Chapitre 25

Introduction

Certaines personnes tiennent un journal intime plus ou moins bien détaillé dans lequel elles racontent les circonstances quotidiennes de leur vie, les gens rencontrés, les conversations qu’elles ont eues, les endroits où elles sont allées, ce qu’elles ont fait et même leurs pensées et réflexions du jour. C’est une discipline remarquable qui peut s’avérer utile à plus d’un titre. C’est un peu ce que le roi David a fait concernant sa marche avec Dieu. Il nous livre son journal intime, si on peut dire, dans une série de prières contenue dans le psautier.

C’est ainsi qu’avec le Psaume 25 débute une nouvelle section qui nous raconte les expériences personnelles de David alors qu’il traverse des moments particulièrement difficiles. Ces prières viennent du fond du cœur, elles nous font pénétrer dans son âme et montrent qu’il entretient une relation très étroite avec l’Éternel.

Une portion de ce journal intime comprend des passages prophétiques, qui regardent vers le futur et qui concernent le reste fidèle d’Israël, quand à la fin des temps, ce peuple traversera un temps d’épreuve sans précédent.

Sachant que ses expériences et sa situation sont celles de beaucoup de fidèles, David a fait de sa prière celle du peuple de Dieu. L’humilité en est le trait dominant.

Le croyant, entouré d’ennemis et pris dans des difficultés inextricables, demande à Dieu de lui montrer le chemin qu’il doit suivre, la prière étant sa seule arme contre des adversaires à qui il ne répond pas et dont il ne se venge pas.

Le psaume 25 est acrostiche ; chaque strophe débute par une lettre différente et dans l’ordre de l’alphabet hébraïque avec cependant quelques irrégularités. Il a été composé pour être appris par cœur, l’ordre alphabétique devant faciliter la mémorisation.

Versets 1-2

Je commence à le lire.

De David. Vers toi, Éternel, je me tourne. En toi, mon Dieu, j’ai mis ma confiance. Ne permets pas que je sois dans la honte, et que mes ennemis se réjouissent de mon sort (Psaumes 25.1-2).

Cette prière de David est un appel au secours poignant, mais aussi une méditation sur le caractère de Dieu. Pour reprendre l’expression de Calvin, le psaume 25 contient « des méditations entrelacées de prières ». Contrairement aux hommes iniques qui se tournent vers l’idolâtrie ou d’autres choses, David cherche de l’aide auprès de l’Éternel en qui il a mis toute sa confiance. Il prie instamment ; ce ne sont pas des mots qu’il prononce du bout des lèvres alors qu’il est à moitié endormi, mais les supplications d’une âme en détresse et d’un cœur qui s’épanche. David personnifie aussi Israël à la fin des temps quand les Juifs seront dans le creuset d’une persécution terrible aux mains de l’Antichrist. C’est alors qu’ils se tourneront à nouveau vers le Dieu de leurs ancêtres (Zacharie 12.10).

Bien malgré lui, David est un homme de guerre. Souvent, quand il implore l’Éternel, c’est qu’il est en proie à des ennemis. Mais pour ma part, je peux invoquer Dieu en toute circonstance, quelle que soit la difficulté grande ou petite que je rencontre. Et si vous n’avez pas encore connu la détresse, ce n’est qu’une question de temps. En effet, dans le livre de Job on lit : « L’homme est né pour souffrir comme l’étincelle pour voler (Job 5.7) ».

Versets 3-4

Je continue le Psaume 25.

Aucun de ceux qui s’attendent à toi ne connaîtra jamais la honte. Mais honte à ceux qui te trahissent sans raison. Ô Éternel, montre-moi le chemin, enseigne-moi quelle est la voie que tu veux que je suive (Psaumes 25.3-4).

Le fidèle désire connaître la voie de Dieu. Dans la vie, il n’y a que deux chemins différents, deux façons de vivre. Soit je me soumets à Dieu, soit je fais comme bon me semble selon ma propre sagesse. Dans le livre des Proverbes nous lisons cette sévère mise en garde :

Bien des hommes pensent être sur le bon chemin, et pourtant, ils se trouvent sur une voie qui, finalement, mène à la mort (Proverbes 14.12).

Et Jésus a dit :

Entrez par la porte étroite ; en effet, large est la porte et facile la route qui mènent à la perdition. Nombreux sont ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et difficile le sentier qui mènent à la vie ! Qu’ils sont peu nombreux ceux qui les trouvent ! (Matthieu 7.13-14).

Verset 5-6

Je continue le psaume.

Dirige-moi selon ta vérité et instruis-moi ! Car c’est toi le Dieu qui me sauve, et je m’attends à toi à longueur de journée. Éternel, souviens-toi : tu es, depuis toujours, un Dieu bon et plein d’amour (Psaumes 25.5,6).

David dépend de l’Éternel pour son salut éternel mais aussi pour bien mener sa barque dans la vie. Dans le malheur, David s’appuie sur l’Éternel parce qu’il sait qu’il est bon et plein d’amour. Un jour à l’école du dimanche, une petite fille a fait la différence entre ces deux attributs appliqués à Dieu. Elle a dit : « Si je réclame à maman une tartine au beurre et qu’elle me la donne, c’est de la bonté. Si elle rajoute de la confiture sans que je la lui aie demandée, c’est de l’amour ».

Ces deux attributs de Dieu : la bonté et l’amour, ont de tout temps réconfortés les hommes pieux dans la détresse et ils sont l’espérance des croyants dans l’avenir. Et aujourd’hui aussi, c’est la bonté et l’amour de Dieu qui font que nous pouvons avoir une pleine confiance en lui.

Verset 7

Je continue.

Ne tiens plus compte de ces péchés de ma jeunesse, de mes fautes passées, mais traite-moi selon ta grâce, ô Éternel, toi qui es bon ! (Psaumes 25.7).

David utilise trois fois le verbe « souviens-toi ». Dans le verset précédent, il a dit : « Souviens-toi, tu es un Dieu bon et plein d’amour (Psaumes 25.6) ». Ici, littéralement, le texte dit : « Ne te souviens plus de ces péchés de ma jeunesse, mais souviens-toi de ta grâce ». Vous me direz : mais l’Éternel n’est pas amnésique, il lui est impossible d’oublier quoi que ce soit. C’est vrai dans l’absolu, mais peu importe, Dieu peut choisir s’il le désire d’oublier mes offenses. Ceux qui ont accepté Jésus comme Sauveur peuvent dire en toute certitude que Dieu ne se rappelle plus de leurs fautes. C’est pourquoi David peut prier : « Ne te souviens plus de mes péchés ». Et concernant Israël, le prophète Ésaïe écrit que l’Éternel a dit : « Je pardonnerai leurs fautes, j’oublierai leur péché (Jérémie 31.34) ». Dieu a une immense besace pleine de pardon et de grâce. Il en a assez pour vous et il en restera assez pour moi, même s’il m’en faut une grosse quantité.

Versets 8-10

Je continue le texte.

Oui, l’Éternel est bon, et il est juste : il indique aux pécheurs le chemin qu’il faut suivre. Les humbles, il les guide sur la voie droite ; il leur enseigne le chemin qu’il prescrit. Toutes les voies de l’Éternel sont amour et fidélité pour ceux qui sont fidèles à son alliance et obéissent à ses commandements (Psaumes 25.8-10).

David interrompt sa prière afin de méditer sur la bonté de l’Éternel qu’il vient de mentionner. L’Éternel est juste et droit ; il n’y a en lui ni caprice, ni passion débridée. David rend grâce à l’Éternel pour son caractère. Il est bon, juste, amour et fidèle envers ceux qui ont l’humilité de reconnaître leur péché et leur besoin de direction dans la vie. Les propres justes et les suffisants ne reçoivent ni pardon ni soutien de la part de Dieu.

Verset 11

Je continue.

Pour l’amour de ton nom, ô Éternel, pardonne mon péché qui est si grand (Psaumes 25.11).

Personne ne peut prétendre mériter la clémence de Dieu. Il ne pardonne jamais en vertu de ce que quelqu’un accomplit, mais uniquement sur la base de la foi et à cause de l’œuvre du Christ sur la croix, qui est l’événement central de l’histoire humaine. Malgré ses péchés d’adultère et de meurtre, l’Éternel a fait grâce à David, ce qui est un réconfort pour quiconque. En effet, si Dieu a pardonné de telles fautes, il y a de l’espoir pour n’importe lequel d’entre nous.

Versets 12-13

Je continue.

À l’homme qui révère l’Éternel, l’Éternel montre la voie qu’il doit choisir. Il le fait vivre dans le bonheur et sa postérité aura la terre en héritage (Psaumes 25.12-13).

Ceux qui vénèrent l’Éternel lui sont soumis et seront ses héritiers. La possession du pays de Canaan était l’une des principales bénédictions promises à Israël, s’il obéissait aux clauses de l’alliance. Cet héritage terrestre symbolise toutes les autres bénédictions. Jésus a dit : « Heureux ceux qui sont humbles, car Dieu leur donnera la terre en héritage (Matthieu 5.5) ».

Verset 14

Je continue le Psaume 25.

L’Éternel confie ses desseins à ceux qui le révèrent, il les instruit de son alliance (Psaumes 25.14).

Ceux qui vénèrent l’Éternel, « qui le craignent » dit le texte hébreu, reçoivent instruction de sa part. Parce qu’ils ont le cœur bien disposé à son égard, ils se soumettent à l’enseignement des Écritures. Comme ils épousent une perspective du monde qui est cohérente avec la réalité, ils possèdent la vraie connaissance et savent discerner entre le bien et le mal, la vérité et l’erreur.

Il y a beaucoup de passages difficiles à comprendre dans les Écritures et d’autres sont obscurs parce qu’on ne sait pas les traduire. Ce sont des excuses toutes faites qui apportent de l’eau au moulin des sceptiques qui se moquent des Textes Sacrés. Il est légitime de se poser des questions et j’en ai un dossier plein à craquer. Mais à un certain moment, il faut accepter ses limitations et faire confiance à Dieu qui lui connaît les réponses.

Si vous allez vous promener avec votre petite fille, il y a des chances qu’elle vous posera des tas de questions sur tout. Mais au bout d’un moment, elle en aura marre et voudra seulement que vous la preniez par la main ou dans vos bras. Faisons pareil avec Dieu.

Versets 15-22

Je finis le Psaume 25.

Mes yeux sont constamment tournés vers l’Éternel, car c’est lui qui dégage mes pieds pris au filet. Regarde-moi, ô Éternel, et fais-moi grâce, car je suis seul et malheureux. Mon cœur est dans l’angoisse, délivre-moi de mes tourments ! Vois ma misère et ma souffrance, pardonne-moi tous mes péchés ! Oh ! vois combien mes ennemis sont en grand nombre, et quelle haine violente ils ont pour moi ! Protège-moi, délivre-moi, garde-moi de la honte : je cherche en toi un sûr refuge. Que l’innocence et la droiture me sauvegardent puisque j’espère en toi. Ô Dieu, sauve Israël de toutes ses détresses ! (Psaumes 25.15-22).

David élargit sa requête à l’ensemble du peuple choisi et donc aussi à tous les croyants. Le psaume 25 est un modèle pour moi car il montre comment invoquer Dieu de tout son cœur.

Chapitre 26

Introduction

Nous arrivons au psaume 26 qui est similaire au précédent car c’est aussi un appel au secours, mais sans confession ni demande de pardon. Au contraire, ici David affirme fortement qu’il est intègre et qu’il se garde de toute forme du mal. Ce qu’il dit peut choquer, mais dans le contexte de la loi de Moïse, il peut effectivement mettre l’accent sur sa droiture.

Sous le présent régime de la grâce, notre justice personnelle est associée à Jésus-Christ. C’est lui, son œuvre sur la croix et ses mérites qui rendent le croyant saint devant Dieu. C’est par ma foi en lui que je suis pardonné et déclaré parfait. L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens :

Grâce à Dieu, vous êtes unis au Christ… en Christ, en effet, se trouvent pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption (1Corinthiens 1.30).

Verset 1

Je commence à lire le Psaume 26.

De David. Fais-moi justice, ô Éternel, car la vie que je mène est sans reproche. Je me confie en l’Éternel, je ne faiblirai pas (Psaumes 26.1).

Il semble que les psaumes 26, 27 et 28, se rapportent à l’époque où David a été chassé par le coup d’état de son fils Absalom. Il affirme son effort sincère d’obéir à la Loi. Il dit se comporter comme l’homme pieux décrit dans le premier psaume où il est écrit :

Heureux l’homme qui ne marche pas selon les conseils des méchants, qui ne va pas se tenir sur le chemin des pécheurs, qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs. Toute sa joie il la met dans la Loi de l’Éternel qu’il médite jour et nuit (Psaumes 1.1-2).

Une attitude droite consiste à faire confiance à l’Éternel. C’est vrai qu’à un moment donné de son règne, David a commis de très graves fautes qui sont comme une grosse tache d’encre de chine sur un col blanc. Cependant, dans l’ensemble, David a mené une vie exemplaire, au point où il devint l’étalon mesure de tous les rois qui l’ont suivi. Ceux qui se sont conduit comme David sont appelés des bons rois par l’Éternel.

Verset 2

Je continue le texte.

Sonde-moi, Éternel, éprouve-moi et examine mon cœur et mes pensées (Psaumes 26.2).

David est courageux. Il n’a pas peur de déshabiller son âme devant Dieu. Voyons, suis-je prêt à faire cette prière ou dois-je d’abord vider mes placards des squelettes qu’ils contiennent ?

Versets 3-5

Je continue.

Je garde ton amour présent à mon esprit, et je conduis ma vie selon ta vérité. Je ne vais pas m’asseoir avec les hommes fourbes. Je ne fréquente pas les hypocrites. Je hais la compagnie de ceux qui font le mal, je ne vais pas m’asseoir chez les méchants (Psaumes 26.3-5).

Ce passage comme le précédent rappelle encore le Psaume 1er. L’attitude pieuse de David n’est pas un comportement légaliste, mais lui est dictée par sa gratitude envers l’Éternel parce qu’il se sait aimé de par Dieu. David dit marcher selon la vérité, ce qui est l’aspect positif de la formule négative « Heureux l’homme qui ne marche pas selon les conseils des méchants » du Psaume 1er. Il ajoute qu’il ne s’assoit pas et ne fréquente pas les mécréants, les hypocrites et les méchants, ce qui entre tout à fait dans l’affirmation du Psaume 1er qui dit : « Heureux l’homme… qui ne va pas se tenir sur le chemin des pécheurs, qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs (Psaume 1.1) ».

Versets 6-7

Je continue le texte.

Je laverai mes mains en signe d’innocence avant de m’approcher de ton autel, ô Éternel, afin de t’exprimer ma gratitude, et raconter tes œuvres merveilleuses (Psaumes 26.6-7).

Ce lavage rituel est symbolique. Il se fait en public et signifie qu’on se décharge de toute responsabilité vis à vis d’un crime. La palme d’or d’un tel comportement revient sans conteste à Ponce Pilate qui ordonné la crucifixion de Jésus. Mais en se lavant les mains devant les Juifs, il a proclamé haut et fort que Jésus est innocent et que la responsabilité de sa mort incombe aux autorités religieuses d’Israël. Le peuple s’est alors écrié : « Que son sang retombe sur nous et nos enfants ! (Matthieu 27.25) ». Leur souhait fut exaucé en l’an 70 quand Jérusalem fut rasée par les Romains et les Juifs massacrés ou vendus comme esclaves.

Ici, David exprime qu’il est innocent de toute faute cachée et qu’il peut donc adorer Dieu devant l’autel des sacrifices, le cœur pur et la conscience tranquille.

Verset 8

Je continue le texte.

Ô Éternel, j’aime le lieu où tu habites et où ta gloire a sa demeure ! (Psaumes 26.8).

La gloire de Dieu sous forme de nuée s’est d’abord manifestée dans le Tabernacle, puis plus tard dans le Temple. C’était la preuve visible de la présence de Dieu. David aime l’Éternel du fond du cœur.

Versets 9-11

Je continue.

Ne lie donc pas mon sort à celui des pécheurs, ne m’ôte pas la vie avec les assassins ! Leurs mains ont trempé dans le mal, elles cherchent à soudoyer. Mais moi je veux mener une vie sans reproche. Délivre-moi et fais-moi grâce ! (Psaumes 26.9-11).

La vie de David est en danger. Cependant, il ne veut assassiner personne, ni user de moyens tortueux pour arriver à ses fins.

On sait qu’à plusieurs reprises, il a failli périr entre les mains du roi Saül qui le pourchassait sans relâche. Il est dans la même situation à présent, depuis que son fils Absalom lui a ravi le pouvoir et cherche à le tuer. Ici, David envisage la possibilité d’une mort prématurée entre les mains de ses ennemis et qui sera un châtiment de Dieu. En effet, bien que l’Éternel lui ait pardonné ses péchés d’adultère et de meurtre, il lui a aussi dit qu’il allait le punir sévèrement. Comme il a commis ces péchés graves après avoir succédé à Saül, mais avant le coup d’État de son fils contre lui, comme je l’ai déjà dit, la situation décrite correspond plutôt bien à l’époque où David est en fuite devant Absalom. Mais comme la vie de David a souvent été menacée, ce psaume convient aussi à d’autres occasions.

Verset 12

Je finis le Psaume 26

Je me tiens sur un terrain ferme. Oui, je veux te louer, ô Éternel, au sein de l’assemblée (Psaumes 26.12).

David s’attend à être délivré de sa présente impasse, et d’avance il envisage déjà de louer l’Éternel dans le sanctuaire. Son assurance provient du fait, d’une part, que sa foi est solidement ancrée en l’Éternel sur lequel il s’appuie, et d’autre part, qu’il mène une vie droite. David est un exemple à suivre ; il nous encourage à fixer les regards et le cœur sur Jésus. Quand l’apôtre Pierre marchait sur les eaux, il a considéré la tempête autour de lui et a quitté Jésus des yeux, alors il s’est mis à sombrer. Je lis ce passage :

Pierre descendit de la barque et se mit à marcher sur l’eau, en direction de Jésus. Mais quand il remarqua combien le vent soufflait fort, il prit peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : — Au secours ! Seigneur ! (Matthieu 14.29-30).

Dès qu’un croyant quitte ses repères spirituels ou moraux, il est sur une pente glissante. Je dois toujours rester ancré en Jésus.