Chapitre 1

Verset 7

Beaucoup de gens consacrent leur vie à essayer de s’enrichir et entassent des biens divers et variés comme si le but de l’homme était d’accumuler des richesses et de consommer. Quel gaspillage d’énergie de temps et de ressources parce que d’une manière ou d’une autre, chacun de nous perdra tout ce qu’il possède, que ce soit dans une catastrophe ou quand la dame à la faux frappera à sa porte.

Je continue de lire dans le premier chapitre du livre de Michée.

Ses idoles sculptées (de Samarie) seront toutes brisées, et tous ses gains impurs seront livrés au feu. Ses images taillées, je les mettrai en pièces : elles ont été faites grâce au salaire de ses prostitutions. Aussi serviront-elles comme salaire d’autres prostitutions (Michée 1.7).

Toutes les richesses de Samarie et en particulier tout ce qui respire l’idolâtrie, sera entièrement détruit. Quant aux métaux précieux, comme l’or et l’argent, ils iront à Ninive capitale de l’Assyrie.

Le roi assyrien Salmanasar V n’a régné que six ans (727-722 avant Jésus-Christ) mais il a quand même trouvé le moyen d’envahir Israël Nord à trois reprises (2Rois 17.3-5), et la troisième fois il fait le siège de Samarie qui a duré trois ans. Mais il est mort et c’est son successeur Sargon II (722-705) qui empoche la victoire.

Les « gains impurs » de Samarie sont les offrandes en argent et en or que les adorateurs idolâtres déposent dans les sanctuaires des veaux d’or ou de Baal. Les vaux d’or furent institués par Jéroboam, premier souverain d’Israël Nord, et les sanctuaires dédiés à Baal furent établis par le roi Achab sous la direction de Jézabel, sa tigresse de femme. On se sert de cet argent pour embellir les lieux idolâtres et fabriquer de nouveaux faux dieux.

Cette manne est appelée « un salaire de prostitutions » pour deux raisons, parce que, d’une part, le culte lié à Baal fait intervenir des prostituées sacrées et qu’il faut bien les payer, et d’autre part, toute forme d’idolâtrie est considérée comme une infidélité envers l’Éternel, l’époux légitime d’Israël. Le prophète Osée écrit :

Ne te réjouis pas, Israël, n’exulte pas de joie comme les autres peuples, car tu as délaissé ton Dieu pour te prostituer, et, sur toutes les aires où l’on procède au battage du blé, tu as aimé le salaire de la débauche (Osée 9.1 ; comparez Michée 2.4, 7).

Tout l’argent que Samarie reçoit pour prix de son adultère spirituel et moral envers l’Éternel devient un salaire de prostitution une seconde fois, parce que pillé par les païens, il sert à nouveau à leur propre culte idolâtre (Daniel 1.2) et pour le salaire de leurs prostituées sacrées. Je ne sais pas trop pourquoi, mais cette sombre histoire me fait penser à la loi de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

La situation d’Israël Nord est déplorable et tout aussi abjecte que celle de n’importe quel peuple païen. Le prophète Osée écrit :

Ils mangeront sans être rassasiés, ils se prostitueront mais n’auront pas d’enfants, car ils ont abandonné l’Éternel pour s’adonner à la prostitution ainsi qu’au vin. Alors le vin nouveau leur a fait perdre la raison. Ce sont ses dieux de bois que mon peuple consulte, et voilà que c’est son bâton qui lui répond. Car un vent de prostitution les fait errer, ils s’égarent loin de leur Dieu en se prostituant. Ils vont offrir des sacrifices au sommet des montagnes et brûler des parfums sur les collines, sous le chêne et le peuplier et sous le térébinthe dont l’ombrage est si doux. Voilà pourquoi vos filles vont se prostituer, pourquoi vos belles-filles commettent l’adultère. Je ne punirai pas vos filles pour leurs prostitutions, vos belles-filles à cause de leurs adultères, car les prêtres eux-mêmes vont à l’écart avec des courtisanes, et, avec des prostituées sacrées, ils partagent leurs sacrifices. Ainsi court à sa ruine un peuple sans intelligence (Osée 4.10-14).

Une fois déportés en Assyrie, les Israélites sont en pleine terre idolâtre. Étant donné que quand ils étaient dans leur propre pays, ils ont choisi d’abandonner l’Éternel et d’offrir un culte à de fausses divinités, et qu’ils en raffolaient, Dieu les envoie dans une nation où ils pourront s’en donner à cœur joie parce que là-bas les idoles sont légions et adorées sous tout arbre vert.

Nous vivons en pleine ironie car aujourd’hui autant les vieux que les jeunes ont abandonné la religion dans laquelle ils ont été éduqués pour se tourner vers les plaisirs et surtout le sexe. Mais en réalité ils ne font que baigner dans le paganisme religieux de l’antiquité dont le temple était spécialisé dans toutes sortes de pratiques sexuelles avec les prostitué(e)s sacré(e)s. Si aujourd’hui, un prêtre de Baal revenait du séjour des morts pour visiter notre culture dépravée, il se sentirait bien, comme chez lui.

La religion, que ce soit par le biais du sexe ou des idoles, avec ou sans incantation, est une malédiction pour l’humanité et l’opium du peuple (Karl Marx ; 1843) parce qu’elle transforme tous ses adeptes en esclaves. Ceux qui se croient supérieurs en se disant athées sont aussi des adorateurs, mais leur idole est souvent la science qui pour eux a pris le relais d’une pratique religieuse. De toute façon on peut tout lier : la science, le sexe, le bouddhisme et tous les autres « ismes » ; il y en a pour tout le monde.

Le christianisme par contre n’est pas une religion mais une personne. Jean rapporte que Jésus dit :

Si donc c’est le Fils qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres (Jean 8.36).

Après avoir brandit des menaces contre les deux royaumes israélites et prononcé la sentence divine contre Samarie, Michée se lamente. Il est peut-être prophète de l’Éternel mais ça ne l’empêche pas d’être très affecté par le péché de son peuple et ses conséquences qui seront la destruction complète d’Israël Nord et plus tard de Juda, de Jérusalem et du temple de son Dieu. Michée n’est pas un prédicateur qui fait son boulot pour toucher un salaire à la fin du mois, mais un envoyé de l’Éternel au cœur tendre, tout comme les prophètes Osée et plus tard Jérémie. Ces hommes ont pleuré sur la condition spirituelle de leur peuple et à cause du jugement irrémédiable de Dieu qui les a atteint. L’apôtre Paul aussi exprime sa compassion pour le peuple juif quand dans son épître aux Romains, il dit :

J’éprouve une profonde tristesse et un chagrin continuel dans mon cœur. Oui, je demanderais à Dieu d’être maudit et séparé du Christ pour le bien de mes frères, nés du même peuple que moi (Romains 9.2-3).

Verset 8

Je continue le texte de Michée.

Voilà pourquoi je vais mener le deuil, je vais me lamenter, je vais marcher pieds nus, sans vêtements. Je pousserai des cris, comme ceux du chacal, et des gémissements comme font les autruches (Michée 1.8).

L’expression « mener le deuil » veut littéralement dire « se frapper la poitrine ». Par ce geste, les gens de cette époque expriment une profonde souffrance.

Avant de faire ce qui dans mon enfance s’appelait « la communion privée », un prêtre nous enseignait comment nous confesser. Je me souviens qu’il nous a montré que dans le confessionnal on doit, non pas se frapper, mais se toucher la poitrine avec trois doigts : le pouce, l’index et le majeur joints ensemble, chaque fois qu’on mentionne une faute pour signifier notre tristesse d’avoir péché et notre repentance. Ce geste antique devrait être revalorisé et remis à l’ordre du jour parce que, somme toute, c’est une bonne attitude.

Michée prend le deuil parce qu’il sait que le châtiment de Dieu est inévitable. Tout ce qu’il peut espérer accomplir par son comportement est de secouer ses compatriotes de leur torpeur morale et spirituelle afin qu’ils se repentent de manière à différer le jugement pour un temps.

Michée dit : « je vais marcher pieds nus, sans vêtements ». Cette expression peut vouloir dire « nu comme un ver » mais pas vraiment car dans le monde antique, on considère quelqu’un nu quand il ne porte qu’une tunique rudimentaire qui est l’équivalent de nos sous-vêtements. C’est la tenue des esclaves et des prisonniers de guerre (Ésaïe 20.2), bien qu’il arrive aussi que les captifs soient entièrement dépouillés de tout vêtement pour les humilier.

Ici donc, il est tout à fait improbable que Michée se promène en tenue d’Adam. En portant une simple tunique, il communique clairement qu’un grand malheur va frapper Israël Nord : c’est à dire sa fin politique et la déportation de ses habitants. C’est effectivement ce qui est arrivé aux deux royaumes israélites, d’abord à celui du Nord (722-721 avant Jésus-Christ) puis environ 140 ans plus tard, à Juda (586). Ces destructions correspondent aux malédictions que Moïse a prononcées au nom de l’Éternel en cas de rébellion contre lui. Je lis ce passage du livre du Deutéronome :

Si vous ne servez pas l’Éternel votre Dieu avec la joie et le bonheur au cœur au sein de l’abondance en toutes choses, vous serez asservis aux ennemis que l’Éternel enverra contre vous. Vous aurez faim et soif, vous manquerez de vêtements et vous serez privés de tout. L’Éternel placera un joug de fer sur vos épaules jusqu’à ce qu’il vous ait détruits. Il lancera contre vous, depuis les confins du monde, une nation lointaine dont vous ne comprendrez pas la langue, elle fondra sur vous comme un aigle sur sa proie. Ce sera une nation d’hommes au visage dur, sans respect pour le vieillard ni pitié pour les enfants. Ils dévoreront votre bétail et les produits de votre sol jusqu’à ce que vous soyez exterminés. Vous mourrez de faim, car ils ne vous laisseront ni blé, ni vin, ni huile, ni veaux, ni agneaux, ni chevreaux jusqu’à ce qu’ils vous aient fait périr. Ils assiégeront vos villes jusqu’à ce que s’écroulent dans tout votre territoire les hautes murailles fortifiées dans lesquelles vous aurez mis votre confiance. Ils assiégeront toutes les villes du pays que l’Éternel votre Dieu vous donne. Pendant le siège, vos ennemis vous réduiront à une telle détresse que vous en viendrez à manger vos propres enfants ; oui, vous dévorerez la chair des fils et des filles que l’Éternel votre Dieu vous aura donnés (Deutéronome 28.47-53).

En prévision du malheur qui va frapper son peuple, Michée dit aussi que pour exprimer sa détresse : « Je pousserai des cris, comme ceux du chacal, et des gémissements comme font les autruches ». Dans le désert, le chacal émet un hurlement plaintif à vous glacer le sang ; il commence par un cri aigu prolongé, répété sur un ton de plus en plus perçant et il se termine par une série de jappements très forts. Il est très connu des voyageurs qui parcourent le Proche-Orient. Quant à l’autruche, elle pousse elle aussi un cri étrange, lugubre et pitoyable comme si elle était dans une terrible agonie. Quand Job veut exprimer combien sa misère est grande, il dit : « C’est comme si j’étais un frère du chacal ou un compagnon de l’autruche » (Job 30.29).

Comme je l’ai dit, quand l’Éternel veut annoncer la venue d’un jugement sévère, il choisit un porte-parole au cœur tendre parce qu’il veut que son peuple sache que lui-même souffre. C’est ainsi qu’il demande à son prophète Osée d’accomplir des actions et démarches particulièrement douloureuses de manière à s’identifier à Dieu et de communiquer aux Israélites des X tribus du Nord combien il est offensé par leur comportement, et meurtri d’être obligé de les juger.

Dieu ne prend aucun plaisir à manier le fouet et à jouer du bâton, mais sa sainteté et son sens de la justice le forcent à punir le péché de l’homme qui refuse de se repentir. Il est très rare qu’il sanctionne une faute sur le coup (Actes 5) car s’il agissait ainsi de manière systématique, il y a belle lurette que l’homme aurait disparu de la surface de la terre. Non ! Dieu est miséricordieux et attend patiemment que les coupables se repentent afin qu’il puisse leur pardonner. Mais une fois que sa patience est épuisée, il règle ses comptes et la facture est alors très lourde.

Verset 9

Je continue le texte de Michée.

La plaie de Samarie est incurable (Jérémie 15.18) et elle atteint même Juda. La voilà qui s’avance jusqu’à la porte de mon peuple : jusqu’à Jérusalem (Michée 1.9).

Israël Nord a dépassé un point de non-retour. Sa plaie est mortelle car profonde, et très étendue puisqu’elle-atteint même Juda.

Bien que nul ne sache où elle se situe, avec Dieu il existe une ligne invisible qu’il ne faut surtout pas dépasser car une fois qu’une nation ou une personne la franchit, c’est comme si elle marchait sur une mine, car les dés sont alors irrémédiablement jetés et les jeux sont faits. En effet, Dieu nous impose des limites et une fois celles-ci outrepassées, inexorablement le couperet du jugement tombe et rien ne peut plus l’arrêter.

En ce qui concerne le royaume israélite des X tribus du Nord, le temps de la grâce est révolu parce que la nation a épuisé la patience de Dieu à son égard et ne s’est pas repenti. Michée évoque ici la chute et la fin définitives de Samarie et donc d’Israël Nord (722-721 avant Jésus-Christ).

« Même cause même effet, mêmes péchés même châtiment ». Vingt ans après la disparition d’Israël Nord, le royaume de Juda est lui aussi envahi par les armées assyriennes (701) parce que Ézéchias roi de Juda, refuse de payer le tribut annuel à Sennachérib, roi d’Assyrie. Après avoir laminé 46 villes de Juda, Jérusalem est assiégée par les armées assyriennes mais ce n’était qu’un coup de semonce de la part de Dieu, car l’ange de l’Éternel intervient et la ville est miraculeusement épargnée (2Rois 18-19 ; Ésaïe 36-37).

Mais malheureusement pour Juda, ce n’est que reculer pour mieux sauter car les Israélites ne prennent cet avertissement au sérieux que pour un temps seulement, puis ils recommencent à offenser Dieu par leurs pratiques idolâtres et la multitude de leurs péchés. Puisque le royaume de Juda persévère dans sa révolte, l’Éternel doit le juger tout comme Israël Nord. Comme les Babyloniens sont les nouveaux patrons du Moyen-Orient, ce sont eux qui mettent Jérusalem à feu et à sang, et détruisent ses murailles ainsi que le Temple.

Verset 10

Michée continue sa prophétie et dit :

Ne le proclamez pas dans la ville de Gath. Ne pleurez pas dans Akko. Gens de Beth-Leaphra, couvrez-vous de poussière ! (Michée 1.10 ; auteur).

À partir d’ici et pour évoquer d’une manière dramatique les ravages causés par l’invasion assyrienne qui eut lieu 20 ans après la fin politique d’Israël Nord, Michée énumère (Michée 1.10-15) douze villes qui furent conquises. La plupart d’entre elles sont situées dans les environs de la ville natale du prophète, et il joue sur leur nom pour prédire leur sort funeste.

Ces versets sont très difficiles à traduire et les jeux de mots compliqués parce que c’est l’âge d’or de la littérature hébraïque, une époque très lointaine puisque plus de 27 siècles nous séparent de Michée.

Le roi assyrien Sennachérib fait lui aussi des jeux de mots quand il comptabilise ses conquêtes dans ses annales, mais contrairement à ce dernier, Michée n’essaie pas de gonfler la poitrine en montrant combien il est agile d’esprit avec des calembours ; il cherche à impressionner ses contemporains mais dans le bon sens du terme. Il veut qu’ils puissent imaginer le jugement à venir comme s’il se déroulait devant leurs yeux. De cette manière, ils ne seront pas surpris et peuvent même s’y préparer en se repentant de leurs péchés.

Où que le prophète porte ses regards, il voit fondre l’ennemi, et le nom de chaque ville lui rappelle ce malheur qui est à la fois le sien et celui du pays tout entier. Tout comme Michée, le prophète Ésaïe décrit l’avancée des Assyriens de ville en ville allant du nord-est au sud-ouest. Je lis ce passage :

Les voilà qui arrivent, ils marchent contre Ayath, ils passent dans Migrôn et ils ont déposé à Mikmas leurs bagages. Voici, ils ont déjà franchi le défilé (1Samuel 14.4), et les voilà qui disent : Campons pour la nuit à Guéba. Rama est terrifiée ; à Guibea, la ville de Saül, les habitants prennent la fuite. Pousse des cris, ô Bath-Gallim, fais attention, Laïs ! Malheureuse Anatoth, Madména est en fuite, le peuple de Guébim cherche un refuge. Oui, aujourd’hui déjà, il fera halte à Nob et menacera de son poing le mont du peuple de Sion, oui, la colline de Jérusalem (Ésaïe 10.28-32).

En tant que prophète de l’Éternel, Ésaïe ne cherche pas à faire de l’histoire et ne trace donc pas l’ordre de marche précis d’une expédition militaire ; il fait plutôt de la littérature en évoquant une invasion idéale qui arrivant du nord-est viendrait encercler Jérusalem. Sur les 12 localités qu’il mentionne, on en connaît 8 et elles sont citées dans le bon ordre quand une armée arrive du nord et va dans la direction de la ville sainte.

Ayath, la première, est à 15 km au nord de Jérusalem et à peu près à la frontière des deux royaumes de Juda et des X tribus israélites du Nord. Mikmas est à 3 km au sud de Ayath ; c’est là que l’armée conquérante dépose ses bagages afin d’avancer plus rapidement à travers un terrain accidenté.

Guéba et Rama sont proche et à environ 10 km de Jérusalem. Gibea est la patrie de Saül premier roi d’Israël, et Anathoth est la patrie du prophète Jérémie. Ces deux villes voisines sont à 5 km de la ville sainte. La dernière localité citée est Nob ; elle se trouve à l’ouest sur le sommet le plus élevé du mont des Oliviers et à seulement 3 km de Jérusalem. C’est la dernière étape d’une armée conquérante avant qu’elle ne donne l’assaut final de la ville sainte.

Que ce soit Ésaïe ou Michée, ils annoncent tous deux la venue du plus grand malheur qui puisse frapper une nation : une invasion ennemie dévastatrice. L’un comme l’autre nous en donne la raison qu’ils ne cessent de répéter : la révolte des Israélites contre l’Éternel.

Sous ce rapport, les hommes n’ont pas changé et Dieu non plus. Celui qui se rebelle contre lui mourra. Cependant, Dieu ne veut pas nous juger, il désire au contraire que tout homme cherche refuge sous la croix de son Fils Jésus-Christ et obtienne ainsi le pardon de ses péchés et la vie éternelle.