Les émissions

12 janv. 2023

Nombres 12.9 – 13.33

Chapitre 12

Introduction

Il arrive qu’il fasse un très vilain temps dehors, surtout en hiver ou en pleine mer. Mais au sens figuré ça peut arriver n’importe quand à n’importe qui. On a alors l’impression que tout est en train de basculer du mauvais côté. D’ailleurs et assez curieusement, l’apôtre Paul parle de mauvais jours car ils existent bel et bien. Il écrit : Endossez l’armure que Dieu donne afin de pouvoir résister au mauvais jour et tenir jusqu’au bout après avoir fait tout ce qui était possible (Ephésiens 5.13). Moïse est en train de vivre de très mauvais jours car il doit faire face à une rébellion après l’autre du peuple et puis entre deux orages, au lieu d’une accalmie, voilà que son frère et sa sœur s’en prennent à lui. En réalité, ils sont jaloux de l’autorité dont jouit leur frère cadet auprès du peuple; ils veulent une part du gâteau. Cela vous est-il arrivé qu’on vous en veuille par jalousie, qu’on vous fasse un croc-en-jambe et que vous preniez une gamelle ? À moi oui ! C’est très désagréable, parce qu’en général on ne s’y attend pas du tout. C’est aussi le cas de Moïse qui n’a rien vu venir, parce qu’il est humble de cœur et ne soupçonne pas qu’on a mis un piège à loup à l’entrée de sa tente. Cet homme porte en lui l’image du Messie, le Prophète qui viendra. Il est annoncé par l’Éternel ce qui nous est rapporté vers la fin de la Torah ou du Pentateuque, c’est à dire les cinq livres de la Loi. Je lis ce passage prophétique dans lequel l’Éternel dit à Moïse :

Je vais leur susciter un prophète comme toi, l’un de leurs compatriotes. Je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur transmettra tout ce que je lui ordonnerai (Deutéronome 18.18).

Moïse est un précurseur de Jésus, d’une part, du fait de sa relation intime avec Dieu et son ministère de libérateur et dirigeant du peuple, et d’autre part, du fait de son caractère humble qui annonce la miséricorde du Fils de Dieu. Dans l’évangile selon Matthieu, Jésus a dit :

Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes (Matthieu 11.28-29).

Versets 9-10

Je continue maintenant à lire dans le chapitre 12 du livre des Nombres.

L’Éternel se mit en colère contre eux (Myriam et Aaron), et il se retira. À peine la nuée avait-elle quitté la Tente, que Miriam se trouva couverte d’une lèpre blanche comme la neige. Quand Aaron se tourna vers Miriam, il vit qu’elle était lépreuse (Nombres 12.9-10).

On dirait qu’au fur et à mesure que l’Éternel récapitule la culpabilité de Miriam et d’Aaron, il est davantage indigné et sa colère qui jusqu’ici était contenue, finalement éclate. Très mécontent, il retourne se placer au-dessus du lieu très saint où il réside habituellement, mais en passant, il frappe Myriam de lèpre.

Versets 11-12

Je continue.

Alors Aaron dit à Moïse : — De grâce, mon seigneur, ne nous tiens pas rigueur du péché que nous avons commis dans un moment de folie ! Ah ! que notre sœur ne soit pas comme l’enfant mort-né dont la moitié du corps se trouve déjà en état de putréfaction au moment de sa naissance (Nombres 12.11-12).

Aaron est épouvanté, et craint que malgré sa charge de grand-prêtre, il deviendra lui aussi comme Myriam qui est comparée à un enfant mort-né parce que chez un lépreux, comme dans bien d’autres maladies, le processus de la mort est enclenché, actif et irréversible. Aaron n’a pas été directement puni comme sa sœur car ce n’est pas lui qui a initié cette révolte mais il est malgré tout coupable de s’être laissé entraîner par Myriam. Une fois encore, Aaron s’est montré influençable et de caractère faible. C’est un brave homme mais il est pathétique. Il a malgré tout le mérite d’avoir rapidement reconnu et confessé sa faute. Il reconnaît maintenant sans arrière-pensée la supériorité absolue de son frère cadet. Il est humilié et bien qu’il soit le grand-prêtre d’Israël, il se voit dans l’obligation de demander la médiation de Moïse. Connaissant sa magnanimité, sa générosité et sa bienveillance, lui et Myriam ont besoin de son intercession car ils savent que le pardon de Dieu dépend de celui de leur frère.

Versets 13-16

Je finis le chapitre 12.

Moïse implora l’Éternel : — Ô Dieu, je t’en prie, guéris-la ! Mais l’Éternel lui répondit : — Si son père lui avait craché au visage, n’en porterait-elle pas la honte pendant sept jours ? Qu’elle soit exclue du camp pendant sept jours, après quoi elle sera réadmise parmi vous. Miriam fut donc exclue du camp pour sept jours. Et le peuple ne leva le camp que lorsqu’elle y eut été réintégrée. Après cela, ils quittèrent Hatséroth et campèrent dans le désert de Parân (Nombres 12.13-16).

Bien entendu, Moïse écoute la prière de son frère et se rend dans le lieu saint de la tente de la Rencontre, se place devant le rideau qui le sépare du lieu très saint et invoque l’Éternel qui ne manque pas de lui répondre. Ce sont véritablement deux amis.

On sait qu’à cette époque, cracher au visage est un outrage très grave, mais l’Éternel fait allusion à une coutume qui nous est inconnue. Miriam doit donc subir 7 jours d’exclusion humiliante pour lui apprendre les bonnes manières. C’est pour elle un temps qu’elle doit mettre à profit pour un sérieux retour sur elle-même, une profonde repentance. Malgré la guérison et le pardon de Dieu, elle doit subir le traitement infligé aux lépreux (Lévitique 14:18). Sept jours est la période pendant laquelle quelqu’un susceptible d’être rituellement impur à cause d’une maladie est placé en observation.

Dur, dur, le départ d’Israël depuis le Sinaï. A partir du moment que le peuple s’est mis en marche, l’avancée est chaotique; ça coince de partout. Tant que les Hébreux en étaient au stade de la préparation, l’harmonie, l’ordre et l’obéissance régnaient dans le camp. Mais toute cette bonne volonté a cédé le pas aux gémissements et à la rébellion. Le peuple s’est d’abord laissé entraîner à se plaindre contre l’Éternel par le ramassis d’étrangers qui fait route avec lui. En méprisant la manne, Israël rejette la bienveillance divine. Il va même jusqu’à regretter sa libération d’Égypte et exprime le désir d’y retourner. Devant tant d’ingratitude, l’Éternel doit juger sévèrement les contradicteurs. Le texte met bien en valeur la colère et la justice de Dieu.

Chapitre 13

Versets 1-2

Nous arrivons au chapitre 13 des Nombres qui est un passage clé et un tournant du livre, car il raconte la mission des 12 espions qui partent en reconnaissance explorer la Terre Promise, ainsi que le rapport dévastateur que dix d’entre eux font au peuple. Ce chapitre est particulièrement triste parce qu’il raconte la révolte qui eut lieu à Qadesh et qui est la raison de la condamnation de toute la génération des 20 ans et plus sortie d’Egypte. Cette histoire introduit l’une des périodes les plus déprimantes du peuple d’Israël. Je commence à lire.

L’Éternel parla à Moïse et dit : — Tu peux envoyer des hommes, un de chaque tribu, choisis parmi les chefs, pour explorer le pays de Canaan que je donne aux Israélites (Nombres 13.1-2).

D’après ce texte, Moïse obéit à l’Eternel et envoie des espions parcourir la Terre promise. En fait, cette directive divine est une réponse à une demande du peuple d’Israël. Celui-ci avait pourtant là encore, l’occasion d’obéir à Dieu en se préparant à envahir le pays de Canaan sans chercher midi à quatorze heures. Mais non, les Israélites ne lui font toujours pas confiance et veulent prendre les choses en main. Leurs chefs se sont probablement réunis et ont décidé d’un commun accord qu’il faut envoyer des éclaireurs pour voir exactement où ils vont mettre les pieds. Comme ça ils sauront à quoi s’en tenir et pourront assurer leurs arrières. Ils ne prennent pas en compte la présence de l’Éternel au milieu d’eux. Dans le livre du Deutéronome, les faits sont présentés par Moïse de la façon suivante. Je lis :

– Après cela, nous sommes partis du mont Horeb, nous avons traversé tout ce vaste et terrible désert que vous avez vu, en nous dirigeant vers la montagne des Amoréens, comme l’Eternel notre Dieu nous l’avait ordonné ; et nous sommes arrivés à Qadesh-Barnéa. Je vous ai dit alors : « Vous voilà arrivés à la montagne des Amoréens que l’Eternel notre Dieu nous donne. Regardez : l’Eternel votre Dieu met le pays à votre disposition ; allez-y et prenez-en possession, comme l’Eternel, le Dieu de vos ancêtres, vous l’a dit. N’ayez pas peur, ne vous laissez pas effrayer. » – Alors vous êtes tous venus me trouver pour me dire : « Nous voudrions envoyer quelques hommes en avant pour qu’ils fassent, pour nous, une reconnaissance du pays et qu’ils nous renseignent sur la route que nous devons prendre et sur les villes où nous devons aller. » La proposition m’a parue bonne et j’ai pris douze hommes d’entre vous, un par tribu. (Deutéronome 1.19-23).

Donc, les anciens du peuple viennent voir Moïse pour lui demander d’envoyer des espions en reconnaissance. Moïse trouve que ma foi, c’est pas une mauvaise idée. Mais avant d’accéder à cette requête, il la soumet à l’Éternel, ce qui est très compréhensible. Dieu lui répond alors, littéralement : « envoie toi » ou en bon français : « Tu peux envoyer des hommes », dans le sens : « d‘accord, je veux bien, mais j’aurais préféré qu’ils me fassent confiance ». Les responsables d’Israël veulent explorer le pays afin de recevoir de la part des espions un rapport qui encouragera le peuple à foncer. En l’occurrence, ils désirent une confirmation que, d’une part, ce pays est très riche ruisselant de lait et de miel, et d’autre part, les Cananéens sont très vulnérables. C’est un très mauvais calcul.

Versets 3-16

Je continue le texte.

Moïse envoya des hommes depuis le désert de Parân, comme l’Éternel le lui avait demandé. C’étaient tous des chefs des Israélites (Nombres 13.3-4).

Suit alors une liste des noms de 12 jeunes hommes vigoureux, reconnus et approuvés par leur tribu. Ils partent donc en reconnaissance. La tribu de Lévi n’est pas mentionnée parce qu’il s’agit d’une expédition à caractère militaire où ça risque de cogner, or, ce n’est pas une tribu guerrière. Sur les 12 hommes partis en mission, deux nous sont connus car leur nom revient souvent. Il s’agit de Josué dont le nom est l’équivalent hébreu de Jésus, et qui veut dire : « l’Eternel sauve ». Il est l’aide de camp de Moïse et représente la tribu d’Ephraïm. Le deuxième est Caleb, qui est envoyé par la tribu de Juda. Il est intéressant de noter que plus loin dans le livre (Nombres 32.12), Caleb est appelé : « Qenizien » une peuplade qui ne descend pas d’Abraham. Ce fait signifie qu’en ce qui concerne l’intégration d’étrangers dans le peuple choisi, Moïse n’a pas peur de balayer large. Quand les espions reviendront faire leur rapport, Josué et Caleb seront les seuls qui, malgré l’âpreté des combats en perspective, voudront conquérir le pays de Canaan parce qu’ils ont foi dans les promesses de l’Éternel.

Versets 17-20

Je continue le texte plus loin.

Moïse les envoya donc pour reconnaître le pays de Canaan, en leur disant : — Passez par le Néguev, gagnez la région montagneuse et examinez le pays. Voyez comment il se présente et quel peuple l’habite, observez s’il est fort ou faible, nombreux ou pas ; voyez de quel genre est le pays où il habite ; s’il est bon ou mauvais ; et comment sont les villes, si elles sont ouvertes ou fortifiées. La terre est-elle fertile ou pauvre, y trouve-t-on des arbres ou non ? Ayez du courage et rapportez des fruits du pays. C’était, en effet, l’époque des premiers raisins (Nombres 13.17-20).

Cette information du texte : « C’était l’époque des premiers raisins », permet de situer à peu près quand a eu lieu cette mission. En effet, en Palestine les vendanges se font en septembre, mais on a déjà des raisins mûrs au mois d’août et même fin juillet. Ce détail en passant s’accorde bien avec le fait que le peuple a célébré la Pâque peu avant son départ du mont Sinaï. Nous sommes donc probablement vers la fin Août. Les espions vont d’abord passer par la région du Néguev, ce qui signifie « terre desséchée ». Aujourd’hui, ce n’est qu’une steppe couverte de pâturages ou de buissons, mais au temps de Moïse, elle est très peuplée. Le mot pour « ville » désigne un lieu habité, que ce soit une ville fortifiée, un village ou un simple campement. Le livre de Josué, qui est le 6e de l’Ancien Testament, énumère vingt-neuf villes avec leurs villages, situées dans la région du Néguev.

Versets 21-22

Je continue tout en résumant.

Ainsi, ces hommes partirent et explorèrent le pays depuis le désert de Tsîn jusqu’à Rehob, près de Lebo-Hamath. Ils montèrent dans le Néguev et parvinrent à Hébron où vivaient les (familles d’Ahimân, de Chéchaï et de Talmaï), descendants d’Anaq (Hébron avait été fondée sept ans avant Tanis en Égypte) (Nombres 13.21-22).

J’omets beaucoup de noms qui ne veulent rien dire ni pour vous ni pour moi. Cependant, ils prouvent bien que les Textes Sacrés sont enracinés dans l’histoire et la géographie, ce qui fait que les lieux topographiques sont importants. Pour comprendre le texte, il suffit de savoir que les espions partent ensemble du sud-ouest de la Mer Morte. D’après d’autres textes parallèles, leur ordre de mission et le rapport détaillé qu’ils font à leur retour, il est évident que les douze espions se sont divisés en plusieurs groupes probablement six de deux hommes chacun. Ils se sont alors répartis les différentes régions du pays à visiter puis se sont donnés rendez-vous à un lieu de rassemblement avant de revenir tous ensemble. Ceux qui ont fait 200 km pour aller au nord de Damas en Syrie dans ce qui est le Liban aujourd’hui n’ont pas dû traîner en route car ils ont fait un périple d’au moins 400 km aller-retour. En tout, les 12 hommes ont passé 40 jours à explorer le pays. Dans tous les noms qui nous sont donnés, celui d’Anaq est important car ce sont les premiers habitants de Canaan. Ils sont décrits comme des géants qui ont terrorisé ceux qui les ont vus.

Le texte dit : « ils parvinrent à Hébron » mais en hébreu c’est un singulier : « il vint à Hébron » Il s’agit très probablement de Caleb, car d’après le livre de Josué (14.9) c’est lui qui a visité cette partie du pays et qui l’a reçue en héritage à cause de sa fidélité à l’Éternel. Située au sud de Jérusalem, Hébron était bien connue des patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Elle est fréquemment mentionnée dans la Genèse. C’était une grande cité cananéenne très fortifiée.

Versets 23-25

Je continue le texte.

Arrivés dans la vallée d’Echkol (qui veut dire vallée de la grappe), ils coupèrent un sarment de vigne portant une grappe de raisins si lourde qu’ils durent la porter à deux au moyen d’une perche ; ils prirent aussi des grenades et des figues. C’est depuis lors qu’on a nommé ce lieu : la vallée d’Echkol (de la Grappe) en souvenir de la grappe de raisin que les Israélites y avaient coupée. Au bout de quarante jours, ils furent de retour de leur exploration du pays (Nombres 13.23-25).

La vallée située entre la ville d’Hébron et Jérusalem est bordée de collines couvertes de vignobles, et qui produisent aujourd’hui les plus beaux raisins du pays ; une grappe pouvant atteindre jusqu’à 6 kg à ce qu’il paraît.

Versets 26-29

Je continue.

Ils vinrent trouver Moïse et Aaron et toute la communauté des Israélites dans le désert de Parân à Qadech, ils leur rendirent compte de leur expédition et leur montrèrent les fruits du pays. Voici le rapport qu’ils firent à Moïse : — Nous sommes arrivés dans le pays où tu nous as envoyés. Oui, c’est vraiment un pays ruisselant de lait et de miel ; et en voici les fruits. Seulement, le peuple qui l’habite est terriblement fort, les villes sont d’immenses forteresses, et nous avons même vu des descendants d’Anaq. Les Amalécites occupent la région du Néguev, les Hittites, les Yebousiens et les Amoréens tiennent la montagne, et les Cananéens occupent le littoral de la Méditerranée et toute la vallée du Jourdain (Nombres 13.26-29).

Qadesh est au croisement de deux déserts au sud de la Palestine. C’est là que se trouve le camp d’Israël, et que les espions reviennent faire leur rapport à Moïse et aux hommes de guerre de la nation. Avec le beau raisin, les espions ont vu de nombreuses peuplades bien implantées. Les Cananéens désignent soit les habitants de la Palestine en général, soit comme ici, ceux qui sont situés sur le littoral et dans la plaine du Jourdain. Le pays comprend aussi les descendants d’Anaq, les Anaqim, une race de géants établie dans le sud de la Palestine et connue sous le terme plus général de Rephaïm. A une époque, le patrimoine génétique humain permettait des géants de trois mètres et bien formés et normaux, mais aujourd’hui, il est quasi certain que ce potentiel génétique est perdu. En tout cas, la description des habitants de la Terre promise effraie le peuple qui commence déjà à murmurer.

Versets 30-33

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 13.

Alors Caleb essaya de faire taire le peuple qui commençait à s’en prendre à Moïse. Il lui dit : — Allons-y, faisons la conquête de ce pays, car nous en sommes vraiment capables. Mais les hommes qui l’avaient accompagné disaient : — Nous ne sommes pas en mesure d’attaquer ce peuple, car il est plus fort que nous. Puis ils se mirent à décrier le pays qu’ils avaient exploré devant les Israélites, en disant : — Le pays que nous avons parcouru et exploré est une terre qui consume ses habitants ; quant à la population que nous y avons vue, ce sont tous des gens très grands. Nous y avons même vu des géants, des descendants d’Anaq, de cette race de géants ; à côté d’eux, nous avions l’impression d’être comme des sauterelles, et c’est bien l’effet que nous leur faisions (Nombres 13.30-33).

Caleb ne conteste pas les dires des autres espions mais il rejette leurs conclusions. Lui, il croit qu’il est tout à fait possible de faire la conquête du pays de Canaan et il est prêt à foncer. Les géants, aussi appelés Néphilim sont déjà mentionnés dans le livre de la Genèse, avant le jugement du déluge. Ce passage ne mentionne pas Josué qui n’a sans doute rien dit parce qu’il est étroitement associé à Moïse, étant son aide de camp. Mais on sait que lui aussi est prêt à conquérir le pays parce qu’il croit que l’Éternel leur donnera la victoire. Les 10 autres espions souffrent de la sauterellose, ou l’effet sauterelles. Ils ont une peur bleue qui altère les proportions, qui les rapetisse et en même temps qui grossit la force de leurs adversaires.

L’expression : « Le pays [..] est une terre qui consume ses habitants » signifie qu’il est exposé aux invasions et qu’une peuplade est facilement anéantie et remplacée par une autre. Dans le livre du Deutéronome, on apprend que dans la Palestine, différents peuples ont habité au même endroit; les uns chassant les autres. Je lis un passage :

J’ai donné le pays d’Ar en possession aux descendants de Loth (c’est à dire les Moabites et les Ammonites). Autrefois, les Emim y habitaient, c’était un grand peuple, nombreux et de haute taille, comme les Anaqim. Ils passaient, eux aussi, de même que les Anaqim, pour des Rephaïm, et les Moabites les appellaient Emim. Auparavant, le pays de Séir était habité par les Horiens, mais les descendants d’Esaü les ont chassés : [..]. Ce pays (des Ammonites) aussi passait pour avoir été habité par des Rephaïm. Ceux-ci l’occupaient autrefois, et ils étaient appelés Zamzoummim par les Ammonites. C’était un grand peuple, nombreux et de haute taille comme les Anaqim, mais l’Eternel les avait détruits par les Ammonites, qui avaient pris possession de leur pays pour s’établir à leur place (Deutéronome 2.9-12, 20-21).

Les 12 espions ont essentiellement fait la même expérience et vu les mêmes peuples et les mêmes villes, mais leur interprétation des faits est très différente selon qu’ils croient ou pas que l’Éternel leur donnera la victoire. Deux font un rapport qui est inspiré par la foi. Ils reconnaissent que les difficultés sont réelles, mais regardent à Dieu pour vaincre leurs ennemis, même les géants. Les 10 autres font le plus de bruit et comme ils sont inspirés par la peur et l’incrédulité, ils raisonnent en termes purement logiques et humains. Ils vont même jusqu’à dire que la conquête du pays est impossible et suicidaire et qu’ils sont battus d’avance. Quant au peuple, au vu de sa conduite passée, on sait d’avance qu’il va pencher du côté de ceux qui ne croient pas que Dieu va les aider. Dans sa première épître, l’apôtre Jean écrit :

La victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi (1Jean 5.4).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 30 2023

Émission du jour | Jean : Introduction

Qui est Jésus ?

Nos partenaires