Chapitre 3

Verset 8

Parmi les besoins essentiels de l’homme, il faut écrire en tête de liste, l’eau puis la nourriture. Mais presque aussi important est la nécessité de trouver un abri, une protection contre les éléments naturels et les prédateurs, qu’ils soient animaux ou d’autres êtres humains. Pour cette raison, nous avons en France des châteaux forts un peu partout et ils sont presque toujours construits sur une hauteur car beaucoup plus facile à défendre que le fond d’une vallée. Les villes antiques sont souvent ceinturées de murailles pour mieux se protéger contre un ennemi éventuel et les châteaux forts sont en plus entourés de douves. C’était aussi le cas de Ninive capitale des Assyriens. Mais d’autres villes puissantes n’ont pas besoin de fortifications, en théorie du moins, parce qu’elles sont construites à un croisement de masses d’eau. C’est le cas de Thèbes en Égypte, qui est comme un îlot au milieu d’une mer. À cause de sa situation géographique et de ses puissants alliés, cette capitale se croit à l’abri de tout danger. Je continue de lire dans le chapitre trois du livre de Nahoum.

Es-tu plus prospère, fort et nombreux que No-Amôn qui était assise au milieu des fleuves, entourée par les eaux, ayant la mer pour rempart, la mer pour murailles ? (Nahoum 3.8 ; auteur).

Nahoum s’adresse à Ninive et la compare à « No-Amôn », le nom égyptien de la ville de Thèbes, un mot qui signifie « maison d’Amôn », une divinité particulièrement prisée qui est représentée avec un corps d’homme et une tête de bélier. Capitale de la Haute Égypte et située à 400 km au sud du Caire, la ville antique de Thèbes est la résidence principale des pharaons les plus glorieux et en particulier de Ramsès XI de la dix-neuvième dynastie.

Sur la grandeur de Thèbes, Dominique Vivant, baron Denon (1747-1825), égyptologue et muséologue avant l’heure, écrit : « On ne peut croire, même après l’avoir vu, à la réalité de l’existence de tant de constructions réunies sur un même point, à leurs dimensions, à la constance obstinée qu’a exigée leur fabrication, aux dépenses incalculables de tant de somptuosité » (Égypte II. 226).

Thèbes est construite sur les deux bords du Nil. Les habitations des vivants se trouvent sur la rive est, de part et d’autre des canaux processionnels qui relient les enceintes de Karnak au temple de Louxor. Ces voies sont empruntées par les barques sacrées du dieu Amôn. Sur la rive ouest, la rive des morts, sont construits les tombeaux royaux, demeures d’éternité des pharaons, ainsi que leurs temples funéraires appelés « Châteaux des Millions d’années », que le dieu Amôn vient visiter chaque année lors de « la Fête de la Vallée ».

Comme je l’ai dit, Thèbes n’a jamais été entourée de murailles parce que le Nil et les canaux forment une masse d’eau qui offre une défense suffisante. Ville réputée imprenable, elle est néanmoins dévastée par le roi assyrien Assourbanipal (en 663 avant Jésus-Christ). En conquérant qui se respecte, il emporte tous les immenses trésors accumulés au fil des siècles et dépouille ses sanctuaires des statues divines, les dépossédant ainsi de leur élément vital.

Même après avoir été restaurée par les pharaons des dernières dynasties, la ville de Thèbes ne s’est jamais complètement remise de cette invasion. Alexandre le Grand participe également à l’œuvre réparatrice, puis à sa suite la dynastie grecque des Ptolémées. À l’époque romaine, les temples sont peu à peu abandonnés, une garnison militaire s’établit à Louxor, dont le temple est finalement transformé en forteresse. Après la conversion officielle de l’empire romain au christianisme, plusieurs églises s’y installent et avec l’arrivée des musulmans une mosquée y est construite, tant et si bien que le temple de Louxor reste l’un des lieux de culte et de prière les plus anciens au monde.

Le jugement de Thèbes est prédit par les prophètes Jérémie (Jérémie 46.25) et Ézéchiel (Ézéchiel 30.14-16), et aujourd’hui, les ruines de cette ville idolâtre s’étendent sur plus de 40 km. Tout ça pour dire que la prophétie de Nahoum annonce que Ninive n’est pas dans une situation plus favorable que Thèbes car elle aussi sera entièrement détruite.

Verset 9

Je continue le texte.

L’Éthiopie et l’Égypte constituaient sa force (de Thèbes) qui était sans limite. Les habitants de Pouth et ceux de la Libye faisaient partie de ses alliés (Nahoum 3.9).

Alors que Ninive ne possède pas d’allié, Thèbes en avait tout autour du ventre pour ainsi dire et littéralement car « l’Éthiopie » d’antan que mentionne Nahoum, englobe alors le Soudan actuel, la moitié sud de l’Égypte et le nord de l’Éthiopie actuelle. Avec l’Égypte proprement dit, cet immense territoire constitue « le royaume d’Égypte ». Le second allié : « Pouth » représente la côte est de l’Égypte jusqu’à la Somalie d’aujourd’hui et comprend peut-être aussi une partie de l’Arabie. Quant au troisième alliée : la Lybie, il se trouve à l’ouest de l’Égypte. Tout ce beau monde, du sud au nord et de l’est à l’ouest, représente un peuple immense et une puissance militaire énorme, et pourtant Thèbes fut mise à sac par les Assyriens.

Verset 10

Je continue.

Et pourtant, elle aussi est partie en exil, oui, elle a été déportée et ses petits enfants ont été écrasés au sommet des rues. On a tiré au sort ses hommes les plus nobles pour les réduire en esclavage, on a chargé de chaînes ceux qui gouvernaient tout le peuple (Nahoum 3.10 ; auteur).

Malgré sa position stratégique exceptionnelle et ses nombreux alliés, Thèbes fut investie par les armées assyriennes. Alors, qu’est-ce qui ferait croire à Ninive qu’elle résistera mieux à une invasion ennemie ?

Quand Nahoum écrit son oracle contre Ninive, la chute de Thèbes (en 663 avant Jésus-Christ) doit encore être dans les mémoires, surtout que sous le règne du roi Assourbanipal, les Assyriens ont attaqué Thèbes à deux reprises. La première fois ce fut une invasion partielle mais un massacre tout de même. La seconde fois, Assourbanipal lui-même écrit :

Urdamaneh (roi d’Éthiopie et gendre de Tirhaka) monta sur le trône de Tirhaka et régna sur le pays ; il fortifia No (Thèbes) et y assembla ses forces, il fit sortir ses troupes contre mon armée, pour lui livrer bataille, et il se mit en marche. Se confiant en Assur, Sin et les grands dieux, mes seigneurs, les soldats (assyriens) le défirent dans une bataille dans un vaste désert, et ils battirent ses troupes ; ils les poursuivirent pendant un mois et dix jours par des sentiers impraticables ; ils s’emparèrent de cette ville dans toute son étendue et, semblables à un ouragan, ils la bouleversèrent. Avec reconnaissance aux divinités Assour et Ishtar, de toute la ville de Thèbes, mes mains prirent l’entière possession : De l’or, de l’argent, poussière de leur pays, des objets de fonte, des objets précieux, le trésor du palais, des vêtements… de grands chevaux, des hommes, des femmes… en nombre infini, les soldats les emmenèrent et les firent prisonniers ; ils les transportèrent sains et saufs à Ninive, ma résidence, et ils baisèrent mes pieds (Heinrich Karl Brugsch [1827-1894], Égypte, tome I, pages 272-275).

Nahoum décrit brièvement le traitement habituel infligé aux villes prises lors d’une conquête et qui sont : ville incendiée, massacre des jeunes gens, jeunes femmes violées, femmes enceintes éventrées (comparez 2Rois 8.12 ; Ésaïe 13.17). C’est féroce, sauvage, barbare et sanguinaire.

Dans les villes antiques, les rues convergent sur une place publique. C’est là qu’on amène les enfants et qu’on les massacre tous ensemble sous les yeux du plus grand nombre de personnes pour les terroriser et les intimider, afin qu’ils n’essaient pas de se rebeller contre les vainqueurs mais leur restent soumis.

Par la même occasion, cette tuerie qui est organisée de façon systématique permet de supprimer une future génération d’hommes et de femmes qui plus tard aurait pu vouloir se venger. Les nobles deviennent les esclaves des vainqueurs qui les tirent au sort pour se les partager. Puis ceux qui sont encore debout après tout ça sont emmenés en captivité, le plus souvent en cordée. Pour cela, on perce les lèvres des prisonniers et on leur affixe un anneau, à l’intérieur duquel on passe la corde qui est tirée par un soldat.

Verset 11

Je continue le texte.

Toi aussi, à ton tour, tu seras enivrée, tu devras te cacher. Toi aussi, tu devras chercher à t’abriter contre tes ennemis (Nahoum 3.11).

Nahoum interpelle directement Ninive, comme s’il s’agissait d’une personne à qui on peut adresser la parole. Tout comme Thèbes qui a été punie à cause de son idolâtrie, Ninive devra boire la coupe de la colère de Dieu jusqu’à la lie. C’est aussi ce que l’Éternel dit à d’autres nations comme Édom et à tous les peuples de la terre, ce qui aura lieu à la fin des temps et qui est décrit en détail dans le livre de l’Apocalypse. Je lis deux passages des prophètes Abdias et Jérémie, respectivement :

Le jour où l’Éternel jugera tous les peuples se rapproche à grands pas et l’on te traitera comme tu as traité les autres : le mal que tu as fait retombera sur toi. Vous avez bu la coupe de l’orgie sur ma sainte montagne : de même, toutes les nations ne cesseront de boire la coupe de colère. Oui, elles la boiront, elles l’avaleront et puis seront anéanties (Abdias 15-16). Car voici ce que m’a déclaré l’Éternel, le Dieu d’Israël : prends de ma main la coupe du vin de la colère et donne-la à boire à toutes les nations vers lesquelles je t’enverrai (Jérémie 25.15).

La métaphore de l’enivrement qu’utilise Nahoum et qui consiste à être obligé de boire la coupe de la colère de Dieu, décrit une calamité sans précédent qui va tellement terroriser les habitants de l’empire assyrien qu’ils en tituberont. De plus, et comme je l’ai déjà dit, on sait que les soldats, chargés de défendre Ninive assiégée, étaient à moitié ivres lors de l’assaut par les Mèdes, Babyloniens et Scythes, qui ont réussi à prendre la ville. Il faut aussi rappeler que les attaquants ont bénéficié de l’appui de Dieu qui, au bon moment, a envoyé des pluies diluviennes pour grossir le fleuve Tigre qui se jette alors contre les fortifications côté nord et les détruisent sur environ trois kilomètres.

Nahoum dit aussi à Ninive toujours personnifiée, qu’elle « devra se cacher », littéralement : « tu seras caché ». Et effectivement, les ruines de cette grande capitale n’ont commencé à révéler leurs secrets qu’au milieu du 19e siècle (1845) et ses monuments ont été déterrés qu’après d’immenses efforts.

Enfin, le prophète dit que comme les habitants de Thèbes ont cherché en vain à s’échapper en allant d’un endroit à l’autre face à l’avance de l’armée assyrienne, ceux de Ninive seront dans la même situation devant leurs ennemis. Effectivement, pendant le siège de Ninive, les Assyriens tentent bel et bien une sortie mais sont stoppés. Ils doivent alors rebrousser chemin et s’enfermer derrière les murailles de leur ville.

Verset 12

Je continue.

Toutes tes forteresses sont comme des figuiers tout chargés des premières figues : à la moindre secousse, elles se mettent à tomber dans une bouche prête à manger (Nahoum 3.12).

Au printemps, les figues de la première récolte se détachent très facilement. Quand elles sont à point, il suffit de toucher la branche et elles tombent toutes seules. Pareillement, les murailles de Ninive vont s’effondrer d’elles-mêmes au bon moment et sans aucun effort de la part des assaillants, et c’est ce qui est arrivé.

La métaphore des figues mûres est utilisée par le prophète Ésaïe quand il annonce la chute de Samarie, capitale du royaume israélite des X tribus du nord. Je lis le passage :

Quant à la fleur fanée, qui orne sa parure, et qui est située sur les sommets qui dominent la vallée plantureuse, elle sera comme une figue mûrie avant l’été : celui qui l’aperçoit la cueille sans tarder et l’avale aussitôt (Ésaïe 28.4).

Ce sont les Assyriens qui ont « cueilli » Samarie, mais la ville a mis longtemps à mûrir puisqu’il a fallu trois ans de siège avant qu’elle ne tombe dans le giron des Assyriens. La durée sera la même pour Ninive.

Verset 13

Je continue le texte.

Considère tes troupes : ce sont de faibles femmes, et les portes de ton pays sont, pour tes ennemis, toutes grandes ouvertes, le feu a consumé tes verrous et tes barres (Nahoum 3.13 ; auteur).

Les soldats assyriens sont toujours décrits comme des brutes épaisses, mais ce sont aussi des hommes courageux au combat. Cependant, comme ils seront impuissants de résister à l’assaut de leurs ennemis, Nahoum les compare à « de faibles femmes », une métaphore qui apparaît plusieurs fois dans l’Ancien Testament quand l’Éternel veut juger un peuple. Les prophètes Ésaïe et Jérémie écrivent respectivement :

En ce jour-là, les Égyptiens seront comme de faibles femmes : ils trembleront et s’épouvanteront quand l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, agitera la main contre eux (Ésaïe 19.16). Les guerriers de Babylone ont cessé de combattre, ils sont restés à l’intérieur des forteresses ; leur force est épuisée : les voilà devenus comme des femmelettes (Jérémie 51.30 ; comparez 50.35).

Nahoum dit aux Assyriens que « les portes de ton pays sont, pour tes ennemis, toutes grandes ouvertes ». Les Assyriens essuient plusieurs graves défaites face aux Mèdes puis aux Babyloniens et enfin face à leur coalition avec les Scythes. L’armée assyrienne doit alors se replier et se réfugier dans Ninive. L’heure est grave parce que tous les accès qui permettent à la confédération armée d’accéder au cœur de l’empire ne sont plus gardés ; voilà pourquoi « les portes du pays sont toutes grandes ouvertes ». Cependant, réfugiés dans leur capitale imprenable, les Assyriens sont en sécurité sauf s’il se produit un événement semblable au tremblement de terre qui renversa les murailles de Jéricho. On connaît la suite.

Alors, parlant de Ninive, Nahoum ajoute : « le feu a consumé tes verrous et tes barres ». On sait que quand les Assyriens assiègent une ville, ils mettent le feu aux grandes portes en bois qui en ferment l’accès. Mais les Mèdes et les Babyloniens n’ont pas eu à recourir à ce moyen parce que Dieu leur a livré Ninive sur un plateau d’argent pour ainsi dire, en renversant  ses murailles. Ce n’est qu’une fois la ville prise qu’elle fut détruite par le feu. Et effectivement, ceux qui ont fouillé ses ruines ont trouvé une très grande quantité de charbon de bois et de matériaux carbonisés, et tout ce qui ne pouvait pas brûler portait les marques d’un feu intense et prolongé.

De toute évidence, les toits des bâtiments se sont effondrés sous l’effet d’un violent incendie qui a calciné et réduit en poussières même les grosses plaques en gypse des plafonds qui faisaient presque quatre mètres de côté et 10 cm d’épaisseur.

Verset 14

Je continue.

Puise de l’eau en vue du siège, renforce ta défense. Va prendre de l’argile, pétris la glaise, mets en état ton four pour fabriquer des briques ! (Nahoum 3.14).

Avec une ironie mordante, Nahoum exhorte les Assyriens de faire tout leur possible pour se défendre. Comme toutes les nations, l’Assyrie compte sur les villes fortifiées ainsi que leurs garnisons disséminées un peu partout sur leur territoire pour arrêter un ennemi éventuel. Mais les places fortes sont toutes tombées et les troupes qui les défendent se sont révélées impuissantes. Comme je l’ai dit, après avoir perdu plusieurs batailles en plaine, les Assyriens s’enferment dans leur capitale comme un oiseau dans sa cage. Étant donné qu’ils ne s’attendaient évidemment pas à une telle catastrophe, ils sont pris au dépourvu et tentent à la désespérée de se préparer à soutenir un siège.

Dans les temps antiques ainsi qu’au Moyen Âge, quand une ville est assiégée, le besoin le plus urgent est d’être pourvu d’eau potable. Pour cette raison, Ézéchias, roi de Juda fait construire un réservoir et un aqueduc pour approvisionner Jérusalem en eau en cas de siège (2Rois 20.20 ; Ésaïe 22.11). Mais de tels travaux n’ont pas été nécessaires pour Ninive car la ville est très bien alimentée par un affluent du fleuve Tigre : le Kosher qui traverse la ville. Cependant le risque est que les assiégeants décident d’en détourner le cours.

En cas de siège, après l’eau, le deuxième souci est de s’assurer que les murailles d’enceinte restent en bon état. Et quand un ennemi les endommage, il faut les réparer au plus vite, et pour cela il est nécessaire d’avoir à sa disposition un stock de briques prêtes à l’emploi.

La terre des environs de Ninive est une glaise de très bonne qualité. On y ajoute de la paille pilée et on la moule en briques qui sèchent au soleil et durcissent en quelques jours. Puis elles sont utilisées pour construire des maisons ainsi que les murs défensifs de la ville. Cependant, les fouilles réalisées dans les ruines de Ninive ont révélé que les Assyriens possédaient aussi des fours pour sécher et durcir les briques plus rapidement en cas de besoin urgent comme lors d’une brèche faite par un ennemi.

Nahoum ordonne donc aux habitants de Ninive de mettre en état ces fours qu’ils n’ont jamais utilisés jusqu’ici puisqu’il n’y avait personne susceptible de les inquiéter. Mais les Assyriens ne peuvent plus se reposer sur leurs lauriers car ils vont bientôt devoir faire face à un siège.

Le verbe pour « renforce ta défense » est traduit ailleurs par « réparer » (Néhémie 3.19). Les ruines de Ninive ont révélé l’existence d’un mur de renfort construit en toute hâte pour combler les brèches ouvertes dans la muraille par un attaquant ennemi, c’est-à-dire les forces combinées des Mèdes, des Babyloniens et des Scythes. Quand Nahoum prononce ses oracles (en 645), non seulement l’empire assyrien ne craint rien ni personne, mais il vient d’écraser l’Égypte. À vues humaines, il est alors impossible de penser que la domination tyrannique de l’Assyrie prendra fin trente ans plus tard (en 615, début du siège de Ninive). Pour être dans le vrai et réussir dans ce qu’on entreprend, mieux vaut croire et obéir aux préceptes de la Parole de Dieu plutôt que d’embrasser la sagesse trompeuse des hommes.