Chapitre 13

Introduction

Aux dires de la science, le monde actuel pourrait durer presque indéfiniment. Il est vrai qu’un jour le soleil se sera entièrement consumé, mais ce n’est pas demain la veille. On nous avertit bien que l’effet de serre va faire fondre les pôles ce qui va causer toutes sortes de problèmes, mais l’humanité subsistera malgré tout. Donc même dans le futur le plus lointain il n’y a pas de fin du monde en perspective et si des gens la mentionnent, c’est toujours avec un sourire en coin. Jésus-Christ par contre, ne plaisantait pas lorsqu’il en parlait, car selon lui elle va être tellement subite et inattendue que du plus grand au plus petit, tous les hommes seront stupéfaits. De plus, cette fin dramatique qui va se faire avec perte et fracas sera suivie du Jugement dernier.

40-43

Je continue à lire dans le chapitre 13 de Matthieu.

Comme on arrache la mauvaise herbe et qu’on la ramasse pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde : le Fils de l’homme enverra ses anges et ils élimineront de son royaume tous ceux qui incitent les autres à pécher et ceux qui font le mal. Ils les précipiteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et d’amers regrets. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende (Matthieu 13.40-43).

Il m’est difficile d’imaginer ce que le Seigneur prépare pour ses enfants, ceux qui sont justes à ses yeux grâce à leur foi en lui. Deux textes éclairent un petit peu ma lanterne. Je les cite :

Mes chers amis, dès à présent nous sommes enfants de Dieu et ce que nous serons un jour n’a pas encore été rendu manifeste. Nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu’il est. Il y a abondance de joies devant ta face, Des délices éternelles à ta droite (1Jean 3.2 ; Psaumes 16.11).

Versets 31-32

Je continue avec la troisième histoire.

Jésus leur raconta une autre parabole : — Le royaume des cieux ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise pour la semer dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes du potager et devient un arbuste, si bien que les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches (Matthieu 13.31-32).

Dans l’antiquité, la graine de moutarde était considérée comme la plus petite. Le contraste entre cette semence minuscule et l’arbuste qu’elle produit illustre les débuts modestes de l’Église et sa croissance que nous avons vécue pendant 2 000 ans. Au premier siècle, elle a commencé avec un petit noyau de quelques disciples pour devenir un immense organisme avec d’innombrables ramifications qui constituent la religion de beaucoup : les vrais croyants, bien sûr, mais aussi toutes sortes de gens représentés par les oiseaux du ciel. L’Ancien Testament utilise plusieurs fois l’image d’un arbre abritant des animaux pour décrire un grand royaume.

Lors de son plein épanouissement dans la gloire future, l’Église est comparée au cèdre. À côté de cet arbre majestueux, la plante moutarde fait plutôt ridicule. Elle représente néanmoins toute la chrétienté. L’Église n’a pas fait de toute personne un disciple du Christ, loin de là ! Il n’empêche qu’au travers des siècles son influence dans le monde a été considérable, même si elle est aujourd’hui en déclin. Quand j’ai fait ma communion privée puis solennelle, la cérémonie était d’abord un engagement spirituel, suivi d’un repas de famille. Aujourd’hui, c’est le contraire ! Les événements religieux sont plutôt l’occasion d’un gueuleton, tandis que leur vraie signification a disparu.

Verset 33

Je continue.

Jésus leur raconta une autre parabole : — Le royaume des cieux ressemble à du levain qu’une femme prend pour le mélanger en le cachant à une vingtaine de kilogrammes de farine. Et, à la fin, toute la pâte lève (Matthieu 13.33).

Dans cette histoire, c’est l’effet du levain qui est mis en avant. La femme en prend très peu qu’elle mélange à une grosse quantité de pâte qui va lever. Les rabbins avaient coutume d’utiliser le levain comme symbole du mal et de la fausse croyance. Dans l’Ancien Testament, il était interdit d’en mettre dans les offrandes destinées à l’Éternel. Dans le Nouveau Testament aussi, le levain représente l’hypocrisie et la malice. Son absence signifie la pureté, l’absence de mal. Avant qu’elle ne contienne du levain, la pâte est l’Église du Christ constituée des vrais croyants.

Par contre, la pâte gonflée représente la chrétienté dans son ensemble telle que nous la connaissons, un amalgame où se côtoient le bon et le mauvais, la vérité et le mensonge, celui qui est sur le chemin étroit conduisant à la vie éternelle et celui qui fait route sur la voie large menant à la perdition. Bon nombre de ceux qui se disent chrétiens sont bien gentils sans doute, mais grandement dans l’erreur et totalement voués aux valeurs perverties de notre siècle. Le levain, c’est aussi les faux prophètes et gurus de tout poil, qui donnent un enseignement pernicieux qui est le petit-lait des sectes marginales de la chrétienté. L’apôtre Paul l’explique ainsi :

Car le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement authentique. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. Ils détourneront l’oreille de la vérité pour écouter des récits de pure invention (2Timothée 4.3-4).

Curieusement, aucune secte ne rejette complètement les Écritures. En fait, même les Lucifériens utilisent la Bible, ce qui est quand même un comble. À un moment donné de son ministère sur terre, Jésus pose cette question : Lorsque le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? (Luc 18.8). La construction grammaticale de la phrase sous-entend une réponse négative. Jésus prophétise donc que lorsqu’il reviendra pour régner, il trouvera un organisme monstrueux qui s’appelle la chrétienté, mais peu de vrais disciples.

Versets 34-36

Je continue le texte.

Jésus enseigna toutes ces choses aux foules en employant des paraboles, et il ne leur parlait pas sans paraboles. Ainsi se réalisait la parole du prophète : Je leur parlerai à l’aide de paraboles. Je leur annoncerai des secrets cachés depuis la création du monde. Alors Jésus laissa la foule et il rentra dans la maison (Matthieu 13.34-36).

Comme je l’ai déjà dit, les paraboles ont pour fonction de révéler les plans de Dieu qui étaient jusqu’alors secrets.

Verset 44

Je continue :

— Le royaume des cieux ressemble à un trésor enfoui dans un champ. Un homme le découvre : il le cache de nouveau, s’en va, débordant de joie, vend tout ce qu’il possède et achète ce champ (Matthieu 13.44).

Nous arrivons maintenant à trois histoires données spécifiquement aux disciples et qui décrivent certains aspects spécifiques du royaume. Comme dans les paraboles précédentes, l’homme c’est le Seigneur et le champ c’est le monde. Le trésor caché est le royaume de Dieu, l’Église du Christ. Elle est composée de tous les disciples qui sont éparpillés de par le monde, un ici, deux là, et qui reconnaissent en Jésus leur Maître tout en allant leur bonhomme de chemin. Au-delà du supplice de la croix, le Christ, l’agneau de Dieu, se réjouissait d’avance des résultats de son sacrifice et du succès de sa mission de Sauveur. Je lis le verset :

Parce qu’il avait en vue la joie qui lui était réservée, Jésus a enduré la mort sur la croix (Hébreux 12.2).

Dans le Nouveau Testament, l’Église s’appelle aussi l’épouse du Christ, qui sera rendue parfaite. Je cite deux passages :

Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse et donnons-lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse rayonnante de beauté, sans tache, ni ride, ni aucun défaut, mais digne de Dieu et irréprochable s’est préparée (Apocalypse 19.7 ; Éphésiens 5.27).

Verset 45

Je continue avec la sixième parabole qui est semblable à la précédente :

Voici à quoi ressemble encore le royaume des cieux : un marchand cherche de belles perles. Quand il en a trouvé une de grande valeur, il s’en va vendre tout ce qu’il possède et achète cette perle précieuse (Matthieu 13.45).

Le marchand, c’est le Christ. Il quitta sa demeure céleste et descendit ici-bas pour trouver de belles perles de grands prix. Comme le trésor précédent, celles-ci représentent l’Église, l’ensemble de ceux qui ont crû en Jésus au travers des siècles. La perle n’est pas une pierre précieuse qui apparaît à l’état brut dans la terre comme le diamant. Elle se constitue petit à petit au fil du temps. Un élément extérieur comme un grain de sable s’introduit à l’intérieur d’une coquille et blesse le mollusque. Celui-ci sécrète alors une substance qui enveloppe progressivement le corps étranger comme un cocon qui à la longue devient une perle. On ne peut la tailler, car elle serait détruite. L’analogie est la suivante : Jésus nous a portés sur la croix avec nos fautes qui sont pour lui un élément étranger. Je cite une prophétie :

C’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris (Ésaïe 53.5).

Ceux qui acceptent le salut en Jésus-Christ sont revêtus de sa justice qu’il tisse autour de chaque croyant comme une toile, et c’est ce qui fait que les chrétiens deviennent à ses yeux de belles perles pures et blanches de très grande valeur. Elles sont tellement précieuses à ses yeux qu’elles valaient la peine qu’il vienne ici-bas les chercher même au prix de sa vie. Je lis deux passages :

Car vous savez comment notre Seigneur Jésus-Christ a manifesté sa grâce envers nous : lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis (2Corinthiens 8.9).

Il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.7-8).

Versets 47-50

Je continue avec la 7e parabole :

— Voici encore à quoi ressemble le royaume des cieux : des pêcheurs ont jeté en mer un filet qui ramasse toutes sortes de poissons. Une fois qu’il est rempli, les pêcheurs le tirent sur le rivage, puis ils s’assoient autour et trient leur prise : ce qui est bon, ils le mettent dans des paniers et ce qui ne vaut rien, ils le rejettent. C’est ainsi que les choses se passeront à la fin du monde : les anges viendront et sépareront les méchants des justes et ils les précipiteront dans la fournaise ardente où il y aura des pleurs et d’amers regrets (Matthieu 13.47-50).

L’illustration est percutante. C’est un rappel solennel de la séparation qui s’opérera entre les bons et les mauvais poissons, le grain qui porte du fruit et l’ivraie. Le filet est grand et balaie très large dans la mer, ramassant tout sur son passage. Il représente l’annonce de l’Évangile par les disciples que Jésus a qualifiés de pêcheurs d’hommes. Cette bonne nouvelle du sauveur s’adresse à chaque être humain. Pris dans ce filet est un ramassis de gens de tous bords, certains bons, ce sont les justes ; et d’autres mauvais.

Dans les Textes Sacrés, sont considérés justes ceux qui le sont devenus par la foi en l’Éternel dans l’Ancien Testament ou en Jésus pour nous. Ils sont alors revêtus de la justice divine comme dans la parabole de la perle de grand prix. Il n’est pas question de comportement et de bonnes actions, car même si à partir d’aujourd’hui je menais une vie parfaite, cela n’effacerait pas les fautes que j’ai commises hier ou avant. Dans le Nouveau Testament, le mot méchant a un sens théologique. Il s’agit de tous ceux qui n’ont pas accepté le sacrifice du Christ comme seule et unique solution pour le pardon de leurs fautes.

Versets 51-53

Je continue.

— Avez-vous compris tout cela ? — Oui, répondirent-ils. Alors Jésus conclut : — Ainsi donc, tout spécialiste de la Loi qui a été instruit des choses qui concernent le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. Quand Jésus eut fini de raconter ces paraboles, il partit de là (Matthieu 13.51-53).

Tel un bon père de famille qui donne de bonnes choses à ses enfants, ceux qui ont compris l’instruction de Jésus vont pouvoir à leur tour la communiquer à d’autres qui l’apprendront sous leur autorité. Les choses anciennes sont les Écritures de l’Ancien Testament et les nouvelles sont l’enseignement du Christ à ses disciples. Cela inclut, d’une part, son interprétation des commandements de la Loi en opposition au système rituel légaliste qu’avaient créé de toutes pièces les pharisiens, et d’autre part les principes qui vont gérer le royaume intérimaire, qu’est l’Église, et qui sont expliqués dans le Nouveau Testament. Jésus conclut les 7 paraboles du royaume par une petite 8e. Ses disciples intimes n’avaient pas fait les grandes écoles rabbiniques ; ils n’étaient ni théologiens ni spécialistes de la Loi. Cependant, Jésus voit en eux des hommes qui seront un jour capables d’interpréter et d’enseigner toutes les Écritures.

 

Et c’est ainsi que s’achève le troisième grand discours du Seigneur que nous rapporte Matthieu. Il a expliqué que la graine qu’il sème, la Bonne Nouvelle, révèle l’existence de plusieurs terrains dont un seul est bon. Son enseignement sous forme de paraboles est un jugement pour les uns, mais pour d’autres, il dévoile les secrets du royaume intérimaire. Dans le monde, la bonne semence produira du fruit qui constituera l’Église, précieuse aux yeux du Christ comme le serait pour nous un trésor ou une perle de grand prix. Mais l’histoire du royaume ne se déroulera pas sans accrocs, car le diable fera tout pour lui nuire et mêlera beaucoup d’ivraie avec le bon grain. Ainsi, la chrétienté est son ouvrage et sans doute son chef-d’œuvre puisqu’il a réussi à semer la zizanie, la confusion dans l’esprit des gens. Mais quand viendra le jugement, alors les justes, les vrais croyants, seront séparés du reste de l’humanité pour vivre avec leur Maître pour l’éternité.

Versets 54-57

Je finis ce chapitre.

Il retourna dans la ville où il avait vécu. Il enseignait ses concitoyens dans leur synagogue. Son enseignement les remplissait d’étonnement, si bien qu’ils disaient : — D’où tient-il cette sagesse et le pouvoir d’accomplir ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? N’est-il pas le fils de Marie, et le frère de Jacques, de Joseph, de Simon et de Jude ! Ses sœurs ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D’où a-t-il reçu tout cela ? Et voilà pourquoi ils trouvaient en lui un obstacle à la foi. Alors Jésus leur dit : — C’est seulement dans sa patrie et dans sa propre famille que l’on refuse d’honorer un prophète. Aussi ne fit-il là que peu de miracles, à cause de leur incrédulité (Matthieu 13.54-57).

Jésus-Christ voulait aussi faire profiter de son enseignement ceux de Nazareth qu’il connaissait personnellement, avec qui il avait passé sa jeunesse, grandi et vécu jusqu’à l’âge d’environ 30 ans. Mais contrairement à ce qu’on aurait pu penser, l’enfant du pays est mal reçu. Tout en lui reconnaissant cette autorité de rabbin et le pouvoir surnaturel de guérir, ses concitoyens ne pouvaient l’accepter à cause de leurs préjugés. Le caractère ordinaire de la vie familiale de Jésus et de ses origines leur paraissait incompatible avec sa sagesse et ses miracles. Ils étaient même offensés, vexés et jaloux. Leur réaction d’étonnement est symptomatique de leur aveuglement. Il est en effet difficile d’accepter la supériorité de quelqu’un qu’on connaît bien.

La tentation est de se dire : Pourquoi lui et pas moi ! Ces personnes sont inexcusables tout comme vous et moi si, face à tout ce que nous savons de la vie du Christ et de la réalité de sa résurrection, nous nous détournons de lui. Pour les habitants de Nazareth, Jésus reste avant tout le fils du charpentier. Pareillement, de nos jours et pour beaucoup de gens, le Christ n’est qu’un grand philosophe ou encore un personnage historique qui aurait marqué son temps. Cette incrédulité est très grave, car un affront à Dieu. Je cite un passage :

Celui qui ne croit pas Dieu fait de lui un menteur, puisqu’il ne croit pas le témoignage que Dieu rend à son Fils (1Jean 5.10).

Avant d’écarter Jésus de sa route d’un revers de l’esprit, il faut bien réfléchir. Si mes souvenirs sont exacts, dans son ouvrage : L’inquiétude d’un biologiste, concernant la question de la foi, Jean Rostand écrit : Je me la pose chaque jour sans arrêt. J’ai dit non à Dieu, mais à chaque instant la question revient.