Chapitre 14

Introduction

Quand on est traduit en justice puis condamné, on a des recours. Mais une fois qu’ils sont tous épuisés, il ne reste plus qu’une alternative : purger sa peine. Suite à la rébellion tous azimuts de son peuple, l’Éternel est très fâché contre lui au point où il veut le décimer dans sa totalité. Mais Moïse monte au créneau et arrive à convaincre Dieu de ne punir que les coupables. Cependant, aucun autre recours n’est possible et les rebelles de 20 ans et plus de la première génération d’Hébreux sortie d’Egypte sont condamnés à tourner en rond dans le désert pendant 40 ans, en réalité un peu plus de 38 ans, jusqu’à ce que tous disparaissent. Quand Dieu donne un ordre il vaut mieux obéir, ce que les Israélites ont refusé de faire. En conséquence, il vont maintenant mourir et n’entreront donc pas dans le Pays promis.

Si j’entends la voix de Dieu, j’ai moi aussi intérêt à écouter avant qu’il ne soit trop tard, avant que je me sois endurci et que j’aie atteint un point de non-retour. La Palestine la Terre promise est une bonne illustration du royaume des cieux. Le piétinement dans le désert que vont vivre pendant presque 40 ans les Hébreux est lui aussi une illustration de ce temps que vous et moi passons sur terre. En effet, je ne sais pas vous, mais au final, moi, je brasse beaucoup d’air. Certes, je laisserai derrière moi quelques traces dans le sable, mais peu à peu, le vent les recouvrira car le temps finit par avoir raison de tout et de chacun. Et puis si cette terre continue à tourner, le souvenir de mon passage s’estompera complètement.

Après avoir tourné en rond dans le désert pendant plus de 38 ans, la seconde génération d’Hébreux aura l’opportunité de pénétrer dans le Pays promis. À moi aussi Dieu offre d’entrer dans son royaume; je peux refuser comme les Hébreux esclaves, qui sont sortis d’Égypte et qui sont morts, ou accepter, comme le fera la jeune génération. Cette vie est un carrefour où il faut faire un choix entre deux chemins possibles. Dans l’évangile, Jésus dit :

Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le sentier qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent (Matthieu 7.13-14).

Versets 36-43

Je continue maintenant à lire dans le chapitre 14 du livre des Nombres.

Les hommes que Moïse avait envoyés reconnaître le pays et qui, à leur retour, avaient entraîné toute l’assemblée à se plaindre contre lui en décriant le pays, ces hommes qui avaient débité de mauvais propos contre le pays moururent frappés d’une mort brutale devant l’Éternel. Quand Moïse rapporta ces paroles aux Israélites, le peuple se livra à de grandes lamentations. Le lendemain, ils se levèrent de bon matin et montèrent vers les hauteurs de la région montagneuse en disant : — Nous avons péché ; mais à présent nous allons marcher vers le lieu dont l’Éternel a parlé. Moïse leur déclara : — Pourquoi passez-vous outre à ce qu’a dit l’Éternel ? Vous allez au devant d’un échec ! N’y allez pas, car l’Éternel n’est pas au milieu de vous, n’allez donc pas vous faire battre par vos ennemis ! Car vous trouverez les Amalécites et les Cananéens sur votre chemin, et vous vous ferez massacrer. Comme vous vous êtes détournés de l’Éternel, il ne sera pas avec vous (Nombres 14.36-43).

En premier lieu, les espions responsables de la révolte du peuple, sont punis de mort sans plus tarder. Ensuite, les Israélites pleurent à nouveau car la perspective de ces 39 années de pérégrinations à tourner en rond dans le désert pour y mourir est épouvantable. Alors, se berçant de douces illusions, ils pensent pouvoir réparer leur désobéissance par un acte de bravoure en se disant que s’ils pénètrent en Terre promise, l’Éternel se verra obligé de les secourir puisque c’est son peuple. Mais c’est de l’arrogance pure et simple car ils ne peuvent changer la condamnation à mort dont ils ont été frappés. Loin de se repentir, ils regrettent seulement les conséquences de leur désobéissance, et dans la foulée, y ajoutent une nouvelle faute; ils persistent et signent, voulant toujours suivre leur propre volonté.

Versets 44-45

Je finis ce chapitre 14.

Dans leur présomption, ils montèrent quand même vers les hauteurs de la région montagneuse ; mais ni le coffre de l’alliance de l’Éternel ni Moïse ne quittèrent le camp. Les Amalécites et les Cananéens qui demeuraient sur les montagnes descendirent, les battirent et les écrasèrent en les poursuivant jusqu’à Horma (Nombres 14.44-45).

Quand il fallait obéir à l’Éternel, ils ont refusé. Mais maintenant c’est trop tard et il n’y a pas de retour en arrière possible. Quand le train entre en gare et qu’on doit le prendre, il faut monter dedans sans attendre qu’il ait démarré pour lui courir après. Pareillement, aujourd’hui que je vous parle est un jour où Dieu fait grâce. La porte qui donne accès au royaume des cieux est grande ouverte. Demain, je ne sais pas.

La suite du récit reprend au chapitre 20. En d’autres mots, les chapitres 15 à 19 couvrent 38 années de pérégrinations dans le désert. Il y sera question d’un certain nombre de lois édictées pour Israël quand il sera bien établi en Palestine. Ces lois sont comme un gage que l’alliance de l’Éternel avec les descendants d’Abraham est maintenue. En second lieu, le texte raconte la révolte d’un certain Qoré (chapitre 16) et puis c’est à peu près tout pour les 38 années de pérégrinations d’Israël dans le désert. Ah oui, j’oubliais presque, chaque jour avaient aussi lieu plusieurs dizaines de processions funéraires.

Chapitre 15

Introduction

Nous arrivons maintenant au chapitre 15 du livre des Nombres. C’est un peu comme le calme après la tempête ou plutôt un lendemain de bataille, une fois que les canons se sont tus et que les brancardiers sont à pied d’œuvre à faire leur triste besogne : ramasser les morts et les agonisants au milieu de décombres de toutes sortes.

Quand je suis à un carrefour et qu’il me faut prendre une décision qui aura des conséquences pour le reste de ma vie, je passe toujours un moment difficile. Israël a eu à choisir. Les dix espions rebelles à l’Éternel étaient entièrement focalisés sur les obstacles à la conquête du pays de Canaan. Ils ont cédé à la panique et agit comme si Dieu n’existait pas, comme s’il n’était pas là au milieu d’eux dans la nuée au-dessus du tabernacle. Ils l’ont traité comme une quelconque idole impotente qui ne leur est jamais venu en aide et cette incrédulité s’est propagée à tout le peuple. Caleb et Josué ont eux aussi mesuré la grandeur des difficultés, mais en contre-partie, ils croient aux promesses que l’Éternel a faites. S’appuyant sur lui, la source de leur force ils étaient prêts à foncer et conquérir le pays. Maintenant, je me pose la question suivante : Qu’est-ce que j’aurais fait si j’avais été l’un des douze espions, de quel côté me serais-je rangé ?

À partir de maintenant, Israël commence une longue errance boiteuse dans le désert. La traversée a tourné en piétinement, la marche en murmures, le témoignage en gémissements, la conquête en débâcle, les chants en soupirs, et leur objectif en palabres. Comme je l’ai déjà indiqué, les Écritures sont quasi muettes sur ces années gâchées, juste quelques détails isolés ici et là; c’est comme si le temps est suspendu. À la suite de la sentence de mort que l’Éternel a prononcée sur cette génération et qui va s’exécuter jour après jour, le fil de l’histoire se rompt pour ne reprendre que 38 ans plus tard. Pendant cette période qui se situe entre deux séjours à Qadesh, il ne se passe pas grand chose, rien en tout cas qui fasse avancer le programme de Dieu, au contraire, car les Hébreux ne pratiquent pas la circoncision, pourtant la marque de l’alliance, et ils ne célèbrent pas la Pâque non plus. Pire encore, ils sont devenus idolâtres comme leurs ancêtres et ont offert des sacrifices non à l’Éternel mais à des faux dieux. En effet, un texte du Nouveau Testament relate cette incroyable effronterie. Je le cite :

Dieu se détourna d’eux et les abandonna à l’idolâtrie et au culte des astres du ciel. C’est bien ce qui est écrit dans le livre des prophètes : Ô peuple d’Israël, quand vous avez offert des victimes et des sacrifices pendant les quarante ans de votre séjour au désert, était-ce à moi que vous les avez apportés ? Non, vous avez porté la tente de Molok et l’astre de votre dieu Rompha, idoles que vous avez fabriquées pour vous prosterner devant elles (Actes 7.42-43).

Certains d’entre nous traversons cette vie comme les Israélites le désert, en piétinant sur place et en allant d’une difficulté à une autre. C’est d’ailleurs pour cela qu’à plusieurs reprises, des passages du Nouveau Testament utilisent les pérégrinations d’Israël à titre d’exemples pour les croyants ou ceux qui hésitent à le devenir. Alors que presque tous les chapitres du livre des Nombres ont un caractère franchement narratif, le 15e, par son style et son contenu, est différent des autres parce qu’il parle de rituels et qu’il est prophétique dans le sens qu’il projette le peuple dans le futur, lorsqu’il sera installé dans le Pays promis. Il montre donc que si les Hébreux ont retardé leur entrée en Palestine, ils n’ont pas anéanti le plan ou la promesse de Dieu. A l’horizon, on discerne le jour où Israël entrera bel et bien dans le Pays promis.

Versets 1-2

Je commence maintenant à lire le chapitre 15.

L’Éternel s’adressa à Moïse en ces termes : — Parle aux Israélites, et dis-leur : Lorsque vous serez arrivés dans le pays que je vais vous donner pour que vous y fassiez votre demeure (Nombres 15.1-2).

Ce chapitre contient cinq prescriptions nouvelles déconnectées les unes des autres qui sont des adjonctions aux lois antérieures. Nous ne savons pas exactement quand elles furent données au peuple d’Israël; trois d’entre elles sont simplement introduites par la formule : « L’Éternel s’adressa ou dit à Moïse (v 1,17,37). » Cependant, comme dans ce chapitre on trouve deux fois l’expression : « Quand vous serez arrivés au pays ..  (v. 2,18)», il est possible que ces ordonnances furent données peu avant que le peuple n’entre en Palestine. En tout cas, cette petite collection de lois meuble cet espace, cet interlude sur lequel l’histoire est muette.

Versets 3-6

Je continue le texte.

Quand vous voudrez m’offrir un sacrifice de gros ou de petit bétail consumé par le feu dont l’odeur apaisera l’Éternel ; que ce soit un holocauste ou un sacrifice destiné à accomplir un vœu, un sacrifice volontaire, ou encore un sacrifice offert à l’occasion de l’une de vos fêtes religieuses, vous y joindrez une offrande de trois kilogrammes de fleur de farine pétrie avec deux litres d’huile et une libation de deux litres de vin. Cette offrande de céréales et de liquide accompagnera chaque agneau offert en holocauste ou en sacrifice. Pour un bélier, vous ferez une offrande de six kilogrammes de fleur de farine pétrie avec deux litres et demi d’huile d’olive et une libation de deux litres et demi de vin. L’odeur de ces sacrifices que tu offriras ainsi apaisera l’Eternel (Nombres 15.3-7).

Ce passage sous-entend qu’une fois dans le Pays promis, la nouvelle génération va adorer le Dieu unique et vrai et l’honorer en respectant les ordonnances que leur a données Moïse, et en lui offrant les différentes sortes de sacrifices prescrites par la Loi. Ceux-ci ont non seulement un objectif immédiat qui permet la communion avec l’Éternel, mais aussi un but pédagogique en ce qu’ils préparent l’humanité pour la venue du Christ, qui offrira le sacrifice parfait en sa personne sur la croix.

Lorsque l’offrande végétale accompagne l’immolation d’un animal, elle doit être proportionnée à sa taille, et donc aux moyens financiers de l’adorateur, ce qui est somme toute logique. Quand l’offrande est le complément d’un sacrifice, elle est toujours accompagnée d’une libation, c’est-à-dire un don sous forme de liquides. Ces deux offrandes végétales — solide et liquide — représentent le don de soi à l’Éternel sans aucune notion d’expiation pour une faute commise. La farine, l’huile et le vin sont les aliments de base de l’Israélite. Pour montrer sa reconnaissance, il en prélève une partie et l’offre au Dieu qui le comble de ses faveurs. A l’origine, le vin était versé sur l’autel et s’évaporait en même temps que la chair de l’animal brûlait. Mais plus tard et d’après l’historien juif Joseph, le prêtre verse le vin autour de l’autel.

C’est seulement une fois bien installé dans le pays de Canaan que le peuple disposera de suffisamment d’huile et de vin pour accomplir tous ces rites. Dans les Écritures, l’huile est souvent un symbole de l’Esprit saint et le vin représente la joie.

Versets 16-21

Je continue le texte plus loin.

Une même loi et une même ordonnance vous régiront, vous et l’étranger qui réside parmi vous. L’Éternel s’adressa à Moïse en ces termes : — Dis aux Israélites : Lorsque vous serez arrivés au pays vers lequel je vous conduis, et que vous mangerez du pain du pays, vous en prélèverez une offrande pour l’Éternel. Quand vous cuirez votre pain, vous prélèverez la première miche que vous m’offrirez comme ce qu’on prélève sur la nouvelle récolte de blé. Vous ferez ainsi une offrande à l’Éternel des premiers produits de vos fournées, de génération en génération (Nombres 15.16-21).

Les étrangers résidant au milieu des Hébreux sont intégrés à la communauté d’Israël à condition, bien sûr, qu’ils soient circoncis (Exode 12.49) puisque c’est le signe de l’alliance avec Dieu. Ils ont exactement envers lui les mêmes droits et devoirs que les Israélites. L’offrande à l’Éternel revient aux prêtres, comme d’ailleurs toutes les prémices, les premiers produits de toutes les récoltes. C’est pour eux un revenu très important. Un prophète écrit :

La meilleure part des prémices de toutes choses et toutes les offrandes de quoi que ce soit reviendront aux prêtres. Vous leur donnerez aussi la première fournée de ce que vous cuirez, afin de faire venir la bénédiction sur votre famille (Ezéchiel 44.30).

L’apôtre Paul fait allusion à la règle de la première miche (littéralement : gâteau; comparez Lévitique 2.4) quand il écrit :

Si les prémices du pain offert à Dieu sont consacrées, toute la pâte l’est aussi. Si la racine est consacrée, les branches le sont aussi (Romains 11.16).

Encore aujourd’hui, les Juifs observent strictement la règle de la première miche de pain. La mère de famille pétrit la pâte de la première fournée de l’année et prononce sur ce pain qu’elle retire du four la bénédiction suivante : « Béni sois-tu, ô Seigneur, roi de l’univers, de ce que tu nous as sanctifiés par tes commandements et de ce que tu nous as ordonné de séparer la miche ! »

Versets 22-26

Je continue le texte du chapitre 15.

– Supposons que vous négligiez par inadvertance d’obéir à l’un de ces commandements que j’ai communiqués à Moïse, à l’un de ces ordres que je vous ai transmis par son intermédiaire, à partir du jour où je les ai prescrits et par la suite, de génération en génération. Si donc cette faute a été commise par inadvertance et qu’elle a échappé à la communauté, toute la communauté offrira un jeune taureau comme holocauste dont l’odeur apaisera l’Eternel – avec l’offrande et la libation prescrites – ainsi qu’un bouc en sacrifice pour le péché. Le prêtre fera le rite d’expiation pour toute la communauté des Israélites, et il leur sera pardonné, puisque c’est une faute commise par mégarde. Quand ils auront apporté leur sacrifice, un sacrifice consumé par le feu pour l’Eternel, et présenté leur sacrifice pour le péché devant moi, pour leur faute commise par inadvertance, il sera pardonné à toute la communauté des Israélites et à l’immigré installé au milieu d’eux, car c’est par inadvertance que tout le peuple aura commis cette faute (Nombres 15.22-26).

Cette nouvelle ordonnance ne commence pas comme d’habitude par : « L’Éternel s’adressa à Moïse ». Ici, le texte se réfère à lui à la troisième personne. Ce détail indique probablement que cette ordonnance a été donnée postérieurement, après la mort de Moïse, et introduite dans le texte originel par quelque personnage important, peut-être le grand-prêtre de l’époque. La situation décrite est l’un des cas les plus graves qui puissent se présenter dans la vie du peuple hébreu. Il y est question à la fois d’une faute et de l’omission d’un acte exigé par la loi. C’est aussi ce qui explique qu’il y ait deux victimes : un taureau et un bouc. Je sais bien que ces ordonnances rituelles ne nous concernent pas, cependant, on peut quand même en tirer un renseignement utile. En effet, il apparaît clairement que du point de vue de Dieu, je me rends coupable à son égard, même si je commets une faute sans le faire exprès, par ignorance. C’est la justice absolue de l’Éternel qui est l’instrument de mesure et qui fonde la culpabilité de ma conduite, qu’elle soit par action ou par omission, en toute connaissance de cause ou par inconscience. Selon la fameuse maxime « Nul n’est censé ignorer la loi », l’ignorance en matière de responsabilité personnelle n’est une excuse ni devant la loi des hommes ni devant celle de Dieu.

Concernant une faute involontaire, un point de détail apparaît dans ce texte des Nombres quand on le compare avec celui du livre du Lévitique (4.13). En effet, ici, il est ordonné au peuple d’offrir un taureau en holocauste pour réparer une omission, et un bouc en sacrifice pour couvrir le péché alors que dans le Lévitique, il s’agit simplement d’un taureau pour le péché, donc un animal différent pour couvrir le péché. Là vous allez me dire que je coupe les cheveux en quatre. Oui et non. Les théologiens d’obédience libérale qui sont toujours prêts à pointer les divergences des Textes Sacrés disent que ces deux différentes ordonnances sont inconciliables. En fait c’est faux. Dans le Lévitique, il est question d’une infraction à l’un des commandements (veasou; et qu’ils aient fait) alors que dans le livre des Nombres, il s’agit d’un acte manqué, l’omission d’un rite prescrit par la Loi (velo thaasou; et que vous n’ayez pas fait). A cause de cette différence de faute, un animal différent doit être offert en sacrifice pour le péché. Tout ça est barbant, j’en conviens, mais c’est pour dire et montrer qu’il ne faut pas décrier trop vite la Parole de Dieu.

Versets 27-29

Je continue le texte.

Si c’est une seule personne qui a commis une faute par inadvertance, elle offrira un chevreau dans sa première année en sacrifice pour le péché. Le prêtre accomplira devant l’Eternel le rite d’expiation pour la personne qui a commis une faute par inadvertance. Une fois que le rite d’expiation sera accompli pour elle, il lui sera pardonné. Une seule et même loi régira les Israélites nés dans le pays qui commettent une faute par inadvertance et les immigrés installés parmi eux (Nombres 15.27-29).

Après la loi relative au peuple qui s’est rendu coupable, on a celle qui s’applique à l’individu. Dans le livre du Lévitique, la Loi fait une distinction entre les péchés du grand-prêtre, d’un chef et d’un simple Israélite. Ici l’ordonnance concerne l’individu ordinaire parce qu’elle s’applique également à l’étranger qui habite au milieu des Hébreux. Le rituel est identique à ce qu’on trouve dans le Lévitique (4.27-32), sauf qu’ici il est seulement fait mention d’un chevreau alors que dans le Lévitique, l’Israélite peut choisir entre un chevreau ou une brebis, si ce n’est que notre loi ne parle que d’une chèvre, tandis que d’après le Lévitique l’Israélite pouvait offrir à son choix une chèvre ou une jeune brebis.

Verset 30-31

Je continue le texte.

Si quelqu’un commet délibérément une faute, qu’il soit autochtone ou immigré-il fait injure à l’Éternel et il sera retranché du milieu de son peuple. Pour avoir méprisé la parole de l’Éternel et violé son commandement, il doit être retranché car il porte la responsabilité de sa faute (Nombres 15.30-31).

Ce passage est très important parce qu’il établit nettement la différence entre les fautes qui peuvent être couvertes par les sacrifices et ceux qui ne le peuvent pas. Ces coupables sont sévèrement punis puisqu’ils sont retranchés de l’alliance que l’Éternel a contractée avec le peuple d’Israël. Le péché volontaire est un outrage, une insulte à Dieu. Or, toute révolte ouverte, appelée à main levée, dans le texte hébreu, rompt l’alliance. La suite du texte donnera un exemple qui illustre ce principe, mais nous en avons déjà eu un. En effet, ce châtiment est déjà tombé sur les dix espions qui ont exploré le pays de Canaan. Effrayés par ce qu’ils ont vu, ils n’ont tenu aucun compte de la présence de l’Éternel et fait fi de ses promesses; ils ont transmis la peur au ventre au peuple l’entraînant ainsi à se rebeller contre Dieu. Comme je le fais de temps en temps, je veux rappeler une fois encore les paroles de l’apôtre Paul qui a dit :

Ne vous faites pas d’illusions : Dieu ne se laisse pas traiter avec mépris. On récolte ce que l’on a semé (Galates 6.7).