Chapitre 25

Introduction

Chacun sait qu’il a seulement un nombre indéterminé de jours à passer sur terre. Mais tout le monde n’admet pas qu’ensuite nous devons rendre des comptes de notre vie parce que ça fait peur et à juste titre. Cependant, que je crois ou pas qu’en sautant du toit je vais tomber et me faire mal ne change pas la loi de la pesanteur. Jésus enseignait presque toujours les réalités spirituelles au moyen de paraboles.

Versets 19-23

Je continue à lire dans le chapitre 25 de Matthieu.

Longtemps après, le maître des serviteurs revint et leur fit rendre compte de leur gérance. Celui qui avait reçu les cinq lingots se présenta, apportant les cinq lingots supplémentaires qu’il avait gagnés. « Maître, dit-il, tu m’avais remis cinq lingots, j’en ai gagné cinq autres. Les voici. » « Très bien, lui dit son maître, tu es un bon serviteur, en qui l’on peut avoir confiance. Tu t’es montré fidèle en peu de choses. C’est pourquoi je t’en confierai de plus importantes. Viens partager la joie de ton maître ! » Celui qui avait reçu les deux lingots se présenta aussi et dit : « Maître, tu m’avais remis deux lingots, j’en ai gagné deux autres. Les voici. » « Très bien, lui dit son maître, tu es un bon serviteur, en qui l’on peut avoir confiance. Tu t’es montré fidèle en peu de choses. C’est pourquoi je t’en confierai de plus importantes. Viens partager la joie de ton maître ! » (Matthieu 25.19-23).

Tous les mortels, bons ou mauvais, devront un jour répondre de la façon dont ils ont utilisé les capacités, les talents et les ressources que Dieu leur a donnés. Ces lingots de la parabole appartiennent au Seigneur et il me les a confiés un temps afin que je les fasse fructifier pour lui. C’est ma fidélité à le servir qui sera évaluée. Chaque occasion, chaque opportunité qui s’est présentée à moi sera prise en considération.

Versets 24-30

Je continue.

Enfin, celui qui n’avait reçu qu’un lingot vint à son tour et dit : « Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as rien semé, tu récoltes où tu n’as pas répandu de semence. Alors j’ai pris peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. Prends ce qui t’appartient. » Mais son maître lui répondit : « Vaurien ! Fainéant ! Tu savais que je moissonne là où je n’ai rien semé et que je récolte là où je n’ai pas répandu de semence ! Eh bien, tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais récupéré le capital et les intérêts. Qu’on lui retire donc le lingot et qu’on le donne à celui qui en a déjà dix. » Car à celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance. Mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a. Quant à ce vaurien, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et d’amers regrets (Matthieu 25.24-30).

Dans le système juif, le temple fonctionnait comme une banque et tout argent qui y était déposé portait des intérêts sans courir de risque. Ce méchant homme détestait tellement son Maître qu’il n’a même pas voulu lever le petit doigt. En refusant de se mettre à son service, il a trahi la confiance qui lui avait été faite. Égoïste, il ne s’occupait que de lui-même et est jugé en conséquence.

Versets 31-33

Je continue.

Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges, il prendra place sur son trône glorieux. Tous les peuples de la terre seront rassemblés devant lui. Alors il les divisera en deux groupes, tout comme le berger fait le tri entre les brebis et les boucs. Il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche (Matthieu 25.31-33).

Jésus est sur son trône pour juger les nations et les vivants sur la terre. Il a souvent parlé de son royaume et déclaré être venu dans le monde pour régner, mais c’est ici la seule fois où il se donne le titre de roi. C’est en tant que tel qu’il sépare les bons des mauvais. Les justes entrent dans le royaume et les autres sont perdus.

Versets 34-36

Je continue.

Après quoi, le roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père : prenez possession du royaume qu’il a préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’ai souffert de la faim, et vous m’avez donné à manger. J’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire. J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli chez vous. J’étais nu, et vous m’avez donné des vêtements. J’étais malade, et vous m’avez soigné. J’étais en prison, et vous êtes venus à moi » (Matthieu 25.34-36).

Chacun peut faire ces bonnes actions. Jésus ne dit pas : j’étais malade et vous m’avez guéri, ou : en prison et vous m’avez libéré, mais : vous m’avez visité et vous êtes venus vers moi.

Versets 37-46

Je continue.

Alors, les justes lui demanderont : « Mais, Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ? Ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? Ou étranger et t’avons-nous accueilli ? Ou nu, et t’avons-nous vêtu ? Ou malade ou prisonnier, et sommes-nous venus te rendre visite ? » Et le roi leur répondra : « Vraiment, je vous l’assure : chaque fois que vous avez fait cela au moindre de mes frères que voici, c’est à moi-même que vous l’avez fait ». Puis il se tournera vers ceux qui seront à sa gauche : « Retirez-vous loin de moi, vous que Dieu a maudits, et allez dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’ai souffert de la faim, et vous ne m’avez rien donné à manger. J’ai eu soif, et vous ne m’avez rien donné à boire. J’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli chez vous. J’étais nu, et vous ne m’avez pas donné de vêtements. J’étais malade et en prison, et vous n’avez pas pris soin de moi. » Alors, ils lui demanderont à leur tour : « Mais, Seigneur, quand t’avons-nous vu souffrant de la faim ou de la soif ; quand t’avons-nous vu étranger, nu, malade ou en prison, et avons-nous négligé de te rendre service ? » Alors il leur répondra : « Vraiment, je vous l’assure : chaque fois que vous n’avez pas fait cela au moindre de ceux que voici, c’est à moi que vous avez manqué de le faire ». Et ils iront au châtiment éternel. Tandis que les justes entreront dans la vie éternelle (Matthieu 25.37-46).

Ce jugement se fera sur la base du traitement accordé aux frères de Jésus, ceux qui étaient persécutés à cause du Christ pendant la tribulation et qui fuyaient, essayant tant bien que mal de survivre à droite ou à gauche. Ce n’est pas sans nous rappeler la chasse aux Juifs organisée par les Nazis durant la Deuxième Guerre mondiale. À la fin des temps, les croyants seront poursuivis par l’Antéchrist, alors, la réaction des gens à leur égard révélera leur attitude face à l’Évangile du royaume et au roi lui-même. Jésus s’identifie complètement avec ses envoyés.

Le message de la Bonne Nouvelle sera porté à toutes les nations par 144 000 témoins issus des 12 tribus d’Israël. Comme le roi Hérode fit exécuter Jean-Baptiste, l’antéchrist fera assassiner tous les messagers qu’il capturera et quiconque leur offrira ne serait-ce qu’un verre d’eau mettra sa vie en péril. Les boucs et les brebis ont toujours vécu ensemble sur terre. Chaque nation, ville, village a ses justes et ses méchants. Même dans les synagogues et les Églises, la mauvaise graine a sa place. Mais à partir de ce jugement, les bons et les mauvais seront séparés pour l’éternité.

Toutes les paraboles, qui ont fait suite au discours de Jésus sur la destruction de Jérusalem et les temps de la fin, enseignent chacune à sa façon, la nécessité d’être prêt pour le retour du Messie. En premier lieu, ceux qui ont une autorité sur les autres doivent veiller à la façon dont ils l’exercent et prendre soin de ceux qui leur ont été confiés. Les autorités religieuses d’Israël illustrent les comportements condamnables. Deuxièmement, si dans mon service pour le Christ je fais fructifier les capacités que Dieu m’a données, j’en serai récompensé. Cette instauration du royaume débutera par le jugement des peuples et des individus vivants sur terre. Ils sont sanctionnés selon la manière dont ils ont accueilli et traité les plus petits des disciples du Christ, car cette attitude est révélatrice de leur prise de position par rapport au message du royaume et au Roi lui-même.

Chapitre 26

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 26 où commence la lente agonie du roi jusqu’à sa crucifixion. À première vue, on peut croire que Jésus est pris dans un engrenage tragique qui l’a pris de vitesse. En réalité, c’est Lui qui dicte les événements. Il n’est pas une pauvre victime impuissante trahie, et prise au piège entre les intrigues des religieux et la puissance de Rome. Devant la perspective de la croix, il est un roi dans toute sa splendeur, non de gloire, mais de grâce. Ce chapitre est le plus long de l’Évangile. Le récit est à la fois simple, émouvant et riche en incidents qui se succèdent rapidement. C’est le témoignage de quelqu’un qui a assisté à ce qu’il raconte.

Matthieu a ponctué les divisions de son Évangile par la phrase : Lorsque Jésus eut fini de donner ces instructions. Il la répète une dernière fois, mais en y ajoutant toutes ces instructions, parce que la présentation du Roi comme porte-parole du Père céleste est terminée. Jésus est en voie d’accomplir son double rôle de sacrificateur, celui qui offre la victime à Dieu, et de sacrifice, celui qui est immolé et qui verse son sang.

Versets 1-2

Je commence à lire.

Quand Jésus eut fini de donner toutes ces instructions, il dit à ses disciples : — Vous savez que la fête de la Pâque aura lieu dans deux jours. C’est alors que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié (Matthieu 26.1-2).

C’est la sixième fois que le Christ annonce ainsi sa mort à ses disciples. Cette fois-ci, il en précise le jour exact. Cette déclaration et l’attitude volontaire de Jésus rappellent que c’est lui et personne d’autre qui contrôle la situation. Il va au supplice parce que cela fait partie de sa mission. Au-delà des projets de ses ennemis, Jésus annonce que le jour de sa mort coïncidera avec celui où l’agneau pascal juif sera immolé, ce qui au travers des siècles était une image prophétique, mais aussi un pâle reflet de l’Agneau parfait de Dieu.

On peut difficilement imaginer un contraste plus marqué entre la parabole précédente où lui, le Messie et souverain juge de toutes les nations, exerce un pouvoir absolu, et cette déclaration comme quoi il va être condamné par son propre peuple comme un vulgaire criminel. Sa prédiction calme et résolue, le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié, tranche avec les complots et les allées et venues frénétiques qui vont avoir lieu des dirigeants religieux.

Versets 3-5

Je continue le texte.

Alors, les chefs des prêtres et les responsables du peuple se rassemblèrent dans la cour du grand-prêtre Caïphe ; ils décidèrent d’un commun accord de s’emparer de Jésus par ruse pour le faire mourir. Cependant, ils se disaient : — Il ne faut pas agir pendant la fête, pour ne pas provoquer d’émeute parmi le peuple (Matthieu 26.3-5).

Le Grand Conseil, la cour suprême d’Israël, était composée des grands-prêtres Anne et Caïphe, des principaux sacrificateurs, des chefs des grandes familles appelés princes de Juda, et des représentants des interprètes de la loi. Ce tribunal composé de 71 membres comprenait les pires ennemis de Jésus et déterminés à le mettre à mort à tout prix. Ce tribunal pouvait condamner à mort, mais ne pouvait faire exécuter la sentence sans le consentement des Romains. Durant la fête de la Pâque, une foule de pèlerins affluaient à Jérusalem augmentant les risques d’agitation. Dieu dans sa sagesse va utiliser ces religieux iniques pour accomplir sa volonté comme l’écrit l’apôtre Pierre que je cite :

Jésus de Nazareth a été livré entre vos mains conformément à la décision que Dieu avait prise et au projet qu’il avait établi d’avance. Et vous, vous l’avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui ne connaissent pas Dieu (Actes 2.23).

Versets 6-7

Je continue le texte.

Jésus se trouvait à Béthanie, dans la maison de Simon, le lépreux. Une femme s’approcha de lui, tenant un flacon d’albâtre rempli d’un parfum de myrrhe de grande valeur. Pendant que Jésus était à table, elle répandit ce parfum sur sa tête (Matthieu 26.6-7).

Selon d’autres passages, cet événement eut lieu 6 jours avant la Pâque. C’est Marie, la sœur de Lazare que Jésus a ressuscité des morts, qui a enduit le Christ. Ce parfum servait à embaumer les morts et avait une valeur de 300 jours de travail d’un ouvrier agricole. La scène est touchante, car Marie connaissait bien Jésus. Elle avait vu combien il aimait les gens et souffrait avec eux. Elle avait assisté à beaucoup de guérisons, dont celle de Simon, son parent auparavant lépreux, mais qui offrait maintenant l’hospitalité à Jésus. Elle l’avait vu pleurer sur la tombe de son frère Lazare et entendu maudire les pharisiens.

Dans beaucoup de pays, il faut faire très attention si on veut parler de Jésus, car on risque gros. Au mieux, on est traîné devant des tribunaux et jeté en prison, au pire, on est sommairement exécuté. Par contre, les livres, pièces de théâtre et films à caractère blasphématoire ont libre cours partout sans aucun problème. N’est-ce pas curieux ? Les orduriers qui écrivent et dirigent de telles abominations sont rongés par une lèpre intérieure beaucoup plus grave que la maladie elle-même. Lorsqu’ils se déplacent, ils devraient crier : lépreux, lépreux !

Versets 8-9

Je continue le texte.

En voyant cela, les disciples manifestèrent leur indignation en disant : — Pourquoi un tel gaspillage ? On aurait pu vendre ce parfum pour un bon prix et donner l’argent aux pauvres (Matthieu 26.8-9).

Selon un texte parallèle, Judas tapait dans la caisse commune et aurait bien aimé disposer de cet argent. Les disciples, se souciaient-ils vraiment des pauvres ? Cette indignation me fait penser aux politiciens repus au style de vie princier prêts à voter de nouvelles mesures en faveur des pauvres, mais qui continuent à s’engraisser sur leur dos. Les Écritures condamnent sévèrement les riches qui ne vivent que pour eux-mêmes.

Versets 10-13

Je continue le texte.

Mais se rendant compte de cela, Jésus leur dit : — Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Ce qu’elle vient d’accomplir pour moi est vraiment une belle action. Des pauvres, vous en aurez toujours autour de vous ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours avec vous. Elle a répandu cette myrrhe sur moi pour préparer mon enterrement. Vraiment, je vous l’assure, dans le monde entier, partout où cette Bonne Nouvelle sera annoncée, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire (Matthieu 26.10-13).

Jésus prend la défense de Marie, car elle est la seule qui prend au sérieux les paroles de Jésus annonçant sa mort et qui fait quelque chose. Cette femme a agi par amour du Seigneur et voulait l’honorer. Jésus proclame que cette onction est tout à fait convenable en vue de son ensevelissement. Il semblerait que Marie savait intuitivement qu’elle ne pourrait pas l’oindre après sa mort, alors elle l’a fait de son vivant. Ce geste qui est associé aux événements de la Passion qui vont suivre a une valeur incomparable parce qu’il anticipe cet acte unique et décisif du sacrifice de Jésus.

Les réalisations de tous les souverains, despotes, chefs d’État et généraux qui ont brillé un temps, furent comme écrits dans le sable et lavés par les eaux. Leurs noms sont dans les livres d’histoire, sur une statue ou une plaque, mais qui se soucie d’eux ? Par contre, cet acte gratuit de Marie est raconté encore aujourd’hui par tous les chrétiens de par le monde et en toutes les langues. La louange qui vient de l’homme dure peu, mais celle qui vient de Dieu est éternelle.

Versets 14-16

Je continue.

Alors, l’un des Douze, celui qui s’appelait Judas Iscariot, se rendit auprès des chefs des prêtres pour leur demander : — Si je me charge de vous livrer Jésus, quelle somme me donnerez-vous ? Ils lui versèrent trente pièces d’argent. À partir de ce moment-là, il chercha une occasion favorable pour leur livrer Jésus (Matthieu 26.14-16).

La femme, qui a oint Jésus en vue de sa sépulture, et Judas, qui l’a trahi, le connaissaient personnellement. Et pourtant quel contraste entre ces deux personnages ! Marie fit un don de parfum valant dix fois la pitance de misère que reçut Judas pour la trahison du Seigneur des cieux et de la terre. Trente pièces d’argent étaient le prix d’un esclave et ce fut aussi celui du bon berger fidèle qui est rejeté comme cela avait été prophétisé. Je lis le passage.

— Si vous le jugez bon, donnez-moi mon salaire, sinon, n’en faites rien. Ils me donnèrent pour salaire trente sicles d’argent. Et l’Éternel me dit : — Jette-le au potier, ce joli prix auquel j’ai été estimé ! Je pris les trente sicles d’argent et je les jetai dans le Temple de l’Éternel pour le potier (Zacharie 11.12-13).

Judas va maintenant attendre que la foule ne soit pas présente pour avertir les religieux que c’est le bon moment pour arrêter Jésus.