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18 juin 2026

Michée 4.14 – 5.2

Chapitre 4

Verset 14

Quelqu’un qui dans ses conversations passe sans arrêt du coq à l’âne est difficile à suivre et demande la plus grande attention. C’est aussi le cas de Michée qui dans ses prophéties passe allègrement d’une catastrophe à une autre (4.9-13) sans qu’on sache tout de suite de quoi il parle. Après avoir annoncé que dans un avenir à moyen terme, Juda sera investi par les armées de Babylone (587-586 avant Jésus-Christ), il revient en arrière plus près de son temps et voit les armées assyriennes qui envahissent sa patrie (701).

Mais cette invasion propulse sa vision prophétique jusqu’à la fin des temps où il voit la dernière grande bataille appelée Harmaguédon, juste avant que le Messie n’établisse son royaume de mille ans. Maintenant, il regarde à nouveau dans l’avenir à moyen terme et s’attarde une fois encore sur l’invasion babylonienne parce que cette catastrophe aura un impact dévastateur sur le royaume de Juda.

Je finis de lire le chapitre quatre du livre de Michée.

Maintenant, fille de troupes, rassemble tes troupes ! On nous assiège ; avec la verge on frappe sur la joue le juge d’Israël (Michée 4.14).

Au Moyen Orient et donc en Israël, frapper quelqu’un sur la joue est une grave insulte (Job 16.10 ; 1Rois 22.24 ; Lamentations 3.30 ; Luc 22.64).

Le « maintenant » qu’emploie Michée signale le nouveau changement de scène dont je viens de parler. Il s’agit de l’invasion des Babyloniens qui conduira à l’exil. Le prophète s’en était écarté pour porter ses regards sur l’invasion assyrienne et plus loin vers la bataille d’Harmaguédon de la fin des temps.

Comme le mot pour « assiège » que Michée utilise apparaît dans l’Ancien Testament uniquement pour décrire le siège de Jérusalem par Nabuchodonosor (2Rois 24.10 ; 25.2 ; Jérémie 52.5 ; Ézéchiel 4.3, 7 ; 5.2), il ne peut s’agir que de ce tyran.

Jérusalem encerclée est personnifiée en une jeune femme, que Michée voit rassembler tous ses enfants en cohortes guerrières pour se défendre contre l’ennemi qui est rassemblé à l’extérieur de ses murailles, mais c’est en vain car le siège des Babyloniens finira par la prise de la ville sainte, comme le prouve le sort ignominieux infligé au « juge d’Israël » qui est frappé sur la joue avec une verge. Mais qui est-il ?

A priori, on pourrait penser qu’il s’agit du Christ, mais à y réfléchir ce n’est guère possible. Il est vrai que Jésus a été frappé à la tête et au visage (Matthieu 27.30 ; Marc 15.19 ; Jean 19.3), cependant, ici il est question d’une attaque par les Babyloniens et Jésus n’a pas été torturé alors qu’une nation ennemie assiégeait Jérusalem. Comme il était courant d’appelé le roi « juge d’Israël », ce juge qu’on a frappé sur la joue pourrait être le roi juif Aristobule II vaincu par Pompée en l’an 63 avant Jésus-Christ. En réalité il s’agit certainement de Sédécias, le dernier roi de Juda que Nabuchodonosor a capturé et défiguré (2Rois 25.1-7).

À ce moment précis de l’histoire d’Israël, on pourrait croire que c’est la fin de la dynastie de David. Il est vrai que Sédécias n’est que l’oncle de Yehoyakîn, le dernier roi descendant direct de David à régner. Mais comme Yehoyakîn moisit dans une geôle à Babylone (2Rois 24.15), l’avenir de Juda et donc de la dynastie de David semble sérieusement compromise.

Comme Joseph et Marie devaient également être issus de la lignée de David, tout comme Jésus-Christ le Messie, à ce moment là de l’histoire d’Israël, le diable et ses cohortes ont dû penser qu’ils avaient réussi à déjouer le plan de salut de Dieu. Très grosse méprise !

Chapitre 5

Introduction

Tout à coup et selon une habitude maintenant bien rodée, la scène change brusquement parce que Michée reçoit une nouvelle vision.

Dans le chapitre quatre, le prophète voit le retour de la royauté dans la famille de David et décrit Jérusalem glorifiée parce qu’elle est devenue le futur centre du royaume de Dieu, mais il n’a pas expliqué comment ce rétablissement s’opérera ; c’est ce qu’il va faire maintenant dans le chapitre 5 que je commence à lire.

Verset 1

Et toi, Bethléhem Éphrata, la plus petite des villes de Juda, de toi il sortira pour moi celui qui régnera sur Israël ! Son origine remonte aux temps passés, aux jours anciens (Michée 5.1).

C’est au moment le plus sombre de l’histoire de Juda que Michée donne l’une des prophéties les plus extraordinaires et précises de l’Ancien Testament. Bien que le royaume soit au fond du trou frappé par une catastrophe sans précédent, un jour, son Roi divin régnera sur Israël. Michée annonce ici le lieu de naissance de ce roi dont il a déjà parlé (Michée 2.13 ; 4.8).

Alors que la nation d’Israël sera occupé par une puissance étrangère, du village insignifiant de Bethléem, sortira Le Roi qui donnera à Israël la paix et la victoire sur ses ennemis, et qui fera de son peuple une source de bénédiction pour toutes les nations selon la promesse de l’Éternel à l’ancêtre Abraham (Genèse 12.3).

L’apostrophe : « Et toi, Bethléhem Éphrata » est du même type que celle du chapitre précédent quand Michée dit :

Et toi, tour du troupeau, toi, citadelle de Sion, ta souveraineté d’antan te reviendra, la royauté que possédait Jérusalem (Michée 4.8).

Dans les deux cas, une ville est personnifiée, et les expressions « ta souveraineté te reviendra » et « il sortira celui qui régnera sur Israël » sont similaires en hébreu car toutes deux parlent du retour du roi et il ne peut s’agir que du Messie, le descendant de David.

Il naîtra à « Bethléhem Éphrata », une bourgade située à 8 km de Jérusalem. Éphrata ou Ephrath est un vieux mot pour Bethléhem et sa région (Genèse 35.16-19 ; 48.7) ; il signifie « la féconde » alors que Bethléhem veut dire « maison du pain ». Les mots « Bethléhem Éphrata » font tous deux référence à la grande fertilité de la contrée environnante, couverte autrefois de champs de blé, de vignes et de beaux vergers.

Si Michée juxtapose les deux noms Bethléhem Éphrata, ce n’est pas simplement pour distinguer Bethléem d’une autre ville qui porte le même nom comme « Bethléem de Zabulon » (Josué 19.15), car il aurait pu utiliser l’expression ordinaire « Bethléem de Juda » (Juges 17.7 ; Ruth 1.1, 2). Non, c’est volontairement que Michée choisit d’adjoindre Éphrata à Bethléhem afin de faire un pont jusqu’à l’époque des patriarches, quand Bethléhem était alors couramment appelé Éphrata. De plus, cette juxtaposition donne davantage d’ampleur et de solennité à son discours.

Bethléhem est dite : « la plus petite des villes de Juda », et en effet, ce village est tellement insignifiant qu’il ne figure même pas dans la liste des possessions de la tribu de Juda qu’on trouve dans les livres de Josué et de Néhémie (Josué 15 ; Néhémie 11). C’est pourtant là qu’est né David (1Samuel 16.1, 18-19 ; 17.12), le deuxième roi de tout Israël après Saül.

Le verset de Michée est cité par Matthieu sous une forme différente mais dont le sens est le même. Il dit :

Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre parmi les principales villes de Juda ; car de toi sortira un prince, qui fera paître Israël, mon peuple (Matthieu 2.6 ; SER).

En affirmant que Bethléhem n’est pas la plus petite des bourgades de Juda parce que le Messie y est né, Matthieu sous-entend justement qu’elle est parmi les plus petites par sa taille.

La naissance humaine de Jésus est à Bethléhem mais sa véritable origine remonte à l’éternité. C’est ce que veut dire Michée avec les expressions « aux temps passés, aux jours anciens », ou d’autres termes similaires. Littéralement, Michée dit : « son origine remonte à des jours d’un temps non mesurable ».

Le prophète Ésaïe contemporain de Michée écrit :

Voici, la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils, elle lui donnera pour nom : Emmanuel, ce qui veut dire : Dieu avec nous (Ésaïe 7.14). Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et il exercera l’autorité royale ; il sera appelé Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix (Ésaïe 9.5 ou 6).

« Un enfant est né » souligne l’humanité de Jésus, tandis que « un fils nous est donné » fait référence à sa divinité puisque de toute éternité, il est le Fils de Dieu.

Jusqu’à la naissance de Jésus, les Juifs ont toujours su que le Messie naîtrait à Bethléhem. Matthieu rapporte que le roi Hérode convoqua tous les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi que comptait son peuple et il leur demanda où devait naître le Messie. « – À Bethléhem en Judée, lui répondirent-ils, car voici ce que le prophète a écrit » (Matthieu 2.4-5), et ils ont cité la prophétie de Michée.

Selon l’apôtre Jean, certaines gens qui écoutaient Jésus et croyaient qu’il pouvait être le Messie étaient confus à son sujet car il avait grandi à Nazareth. L’un d’entre eux fait d’ailleurs remarquer que d’après l’Écriture le Messie sera un descendant de David et il naîtra à Bethléhem, le village de David (Jean 7.42).

Il est intéressant de savoir que les rabbins juifs n’ont commencé à contester la naissance du Messie à Bethléhem qu’après la venue de Jésus et dans l’intention évidente de lui enlever la dignité messianique qu’il tirait de sa naissance à Bethléem. De nos jours, les rabbins disent que la prophétie de Michée annonce simplement que le Messie sera dans la lignée de David. Mais alors pourquoi mentionner Bethléhem puisque pendant deux siècles les descendants du roi David ont vécu à Jérusalem ? Et pourquoi Michée insiste-t-il sur la petitesse de Bethléhem si ce n’est pas là que devait naître le Messie ? Les rabbins sont évidemment de très très mauvaise foi.

Parce que Jésus est né à Bethléhem, ce village est élevé au-dessus de toutes les villes, tout comme la petite colline sur laquelle est bâtie Jérusalem est élevée au-dessus des montagnes, ce que Michée a déclaré au chapitre précédent (Michée 4.1 ss.).

La naissance de Jésus à Bethléhem n’est évidemment pas un hasard ; c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Cependant, il se sert des hommes pour accomplir ses objectifs. Dans ce cas particulier, il s’est arrangé pour que le César de service ait besoin d’argent et lève des impôts. Pour que le filet enserre le plus de personnes possible, chacun doit se rendre dans son village de naissance. Dans son évangile, Luc écrit :

En ce temps-là, l’empereur Auguste publia un édit qui ordonnait le recensement de tous les habitants de l’Empire. Ce recensement, le premier du genre, eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans la localité dont il était originaire. C’est ainsi que Joseph, lui aussi, partit de Nazareth et monta de la Galilée en Judée, à Bethléhem, la ville de David ; il appartenait, en effet, à la famille de David. Il s’y rendit pour se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui attendait un enfant (Luc 2.1-5).

Si Jésus est né à Bethléhem dans le village de David, c’est bien sûr pour bien marquer la continuité entre le roi David et le Messie qui est le second David. Jésus-Christ est appelé à rétablir à Jérusalem la glorieuse domination de son ancêtre (Osée 3.5 ; Michée 4.8). Le prophète Ésaïe souligne cette continuité entre les deux David quand il écrit que le Messie, tel « un rameau poussera sur le tronc d’Isaï » (Ésaïe 11.1), or Isaï, à ne pas confondre avec le prophète Ésaïe, est le père du roi David.

Cette intention de Michée d’établir un rapprochement entre le Messie et le premier David, son précurseur historique, se remarque jusque dans les moindres détails. En effet, en parlant de Bethléhem, Dieu dit : « de toi il sortira pour moi celui qui régnera sur Israël ! » Or, ce « pour moi » apparaît deux fois dans la scène où l’Éternel ordonne au juge Samuel d’aller dans la famille d’Isaï pour oindre l’un de ses fils pour roi. Dieu dit littéralement à Samuel :

Je me suis choisi pour roi un de ses frères… Tu oindras pour moi celui que je te dirai (1Samuel 16.1, 3 ; auteur).

Ces mots « sortira pour moi » signifient que la venue du Messie a pour but d’accomplir la volonté de Dieu.

Jean rapporte que Jésus lui-même dit qu’il est sorti du Père. Je le cite :

C’est vrai : je suis venu du Père et je suis venu dans le monde. Maintenant, je quitte le monde et je retourne auprès du Père (Jean 16.28).

Et aux pharisiens, il déclare :

Vraiment, je vous l’assure, avant qu’Abraham soit venu à l’existence, moi, je suis (Jean 8.58).

De toute éternité, Jésus est. Dans le livre de l’Apocalypse, quand il se révèle à l’apôtre Jean, il lui dit :

Moi je suis l’Alpha et l’Oméga, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant (Apocalypse 1.8).

Au début de son évangile, Jean écrit :

Tout a été créé par lui ; rien de ce qui a été créé n’a été créé sans lui (Jean 1.3).

L’apôtre Paul confirme ces paroles quand dans ses épîtres aux Colossiens et aux Philippiens, il dit de Jésus :

C’est en lui qu’ont été créées toutes choses dans les cieux comme sur la terre, les visibles, les invisibles, les Trônes et les Seigneuries, les Autorités, les Puissances. Oui, par lui et pour lui tout a été créé. Il est lui-même bien avant toutes choses et tout subsiste en lui (Colossiens 1.16-17). Lui qui, dès l’origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu’il était bien un homme (Philippiens 2.6-7).

Verset 2

Je continue le texte de Michée.

C’est pourquoi l’Éternel délaissera son peuple jusqu’au moment où celle qui doit enfanter enfantera et où le reste de ses frères rejoindra les Israélites (Michée 5.2).

« Celle qui doit enfanter » est Marie la mère de Jésus, ainsi que la jeune fille prophétisée par Ésaïe quand il écrit : « le Seigneur vous donnera lui-même un signe : Voici, la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils, elle lui donnera pour nom : Emmanuel » (Dieu avec nous) (Ésaïe 7.14). Ce rapprochement prophétique entre Michée et Ésaïe concernant la mère du Messie est tout à fait extraordinaire.

Au niveau symbolique, Marie représente aussi le peuple d’Israël en proie à la souffrance jusqu’à ce qu’il donne naissance au Messie, non pas au petit Jésus dans la crèche, mais au Seigneur Jésus glorifié qui à la fin des temps viendra délivrer son peuple après les sept années de Tribulation.

Michée rappelle une fois encore que le jugement doit précéder le salut ; tant que le Messie ne sera pas venu, le peuple restera dans un état d’humiliation, de petitesse et de mépris, ce qui est toujours le cas aujourd’hui. Mais cette souffrance, que Michée a déjà comparée aux douleurs de l’enfantement (Michée 4.9 ss.), aboutira à la seconde venue glorieuse du Messie.

Le salut ultime d’Israël en tant que nation, et du monde entier en tant qu’individus, a commencé dans le village insignifiant de Bethléhem et non pas à Jérusalem la capitale.

Les circonstances modestes de la naissance du Messie présupposent que la dynastie de David n’a plus le trône et a été humiliée par ses ennemis. C’est effectivement ce qui est arrivé avec l’invasion babylonienne et l’exil de Juda. De retour dans leur pays, les Juifs ont reconstruit leur capitale et le temple qui fut embelli par Hérode mais les Romains ont tout rasé, et depuis, au lieu du temple de l’Éternel sur le mont Sion, on y trouve la mosquée d’Omar aussi appelée Dôme du rocher.

Le temps de l’Église entre la naissance de Jésus à Bethléhem et son retour dans les airs pour chercher les croyants, est un interlude qui n’est pas pris en compte par l’esprit prophétique.

Michée réunit en deux versets les deux apparitions du Messie, une première fois en tant que Jésus Sauveur et la deuxième fois, il nous présente le Seigneur de gloire. Ésaïe fait de même à deux reprises. Je le cite :

Car pour nous un enfant est né, un fils nous est donné. Et il exercera l’autorité royale, il sera appelé Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père à jamais et Prince de la Paix. Il étendra sans fin la souveraineté et donnera la paix qui durera toujours au trône de David et à tout son royaume. Sa royauté sera solidement fondée sur le droit et sur la justice, dès à présent et pour l’éternité (Ésaïe 9.5-6). L’Esprit de l’Éternel, du Seigneur, est sur moi car l’Éternel m’a oint pour annoncer aux humiliés une bonne nouvelle. Oui, il m’a envoyé afin de panser ceux qui ont le cœur brisé, d’annoncer aux captifs leur délivrance et à ceux qui sont prisonniers leur mise en liberté, afin de proclamer l’année de la faveur de l’Éternel et un jour de rétribution (vengeance) pour notre Dieu (Ésaïe 61.1-2).

Dans sa prophétie, Michée dit que dans l’avenir « le reste de ses frères rejoindra les Israélites ». Il s’agit de ceux des X tribus du Nord qui retourneront dans le giron de Juda comme elles l’avaient déjà fait du temps de David. Dans le second livre de Samuel, on lit :

Des représentants de toutes les tribus d’Israël vinrent auprès de David à Hébron et lui dirent : nous voici ! Nous sommes de ta race et de ton sang (2Samuel 5.1).

Michée décrit le Messie comme un nouveau David qui réalise l’unité du peuple de Dieu autour de sa personne. Les prophètes Osée et Ésaïe écrivent respectivement :

Alors, les Judéens et les Israélites du royaume du Nord seront unis et ils se choisiront un chef unique, ils sortiront du pays de l’exil (Osée 2.2). Après cela, ils reviendront à l’Éternel leur Dieu et se tourneront vers lui, ainsi que vers David leur roi (Osée 3.5 ; comparez Ésaïe 11.13).

Comme il n’y a pas eu de retour d’exil pour les X tribus, les Israélites du Nord que Michée voit rejoindre ceux du Sud, sont, d’une part, ceux qui se sont réfugiés en Juda lors de l’invasion de leur pays par les Assyriens, et d’autre part, ceux des X tribus qui en exil ont gardé leur identité et se sont joints aux Israélites de Juda captifs à Babylone.

En effet, quand l’Empire assyrien est conquis par Babylone, tous les Israélites du Nord comme du Sud se trouvent sous la même domination, bien que éparpillés sur de grandes distances. Mais on peut concevoir que dans sa souveraineté, Dieu fait en sorte que des colonies d’Israélites du Nord comme du Sud se retrouvent et s’associent. Selon Jérémie, c’est aussi ce qui arrivera à la fin des temps quand tous les Juifs reviendront de la diaspora en Terre d’Israël. Je lis le passage tiré du livre de Jérémie :

En ce temps-là, la communauté de Juda rejoindra celle d’Israël et, du pays du nord, elles reviendront ensemble vers le pays que j’ai donné en patrimoine à vos ancêtres (Jérémie 3.18).

Il n’est pas exclu que cette prophétie puisse aussi concerner le retour de l’exil babylonien et on peut être sûr que parmi ceux qui sont rentrés au pays, il y avait des représentants des X tribus du Nord même si certains n’ont pas pu prouver leur identité tribale (Néhémie 2.59).

Comme la plupart des prophéties ne sont pas ancrées dans une seule époque, il faut donner à l’esprit prophétique la liberté de s’exprimer simultanément sur deux, voire même plusieurs périodes historiques.

 

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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