Les émissions

17 janv. 2023

Nombres 15.37 – 16.27

Chapitre 15

Versets 32-36

Certaines périodes de l’Histoire humaine semblent particulièrement stériles parce que faute de documents, nous ne connaissons pas les événements qui s’y sont déroulés. C’est aussi le cas pour les 38 ans et quelques mois que le peuple hébreu a passé à piétiner dans le désert, le temps que la première génération sortie d’Égypte disparaisse. Les Écritures sont discrètes sur ces années parce que le plan de Dieu est différé et que c’est du temps perdu en quelque sorte. L’un des rares incidents qui nous est rapporté dans les quelques chapitres qui couvrent cette pérégrination nous est raconté dans le chapitre 15 du livre des Nombres. Je continue à le lire :

Pendant leur séjour au désert, les Israélites trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat. Ceux qui l’avaient surpris ainsi l’amenèrent devant Moïse, Aaron et toute la communauté. Ils le tinrent sous bonne garde, car rien n’avait encore été prescrit quant à la peine qu’il fallait lui infliger. L’Éternel dit à Moïse : — Cet homme doit être puni de mort, toute la communauté l’exécutera à coups de pierres à l’extérieur du camp. Alors toute la communauté le fit sortir du camp et le lapida jusqu’à ce que mort s’ensuive comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse (Nombres 15.32-36; comparez Lévitique 24.10-23).

Ce n’est pas parce que cet incident se trouve dans ce chapitre qu’il est chronologiquement à sa place. Il se peut qu’il ait eu lieu avant la marche forcée de 38 ans dans le désert. Quoiqu’il en soit, la peine capitale pour avoir ramassé du bois un jour de sabbat paraît bien sévère pour une faute qui à priori semble bien petite. On comprend pourquoi Moïse a hésité et a dû consulter l’Éternel. Cet exemple, et celui de l’étranger blasphémateur dont il est question dans le livre du Lévitique (24.10-23), sont les seuls où quelqu’un est emprisonné et où il est dit : « car rien n’avait encore été prescrit. » Un acte contre l’Éternel commis volontairement et consciemment est un rejet de sa personne et de son autorité. Il ne peut pas être expié par des rites sacrificiels. Dieu enseigne ainsi à son peuple que le mépris de sa Loi, même sous la forme en apparence la plus bénigne, n’est pas toléré. L’exécution de cet homme se fait à coups de pierres qui est la façon habituelle des anciens Hébreux d’infliger la peine capitale. Ce sont les simples Israélites qui sont chargés de cette besogne, et on peut s’imaginer que de mettre à mort ainsi un coupable doit faire une forte impression, mais elle est salutaire car c’est un acte pédagogique qui enseigne au simple mortel à craindre et à respecter son Dieu.

Pour nous, cette exécution pour ce qui nous semble être une pacotille, est un peu difficile à comprendre parce qu’on parle toujours d’un Dieu d’amour, ce qui est tout à fait conforme aux Écritures. Cependant, celles-ci mettent  davantage l’accent sur sa sainteté et sa justice implacable que sur son amour ; un enseignement qui n’est pas très agréable, j’en conviens. Selon ma perspective humaine limitée, ces deux aspects : l’amour et la justice de Dieu semblent s’opposer, mais ils ont été réconciliés dans le sacrifice du Christ. Sur la croix où Jésus a porté à ma place le châtiment du péché, la justice divine a éclaté et a été satisfaite en même temps que son amour pour moi a été manifesté.

Versets 37-41

Peut-être bien qu’un jour vous avez remarqué que certains Juifs orthodoxes portent des habits très typés et vous vous êtes demandé à quoi pouvaient bien servir les cordons au bas du vêtement. La réponse nous est donnée dans le chapitre 15 que je lis jusqu’à la fin.

L’Éternel dit à Moïse : — Parle aux Israélites pour leur dire de se faire, eux et tous leurs descendants, des cordons bouclés aux quatre coins de leurs vêtements, en passant dans chacun un cordon de pourpre violette. Ainsi, lorsque vous les verrez, vous penserez à tous les commandements de l’Éternel pour les appliquer et vous ne vous égarerez pas en suivant les désirs de votre cœur et de vos yeux qui vous incitent à l’infidélité. Ainsi vous vous souviendrez de tous mes commandements, vous y obéirez, et vous serez saints pour votre Dieu. Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir d’Égypte pour être votre Dieu. Oui, je suis l’Éternel, votre Dieu (Nombres 15.37-41).

Cette nouvelle ordonnance n’a rien à voir avec ce qui précède. Elle est répétée mais en abrégé dans le livre du Deutéronome (22.12) destiné à la nouvelle génération, celle qui entre dans le Pays promis. Aujourd’hui encore, ces cordons bouclés qui ressemblent à des franges font partie de la profession de foi et sont portés par tout Juif qui se dit religieux. D’un bleu foncé éclatant comme la couleur du ciel, leur but est d’attirer les regards en étant volontairement tape-à-l’œil afin de rappeler à l’attention de tout Israélite les commandements de la Loi. La vue de ces pense-bêtes doit détourner les pensées et les regards des vices et des occupations vaines de ce bas monde, propres à inciter la convoitise et susciter la désobéissance aux ordonnances divines. Jésus aussi, en tant que Juif pieux et surtout rabbin itinérant, portait ce genre de vêtement avec les cordons bouclés. Cependant, ils n’ont pas été très utiles aux Israélites parce que dans le prochain chapitre il est à nouveau question de révoltes à main levée, c’est-à-dire de rébellions dirigées ouvertement contre l’Éternel.

La première est menée par un Lévite qui s’appelle Qoré contre le ministère sacerdotal du grand-prêtre Aaron institué par la Loi sur l’ordre expresse de l’Eternel. La deuxième est dirigée par 3 responsables de la tribu de Ruben contre l’autorité de Moïse. Ils osent l’accuser d’avoir privé le peuple de tous les avantages dont ils jouissaient en Égypte et de l’avoir condamné à mener une existence affreuse dans le désert. Ces deux événements avec peut-être l’histoire de l’homme qui ramassait du bois un jour de sabbat, sont les seuls incidents qui nous soient relatés concernant cette période aride de 38 ans et quelques mois à tourner en rond dans le désert. Ces soulèvements sont la preuve que malgré les châtiments de l’Éternel, dans son fond, le peuple est rebelle, et on pourrait dire sur le qui-vive, prêt à se révolter contre lui.

Quoique différentes, ces deux conspirations sont sous-tendues par des objectifs communs : renverser le pouvoir en place. Les mécontents ont donc formé une coalition dans le but de déclencher un véritable coup d’État. Pour se révolter efficacement contre le sacerdoce d’Aaron, il est nécessaire de renverser Moïse qui l’a établi, et pour cela, il faut supprimer tout le système de médiation entre le peuple et l’Éternel, et donc la prêtrise avec Aaron en tête. Ne pouvant pas s’attaquer directement à Dieu, les rebelles s’en prennent à ses représentants. Ils sont jaloux de ces deux frères qui concentrent à la fois le pouvoir politique et religieux de la nation entre leurs mains. Ces épisodes malheureux sont rappelés plusieurs fois dans les Textes Sacrés comme avertissements, des exemples à ne pas suivre.

Chapitre 16

Versets 1-3

Je commence maintenant à lire le chapitre 16 du livre des Nombres.

Qoré, un lévite (fils de Yitsehar, de la famille des Qehatites), conspira avec trois Rubénites : Datan, Abirâm (fils d’Éliab) et On (fils de Péleth). Ils se soulevèrent contre Moïse avec deux cent cinquante autres Israélites, des chefs de la communauté, des membres du conseil, des hommes considérés. Ils s’attroupèrent autour de Moïse et d’Aaron et leur lancèrent : — C’en est assez ! C’est la communauté tout entière qui est sainte et l’Éternel est au milieu de nous tous. De quel droit vous mettez-vous au-dessus de la communauté de l’Éternel ? (Nombres 16.1-3).

Il s’agit à la fois d’une revendication d’ordre religieux contre le monopole sacerdotal, et d’ordre politique, contre le pouvoir monarchique de l’Éternel et de Moïse. Aucun indice ne permet de préciser la date ou les circonstances de cette révolte. C’est donc Qoré le rebelle qui mène le bal et qui a rassemblé autour de lui ces 250 hommes. Parmi eux se trouvent certainement beaucoup de Lévites, mais également des membres des autres tribus. Ensemble, ils protestent contre Moïse et Aaron. Il est surprenant de constater que cette fronde n’est pas composée d’un ramassis de désœuvrés, mais d’hommes qui ont une position d’autorité dans leur tribu. La notoriété de ces chefs est une condition sine qua non pour la réussite d’un coup d’État.

Ce soulèvement n’est pas une mince affaire. En surface, Qoré revendique le droit au sacerdoce de tous les Lévites, mais au fond, c’est par jalousie qu’il se révolte car il en a marre d’être le laquais des prêtres.  On dit que la jalousie est un vilain défaut; c’est aussi ce qu’enseignent les Écritures. Un proverbe dit :

La fureur est cruelle et la colère impétueuse, Mais qui tiendra devant la jalousie ? (Proverbes 27.4).

Et il faut aussi savoir que le roi Salomon résume les passions humaines à trois composantes : l’amour, la haine et la jalousie (Ecclésiaste 9.6).

Comme Moïse et Qoré ont le même grand-père, ce dernier n’accepte pas que son cousin germain lui soit supérieur et donc lui reproche d’être un despote. Mais cette accusation n’a pas le moindre fondement; comme je l’ai déjà dit, ce brave Moïse n’a jamais choisi d’être chef et législateur; c’est un homme simple et humble qui aurait voulu continuer à garder les troupeaux de son beau-père. Il n’avait aucune ambition et n’a jamais désiré cette lourde responsabilité de diriger le peuple d’Israël. Quand l’Éternel l’appelle du milieu d’un buisson ardent, Moïse s’est tordu dans tous les sens, essayant par tous les moyens d’échapper à la charge que Dieu veut lui confier. Il ne se sentait pas capable d’assumer un si grand rôle, alors il a plaidé son manque d’élocution et l’absence de statut social. On peut même être sûr qu’il aurait bien voulu que Qoré prenne sa place, mais il n’y avait rien à faire et l’Éternel a fini par se fâcher. Dieu l’avait choisi, un point c’est tout et c’est lui qui l’a propulsé à la position de chef du peuple d’Israël. Au final, cette rébellion est dirigée contre l’Éternel et va être sévèrement réprimée.

Versets 4-7

Je continue.

En entendant ces reproches, Moïse se jeta face contre terre. Puis il s’adressa à Qoré et à toute sa troupe en disant : — Demain matin, l’Éternel fera connaître celui qui lui appartient et qui est saint et peut venir en sa présence : il fera approcher de lui celui qu’il choisira. Voilà donc ce que vous ferez : Que Qoré et tous ses partisans prennent des encensoirs, qu’ils les remplissent demain de charbons embrasés, et y répandent de l’encens devant l’Éternel. C’est celui que l’Éternel choisira, qui est saint. C’en est assez, descendants de Lévi ! (Nombres 16.4-7).

Moïse blâme particulièrement les Lévites pour cette insurrection et pour le moment il engage la lutte avec Qoré et son parti. La face contre terre, il invoque l’Éternel et le supplie d’intervenir et de le diriger dans la manière de conjurer cette crise dont il sent toute la gravité. C’est sur l’ordre de Dieu que Moïse a institué la classe des prêtres issue d’une certaine famille, et qui, en vertu d’une consécration rituelle particulière et complexe, avaient seuls le privilège d’entrer dans le lieu saint et de faire fumer de l’encens. L’épreuve fixée au lendemain montrera si Moïse a outrepassé ses pouvoirs et si l’Éternel accorde réellement à tout Israélite le droit de s’approcher de son autel. Chaque émeutier doit se munir d’une pelle à braises en bronze afin de fumer l’encens.

Versets 8-11

Je continue.

Puis Moïse ajouta à l’adresse de Qoré : — Écoutez-moi bien, vous les lévites ! Ne vous suffit-il pas d’avoir été mis à part du reste de la communauté d’Israël par le Dieu d’Israël qui vous permet de l’approcher pour faire le service du tabernacle de l’Éternel et pour vous tenir devant la communauté en accomplissant un ministère en sa faveur ? Il vous permet, à toi et à tous tes frères lévites, de vous approcher de lui, et vous réclamez en plus le sacerdoce ! C’est pour cela que toi et toute ta troupe, vous vous liguez contre l’Éternel ! Car en fait, qui est Aaron pour que vous protestiez contre lui ? (Nombres 16.8-11).

Après avoir parlé à tous ceux qui se sont rangés aux côtés de Qoré, Moïse s’en prend plus particulièrement aux Lévites, dont Qoré fait d’ailleurs partie, et qui se sont joints aux contestataires pour réclamer l’accès au sacerdoce. Il leur reproche de s’être associés aux membres des autres tribus qui veulent étendre la prêtrise à tout le peuple. La tribu des Lévites a reçu la charge du tabernacle. Ce sont eux qui le démontent, transportent et remontent. Mais ça ne leur suffit pas; ils veulent les mêmes privilèges que les prêtres. Leur objectif est de dépouiller Aaron et sa famille du sacerdoce puis de s’en emparer pour eux-mêmes. Quand Moïse leur dit : « vous vous liguez contre l’Éternel », il les met en garde contre leur désir de participer à l’épreuve du lendemain car ils se rendent coupables de ce que les Textes Sacrés appellent « Tenter Dieu », et ça, c’est très dangereux. Les émeutiers s’en prennent également au pauvre Aaron qui n’a pas choisi son rôle de grand-prêtre; il n’est qu’un simple serviteur; il ne s’est rien arrogé de lui-même; il n’a fait que recevoir le sacerdoce que l’Éternel lui a donné. Le lui contester, c’est donc se révolter contre la volonté de Dieu; une très mauvaise idée. Dans un passage du Nouveau Testament, on lit :

On ne s’attribue pas, de sa propre initiative, l’honneur d’être grand-prêtre : on le reçoit en y étant appelé par Dieu, comme ce fut le cas pour Aaron (Hébreux 5.4).

Comme Dieu n’est pas encore intervenu directement dans cette fronde, il est encore temps pour chaque conjuré de faire marche arrière, de changer d’avis et de rentrer sous sa tente.

Versets 12-15

Je continue le texte.

Puis Moïse envoya chercher Datan et Abirâm, fils d’Éliab. Mais ceux-ci lui répondirent : — Nous n’irons pas ! Ne te suffit-il pas de nous avoir fait quitter un pays ruisselant de lait et de miel pour nous faire mourir au désert ? Faut-il encore que tu t’ériges en dictateur au-dessus de nous ? Ce n’est pas dans un pays ruisselant de lait et de miel que tu nous as conduits ! Ce ne sont pas des champs et des vignes que tu nous as donnés en possession ! Prends-tu tous ces gens-là pour des aveugles ? Non, nous n’irons pas ! Moïse entra dans une violente colère et il dit à l’Éternel : — N’accepte pas leur offrande ! Je n’ai jamais rien pris de ce qui leur appartenait, pas même un âne, et je n’ai fait de tort à aucun d’eux (Nombres 16.12-15).

L’expression « un pays ruisselant de lait et de miel » vient de Dieu lui-même; c’est la description traditionnelle et proverbiale de la Terre promise, mais ici, les rebelles l’appliquent à l’Égypte. Le pays où ils étaient esclave s’est soudainement transformé en paradis. C’est un soufflet sévère qu’ils infligent à l’Éternel.

Moïse prend successivement à part chaque groupe d’émeutiers. Dathan et Abiram sont de la tribu de Ruben qui campe à proximité de la famille de Qoré, ce qui a facilité cette double conspiration. Le patriarche Ruben était l’aîné des fils de Jacob mais il a été dépossédé de sa position de premier-né parce qu’il s’est rendu coupable d’inceste avec une femme de second rang de son père. Il semble bien que Dathan et Abiram blâment Moïse pour la perte de leur position de fils aîné. Leur refus d’obtempérer et de venir discuter avec Moïse est un rejet flagrant de son autorité. Moïse est furieux et se rend dans le Lieux saint pour aller se plaindre à l’Éternel, son ami; il proteste contre l’accusation qui lui est faite d’avoir usurpé le pouvoir et se dit désintéressé, ayant gouverné sans avoir prélevé sur le peuple le moindre impôt (comparez 1 Samuel 12.3). C’est donc à Dieu qu’il en appelle.

Versets 16-19

Je continue le texte.

Moïse dit à Qoré : — Toi et toute ta troupe, présentez-vous demain avec Aaron devant l’Éternel. Prenez chacun votre encensoir, mettez-y de l’encens et présentez-vous devant l’Éternel avec vos deux cent cinquante encensoirs ; toi aussi et Aaron vous tiendrez chacun le vôtre. Chacun prit donc son encensoir et y mit des charbons ardents qu’il couvrit d’encens. Ils se placèrent tous à l’entrée de la tente de la Rencontre, de même que Moïse et Aaron. Qoré avait rassemblé toute la communauté à l’entrée de la tente de la Rencontre en l’excitant contre eux (Nombres 16.16-19).

Moïse déclare une ordalie car c’est Dieu qui va trancher dans cette affaire. Lévites et Israélites ordinaires se préparent donc à fumer l’encens, une fonction strictement réservée aux prêtres dûment ordonnés par l’Éternel. Le lendemain, Qoré, l’instigateur du coup d’état, est à la tête de sa troupe devant le tabernacle. De plus, il a invité le peuple à venir, ce qui est un soufflet à l’autorité de Moïse, qui seul a le droit de faire une pareille convocation. Il est quand même étonnant qu’une grande partie de l’assemblée ait répondu à l’appel de rébellion de Qoré.

Cet empressement des Israélites à fronder est une nouvelle offense contre Dieu. Ils sont venus là comme pour assister à un match de foot ou à une représentation de cirque ou pire encore, à une lutte de gladiateurs. Ils se bousculent, ils veulent tous les premières places. Ils attendent le spectacle son et lumière. Pour un peu, on les entendrait presque crier : « Du sang ! Du sang ! » Ils vont en avoir pour leur argent.

Versets 20-22

Je continue.

Soudain, la gloire de l’Éternel apparut à toute l’assemblée. L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes : — Séparez-vous du milieu de cette communauté, et je les consumerai en un seul instant ! Mais ils se jetèrent face contre terre et prièrent : — Ô Dieu ! Dieu qui disposes du souffle de vie de toutes les créatures, t’emporteras-tu contre toute la communauté alors qu’un seul homme a péché ? (Nombres 16.20-22).

La gloire de l’Éternel s’est révélée par un soudain éclat resplendissant de la nuée. C’est la troisième fois que l’Éternel menace de réduire les Hébreux en un tas de poussière (Exode 32.10; Nombres 14.12). Mais ici encore, Moïse avec Aaron montent au créneau et intercèdent pour Israël afin que Dieu épargne son peuple.

Versets 23-27

Je continue.

L’Éternel répondit à Moïse : — Parle à la communauté et ordonne-leur de s’écarter des abords des tentes de Qoré, de Datan et d’Abirâm. Moïse se releva et, suivi des responsables d’Israël, il marcha vers Datan et Abirâm, et il dit à la communauté : — Éloignez-vous des tentes de ces hommes méchants et ne touchez à rien de ce qui leur appartient, si vous ne voulez pas périr, vous aussi, à cause de toutes leurs fautes ! Aussitôt, on s’éloigna des tentes de Qoré, de Datan et d’Abirâm. Datan et Abirâm sortirent et se postèrent à l’entrée de leurs tentes avec leurs femmes, leurs fils et leurs enfants (Nombres 16.23-27).

Alors qu’Aaron est devant le sanctuaire avec les 250 rebelles, Moïse s’occupe des trois principaux responsables de la fronde. Il ordonne au peuple de s’éloigner des tentes de Qoré, de Datan et d’Abirâm toutes situées au sud du tabernacle. Il faut se représenter la scène; c’est noir de monde car plusieurs centaines de milles de personnes occupent toute la partie du camp devant le tabernacle.

Il est intéressant de remarquer qu’au tout début de cette rébellion, il y avait quatre chefs : les trois que je viens de citer, ainsi qu’un dénommé « On », mais on n’entend plus parler de lui du tout. Où est-il donc passé ? Ça me rappelle l’histoire du bon larron, comme on l’appelle, qui a été crucifié à côté du Christ. Au début il insultait Jésus tout comme son compagnon de misère. Et puis au bout d’un moment, un déclic se produit dans sa tête et surtout dans son cœur, car il invoque soudainement la miséricorde du Christ à qui il dit :

Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner. Et Jésus lui répondit : — Vraiment, je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis (Luc 23.42-43).

Ce « On » qui a disparu de la circulation a dû lui aussi réaliser qu’il faisait fausse route et que tout ça finirait très mal pour lui. Bon lui en a pris. C’est comme s’il s’était retiré du comité de salut public juste à temps car il va ainsi échapper à la guillotine.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

Émission du jour | Nombres 31.1 – 35.8

Victoire sur Madian - Partage du Pays

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