Chapitre 4

Introduction

Au collège et en cours d’histoire, il faut mémoriser des tas de dates d’événements importants qui ont marqué un peuple. Or, la plupart du temps il s’agit d’une bataille car la guerre est semble-t-il l’occupation préférée des hommes. Il y a cependant un conflit dont il n’est jamais question dans les livres d’histoire et pourtant, c’est de loin le plus considérable et le plus significatif des combats qui ne s’est jamais déroulé sur terre. Il nous est relaté par Matthieu, Marc et Luc et ses enjeux étaient infinis. Presque tous les jours, chacun d’entre nous doit faire face à diverses difficultés inhérentes à la vie. Tout être humain, qu’il soit chrétien ou pas, est éprouvé. En fait, s’il est croyant, il a des problèmes supplémentaires à cause de sa foi en Jésus-Christ, et il en était d’ailleurs de même d’Israël parce que c’était le peuple choisi. Je lis un passage tiré du dernier livre de Moïse :

N’oublie jamais tout le chemin que l’Éternel ton Dieu t’a fait parcourir pendant ces quarante ans dans le désert afin de te faire connaître la pauvreté pour t’éprouver. Il a agi ainsi pour découvrir tes véritables dispositions intérieures et savoir si tu allais, ou non, obéir à ses commandements (Deutéronome 8.2).

Dans le passage de l’évangile selon Luc qui nous occupe, Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste qui l’a présenté au peuple comme le Sauveur, puis le Saint-Esprit le conduit immédiatement dans le désert afin qu’il livre bataille au diable. Il faut bien garder à l’esprit que ce personnage est réel et non pas une influence impersonnelle mauvaise qui serait culturel ou surgirait d’on ne sait où. Les Écritures présentent toujours Satan comme une créature de Dieu. En fait et à l’origine, il était l’ange le plus brillant, le plus beau et le plus glorieux. Le prophète Esaïe l’appelle « astre brillant, fils de l’aurore (Esaïe 14.12) », et le prophète Ezéchiel écrit :

Par ta grande sagesse et ta beauté parfaite, tu étais un modèle de perfection. Tu étais     en Eden, dans le jardin de Dieu. Tu étais recouvert de pierres très précieuses de             toutes les espèces : rubis, topaze et diamant, chrysolithe et onyx, jaspe, saphir, escarboucle, émeraude. Tes tambourins, tes fifres étaient d’or ouvragé, ils furent      préparés le jour même où tu fus créé. Or, je t’avais placé avec un chérubin ayant rôle             de protecteur ; c’est pourquoi je t’ai oint sur ma montagne sainte. C’est là que tu           étais. Tu allais et venais au milieu de ces pierres aux feux étincelants (Ezéchiel 28.12-14).

Malheureusement, ce chérubin protecteur s’est rebellé contre son Créateur. Ezéchiel écrit :

Tu as été irréprochable dans toute ta conduite depuis le jour où tu as été créé, jusqu’à   ce que le mal se soit trouvé chez toi. Ton commerce prospère t’a entraîné à la violence qui a rempli ton cœur. Alors tu as péché, je t’ai mis au rang des profanes en te            chassant de ma montagne. [..] De ta grande beauté, tu t’es enorgueilli et tu as laissé       ta splendeur pervertir ta sagesse. Je t’ai précipité à terre (Ezéchiel 28.15-17).

C’est ainsi que la plus glorieuse des créatures de Dieu est devenue Satan. Rusé et méchant, il se présente sous bien des aspects; il peut apparaître tel un lion rugissant mais le plus souvent, il se déguise en ange de lumière (2 Corinthiens 11.14) afin de tromper car il est « menteur et père du mensonge (Jean 8.44) » a dit Jésus. Satan est particulièrement actif et à l’aise dans les religions; il fait aussi beaucoup de politique et fréquente donc les palais et les chancelleries dans lesquels il tire les ficelles qui régissent notre monde. Ni vous ni moi ne le rencontrerons en personne parce que nous sommes du menu fretin sans importance pour lui et il n’a pas de temps à perdre car il sait que ses jours sont comptés. Par contre, vous avez de fortes chances de faire connaissance avec l’un de ses nombreux acolytes, en particulier si vous trempez dans l’une des diverses formes d’occultisme.

Maintenant on peut se demander pourquoi Satan s’est attaqué ainsi à Jésus ? La réponse nous est donnée par sa généalogie qui se termine en affirmant que le Christ est Fils de Dieu par Adam, le premier homme. La relation de Jésus avec l’Éternel est évidemment tout ce qu’il y a de plus intime; il est le Fils qui fait toute la joie de son Père, et l’Esprit repose sur Lui. Mais d’un autre côté, en épousant la race humaine, Jésus est fils d’Adam et donc solidaire de l’humanité et en particulier des hommes avec lesquels l’Éternel a établi une alliance : Adam, Noé, Abraham, et David. En Jésus-Christ se concentre tout le dessein de Dieu pour la race humaine. Il n’est donc guère étonnant que le diable ait cherché et cherche toujours à contrecarrer les plans du Seigneur en s’attaquant à Jésus, le second et nouvel Adam. Tout ceci pour dire que la tentation du Christ fut le combat des chefs. D’un côté, Jésus, Dieu fait homme et donc fortement limité, et de l’autre le diable qui a déjà à son actif la rébellion de nos premiers parents. De la même manière qu’il a vaincu Adam et Ève, Satan va attaquer Jésus-Christ qui se présente dans l’arène comme notre champion, le mien et le vôtre. La bataille se présente sous la forme d’une épreuve que les Écritures appellent « la tentation ». Le mot grec ainsi traduit a un double sens, car il veut aussi bien dire « mettre à l’épreuve », que « séduire et inciter à commettre le mal ». Dieu éprouve la foi de quelqu’un dans le but de la fortifier, alors que le diable cherche au contraire, à provoquer sa chute. L’Esprit de Dieu peut donc souverainement m’éprouver en vue de mon bien alors que le diable en profite pour me tenter et de me faire du mal. Jacques, le demi-frère de Jésus, écrit :

Dieu est inaccessible à la séduction du mal, il ne peut donc tenter quiconque (Jacques 1.13).

Dieu a mis Abraham à l’épreuve en lui demandant d’offrir son fils Isaac en sacrifice. La tentation pour lui était alors de désobéir et il avait de bonnes raisons de le faire. Mais il passa l’épreuve avec brio et devint l’exemple type de la foi en Dieu. Je suis personnellement tenté d’enfreindre les commandements de Dieu de mille et une façons et je n’ai pas besoin du diable pour y céder. Il y a en moi quelque chose qui fait que je peux facilement tomber dans les pièges de la vie, mais je n’ai aucunement envie de vous donner des exemples.

Les Textes Sacrés, et le Nouveau Testament en particulier, enseignent que chacun d’entre nous est captif de la chair, c’est-à-dire le désir spontané et impérieux de faire comme bon me semble en faisant fi de Dieu, de ses commandements et de sa volonté (Romains 7.14-23). Nous pouvons nous comparer à un fil de pêche. Si on tire dessus en augmentant sans cesse la tension, tôt ou tard il finit par casser. C’est comme ça qu’on manque de belles pièces à la rivière ou à la mer. Ainsi, quand je suis soumis à la tentation et qu’elle augmente en intensité, je finis par craquer. Il n’en était pas ainsi du Christ, heureusement pour nous. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Jésus est saint, pleinement innocent, indemne de tout péché, séparé des pécheurs et il     a été élevé plus haut que les cieux (Hébreux 7.26).

Jésus lui-même a dit à ses disciples :

Le prince du monde vient. Il n’a aucune prise sur moi (Jean 14.30).

Comme le mal ne faisait pas partie de l’expérience personnelle du Christ, il n’offrait pas de porte d’entrée aux assauts répétés du malin. Comme je l’ai dit, ce qu’on a coutume d’appeler « la tentation du Christ » était en réalité une mise à l’épreuve. Dans le monde économique, les nouveaux produits ne sont généralement mis sur le marché qu’après avoir subi une batterie de tests sur un banc d’essai, et été éprouvés dans leur utilisation réelle de tous les jours. Plus un produit résiste à la sévérité des tests qu’on lui applique, meilleure est sa qualité. Le pompier qui doit pénétrer dans un bâtiment en flammes espère que ses vêtements en amiante ont passé avec succès l’épreuve du feu que le fabriquant lui a fait subir.

La première fois que je suis allé dans un magasin Ikea, j’ai été fasciné par les preuves de solidité qui étaient faites, ici d’un fauteuil, là d’une armoire, soit avec des poids, soit par un mouvement aller-retour continuel imposé à une porte des jours et des nuits. Le but de ces manœuvres n’est pas de démolir le matériel, mais de prouver qu’ils est de grande qualité.

J’ai lu l’histoire suivante d’un prédicateur américain célèbre qui raconte sa jeunesse. Je le cite : Lorsque j’étais petit garçon, j’habitais à l’ouest de l’état du Tennessee sur la rive du fleuve Brazos. En été, il n’y avait pas assez d’eau pour rouiller un clou. En hiver, par contre, il y en avait suffisamment pour immerger un porte-avion. Une année, une inondation emporta un pont de chemin de fer qui traversait le fleuve. Des ouvriers arrivèrent rapidement pour en construire un nouveau. Quand il fut terminé, ils firent venir deux énormes locomotives qui s’immobilisèrent sur le pont tout neuf et qui se mirent toutes deux à siffler en même temps. À ce bruit, nous avons tous accourus pour voir ce qui se passait. Un brave homme demanda à l’un des conducteurs : « Que faites-vous ? » Il répondit : « Nous testons le pont ». « Pensez-vous qu’il va résister ? », demanda l’homme. « Bien sûr que oui ! », affirma le conducteur. « Alors, pourquoi placez-vous ces deux énormes locomotives sur le pont ? », demanda encore l’homme. « Pour prouver qu’il ne cédera pas ! », répliqua le conducteur. Cette histoire explique pourquoi Jésus-Christ, qui est pourtant le Fils de Dieu, a été obligé de subir une dure épreuve, et traverser pendant 40 jours un champ de mines que le diable avait planté, pour ainsi dire. C’est Dieu qui l’a voulu ainsi afin de prouver à l’univers entier que son Fils est parfait et possède les qualifications requises pour être le Sauveur du monde. Le plus beau des diamants est reconnu comme tel parce qu’il a été rigoureusement testé et déclaré sans impuretés. Tout au début de son ministère, Jésus est donc mis à l’épreuve pour montrer que le mal ne trouve aucune résonance en lui; il ne peut pas tomber dans le péché.

Verset 3

Je continue maintenant à lire la suite de ce chapitre 4.

(Jésus, rempli de l’Esprit Saint, revint du Jourdain et le Saint-Esprit le conduisit dans le désert où il fut tenté par le diable durant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ils furent passés, il eut faim; Luc 4.1-2). Alors le diable lui dit : — Vu que tu es le Fils de Dieu, ordonne donc à cette pierre de se changer en pain (Luc 4.3).

Dans cette première tentation, le diable ne met pas en cause le statut de Fils de Dieu de Jésus proclamé par son Père au moment de son baptême. De plus, si Jésus avait fait un miracle et transformé des pierres en pain pour satisfaire sa faim, il n’aurait pas transgressé la Loi. D’ailleurs plus tard au cours de son ministère, Jésus va créer suffisamment de pain pour nourrir une fois 5 000 hommes et une autre fois 4 000, sans compter les femmes et les enfants.

Sachant très bien que le Christ ne peut pas être tenté directement par le mal, le diable ne lui demande pas d’enfreindre l’un des commandements de Moïse. Non !, la ficelle serait bien trop grosse. Ce que Satan cherche à faire c’est de pousser Jésus à démontrer sa puissance divine et en tirer profit en dehors du plan partait de Dieu. La tentation réside donc dans la suggestion subtile d’agir indépendamment de son Père pour satisfaire des besoins physiques pourtant tout à fait légitimes. Ce n’est pas une faute que de manger pour apaiser sa faim, mais le moyen d’obtenir la nourriture peut aller à l’encontre de la volonté de Dieu. Jésus aurait désobéi à son Père s’il avait créé une belle miche de pain croustillante de son propre chef, indépendamment de son Père. Dans cette première épreuve, Satan fait jouer ce que les Textes Sacrés appellent « la convoitise de la chair » (1 Jean 2.16), ce qui est toujours une incitation à enfreindre une ordonnance divine. C’est exactement ce qui s’est passé dans le jardin d’Éden quand le diable a fait tomber Ève entre ses mains. Je lis le passage :

Alors le Serpent dit à la femme : – Mais pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Seulement Dieu sait bien que le jour où vous en mangerez (du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin), vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, choisissant vous-mêmes entre le bien et le mal. Alors la femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable aux yeux, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit donc de son fruit et en mangea (Genèse 3.4-6).

Eve vit que le fruit était bon à manger et elle en mangea. Elle aurait pu se nourrir des fruits de n’importe quel arbre du jardin d’Eden, mais non, ça ne suffisait pas, il lui fallait du fruit défendu. Satan a très peu d’estime pour la race humaine et je le comprends. Il l’a d’ailleurs déclaré à l’Éternel lorsque concernant Job, il lui a dit :

Peau pour peau, tout ce qu’un homme possède, il le donnera pour sauver sa vie (Job 2.4).

Depuis toujours et aujourd’hui encore, l’être humain est prêt à tout, non seulement pour sauver sa peau, mais aussi pour satisfaire les passions de son corps, que ceux-ci soient légitimes ou pas. C’est ce qui explique l’attrait démesuré qu’exerce l’argent sur nos contemporains. Au début des années soixante, un groupe (les missiles; 1963) chantait : Pour ce petit bout de papier qui peut tout acheter, je vois faire autour de moi n’importe quoi pour toucher quelques billets .. c’est vrai. Tout le monde se battrait. La philosophie des gens qui nous entourent et même de ceux dans le monde entier se résume aux paroles de cette chanson, et à celles du prophète Esaïe, dont la dernière phrase est reprise par l’apôtre Paul. Esaïe écrit :

C’est la joie et la liesse : on égorge des bœufs, on abat des moutons, des chèvres, on se gorge de viande, on boit du vin et l’on dit : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons (Ésaïe 22.13; 1 Corinthiens 15.32).

La recherche du plaisir est devenue le but de l’existence pour la plupart des gens, et c’est ce qui explique l’immense popularité du libertinage. Ça se comprend. En effet, si je n’ai pas d’autre espérance que cette courte vie terrestre, j’ai intérêt à en profiter un maximum pendant que je peux parce que « quand on est mort c’est pour longtemps » (Arnaud le Gouefflec).

Verset 4

Je continue à lire le chapitre 4 de l’évangile selon Luc.

Jésus répondit au diable : — Il est dit dans l’Écriture : L’homme n’a pas seulement besoin de pain pour vivre (Luc 4.4).

Jésus, qui connaît l’Ancien Testament sur le bout des doigts, sait que Dieu a un plan précis pour lui. Il a donc une confiance absolue en son Père, qui subviendra à ses besoins en temps voulu. Il cite un texte de Moïse dans lequel ce dernier rappelle au peuple d’Israël que l’Éternel lui a toujours donné de quoi satisfaire sa faim, mais qu’il doit continuellement avoir foi en lui afin de survivre dans le désert.

Versets 5-8

Je continue.

Le diable l’entraîna sur une hauteur, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre et lui dit : — Je te donnerai la domination universelle ainsi que les richesses et la gloire de ces royaumes. Car tout cela a été remis entre mes mains et je le donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, tout cela sera à toi. Jésus lui répondit : — Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte (Luc 4.5-8).

Cette épreuve correspond à ce que les Écritures appellent « la convoitise des yeux » (1 Jean 2.16). Pour reprendre l’exemple d’Ève, il nous est dit que dans le jardin d’Éden, elle « vit que le fruit de l’arbre était agréable aux yeux ». Satan ne bluffait pas; l’offre qu’il a faite à Jésus était réelle, et s’il l’avait acceptée, il aurait effectivement hérité tous les royaumes de la terre sans passer par la croix ce qui bien sûr n’était pas la volonté de Dieu. Mais Jésus ne se laisse pas prendre et répond au diable en citant à nouveau un texte de Moïse, dans lequel ce dernier s’adresse à Israël une fois que la nation a pénétré en Palestine en conquérante victorieuse. Par ces paroles : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte (Deutéronome 6.13), Moïse met le peuple en garde contre lui-même de peur qu’il oublie d’adorer l’Éternel et se confie dans les idoles que servent les païens autour de lui. Jésus ne va pas se montrer infidèle comme Israël, mais va rester soumis à Dieu son Père.

Versets 9-12

Je continue le texte.

Le diable le conduisit ensuite à Jérusalem, le plaça tout en haut du Temple et lui dit : — Si tu es le Fils de Dieu, saute d’ici, lance-toi dans le vide, car il est écrit : Il donnera ordre à ses anges de veiller sur toi, et encore : Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte aucune pierre. Jésus répondit : — Il est aussi écrit : Tu ne chercheras pas à forcer la main au Seigneur, ton Dieu (Luc 4.9-12).

Cette nouvelle épreuve correspond à ce que les Écritures appellent « l’orgueil de la vie » (1 Jean 2.16). Pour continuer l’exemple d’Ève, le texte de la Genèse dit que dans le jardin d’Éden, elle « vit que le fruit de l’arbre était précieux pour ouvrir l’intelligence ». « Ouvrir l’intelligence » est donc la troisième raison pour laquelle Eve a suivi Satan. La première est la convoitise de la chair quand Eve a décidé que le fruit était bon à manger et elle en mangea; la deuxième est la convoitise des yeux quand elle a regardé et vu et a cru que le fruit était bon à manger.

Le diable met donc Jésus au défi de se jeter du haut du temple, sans doute du coin du mur qui surmonte la profonde vallée du Cédron. Satan laisse entendre par là, que si la nation voit Jésus échapper à la mort après un tel saut, elle l’acceptera immédiatement comme Fils de Dieu. Il est vrai qu’une telle acrobatie aurait été très impressionnante. Le diable sort le grand jeu car il cite même un passage des Écritures qui dit que Dieu protégera le Messie contre toute blessure.  Mais Jésus ne travaille pas dans un cirque et il n’est pas venu pour amuser la galerie. Il sait que s’il est accepté par le peuple sans passer par la croix, la volonté de Dieu sera usurpée. Il répond donc : « Tu ne chercheras pas à forcer la main au Seigneur, ton Dieu (Deutéronome 6.16) », qui est l’un des commandements que Moïse a donnés au peuple d’Israël, alors que celui-ci se demandait si oui ou non, l’Éternel était avec lui, essayant ainsi de forcer Dieu à se révéler par quelque prodige. Jésus, lui, a toute confiance que son Père est avec lui, et que son plan, ainsi que le moment qu’il a choisis pour le réaliser, sont parfaits. Il s’attend donc à lui et désire seulement accomplir sa volonté. Jésus ne veut pas régner en adoptant la solution de facilité. Il sait qu’avant de porter la couronne de gloire, il lui faudra porter celle d’épines.

Verset 13

Je continue.

Lorsque le diable eut achevé de le soumettre (Jésus) à toutes sortes de tentations, il s’éloigna de lui jusqu’au moment propice (Luc 4.13).

Le diable a perdu la première manche et bat en retraite, un signe qu’il reconnaît sa défaite pour l’instant. Contrairement au premier homme Adam, Jésus a su résister à Satan et a passé l’épreuve du feu avec brio.