (Psaumes 86.1-7).

Le psalmiste se dit « pauvre et malheureux » ce qui dans les Écritures, veut souvent dire « dépendant de Dieu. Il espère être exaucé parce qu’il se fonde sur la nature de Dieu et il est son « bien-aimé. » Ce mot (hasid) revient 26 fois dans le psautier et désigne les gens pieux, dévoués à l’Éternel, qui lui obéissent et qui l’aiment. C’est de ce mot que vient Hassidisme, le courant religieux juif qui donne une interprétation mystique et allégorique de l’Ancien Testament.

Versets 8-10

Je continue.

Parmi les dieux, Seigneur, nul n’est semblable à toi ! Aucun ne pourrait faire ce que toi, tu as fait, et toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, ô Seigneur : elles te rendront gloire. Car tu es grand, et tu fais des merveilles ! Tu es le seul vrai Dieu ! (Psaumes 86.8-10).

Les nations voisines d’Israël ont leurs propres divinités dont elles vantent les exploits. Mais le jour viendra où tous les hommes reconnaîtront la souveraineté absolue de l’Éternel. Ici encore, cette vision de l’avenir correspond au règne de 1 000 ans que Jésus-Christ instaurera sur terre. Dans le livre de l’Apocalypse, on lit :

Qui oserait, Seigneur, refuser de te révérer et de te rendre gloire ? Car toi seul, tu es saint ; et toutes les nations viendront pour se prosterner devant toi, [..] (Apocalypse 15.4).

Versets 12-14

Je continue le psaume 86.

De tout mon cœur, je te louerai, Seigneur mon Dieu, je te rendrai gloire à toujours. Car ton amour pour moi est grand, et tu m’as délivré du gouffre de la mort. Ô Dieu, des orgueilleux se dressent contre moi, des hommes violents en veulent à ma vie. Il n’y a pas de place pour toi dans leurs pensées (Psaumes 86.12-14).

Ces paroles rappellent beaucoup celles du psaume 54 que David a formulées alors qu’il est poursuivi par le roi Saül.

Versets 15-17

Je finis le psaume 86.

Mais toi, Seigneur, tu es un Dieu plein de tendresse, qui nous fait grâce, et qui est lent à la colère, qui est riche en amour et en fidélité. Accorde moi un signe de ta bonté (Psaumes 86.15,17).

J’aime beaucoup la prière de Néhémie (5.19 ; 13.31) qui, s’appuyant sur le caractère de Dieu demande : « Souviens-toi de moi, ô Dieu, pour me faire du bien ».

Psaume 87

Introduction

Nous arrivons au Psaume 87 qui fait partie des cantiques de Sion, le mont sur lequel est bâtie Jérusalem. L’espérance du royaume messianique, développée dans le Psaume 85 et rappelée dans le 86, est omniprésent dans le psaume 87, un cantique qui porte l’esprit prophétique au plus haut niveau, car il est très précis dans ses prédictions. Il célèbre la gloire future de Jérusalem et annonce que les nations païennes sont appelées à recevoir le droit de cité dans la ville sainte et c’est l’Éternel lui-même qui les inscrit dans le registre de ses sujets.

En fait, cette prophétie, qui donne à tous les hommes, quels qu’ils soient, la possibilité de faire partie du peuple de Dieu, s’accomplit actuellement, puisque depuis la Pentecôte, des gens de toutes les nations naissent à une vie nouvelle dans l’Église de Jésus-Christ.

Versets 1-3

Je commence à lire le Psaume 87.

Psaume des fils de Qoré. Cantique. Dieu l’a fondée sur les montagnes saintes, l’Éternel aime les portes de Sion plus que tout autre lieu du pays de Jacob. Ô toi, cité de Dieu, ce que l’on dit de toi est tout chargé de gloire : — Pause (Psaumes 87.1-3).

Jérusalem est synonyme de gloire et de sainteté parce que l’Éternel a choisi cette ville pour y faire résider son nom. Un jour, elle sera la capitale du monde entier. Ésaïe écrit :

Dans l’avenir, il adviendra que la montagne sur laquelle est le Temple de l’Éternel sera fermement établie au-dessus des montagnes, elle s’élèvera par-dessus toutes les hauteurs, et toutes les nations y afflueront (Ésaïe 2.2).

Versets 4-5

Je continue le Psaume 87.

“ Parmi tous ceux qui me connaissent, je ferai mention de l’Égypte (Rahab) aussi bien que de Babylone, j’inscris la Philistie, et Tyr, et l’Éthiopie, comme étant nés ici. ” De Sion, on dira : “ Tout homme est né ici ”, et le Très-Haut lui-même la maintient fermement (Psaumes 87.4-5).

(L’Éthiopie correspond au sud de l’Égypte, + le Soudan et l’Éthiopie actuelle.) Dieu donne à chaque peuple le droit de cité en Israël ainsi que le statut de citoyen de Jérusalem comme s’il y était né. Une ère nouvelle, comparable à une nouvelle naissance, débutera quand l’humanité se convertira à Jésus-Christ. Le psalmiste a une vision du millénium où tous les peuples sont incorporés à celui de Dieu. Soit dit en passant que le premier non-Juif mentionné dans le Nouveau Testament à devenir chrétien fut un ministre d’État Éthiopien (Actes 8.26-39).

Versets 6-7

Je finis le psaume 87.

L’Éternel, en faisant la liste où il inscrit les peuples, note pour chacun d’eux : “ Un tel est né ici ”, — Pause et ils diront dans leurs chants et leurs danses : “ Toutes mes sources sont en toi ” (Psaumes 87.6-7).

Littéralement : « Et chantant, comme dansant, toutes mes sources en toi. »  On chante et on danse ; il s’agit de cortèges religieux et des danses semblables à celles de David devant l’arche de l’Alliance (2Samuel 6:16).

Dans sa grâce souveraine, Dieu lui-même enregistre les nouveaux membres de son peuple. Jérusalem sera pour toutes les nations, la source de la vie et de la prospérité.

Psaume 88

Versets 1-2

Nous arrivons au Psaume 88 qui rappelle le livre de Job car c’est la prière d’un désespéré qui est au fond du trou sans le moindre espoir d’en sortir. Assez curieusement il est en sandwich entre deux psaumes où dominent la louange et la joie. Je commence à lire le psaume 88.

Un psaume des fils de Qoré. Cantique à chanter avec la flûte. Au chef de chœur. Une méditation d’Héman l’Ezrahite. Éternel Dieu de mon salut, je crie à toi, pendant le jour, pendant la nuit, en ta présence (Psaumes 88.1-2).

Ce Lévite était chantre au temps de David (1Chroniques 25) et l’un des sages à la cour de Salomon. C’est un homme pieux qui appelle Dieu à l’aide suite à une grande détresse.

Versets 3-6

Je continue.

Que ma prière s’élève jusqu’à toi ! À mes sanglots, prête attention ! Car je suis rassasié de maux, et je suis tout près du Séjour des morts. Déjà je suis compté parmi ceux qui s’en vont dans la fosse. Je suis un homme fini. Gisant parmi les morts, pareils aux tués qui sont couchés dans la tombe, que tu as oubliés et dont tu ne t’occupes plus (Psaumes 88.3-6).

Les défunts ne participent évidemment plus à l’histoire humaine et ne bénéficient plus des interventions de Dieu en leur faveur. Ce psaume nous donne une idée de la manière dont les Israélites se représentaient la mort : un état d’impuissance totale et abandonné de Dieu dans les ténèbres les plus opaques. Et c’est effectivement une description de l’endroit où se trouve le mauvais riche de la parabole de Jésus (Luc 16).

Pourtant, d’autres psaumes (Psaumes 16 ; 17 ; 49 ; 73) enseignent que même dans le Schéol, le fidèle est gardé par Dieu et qu’il en sortira pour être reçu dans la gloire. Mais ici, cette espérance fait totalement défaut parce que le psalmiste est complètement désespéré. Sa détresse présente est si forte qu’il la compare à la mort dans ce qu’elle a de plus effroyable.

Versets 7-10

Je continue.

Tu m’as abandonné dans un gouffre sans fond et tu m’as relégué dans les fonds ténébreux. Ta fureur me tenaille, les flots de ta colère ont déferlé sur moi  — Pause. Tu m’as séparé de mes proches. Tu m’as rendu, pour eux, comme un objet d’horreur (comparer Job 19.13-19). Je suis emprisonné, je ne peux m’en sortir. Mes yeux sont épuisés à force de souffrir. Je t’invoque, Éternel, tout au long de mes jours, je tends les mains vers toi (Psaumes 88.7-10).

Le psalmiste ne confesse aucune faute mais il se dit frappé par Dieu ce qui accentue encore son désespoir. Pourtant, il montre sa foi et sa patience dans son intercession passionnée.

Versets 15-19

Je continue plus loin et finis ce psaume.

Pourquoi, ô Éternel, me rejeter et refuser de m’accueillir ? Car je suis malheureux, près de la mort ; depuis que je suis jeune, et jusqu’à maintenant, j’endure les terreurs que tu m’imposes. Je suis à bout. Les flots de ta colère ont déferlé sur moi, je suis anéanti par les angoisses qui me viennent de toi. Comme des eaux qui me submergent, de toutes parts, elles m’assaillent tous les jours. Mes familiers, tous mes amis tu les as éloignés ! Ma seule compagnie, ce sont les ténèbres (Psaumes 88.15-19).

Contrairement aux autres psaumes d’appel au secours, le psaume 88 ne finit pas en triomphe mais par l’expression d’une nouvelle détresse épouvantable introduite par « Pourquoi ». On peut se demander comment une complainte pareille peut se trouver dans le recueil des hymnes sacrés d’Israël. Il faut bien reconnaître que de telles épreuves, sans raison apparente, sont parfois le lot de certains croyants d’élite. Ce fut le cas de Job et surtout de Jésus-Christ sur la croix quand il a crié : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné. »

Le psalmiste ne met pas un instant en doute, l’existence ou la justice de Dieu. Il souffre, pleure et se lamente, mais sans orgueil et sans révolte ; et malgré le silence de Dieu, il n’en continue pas moins à lui parler et à crier à lui. C’est pourquoi cet appel au secours est un exemple et un soutien, et même un encouragement pour tout croyant qui serait dans une très grande détresse.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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