Chapitre 8

Versets 40-42

Tout personnage important ou qui croit l’être, est fier comme un coq; il marche la tête haute, les épaules en arrière, et ne montre aucun signe de faiblesse. Il se suffit à lui-même et est persuadé que jamais oh grand jamais, il n’ira implorer le secours de qui que ce soit. Faire la roue est facile tant que tout va bien, mais qu’en est-il le jour où le malheur frappe à la porte ?  Le président de la synagogue de Capernaüm fait partie de la classe dirigeante; il est très respecté parce que c’est lui qui organise, surveille et dirige le culte dans la ville. Un homme de cette trempe ne se prosterne pas aux pieds de Jésus. Vraiment ? Je continue à lire dans le chapitre 8 de l’évangile selon Luc.

À son retour en Galilée, Jésus fut accueilli par la foule, car tous l’attendaient. À ce moment survint un homme appelé Jaïrus. C’était le responsable de la synagogue. Il se jeta aux pieds de Jésus et le supplia de venir chez lui : sa fille unique, âgée d’environ douze ans, était en train de mourir. Jésus partit donc pour se rendre chez lui. Cependant, la foule se pressait autour de lui (Luc 8.40-42).

Comme je l’ai déjà laissé entendre, Jaïrus laisse au vestiaire son costume trois pièces, ses titres de noblesse, sa fierté et tout le reste, et il se fait tout petit parce qu’il est dans une profonde détresse, une angoisse indescriptible. Il connaît Jésus puisque ce dernier a prêché dans sa synagogue. Ce qu’il pense de lui ne nous est pas révélé, sauf qu’il croit que le Seigneur peut sauver son enfant. Cependant, sa foi n’est pas aussi grande que celle du centenier romain qui pourtant est un non-Juif. Lui, il n’a pas eu de difficulté à croire que Jésus avait l’autorité et le pouvoir de guérir son serviteur à distance. Jaïrus, qui fait partie de peuple de Dieu, pense au contraire que le Seigneur doit se déplacer et faire quelque chose, un rite, un tour de magie, toucher ou au moins parler à sa fille pour qu’elle guérisse. Il va transpirer à grosses gouttes.

Versets 43-48

Je continue.

Il y avait là une femme atteinte d’hémorragies depuis douze ans et qui avait dépensé tout son bien chez les médecins sans que personne ait pu la guérir. Elle s’approcha de Jésus par derrière et toucha la frange de son vêtement. Aussitôt, son hémorragie cessa. — Qui m’a touché ? demanda Jésus. Comme tous s’en défendaient, Pierre lui dit : — Voyons, Maître, la foule t’entoure et te presse de tous côtés. Mais il répondit : — Quelqu’un m’a touché ; j’ai senti qu’une force sortait de moi. En voyant que son geste n’était pas passé inaperçu, la femme s’avança toute tremblante, se jeta aux pieds de Jésus et expliqua devant tout le monde pour quelle raison elle l’avait touché, et comment elle avait été instantanément guérie. Jésus lui dit : — Ma fille, parce que tu as cru en moi, tu as été guérie, va en paix (Luc 8.43-48).

Jésus se met en route pour se rendre au chevet de la petite de 12 ans qui se meurt. Se pointe alors comme un cheveu sur la soupe venant d’on ne sait où, une femme qui arrête la progression du rabbin guérisseur. Voici donc un incident bien malencontreux pour Jaïrus car les minutes de sa fille sont comptées. Il doit penser que le ciel est en train de s’écrouler sur sa tête. La maladie de cette femme la rendait rituellement impure vis-à-vis de la loi, ce qui a des conséquences désastreuses sur sa vie sociale et religieuse. Elle n’aurait donc jamais dû traverser la foule ni toucher Jésus. A cette époque, l’art de la médecine en Palestine est très rudimentaire et l’accès aux médecins quelque peu compétents réservé à l’élite fortunée de la société. Comme aujourd’hui, beaucoup de charlatans tiraient profit de la souffrance et de la crédulité des malades. Cette femme n’a que faire de ce que peut dire la Loi, elle es déterminée à être guérie. Alors elle se force un passage jusqu’à Jésus, et empoigne sa tunique alors qu’il est occupé ailleurs. Elle pense pouvoir ainsi extraire une guérison du Christ, incognito, pour disparaître ensuite ni vue ni connue, ce qui dénote une certaine vision magique de Jésus, la notion populaire de cette époque qu’un guérisseur est doté d’une puissance jusque dans ses vêtements. Ça marche et elle ressent qu’elle est guérie. Pas si vite ! Jésus demande « Qui m’a touché », une question qui semble absurde aux disciples au vu de la foule qui presse Jésus de toutes parts et le bousculent. Mais lui, sachant ce qui s’est passé, cherche cette femme du regard, car il veut qu’elle se révèle publiquement afin d’affirmer sa foi et surtout de la détacher de ses croyances magiques. Se voyant découverte, elle avoue tout devant tout le monde, ce qui a dû être quelque peu humiliant. Mais en contrepartie, elle a obtenu une guérison immédiate et définitive. Cette histoire montre aussi la capacité de Jésus de distinguer l’action voulue de quelqu’un qui espère une délivrance, du contact accidentel des gens autour de lui.

Versets 49-56

Je finis le chapitre 8.

Il parlait encore quand quelqu’un arriva de chez le responsable de la synagogue et lui dit : — Ta fille vient de mourir, n’importune plus le Maître ! En entendant cela, Jésus dit à Jaïrus : — Ne crains pas, crois seulement : ta fille guérira. Une fois arrivé à la maison, il ne permit à personne d’entrer avec lui, sauf à Pierre, Jean et Jacques, ainsi qu’au père et à la mère de l’enfant. Ce n’était partout que pleurs et lamentations. Jésus dit : — Ne pleurez pas ; elle n’est pas morte, elle est seulement endormie. Les gens se moquaient de lui, car ils savaient qu’elle était morte. Alors Jésus prit la main de la fillette et dit d’une voix forte : — Mon enfant, lève-toi ! Elle revint à la vie et se mit aussitôt debout ; alors Jésus ordonna de lui donner à manger. Les parents de la jeune fille étaient stupéfaits. Mais Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qui s’était passé (Luc 8.49-56).

Jaïrus est très très mal; pendant toute la durée de cet incident il a eu des sueurs froides, maintenant elles sont glacées. Il se disait à voix basse : « Allons, allons, dépêchons, on va arriver trop tard, vite, allons-y ! » Bonjour l’angoisse ! La femme aux pertes de sang a retenu Jésus qui n’est pas arrivé à temps auprès de sa fille maintenant décédée. Le serviteur confirme les craintes du père mais il conclue un peu vite que la mort de la petite fille met fin à tout espoir. Ces gens, comme les disciples d’ailleurs, ne semblent pas vraiment comprendre qui est Jésus ni l’étendue de sa puissance. Le Seigneur, lui, redonne espoir à ce pauvre père en le sommant de croire qu’Il peut encore faire quelque chose. Jésus poursuit donc son chemin et arrive à la maison où les pleureuses professionnelles sont déjà à pied d’œuvre; le travail de deuil a commencé. Il ne fait pas attention aux moqueries et, d’après l’évangile selon Marc (5.40-41), il emmène avec lui dans la chambre de la défunte ses parents ainsi que trois de ses disciples. Puis le plus simplement du monde, Jésus s’adresse à la morte et comme ça d’un coup d’un seul, elle est à nouveau en vie, et sans aucun besoin de convalescence. Son désir de manger montre qu’elle est en parfaite santé; « quand l’appétit va, tout va »

Quelqu’un a écrit : « Le récit de ce double miracle porte, à chaque trait, le sceau de la vérité, de la simplicité et de la grandeur. Cette angoisse du père et cette timidité craintive de la femme ; cette agitation du peuple et cette tranquillité majestueuse du Seigneur ; cet étonnement des disciples et cette déclaration positive et réitérée : Quelqu’un m’a touché ; ce rire incrédule des uns (Luc 8:53) et cette explosion de douleur chez les autres (Luc 8:52) ; cette majesté qui commande à la mort, et ce soin d’en cacher les effets miraculeux, tout cela forme un tableau inimitable, d’une vivante réalité historique » Oosterzee.

Le chapitre 8 de l’évangile selon Luc est important car il contient la parabole du semeur dans laquelle Jésus met ses auditeurs en garde sur la façon dont ils écoutent la Parole de Dieu. Ensuite, Jésus a démontré de façon impressionnante son autorité : il maîtrise une tempête par sa seule parole ; il transforme un forcené possédé d’une multitude de démons en un témoin de sa grâce ; et finalement, il ressuscite une jeune fille. Il faut aussi noter que Jésus se présente comme le Maître de la loi de Moïse, car il s’est rituellement souillé au moins deux fois : en étant touché par la femme aux pertes de sang, et en prenant la main de la fillette décédée.

Chapitre 9

Versets 1-2

Nous arrivons maintenant au chapitre 9 où l’on voit culminer le ministère de Jésus en Galilée, au nord de la Palestine. Suite à quoi, le Seigneur va se mettre en route pour Jérusalem afin d’y accomplir la rédemption du genre humain. Je commence à lire.

Jésus réunit les Douze et leur donna le pouvoir et l’autorité de chasser tous les démons et de guérir les malades. Ensuite il les envoya proclamer le règne de Dieu et opérer des guérisons (Luc 9.1-2).

Aujourd’hui la psychiatrie officielle rejette la possession démoniaque et la considère comme une maladie mentale. Mais les Écritures font toujours une différence bien nette entre « guérir une maladie » et « chasser un démon ». Jésus est arrivé au sommet de son ministère en Galilée, mais il est limité par la nature humaine qu’il a endossée. Or, il veut lancer un appel général plus énergique à cette population qu’il va bientôt quitter. Dan ce but, il se décuple en quelque sorte dans ses apôtres qu’il a formés et qu’il envoie maintenant en mission. Revêtus de la puissance et de l’autorité de Jésus, les douze vont « proclamer le règne de Dieu et opérer des guérisons » comme lui. La capacité de faire des miracles étai l’un des signes distinctifs des apôtres de Jésus-Christ. L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens:

Les marques qui caractérisent un apôtre ont été produites parmi vous : une persévérance sans faille, des miracles, des prodiges, des actes extraordinaires (2Corinthiens 12.12).

Les pouvoirs surnaturels octroyés aux apôtres n’ont pas pour but de distraire et d’amuser la galerie. Ils sont donnés pour authentifier la personne du Christ et le message du royaume. Cependant, ces dons surnaturels s’estomperont rapidement; c’est ainsi que vers la fin de son ministère, l’apôtre Paul n’a plus le don de guérison. Dans sa dernière épître, il écrit :

Quant à Trophime, il était malade et je l’ai laissé à Milet (2 Timothée 4.20).

Versets 3-6

Je continue le chapitre 9.

Il leur donna (aux apôtres) les instructions suivantes : — Ne prenez rien pour le voyage : ni bâton, ni sac, ni provisions, ni argent. N’emportez pas de tunique de rechange. Si on vous accueille dans une maison, restez-y jusqu’à ce que vous quittiez la localité. Si personne ne veut vous recevoir, quittez la ville en secouant la poussière de vos pieds : cela constituera un témoignage contre eux. Ainsi les disciples partirent. Ils allaient de village en village. Partout, ils annonçaient la Bonne Nouvelle et guérissaient les malades (Luc 9.3-6).

Les instructions inhabituelles de Jésus ne sont que pour cette campagne d’évangélisation très particulière. L’urgence de la mission des douze exige qu’ils aient peu de bagages et ils doivent donc apprendre à dépendre uniquement et totalement de Dieu qui subviendra au logis et au couvert grâce à l’hospitalité des familles juives. Ce circuit sera de courte durée et ceux qui croiront à leur message et que Jésus est le Messie, seront heureux de les accueillir et de partager leurs biens avec eux. Par contre, les apôtres doivent couper tout lien avec les personnes qui ne les reçoivent pas. C’est la signification de « quittez la ville en secouant la poussière de vos pieds ». C’est ce que faisaient littéralement les Juifs pieux quand ils revenaient d’une contrée païenne.

Versets 7-9

Je continue.

Hérode, le gouverneur de la province, apprit tout ce qui se passait. Il était embarrassé. En effet, certains disaient : “ C’est Jean-Baptiste qui est ressuscité d’entre les morts ! ” et d’autres : “ C’est Élie qui a reparu ! ” D’autres encore : “ C’est un des prophètes d’autrefois qui est revenu à la vie ! ” Mais Hérode se disait : — Jean ? Je l’ai moi-même fait décapiter. Mais alors, qui est cet homme dont j’entends dire de si grandes choses ? Et il cherchait à le rencontrer (Luc 9.7-9).

Au fur et à mesure que le ministère des douze progresse, ils attirent toujours davantage l’attention. Même ce renard d’Hérode, un grand lâche et un despote de grande envergure, est très au courant des activités de Jésus et des apôtres.

Avec l’aval de Rome, Hérode régnait sur la Galilée et sur la Pérée, une région située à l’est du Jourdain. Il avait le titre de tétrarque qui veut dire « quatrième gouverneur ». Il habitait habituellement à Tibériade, ville qu’il avait fondée au bord du lac. Mais à l’époque de l’emprisonnement et de l’assassinat de Jean-Baptiste (Matthieu 14.3), il séjournait dans la forteresse de Machéronte, dans la Pérée (Josèphe;  (Antiquités, XVIII, 5, 2) parce qu’il était en guerre avec Arétas, roi d’Arabie, dont il avait répudié la fille.

Versets 10-11

Je continue.

Les apôtres revinrent et racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait. Il les prit alors avec lui et se retira à l’écart, du côté de la ville de Bethsaïda. Mais dès que les gens s’en aperçurent, ils le suivirent. Jésus leur fit bon accueil, il leur parla du règne de Dieu et guérit ceux qui en avaient besoin (Luc 9.10-11).

Dès que les 12 sont de retour, Jésus apprend l’assassinat de Jean-Baptiste et il éprouve alors le besoin de se retirer dans un coin tranquille (Matthieu 14.12,13). Il emmène ses apôtres avec lui pour qu’ils puissent se reposer (Marc 6.31) faire leur rapport, raconter comment leur mission s’est passée et s’encourager réciproquement dans leur début de ministère.

Il existe deux Bethsaïda. L’une est située entre Capernaüm et Tibériade sur la rive occidentale du lac. C’est la patrie de Pierre, d’André et de Philippe (Jean 1:44). Ici, il s’agit de Bethsaïda Julias au nord-est du lac (Matthieu 14:13; Marc 6:32). Jésus s’y rend en barque. Cependant et comme toujours, la foule rapplique, mais le Seigneur est bienveillant et donc, il les enseigne et pourvoit à leurs besoins.

Versets 12-13

Je continue.

Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : — Renvoie ces gens pour qu’ils aillent dans les villages et les hameaux des environs, où ils trouveront de quoi se loger et se ravitailler, car nous sommes ici dans un endroit désert. Mais Jésus leur dit : — Donnez-leur vous-mêmes à manger ! — Mais, répondirent-ils, nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. Ou alors faut-il que nous allions acheter de la nourriture pour tout ce monde ? Car il y avait bien là cinq mille hommes (Luc 9.12-13).

Voilà que les disciples se mettent à donner des conseils à leur Maître. La sagesse humaine dicte en effet cette course d’actions. Ces hommes ne semblent toujours pas très bien connaître Jésus, et auraient mieux fait de se taire et de lui demander ce qu’il voulait qu’ils fassent. En disant à ses disciples de nourrir cette foule, Jésus les met au pied du mur et dans une situation impossible. En effet, avec les femmes et les enfants, il y avait entre 15 et 20 000 bouches à nourrir.

Versets 14-17

Je continue.

Jésus dit à ses disciples : — Faites-les asseoir par groupes d’une cinquantaine de personnes. C’est ce qu’ils firent, et ils installèrent ainsi tout le monde. Alors Jésus prit les cinq pains et les deux poissons et, levant les yeux vers le ciel, il prononça la prière de bénédiction ; puis il les partagea et donna les morceaux à ses disciples pour les distribuer à la foule. Tout le monde mangea à satiété. On ramassa les morceaux qui restaient ; cela faisait douze paniers (Luc 9.14-17).

Finalement, les disciples prennent leur juste place, obéissent aux ordres de Jésus, et installent la foule en rangs. Puis Jésus, agissant comme l’hôte du repas, celui qui invite, prononce la bénédiction juive habituelle sur les 5 pains et les 2 poissons. Il regarde au ciel, considéré comme la demeure de Dieu, en dépendant du Père pour fournir miraculeusement la nourriture. Le temps des verbes indique une action continue. Jésus donnait, donnait toujours jusqu’à ce que tout le monde ait mangé à satiété. Cette multiplication des pains est le seul miracle qui apparaît dans les 4 Évangiles. Il montre bien que Jésus est véritablement le Messie. Qui d’autre en effet que Dieu peut créer des pains cuits et des poissons prêts à manger ? Les restes sont constitués du surplus de nourriture. Les 12 corbeilles témoignent que Jésus suffit pour satisfaire tous les besoins d’Israël et au-delà. Il apportera la prospérité à la nation si le peuple accepte de le recevoir.

Versets 18-21

Luc passe sous silence un grand nombre d’événements qui sont relatés par Matthieu (14.22-16.12) et Marc (6.45-8.27). Je continue le chapitre 9 de Luc.

Un jour, Jésus priait à l’écart, et ses disciples étaient avec lui. Alors il les interrogea : — Que disent les foules à mon sujet ? Qui suis-je d’après elles ? Ils lui répondirent : — Pour les uns, tu es Jean-Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, l’un des prophètes d’autrefois qui serait ressuscité. — Et vous, leur demanda-t-il alors, qui dites-vous que je suis ? Pierre prit la parole et dit : — Le Messie, envoyé par Dieu ! — Ne le dites à personne, leur ordonna Jésus (Luc 9.18-21).

Des opinions contradictoires circulent sur l’identité du Seigneur. Mais lui veut entendre de la bouche de ses disciples qui il est. Pierre, le porte-parole du groupe, dit vrai, mais Jésus ne veut pas que ça se sache parce qu’il ne veut pas nourrir les espérances de ceux qui attendent un Messie glorieux (Jean 6.14,15), ni provoquer ses adversaires.

Versets 22-26

Je continue.

Et il ajouta : — Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup et soit rejeté par les responsables du peuple, les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi ; il doit être mis à mort et ressusciter le troisième jour. Puis, s’adressant à tous, il dit : — Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. En effet, celui qui est préoccupé de sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Si un homme parvient à posséder le monde entier, à quoi cela lui sert-il s’il se perd ou se détruit lui-même ? Si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme, à son tour, aura honte de lui quand il viendra dans sa gloire, dans celle du Père et des saints anges (Luc 9.22-26).

C’est la première fois que Jésus parle en détail de son ultime mission : il doit souffrir, mourir et ressusciter. Puis il discute l’attitude de ses disciples qui doit être la même que la sienne, c’est-à-dire ne pas orienter son existence en fonction de ses petits intérêts personnels, mais vivre en étant soumis à la volonté de Dieu. Le renoncement à soi s’opère graduellement. Celui qui décide de maintenir une vie centrée sur lui-même dans ce monde, en poursuivant ses propres ambitions perdra finalement sa vie. Par contre, celui pour qui le Seigneur est sa raison d’être, le point d’ancrage de son passage sur terre, vivra pour l’éternité.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.