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30 oct. 2024

Proverbes 9.1 – 10.2

Chapitre 9

Introduction

Ceux qui découpent la vie en blanc et noir tiennent un raisonnement à l’emporte-pièces qui refuse de reconnaître que dans la plupart des situations il y a surtout beaucoup de gris. Pourtant, selon l’enseignement des Textes Sacrés et de Jésus lui-même, il n’existe que deux routes, deux voies, la bonne et la mauvaise. Dans le livre des Proverbes, le chemin qui mène à la vie est associé à la Sagesse tandis que celui qui conduit à la mort est emprunté par les insensés qui ont choisi de suivre Dame Folie.

Dans les chapitres 7 et 8, l’auteur présente à ses lecteurs deux tableaux opposés : d’abord, l’image prise sur le vif de la femme adultère usant de ses artifices pour séduire le jeune homme stupide ; ensuite, l’image de la Sagesse personnifiée qui adresse à tous un appel énergique, une invitation pressante à suivre ses conseils.

Nous arrivons maintenant au chapitre 9 où quelques sujets traités jusque-là par le maître, sont résumés par une parabole. C’est la dernière fois que l’une après l’autre, Dame Sagesse et Dame Folie sont mises en scène. On découvre que ces deux dames ont construit une maison et préparé un festin auquel sont conviés les jeunes hommes dépourvus de bon sens. L’objectif du maître est de contraster la double invitation ainsi que les conséquences pour ceux qui y répondent.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 9.

La Sagesse a bâti une maison, et elle en a taillé les sept colonnes (Proverbes 9.1).

Dans le chapitre précédent, on a vu que Dame Sagesse habite un palais royal aux portes duquel doivent se tenir sans cesse ceux qui veulent obtenir ses faveurs (Proverbes 8.34).

Il faut savoir que dans les grandes maisons orientales, les galeries qui donnent sur les cours intérieures sont supportées par sept colonnes : quatre aux angles et trois au milieu des côtés qui sont sans ouverture. Quant au début du siècle dernier, on met à jour le palais destiné aux fêtes du Nouvel An, construit par le despote et empereur assyrien Sennachérib, on découvre qu’il repose sur sept colonnes. Cependant, ici, le nombre 7 a surtout une valeur symbolique qui signifie la plénitude.

Verset 2

Je continue.

La Sagesse a égorgé ses bêtes de boucherie pour son festin et elle a mélangé son vin. Déjà, elle a dressé sa table (Proverbes 9.2).

Personnifiée une fois encore, Dame Sagesse est décrite sous les traits d’une gracieuse hôtesse. En Orient, on ajoute au vin diverses épices comme la cannelle, la myrrhe, le nard, pour lui donner plus de goût. Ces viandes et ce vin représentent la nourriture que la Sagesse procure à ses adeptes. Elle fortifie leur âme et leur cœur. L’école de la sagesse est la seule dont l’enseignement est à la fois mental, moral et spirituel, et qui conduit à une vie pleine et satisfaisante. S’il est une école qu’il faut absolument fréquenter, c’est bien celle-là.

La plupart des apôtres que Jésus choisit n’ont aucune instruction formelle, mais pendant les trois ans qu’ils passent en sa compagnie, ils sont instruits à la dure école de la sagesse par le divin maître et le plus grand pédagogue que le monde ait jamais connu. Cela ne veut pas dire qu’une éducation profane soit inutile surtout à notre époque où les sciences et techniques évoluent à très grande vitesse. Et puis, si on considère l’apôtre Paul, il est sans aucun doute l’un des hommes les plus érudits de son temps. Il connaît plusieurs langues, les cultures, les religions et les philosophies des Grecs, des Juifs, et des Romains, et son grand savoir contribue beaucoup à l’efficacité de son ministère dans tout l’empire.

Versets 4-6

Je continue le texte.

“ Venez par ici, entrez donc, vous qui n’avez pas d’expérience ! ” À ceux qui manquent de bon sens, la sagesse fait dire : Venez et mangez de mon pain et buvez du vin que j’ai préparé, abandonnez donc la stupidité, et vous vivrez. Marchez sur la voie du discernement ! (Proverbes 9.4-6).

Dame Sagesse invite, d’une part, les simples d’esprit, qui sont intellectuellement honnêtes sans-parti pris, mais naïfs et donc ouverts à toute influence bonne ou mauvaise, et d’autre part, elle invite aussi ceux qui ne sont pas bien futés, les simplets en quelque sorte. Elle essaie de tous les gagner à sa cause. Mais la plupart des gens, qu’ils soient hommes ou femmes, au lieu d’écouter, portent un petit sourire en coin méprisant. On les rencontre partout. Ils se croient supérieurs parce qu’ils pensent ne pas avoir besoin de Dieu, mais ils ne savent pas qu’ils ont le diable pour maître et qu’ils sont sur le chemin qui mène à la perdition.

Verset 7

Je continue.

Corriger un moqueur, c’est s’attirer la confusion et reprendre un méchant : s’attirer un affront (Proverbes 9.7).

La Sagesse, qui vient de s’adresser aux naïfs et aux simplets, explique pourquoi elle laisse de côté les moqueurs et les impies qui ont déjà pris position contre elle. Jésus a dit la même chose ; je le cite :

Gardez-vous de donner aux chiens ce qui est sacré, et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu’ils ne piétinent vos perles et que les chiens ne se retournent contre vous pour vous déchirer (Matthieu 7.6).

Un moqueur corrigé va répondre par des insultes ou des menaces. Il vaut donc mieux le laisser mijoter dans son purin et poursuivre son chemin.

Versets 8-9

Je continue le texte.

Ne reprends donc pas le moqueur, car il te haïra, si tu reprends un sage, il t’en aimera davantage. Oui, donne des conseils au sage, et il sera plus sage encore. Instruis le juste, il enrichira son savoir (Proverbes 9.8-9).

Il y a des gens qui sont tellement opposés à Dieu qu’ils voient rouge si on leur parle de lui ou si on aborde un sujet spirituel, surtout s’il s’agit des Textes sacrés. Beaucoup d’humanistes font partie de ce triste lot parce qu’ils croient tout savoir. Ils n’acceptent pas d’être contredits tout en se disant tolérants.

Avec eux, il est très difficile d’avoir une conversation amicale et de leur exposer un point de vue qui diffère du leur parce qu’ils prennent vite la mouche. Par exemple, la théorie de l’évolution, pour y revenir encore, est presque toujours un sujet qui fâche. Je n’objecte pas à ce qu’elle soit enseignée dans les écoles, à condition qu’on soit intellectuellement honnête avec les élèves et qu’on leur présente aussi des perspectives scientifiques qui correspondent à une autre vision du monde que le transformisme.

Contrairement aux insensés, les sages acceptent de se faire corriger. Pour eux, la critique n’est pas une menace, mais une occasion d’apprendre et de s’améliorer. Humbles, ils sont prêts à reconnaître qu’ils font erreur et à changer d’opinion ou de comportement. Je ne sais pas vous, mais moi, je n’aime pas tellement qu’on m’adresse des remontrances. Néanmoins, quand cela arrive, j’ai le plus souvent le bon réflexe de serrer les dents en attendant que l’orage passe, et puis je suis bien obligé de reconnaître que dans la plupart des cas, il y a toujours un fond de vérité dans les reproches qui me sont adressés.

Le maître établit ici un parallélisme entre juste et sage afin de montrer que la sagesse n’est pas un concept purement intellectuel, mais bien une vertu morale qui s’exprime dans la vie de tous les jours. Il existe encore et heureusement beaucoup de gens très instruits qui sont assez modestes pour avouer que leurs connaissances sont finalement bien limitées. Je connais un brillant médecin qui utilise souvent les expressions : « On sait pas, on sait pas faire, ça nous échappe, on ne peut rien faire de mieux ».

Verset 10

Je continue le texte.

La condition préalable à la sagesse, c’est de révérer l’Éternel, et la connaissance du Très Saint, c’est l’intelligence (Proverbes 9.10).

L’auteur des neuf premiers chapitres des Proverbes, revient à son point de départ, son entrée en matière, quand, vers le début du livre, il a dit littéralement :

Le commencement de la connaissance, c’est de craindre l’Éternel (Proverbes 1.7).

Le maître de sagesse s’est d’abord adressé au jeune adolescent qui est encore sous la tutelle parentale. Ici, il a atteint l’âge adulte. Quoi qu’il en soit, du début à la fin de la vie, l’être créé doit une crainte respectueuse à son Créateur ; c’est la seule attitude qui soit juste et convienne à l’être humain. Tous ceux qui se disent athées ou agnostiques n’ont pas un brin de sagesse, c’est le moins qu’on puisse dire.

Versets 11-12

Je continue le texte.

Grâce à moi, la Sagesse, tes jours seront multipliés et des années seront ajoutées à ta vie. Si tu es sage, c’est toi qui en profiteras, mais si tu es moqueur, tu en porteras seul la peine (Proverbes 9.11-12).

Pour les hommes pieux de l’Ancienne Alliance, une longue vie est la bénédiction ultime de Dieu. Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, on fait tout pour la prolonger et il n’y a aucun mal à cela. Mais pour jouir de la vie, il faut pouvoir se sentir en sécurité, ce qui fait que les gens ont des assurances tout le tour du ventre. En plus de celles qui sont obligatoires comme la responsabilité civile, la voiture et le logement, ceux qui en ont les moyens souscrivent une assurance qui les protège contre diverses tragédies et maladies, et même la mort. Ça fait beaucoup, mais ce n’est pas suffisant. En effet, ont-ils songé à l’éternité et se sont-ils assurés contre le jugement de Dieu ? Jean rapporte que Jésus a dit :

Oui, vraiment, je vous l’assure : celui qui écoute ce que je dis et qui place sa confiance dans le Père qui m’a envoyé, possède, dès à présent, la vie éternelle et il ne sera pas condamné ; il est passé de la mort à la vie (Jean 5.24).

Je sais bien que l’idée d’un jugement dans l’autre vie n’a pas bonne presse. On lui trouve des relents moyenâgeux, et on rigole aussi du diable dépeint sous les traits d’un monstre à cornes avec une queue en fer de lance et une fourche dans la main. Mais il n’a pas la moindre ressemblance avec la description que je viens de faire. S’il apparaissait, il porterait un beau costume trois-pièces du dernier cri, et sa coupe de cheveux moderne serait impeccable. Vous pouvez encore vous moquer de Dieu, mais « rira bien qui rira le dernier! » « Si tu es moqueur, tu en porteras seul la peine », proclame le maître.

Il se peut que vous n’accordiez aucun crédit aux Écritures et vous croyez qu’après la mort c’est le trou et tout est fini. Si vous avez raison, vous et moi nous retrouverons ensemble au même endroit, dans le trou. Mais si vous avez tort, alors vous êtes sous la condamnation de Dieu. Un jour, un athée m’a dit : « Je ne crois en rien et ça m’irait très bien si je pouvais être sûr de ne pas me tromper ». Évidemment! Mais dans le cas contraire et selon l’auteur de l’épître aux Hébreux (10.27), la seule perspective est alors :

L’attente terrifiante du jugement et le feu ardent qui consumera tous ceux qui se révoltent contre Dieu.

Versets 13-14

Je continue de lire dans le chapitre 9 du livre des Proverbes.

La Folie est une femme turbulente, elle est sotte et ne connaît rien. Elle s’assied à la porte de sa maison, elle place son siège aux points les plus élevés de la ville (Proverbes 9.13-14).

Dame Sagesse vient de faire entendre ses conseils salutaires et désintéressés en offrant une satisfaction durable et surtout la vie à tous ceux qui l’écoutent. Maintenant c’est au tour de Dame Folie de se faire entendre. Ces deux dames parlent à haute voix et lancent leur invitation à partir des sommets de la ville. Mais alors que Dame Sagesse se tient debout et qu’elle va aussi sur les places (Proverbes 8.2), Dame Folie est assise indolente et orgueilleuse. Elle n’a pas besoin de battre le pavé, car elle sait que les insensés viendront à elle sans qu’elle fasse le moindre effort.

Versets 15-17

Je continue.

Elle interpelle les passants qui vont droit leur chemin. “ Qui manque d’expérience, qu’il vienne par ici ! ” À qui il manque du bon sens, elle déclare : “ Les eaux dérobées sont plus douces, et le pain mangé en secret est savoureux ” (Proverbes 9.15-17).

L’auteur fait une esquisse rapide de ce scénario tragique. L’appel de Dame Folie ressemble à celui de Dame Sagesse, mais ses paroles cachent une tromperie diabolique, car ce qu’elle cherche, c’est la ruine de ceux dont elle feint vouloir le bonheur. Son message ensorcelle ; il amorce le badaud insensé en lui faisant miroiter l’attrait du mystère et du fruit défendu. Et ça marche, car les hommes sont facilement la proie de leurs pulsions les plus basses, surtout quand il s’agit d’une activité clandestine interdite comme des relations sexuelles avec une femme mariée.

Verset 18

Je finis de lire le chapitre 9.

Mais ils ne savent pas que chez elle se rassemblent les morts et que ses invités sont déjà au séjour des morts (Proverbes 9.18).

La transition entre la promesse des jouissances de l’adultère (Proverbes 7.15-20) et sa terrible conséquence est abrupte et incisive. Dame Folie dirige un cortège de malheureux qui ont eu l’imprudence de l’écouter. Voulant obtenir des gratifications immédiates, les insensés ne savent pas que cette maison, où l’adultère a élu domicile, est une succursale de l’enfer, qu’elle n’est fréquentée que par des ombres, des êtres qui n’ont que les apparences trompeuses de la vie, mais qui font déjà virtuellement partie du séjour des morts.

Le poète britannique Lord Byron, chef de file des auteurs de l’époque romantique, est un bel homme, riche et célèbre grâce à ses œuvres; il a donc tout pour être heureux. Tambour battant, il mène une vie dissolue de libertin et il est même accusé d’inceste. Mais vers la fin de sa vie, il écrit : « Mes jours ressemblent aux feuilles jaunes ; les fruits et les fleurs sont passés ; le ver, le chancre et le chagrin sont pour moi seul ».

La première partie du livre des Proverbes se termine sur une sombre note, l’évocation du sort réservé à ceux qui méprisent les conseils de Dame Sagesse pour suivre Dame Folie. Il n’y a pas de chemin mitoyen ; entre ces deux voies il faut choisir.

Chapitre 10

Introduction

Avec le chapitre 10 commence la deuxième et la plus longue partie du livre qui comprend 375 proverbes dits de Salomon. Or, il se trouve qu’en hébreu, ce chiffre correspond exactement à la valeur numérique des lettres qui composent le nom « Salomon », ce qui n’est peut-être pas une coïncidence. Ces proverbes sont très brefs et se composent le plus souvent de deux affirmations qui se complètent ou s’opposent. À quelques exceptions près, où plusieurs versets consécutifs traitent du même thème, l’auteur passe d’un sujet à l’autre sans aucune transition. Ces changements abrupts sont volontaires car ils obligent le lecteur à méditer sur une pensée avant de passer à la suivante.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 10.

Un fils qui a de la sagesse fait le bonheur de son père, mais un fils insensé cause du chagrin à sa mère (Proverbes 10.1).

La mention du père dans une phrase et de la mère dans la suivante est typique de la littérature de sagesse. Ce verset se retrouve textuellement plus loin (Proverbes 15.20) et l’idée qu’un jeune homme sage fait le bonheur de son père est répétée plusieurs fois (Proverbes 23.15, 24 ; 27.11 ; 29.3) dans le livre. L’inverse est aussi le sujet de plusieurs proverbes (Proverbes 17.21, 25 ; 19.13).

Le fils sage fait contraste avec les insensés et les moqueurs dont il a déjà été amplement question dans les chapitres précédents. Le maître a surtout en vue l’éducation morale des jeunes, mais il s’adresse également aux parents. Il les exhorte à la vigilance et à se montrer à la hauteur de leur responsabilité s’ils veulent s’épargner des tas d’ennuis.

Quand un père est fier de ses enfants et de leurs réussites, qu’elles soient à l’école, sur un terrain de sport ou dans la vie, il ne manque pas de se vanter et de -les vanter auprès de ses amis. Par contre si les choses se passent mal, il reste bouche cousue. Il faut aussi dire qu’il est plus facile pour un parent qui a une occupation professionnelle de ne pas trop penser à un enfant qui a mal tourné, alors que pour une mère qui reste au foyer, comme dans la famille traditionnelle, c’est beaucoup plus difficile.

J’ai une tante qui est intarissable sur le plus minuscule accomplissement de ses petits-enfants. Par contre, on sait toujours qu’il y a un problème avec ceux dont elle oublie de parler.

Verset 2

Je continue.

Des biens mal acquis ne profitent pas, mais mener une vie juste sauve de la mort (Proverbes 10.2).

Ce proverbe a son parallèle qui dit :

La richesse ne sera d’aucun secours au jour de la colère divine, mais une vie juste délivre de la mort (Proverbes 11.4).

Les capitalistes qui, même en toute légalité, amassent des fortunes colossales et obscènes, sont des profiteurs qui exploitent leur prochain; ils ne l’emporteront pas au paradis.

Après le retour de l’exil babylonien, le mot hébreu traduit par « mener une vie juste » prend le sens de « faire des aumônes ». Ce détail linguistique mérite d’être souligné parce que dans les Écritures, la compassion envers les pauvres est toujours vue comme un acte de justice personnelle. Dans cette vie, Dieu se montre compatissant envers ceux qui sont charitables envers leur prochain, indépendamment de leur spiritualité. Plusieurs études ont d’ailleurs montré que ceux qui font le bien autour d’eux en tirent un bénéfice aussi bien au niveau physique que psychologique. Alors, avis aux amateurs.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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