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18 déc. 2025

Osée 4.1-5

Chapitre 4

Introduction

Si je dois coucher sur le papier une expérience douloureuse, je ne vais pas essayer de la mettre en quatrain ni faire de la belle prose. Le prophète Osée a vécu une épreuve très douloureuse qui a duré pendant plusieurs années, et qu’il nous raconte, parce qu’elle sert de support à la relation entre l’Éternel et le royaume israélite des X tribus du Nord. Seulement lui ne se contente pas de raconter son histoire en termes simples ; non, il travaille son texte. En effet, en y regardant de près, on se rend compte qu’il prend un soin méticuleux à structurer les trois premiers chapitres de son livre sous une forme concentrique. Le récit commence par un geste symbolique annonciateur de jugement : Osée doit épouser Gomer qui lui sera infidèle et trois enfants naissent de cette union (Osée 1.2-9). Puis vient un oracle de salut pour Israël (Osée 2.1-3). Ensuite a lieu le second geste symbolique : Osée répudie sa femme Gomer, ce qui correspond au procès et au rejet d’Israël par l’Éternel (Osée 2.4-15). Puis vient un nouvel oracle de salut (Osée 2.16-25). Finalement, nous avons le troisième geste symbolique : Osée rachète sa femme devenue esclave et elle se repent de sa mauvaise vie. Pareillement, après l’exil et plus spécifiquement à la fin des temps, Israël reviendra à l’Éternel son Dieu.

Les trois premiers chapitres du livre d’Osée se distinguent de tous les autres livres prophétiques des Textes sacrés, et ce n’est pas l’utilisation d’actes symboliques pour communiquer avec Israël qui est unique en son genre, mais le fait que, d’une part, ces actes soient si intimement liés à la vie personnelle du prophète, et d’autre part, la conduite de sa femme lui arrache le cœur.

Comme je l’ai dit, le mariage d’Osée et de Gomer représente la relation d’alliance entre Dieu et Israël, et la conduite adultère de la femme du prophète, est une mise en acte de l’idolâtrie et des pratiques abominables des Israélites du Nord, dont le niveau moral et spirituel est aussi bas que celui des Cananéens.

Les noms des enfants que Gomer met au monde symbolisent les châtiments que l’Éternel va infliger à Israël Nord. Le premier annonce la fin de la souveraineté politique du royaume des X tribus dont Jéroboam II est le roi. Le second déclare que Dieu retire son amour au peuple, et le troisième annule la relation d’alliance qui a été conclue entre l’Éternel et les Israélites au mont Sinaï. Afin d’illustrer cette dernière menace, le prophète Osée répudie sa femme Gomer, une façon de signifier que l’Éternel rejette Israël Nord, qui dans le texte est personnifiée sous les traits d’une épouse infidèle qui se prostitue.

Sous le règne de Jéroboam II, la prospérité du royaume des X tribus est à son zénith, et c’est sans doute une des raisons qui conduisent la nation à se tourner vers Baal, le faux dieu de la fertilité. En effet, ils espèrent ainsi devenir encore plus cossus et bien dodus. Il faut aussi dire que les idoles n’ont aucune exigence d’ordre moral, ce qui arrange bien les affaires des païens mais aussi des Israélites, qui sous des prétextes religieux organisent des partouzes rabelaisiennes. Mais l’Éternel va punir son peuple en lui retirant ses richesses pour qu’il se rende compte que ses idoles sont vaines et surtout, afin qu’il revienne à son Dieu.

Pourtant, par la bouche de son prophète, l’Éternel fait suivre l’annonce de ses jugements par un message d’espérance. En effet, dans la situation d’extrême dénuement où se trouvera le peuple exilé, et qui est comparée à un retour dans le désert, Dieu parlera à son cœur et le transformera pour qu’Israël entre dans une relation nouvelle semblable à de nouvelles fiançailles avec toute la fraîcheur d’un amour retrouvé.

En inversant les noms symboliques des enfants d’Osée qui annoncent les jugements, Dieu révèle qu’au-delà des châtiments, il reprendra Israël pour son peuple et accomplira envers lui la promesse qu’il a faite à leur ancêtre Abraham, selon laquelle ses descendants deviendraient nombreux et prospères.

Osée s’est marié avec Gomer qui lui a été infidèle, mais avec qui il a quand même eu trois enfants. Après avoir fait un procès à sa femme, il l’a répudie. En fait, elle s’en tire plutôt bien parce que dans le livre du Lévitique, on lit :

Quand un homme commet adultère avec une femme mariée, cet homme adultère et la femme adultère seront mis à mort (Lévitique 20.10).

Certes, Gomer a eu la vie sauve, mais ayant été répudiée elle est privée de tout soutien ce qui l’oblige à se vendre comme esclave pour survivre. L’Éternel ordonne alors à son prophète d’aller la racheter et de la ramener chez lui ; c’est le troisième volet de cette histoire. Il est raconté dans le troisième chapitre et il sert à illustrer l’amour de Dieu qui, malgré l’infidélité d’Israël, le reprend pour son peuple, car l’Éternel est un Dieu de grâce. Cependant, et comme son prédécesseur Amos, Osée rappelle que le salut des Israélites des X tribus du Nord est lié à leur soumission au nouveau roi David, c’est-à-dire le Messie Jésus-Christ.

À partir du chapitre quatre et jusqu’à la fin du livre, la vie personnelle du prophète Osée est en retraît et ses démêlés avec sa femme disparaissent du texte pour deux raisons. Premièrement, il semble que Gomer se soit réellement repentie, et deuxièmement, les gestes symboliques précédents n’ont plus besoin d’être répétés. Toujours par l’intermédiaire de son prophète, Dieu continue néanmoins son réquisitoire contre Israël Nord tout en marquant des pauses où il lui annonce sa future restauration comme peuple de Dieu.

Avec le chapitre quatre, commence donc un discours dénué de symbolisme. C’est une composition suivie, d’un seul trait et qui contient l’essentiel, la quintessence, ou comme on disait au 16e siècle, la substantifique moelle de toutes les prophéties qu’Osée a prononcées au cours de son long ministère. Tout bien considéré, si ce prophète a exercé une quarantaine d’années comme on le croit, son livre est plutôt court.

Verset 1

Je commence maintenant de lire le chapitre quatre qui passe en revue les fautes spécifiques du royaume des X tribus du Nord.

Vous, les Israélites, écoutez la parole que vous adresse l’Éternel, car l’Éternel est en procès avec les habitants de ce pays : La vérité a disparu dans le pays, il n’y a plus d’amour on n’y connaît pas Dieu (Osée 4.1).

Jusqu’à présent, l’Éternel a mis l’accent sur le péché d’idolâtrie d’Israël Nord, en disant que son peuple lui a été infidèle en adorant d’autres dieux et surtout Baal. Mais ici, Dieu les traîne au tribunal, pour ainsi dire, afin de les accuser de péchés spécifiques qu’il va mentionner.

Osée dit que « l’Éternel est en procès ». Le même mot hébreu traduit par « procès » revient trois fois dans le livre sous sa forme verbale ou nominale. On l’a déjà vu quand par son prophète, l’Éternel dit : « Intentez un procès à votre mère ; faites lui un procès » (Osée 2.4) et il revient une fois encore à la fin du livre quand Osée écrit : « Contre Juda l’Éternel intente un procès » (Osée 12.3).

Le thème du procès entre Dieu et son peuple est relativement fréquent dans les Écritures (Ésaïe 1.18 ; Michée 6.2). Ce procès repose sur une base légale, car Israël a violé l’alliance de la Loi que l’Éternel a établie avec lui au mont Sinaï, ce qui donne le droit à l’Éternel, l’autre partie contractante, de porter plainte.

Dieu a trois griefs principaux contre Israël et nous les retrouvons fréquemment tout au long de son discours. D’abord, l’immoralité en général (Osée 4.1-5) qui est suivie par l’ignorance religieuse entretenue par des prêtres avides de gain (Osée 4.6-10), et enfin le culte idolâtre avec les partouzes qui l’accompagnent (Osée 4.11-14).

Ici, l’Éternel reproche aux Israélites leur manque de bonne foi et de bonté les uns envers les autres. On peut être sûr que les pauvres et les défavorisés comme les veuves et les orphelins sont laissés pour compte. Pourtant, Dieu se soucie de ces pauvres gens car dans le livre du Lévitique, la Loi ordonne :

Quand vous ferez les moissons dans votre pays, tu ne couperas pas les épis jusqu’au bord de ton champ, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. De même, tu ne cueilleras pas les grappes restées dans ta vigne et tu ne ramasseras pas les fruits qui y seront tombés. Tu laisseras tout cela au pauvre et à l’immigré. Je suis l’Éternel, votre Dieu (Lévitique 19.9-10).

En Israël, sous le règne de Jéroboam II, c’est la loi de la jungle qui prévaut parce que le bien suprême que chacun recherche, et à n’importe quel prix, est la prospérité matérielle. Cet état spirituel moribond a pour cause l’absence de la connaissance intime et profonde du seul vrai Dieu et de sa volonté. Cette ignorance est particulièrement grave chez un peuple qui a reçu la révélation divine. Mais justement et comme cela apparaît un peu plus loin, le problème de fond réside dans l’ignorance quasi totale des Israélites du Nord de la Loi parce qu’elle ne leur est plus enseignée depuis longtemps.

Verset 2

Je continue.

On n’y voit que parjure, et tromperies. Le crime, le vol et l’adultère se multiplient. La violence s’étend, les meurtres s’ajoutent aux meurtres (Osée 4.2).

Les Israélites ont transgressé le Décalogue en long, en large et en travers. Sur les X commandements, cinq sont violés. Le mot pour « parjure » veut également dire « imprécation », c’est-à-dire une malédiction prononcée contre quelqu’un au nom de Dieu (comparez Job 31.29-30). Cette faute est à la fois contre le neuvième et le troisième commandement, « les tromperies » contre le neuvième, « le crime » contre le sixième, « le vol » contre le huitième et « l’adultère » contre le septième et le dixième. Mais dans les trois premiers chapitres, les Israélites ont déjà été accusés d’idolâtrie, c’est-à-dire d’avoir violé les deux premiers commandements du décalogue qui sont :

Tu n’auras pas d’autre dieu que moi. Tu ne te feras pas d’idole ni de représentation quelconque de ce qui se trouve en haut dans le ciel, ici-bas sur la terre, ou dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte (Exode 20.3-5).

Au final, il ne reste plus que deux commandements sur les 10 dont la transgression n’est pas mentionnée. On ne sait pas si les Israélites honorent leurs parents. Par contre, au vu de leur condition morale et spirituelle il y a tout à parier qu’ils ne respectent guère le sabbat, sinon pour organiser des partouzes avec les prostituées sacrées du temple de Baal.

Les X commandements qu’on appelle aussi le Décalogue, font partie de la Loi de Moïse qui a été donnée au peuple hébreu. En réalité, cette Loi comprend plus de six cents ordonnances qui peuvent être classées en trois catégories. Il y a d’abord un code civil avec des tas de règles comme celles qui gèrent la transmission des héritages et qui donc s’appliquent uniquement à la nation d’Israël. Ensuite on a les règles relatives aux fêtes religieuses et les prescriptions rituelles liées au fonctionnement du temple, qui fixent les modalités concernant les offrandes et les sacrifices d’animaux, et qui définissent le rôle des prêtres, leurs droits et leurs devoirs. Comme la première catégorie d’ordonnances, la seconde concerne exclusivement les Israélites sous le régime de l’Ancienne Alliance. Mais en troisième lieu, la Loi comprend aussi toute une série de règles qui sont d’ordre moral ou spirituel et qui révèlent la volonté de Dieu pour tous les hommes de tous les temps et qui donc nous concernent. Les trois premiers commandements du Décalogue sont spirituels de nature dans le sens qu’ils se rapportent à la relation de tout être humain avec son Créateur. En effet, quand il est écrit : « Tu n’auras pas d’autre dieu que moi. Tu ne te feras pas d’idole et tu ne leur rendras pas un culte », je dois obéir à ces commandements. Quant au troisième commandement du Décalogue : « Tu n’utiliseras pas le nom de l’Éternel ton Dieu pour tromper », il s’adresse également à moi. Le quatrième concerne le respect du sabbat qui n’est plus une obligation sous la Nouvelle Alliance. Les six suivants par contre, sont toujours d’actualité et je dois les respecter. Ils servent d’ailleurs de fondation à la culture judéo-chrétienne et au code pénal de la plupart des nations. Le meurtre, le vol ou le parjure, par exemple, sont punis par tous les tribunaux du monde, du moins en théorie. En effet, pendant la guerre en Irak, les barbouzes qui travaillaient pour le privé avaient la gâchette plutôt facile et en toute impunité se croyaient à la chasse aux lapins.

Depuis les mouvements des années 60 du siècle précédent, certaines ordonnances morales de la Loi de Moïse sont tombées en désuétude. L’adultère ne fait même plus froncer les sourcils et l’homosexualité a le vent en poupe. Le viol reste encore un crime en Occident et ailleurs, mais dans beaucoup de pays, c’est la loi du silence qui prévaut, ou alors on s’arrange. Pour ce qui est du tourisme sexuel et de l’esclavage, ils sont condamnés sur le papier, mais tolérés dans les faits. Nous vivons donc en plein marasme moral.

Le croyant est citoyen du royaume céleste, et à ce titre, il est tenu de vivre à un niveau de moralité plus élevé que la loi de son pays ou même la Loi de Moïse. Son appel terrestre est de se comporter comme son Maître en se soumettant au Saint-Esprit qu’il a reçu quand il a cru en Jésus-Christ. Ce que Dieu attend de ses enfants se trouve dans le Sermon sur la Montagne et dans les épîtres du Nouveau Testament. Mais faut-il rappeler que ces règles de vie sont destinées à ceux qui font déjà partie du royaume de Dieu, et ne sont donc pas un moyen d’acquérir le salut, qui s’obtient exclusivement par une foi personnelle en Jésus-Christ.

Après avoir accusé ses contemporains d’avoir enfreint six des X commandements du Décalogue, Osée enfonce le clou et dit que « les meurtres s’ajoutent aux meurtres », littéralement « les sangs touchent les sangs », qui est une forme intensive du pluriel signifiant « une grande effusion de sang ».

Il ne fait guère de doute que les crimes de sang restent impunis en Israël Nord, mais le prophète a peut-être aussi à l’esprit l’anarchie qui a régné après Jéroboam II. En effet, dans la même année, trois rois se succèdent sur le trône parce que les deux premiers sont assassinés (en 752). Le troisième (Ménahem) se maintient au pouvoir pendant dix ans (752-742) après avoir trucidé le second (Challoum) qui a trucidé le premier (Zacharie), fils de Jéroboam II.

Verset 3

Je continue le texte.

C’est pourquoi le pays passera par le deuil, et tous ses habitants dépériront, jusqu’aux bêtes sauvages et aux oiseaux du ciel ; les poissons de la mer disparaîtront aussi (Osée 4.3 ; comparez Osée 2.11, 14).

Le jugement est sévère, dirigé contre tout ce qui a vie, dont la nature qui subit les conséquences du péché de l’homme. Ces châtiments sont l’accomplissement des malédictions de La loi. Dans le Deutéronome, on lit :

Vous serez maudits à la ville comme aux champs. La malédiction reposera sur votre corbeille à fruits et sur votre pétrin. Le ciel au-dessus de vos têtes sera aussi dur que du bronze, et la terre sous vos pieds sera comme du fer. Au lieu de pluie, l’Éternel enverra sur votre pays de la poussière et du sable qui tomberont du ciel sur vous jusqu’à ce que vous soyez exterminés (Deutéronome 28.16-17, 23-24).

Et le prophète Sophonie écrit :

Je vais tout balayer de la surface de la terre, l’Éternel le déclare. Je balaierai les hommes de même que les bêtes, je balaierai aussi les oiseaux dans le ciel et les poissons des mers, les objets de scandale et les méchants. J’exterminerai les hommes de la face de la terre, l’Éternel le déclare (Sophonie 1.2-3 ; Autre).

Verset 4

Je continue le texte.

Mais que nul ne conteste, que nul ne fasse de reproche, car c’est contre vous, prêtres, que je suis en procès (Osée 4.4).

Il va sans dire qu’à l’écoute du procès que leur fait Osée, le peuple se rebiffe. Mais il ne peut s’opposer aux oracles du prophète qui parle au nom de l’Éternel. Puis Osée met dans sa ligne de mire les prêtres qui font partie des chefs et de l’élite du pays, parce qu’au lieu de faire respecter la loi de Moïse, ils font comme tout le monde et se remplissent les poches. C’est vrai aussi bien dans le royaume des X tribus du Nord que chez les voisins du Sud. En effet, le prophète Jérémie qui exerce alors dans Juda dit :

Tous, petits ou grands, sont avides de gains. Tous, du prophète au prêtre, pratiquent la duplicité (Jérémie 6.13).

Verset 5

Je continue le texte.

En plein jour, vous trébucherez, les prophètes eux-mêmes trébucheront de nuit en votre compagnie, et je réduirai au silence Israël, votre mère (Osée 4.5).

Osée annonce le jugement des prêtres et des faux prophètes qui sont les premiers coupables du fait de leur position d’autorité. Ésaïe, qui a prêché dans le royaume de Juda, écrit :

Oui, prêtres et prophètes, les boissons fortes les égarent, le vin les étourdit et ils titubent sous l’effet des boissons fortes, ils s’égarent dans leurs visions et ils vacillent en rendant la justice (Ésaïe 28.7).

Sous Jéroboam II, la classe religieuse fait partie des officiels et des fonctionnaires du royaume. Ils sont attachés aux sanctuaires des idoles et à la cour du roi Jéroboam II qui leur verse un salaire. Leur allégeance est donc à leur souverain et non pas à l’Éternel. Le prophète Amos, qui a précédé Osée, a déjà eu maille à partir avec eux au point où l’un des prêtres idolâtres lui a dit :

Va-t’en, prophète, enfuis-toi au pays de Juda ! Là-bas tu pourras gagner ton pain en prophétisant. Mais ne recommence pas à prophétiser à Béthel, car ici, c’est un sanctuaire du roi, c’est un temple du royaume (Amos 7.12-13).

En Israël Nord, tous sont coupables, du plus petit au plus grand : le peuple, les prêtres et les faux prophètes. Il s’en suit que le jugement est inévitable. Aujourd’hui, la plupart des gens se lancent sur la route de la vie sans se soucier de Dieu, mais il attend chacun de nous au péage.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

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