Chapitre 16

Introduction

Si je pense qu’une abeille est plus intelligente qu’une fourmi, ça n’aura pas d’incidence considérable sur ma vie. Tout le monde croit des tas de choses, mais certaines comptent beaucoup plus que d’autres, car elles portent davantage à conséquence. La question la plus importante qu’un être humain puisse se poser concerne la personne de Jésus-Christ, parce qu’il a dit : Si vous ne croyez pas qui je suis, vous mourrez dans vos péchés (Jean 8.24).

Versets 16-17

Je continue à lire dans le chapitre 16 de Matthieu.

Simon Pierre lui répondit : — Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui dit alors : — Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas de toi-même que tu as trouvé cela. C’est mon Père céleste qui te l’a révélé (Matthieu 16.16-17).

Le raisonnement et la logique sont utiles, mais insuffisants pour acquérir la conviction intérieure que Jésus est le Fils de Dieu et le Seigneur du ciel et de la terre. Seul le Saint-Esprit peut persuader quelqu’un de cette vérité.

Verset 18

Je continue.

Et moi, je te déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église, contre laquelle les portes de l’enfer elles-mêmes ne pourront rien (Matthieu 16.18).

C’est la première fois que Jésus mentionne ouvertement l’Église. De ce texte, vient aussi l’idée que Pierre fut le premier pape. Dans la langue originelle Jésus fait un jeu de mots disant : Tu es petros (un caillou et le prénom Pierre en grec) et sur ce petra (un roc en grec) j’édifierai mon Église. Un roc est très différent d’un caillou. De plus, les apôtres Paul et Pierre appellent Jésus la pierre angulaire ou la principale pierre d’angle (Éphésiens 2.19-22 ; 1Pierre 2.4-7 ; Actes 4.8-11) et Paul enseigne que le seul fondement de l’Église est le Christ.

Au regard de l’enseignement du Nouveau Testament, c’est Jésus qui est le roc. D’après le Nouveau Testament, sur la pierre angulaire repose un fondement constitué des prophètes et des apôtres (Éphésiens 2.19-22). Jésus dit aussi : J’édifierai mon Église, ce qui signifie qu’il va lui-même bâtir l’Église. C’est pourquoi elle sera invulnérable et le diable ne réussira pas à la faire disparaître de la terre bien qu’il ait maintes fois essayé.

Verset 19

Je continue le texte.

Je te donnerai les clés du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre aura déjà été exclu aux yeux de Dieu et tout ce que tu délieras sur la terre aura déjà été accueilli aux yeux de Dieu (Matthieu 16.19).

Selon ses propres paroles, Jésus seul possède les clefs de l’au-delà. Je le cite :

Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. Je suis le Saint, le Véritable, celui qui ouvre et nul ne peut fermer, qui ferme, et nul ne peut ouvrir (Apocalypse 1.18 ; 3.7).

Cela dit, c’est effectivement Pierre qui a annoncé la Bonne Nouvelle de Jésus aux trois groupes de l’humanité présents lors du commencement de l’Église : les Juifs, les païens et les disciples de Jean-Baptiste qui représentaient les croyants de l’Ancien Testament. Dans ce sens, c’est bien Pierre qui a ouvert les cieux. Les deux verbes lier/délier étaient utilisés dans le judaïsme pour désigner l’autorité des interprètes de la Loi et ce qu’ils disaient faisait loi. De la même manière, au début de l’Église, ce sont les apôtres dont Pierre est le porte-parole, qui détenaient l’autorité d’inclure ou d’exclure de l’Église.

Verset 20

Je continue le texte.

Puis Jésus interdit à ses disciples de dire à qui que ce soit qu’il était le Messie (Matthieu 16.20).

Cette interdiction peut surprendre, mais s’explique par le fait que les Juifs de l’époque avaient une conception essentiellement politique et guerrière du Messie.

Verset 21

Je continue.

À partir de ce jour, Jésus commença à exposer à ses disciples qu’il devait se rendre à Jérusalem, y subir de cruelles souffrances de la part des responsables du peuple, des chefs des prêtres et des spécialistes de la Loi, être mis à mort et ressusciter le troisième jour (Matthieu 16.21).

C’est la première fois que Jésus déclare ouvertement qu’il va être mis à mort et ressusciter. Il le répétera 4 fois. Le verbe : il devait, souligne la nécessité absolue pour lui de se rendre à Jérusalem et d’y mourir. L’expression : À partir de ce jour annonce un changement important ; il avait marqué le début du ministère public de Jésus. Bien qu’elle ait été prédite par les prophètes, cette annonce explicite par Jésus de sa mort eut l’effet d’un grand coup de massue sur les disciples. L’idée que leur Maître tomberait victime de ses ennemis leur était inconcevable, parce qu’ils étaient eux aussi prisonniers de la conception traditionnelle politique du Messie. C’est ce qui explique aussi la démarche malheureuse de Pierre.

Versets 22-23

Je continue.

Alors Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches : — Que Dieu t’en préserve, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ! Mais Jésus, se retournant, lui dit : — Arrière, « Satan » ! Éloigne-toi de moi ! Tu es un obstacle à ma mission, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu ; ce sont des pensées tout humaines (Matthieu 16.22-23).

Avant la gloire de la résurrection, Jésus doit passer par la souffrance et la mort. Dans le discours bienveillant de Pierre, il discerne une nouvelle tentation du diable lui offrant un autre chemin que celui de la croix. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le porte-drapeau des 12 est passé de pierre de fondation à pierre d’achoppement. Le temps se gâte pour les disciples.

Versets 24-27

Je continue.

Puis, s’adressant à ses disciples, Jésus dit : — Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. Car celui qui est préoccupé de sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera. Si un homme parvient à posséder le monde entier, à quoi cela lui sert-il s’il perd sa vie ? Et que peut-on donner pour racheter sa vie ? Le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il donnera à chacun ce que lui auront valu ses actes (Matthieu 16.24-27).

C’est une nouvelle douche froide pour les disciples qui ne rêvaient que de gloire et d’honneurs grâce à leur association avec le Roi, mais la croix précède la couronne. Jésus les invite à persévérer malgré le martyre qu’ils vont subir. La bonne décision consiste à renoncer à soi-même, à son petit confort et ses ambitions personnelles et à suivre le Christ coûte que coûte.

Verset 28

Je finis ce chapitre.

Vraiment, je vous l’assure, plusieurs de ceux qui sont ici ne mourront pas avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir comme Roi (Matthieu 16.28).

C’est une allusion à la gloire de Jésus que les apôtres Pierre, Jacques et Jean vont entrevoir lors de la transfiguration qui aura lieu quelques jours après cette déclaration.

Chapitre 17

Versets 1-2

Nous arrivons au chapitre 17 que je commence à lire.

Six jours plus tard, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et les emmena sur une haute montagne, à l’écart. Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à resplendir comme le soleil ; ses vêtements prirent une blancheur éclatante, aussi éblouissante que la lumière (Matthieu 17.1-2).

Jésus choisit ses disciples les plus proches, tous trois anciens collègues de pêche. Il ne voulait pas que cette transfiguration s’ébruite, car cela aurait nourri de faux espoirs de l’établissement immédiat de son règne. Ces hommes ont assisté à une métamorphose de Jésus, une levée du voile de son humanité et la transformation de son apparence. La lumière de la gloire du Christ venant de l’intérieur de son être ressortait de son visage et de ses vêtements. C’était une image miniature de la gloire du royaume à venir destinée à encourager ces hommes qui allaient subir des persécutions terribles. Tous les croyants seront un jour métamorphosés et resplendiront comme le Christ transfiguré.

Versets 3-4

Je continue.

Et voici que Moïse et Élie leur apparurent : ils s’entretenaient avec Jésus. Pierre s’adressa à Jésus et lui dit : — Seigneur, il est bon que nous soyons ici. Si tu es d’accord, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie¼ (Matthieu 17.3-4).

Luc précise que Pierre ne savait pas ce qu’il disait. Néanmoins, il a reconnu les deux hommes sans qu’on sache comment. Ils représentent l’Ancienne Alliance, Moïse la Loi et Élie les prophètes.

Versets 5-6

Je continue.

Pendant qu’il parlait ainsi, une nuée lumineuse les enveloppa, et une voix en sortit qui disait : — Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie. Écoutez-le ! En entendant cette voix, les disciples furent remplis de terreur et tombèrent le visage contre terre (Matthieu 17.5-6).

Une telle nuée était le signe distinctif de la présence de l’Éternel dans l’Ancien Testament. Les paroles du Père céleste confirment une nouvelle fois que Jésus est le Messie qui devait venir pour racheter l’humanité. L’apôtre Pierre écrit :

Nous avons vu sa grandeur de nos propres yeux. Car Dieu le Père lui a donné honneur et gloire lorsque, dans sa gloire immense, il lui a fait entendre sa voix, qui disait : Voici mon Fils bien-aimé, qui fait toute ma joie. Or cette voix, qui était venue du ciel, nous l’avons entendue nous-mêmes, puisque nous étions avec lui sur la sainte montagne (2Pierre 1.16-18).

Versets 7-9

Je continue le texte.

Mais Jésus s’approcha et posa la main sur eux en disant : — Relevez-vous et n’ayez pas peur. Alors ils levèrent les yeux et ne virent plus que Jésus seul. Pendant qu’ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : — Ne racontez à personne ce que vous venez de voir avant que le Fils de l’homme ne soit ressuscité des morts (Matthieu 17.7-9).

La transfiguration annonce la gloire du royaume à venir, mais aussi la résurrection du Christ. L’ordre de Jésus vise à ne pas donner au peuple de faux espoirs.

Versets 10-13

Je continue.

Les disciples lui demandèrent alors : — Pourquoi donc les spécialistes de la Loi disent-ils qu’Élie doit venir en premier lieu ? Il leur répondit : — Effectivement, Élie doit venir remettre toutes choses en ordre. Or, je vous le déclare : Élie est déjà venu, mais ils ne l’ont pas reconnu. Au contraire, ils l’ont traité comme ils ont voulu. Et c’est le même traitement que va subir de leur part le Fils de l’homme. Les disciples comprirent alors qu’il parlait de Jean-Baptiste (Matthieu 17.10-13).

En tant que précurseur du Messie, Jean-Baptiste a exercé son ministère dans le même esprit et avec la même puissance qu’Élie. Cependant, Jésus précise que toute la prophétie le concernant ne s’est pas accomplie puisqu’il viendra en personne précédant le Christ, lors de sa seconde venue sur terre pour régner pendant 1 000 ans.

Versets 14-16

Je continue.

Quand ils furent revenus auprès de la foule, un homme s’approcha de Jésus, se jeta à genoux devant lui et le supplia : — Seigneur, aie pitié de mon fils : il est épileptique et il souffre beaucoup : il lui arrive souvent de tomber dans le feu ou dans l’eau. Je l’ai bien amené à tes disciples, mais ils n’ont pas réussi à le guérir (Matthieu 17.14-16).

Le ministère de Jésus en Galilée touche à sa fin. Il va bientôt se rendre à Jérusalem pour s’offrir en sacrifice. Mais avant cela, son petit groupe a encore des leçons importantes à apprendre, car le jour vient où leur Maître ne sera plus là pour gérer les crises. Les disciples qui étaient restés en bas avec la foule avaient subi un échec cuisant, ne pouvant guérir un jeune épileptique. En fait, il s’agit de possession et la situation est bien embarrassante.

Versets 17-18

Je continue.

Jésus s’exclama alors : — Vous êtes un peuple incrédule et infidèle à Dieu ! Jusqu’à quand devrai-je encore rester avec vous ? Jusqu’à quand devrai-je encore vous supporter ? Amenez-moi l’enfant ici. Jésus commanda avec sévérité au démon de sortir et, immédiatement, celui-ci sortit de l’enfant, qui fut guéri à l’heure même (Matthieu 17.17-18).

L’impuissance des apôtres troubla le Christ, qui exprime sa déception à ses élèves, tout comme l’Éternel le faisait avec Israël par l’entremise des prophètes dans l’Ancien Testament. Jésus leur reproche d’être aussi incrédules que le Juif moyen. Apparemment, ce démon était plutôt bien ancré, puisqu’il nous est dit que Jésus dut lui parler durement afin qu’il s’en aille. Malgré tout, arrivés à ce niveau de leur formation, les disciples auraient dû réussir.

Versets 19-20

Je continue.

Alors, les disciples prirent Jésus à part et le questionnèrent : — Pourquoi n’avons-nous pas réussi, nous, à chasser ce démon ? — Parce que vous n’avez que peu de foi, leur répondit-il. Vraiment, je vous l’assure, si vous aviez de la foi, même si elle n’était pas plus grosse qu’une graine de moutarde, vous pourriez commander à cette montagne : Déplace-toi d’ici jusque là-bas, et elle le ferait. Rien ne vous serait impossible (Matthieu 17.19-20).

Déplacer une montagne est une image typiquement juive qui signifie entreprendre quelque chose d’impossible. Marc précise que Jésus a ajouté :

— Des esprits comme celui-là, on ne peut les chasser que par la prière (Marc 9.29).

Cet incident nous enseigne que les démons ne sont pas tous identiques ; non seulement ils causent des maladies diverses, mais ils appartiennent également à des rangs hiérarchiques différents.

Versets 22-23

Je continue.

Un jour qu’ils parcouraient tous ensemble la Galilée, Jésus leur dit : — Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. Ils le feront mourir, mais, le troisième jour, il ressuscitera. Les disciples furent extrêmement affligés par ces paroles (Matthieu 17.22-23).

C’est la seconde fois que Jésus avertit ses disciples de ce qui va lui arriver. Il dit aussi qu’il sera livré, trahi. L’incompréhension des disciples concernant sa mission reste profonde. Luc précise que, dans leur tristesse et leur confusion, ils n’osaient plus lui poser de questions.

Versets 24-27

Je continue.

Ils se rendirent à Capernaüm. Là, les agents chargés de percevoir l’impôt pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui demandèrent : — Est-ce que votre Maître ne paie pas l’impôt du Temple ? — Mais si, répondit-il, il le paie. Quand Pierre fut entré dans la maison, Jésus, prenant les devants, lui demanda : — Qu’en penses-tu, Simon ? Qui est-ce qui paie les taxes et les impôts aux rois de la terre ? Les fils ou les étrangers ? — Les étrangers, répondit Pierre. — Donc, reprit Jésus, les fils n’ont rien à payer. Toutefois, ne jetons pas ces gens dans le trouble. Descends donc jusqu’au lac, lance ta ligne à l’eau, attrape le premier poisson qui mordra, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras une pièce d’argent. Prends-la et donne-la aux agents en paiement de l’impôt pour nous deux (Matthieu 17.24-27).

Tous les Israélites payaient environ un euro d’impôt par an pour l’entretien du temple. Puisqu’il est le Fils de Dieu, Jésus ne devrait pas payer cette taxe, mais cette fois encore, il se soumet. Le Christ a une façon plutôt originale de trouver l’argent dont il a besoin. Il permet à Pierre de payer l’impôt et d’exercer son ancien métier de pêcheur. C’est vrai que dans le ventre des poissons on trouve de tout, mais dans ceux que j’ai attrapés, je n’ai jamais vu la moindre pièce de monnaie et c’était sans doute pareil pour Pierre. Il semble que ce poisson attendait la venue de Pierre pour lui remettre la pièce. Quelle démonstration de la puissance du Seigneur sur toutes ses créatures ! Ce miracle a dû impressionner tous les disciples. La leçon de cette histoire amusante est que Dieu pourvoira d’une manière ou d’une autre aux besoins de ceux qui sont à son service.

Chapitre 18

Versets 1-2

Nous voici au chapitre 18 de Matthieu dans lequel Jésus va répondre à certaines questions concernant l’Église, le royaume intérimaire. Je commence à lire.

À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui demandèrent : — Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Alors Jésus appela un petit enfant, le plaça au milieu d’eux (Matthieu 18.1-2).

Marc précise que Jésus leur demanda de quoi ils discutaient en cours de route. Gênés, ils lui posèrent cette question, à savoir qui est le plus grand. Le Seigneur appelle alors un des nombreux enfants qui les suivaient. En toute innocence, celui-ci accourt, tout content que Jésus l’appelle. Cette scène est des plus charmantes.

Versets 3-4

Je continue.

Jésus dit : — Vraiment, je vous l’assure : si vous ne changez pas d’attitude et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi le plus grand dans le royaume des cieux est celui qui s’abaisse lui-même comme cet enfant (Matthieu 18.3-4).

Dans la société antique, l’enfant symbolisait celui qui n’a ni pouvoir ni statut, qui ne sait rien, ne possède rien et ne peut gagner sa vie. En toute confiance, il s’attend à ceux qui s’occupent de lui. Alors que les disciples s’inquiétaient de leur position dans le royaume des cieux, Jésus enseigne que sans un changement intérieur radical, nul n’entrera dans le royaume des cieux. Toute personne doit expérimenter la transformation de son cœur orgueilleux et rebelle en celui d’un enfant humble et soumis. Jésus parle de la naissance spirituelle telle qu’il l’a expliquée à un haut responsable juif. Je cite le passage :

— Vraiment, je te l’assure : à moins de renaître d’en haut, personne ne peut voir le royaume de Dieu (Jean 3.3).