Chapitre 22

Versets 17-20

Mourir seul comme un chien n’est pas humain. La coutume et la bienséance veulent que, dans la mesure du possible, devant l’inévitable, quand quelqu’un est sur le point de partir dans l’Au-delà, sa famille se rassemble autour de lui. Eh bien c’était aussi le désir de Jésus. En effet, alors qu’il sait qu’il doit devenir l’Agneau de Dieu en étant crucifié, il dit à ses disciples : – J’ai vivement désiré célébrer cette Pâque avec vous avant de souffrir. Je continue à lire dans le chapitre 22 de l’évangile selon Luc.

Puis il prit une coupe, prononça la prière de reconnaissance et dit : — Prenez cette coupe et partagez-la entre vous, car, je vous le déclare, dorénavant, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit établi. Ensuite il prit du pain, remercia Dieu, le partagea en morceaux qu’il leur donna en disant : — Ceci est mon corps qui est donné pour vous. Faites cela en souvenir de moi. Après le repas, il fit de même pour la coupe, en disant : — Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous (Luc 22.17-20).

Jésus explique à ses disciples la nouvelle signification de la cérémonie du pain et du vin. Ces deux aliments fragiles font partie intégrante de la culture juive; ce sont les éléments de base de tous les repas. Comme Jésus est présent et vivant au milieu de ses disciples quand il prononce ces paroles, il est évident qu’il ne peut pas matériellement leur donner son corps à manger et son sang à boire, et donc que ces paroles ont un sens symbolique. Quand on rappelle ainsi la mort du Sauveur, on reconnaît s’être approprie intérieurement et personnellement l’efficacité du sacrifice de Jésus. Celui qui accomplit cet acte avec une foi vivante, entre dans la communion réelle du corps et du sang de Christ (comparez 1 Corinthiens 10:16).

C’est souvent par une statue en bronze ou en marbre que les grands de ce monde veulent être rappelés au bon souvenir de leur postérité. Jésus a choisi le pain et le vin. Par ces symboles, il montre que son corps brisé et son sang versé sont nécessaires pour instituer la Nouvelle Alliance. Il est le sacrifice offert pour ôter les fautes de tous les hommes de tous les temps. Jésus est l’Agneau de Dieu qui enlève mon péché et le vôtre si vous l’acceptez.

En se séparant des siens qu’il aime, Jésus veut rester et vivre au milieu d’eux. Alors, il leur fait cette recommandation touchante: « Faites ceci en mémoire de moi ! (comparez 1 Corinthiens 11.26). » Presque 20 siècles se sont écoulés depuis; des empires et des royaumes ont disparu, et ce mémorial si simple est encore célébré avec amour sur toute la face de la terre, et il le sera jusqu’à la fin des siècles.

Versets 21-23

Je continue le texte.

— D’ailleurs, voici, celui qui va me trahir est ici, à table avec moi. Certes, le Fils de l’homme s’en va selon ce que Dieu a décidé, mais malheur à l’homme par qui il est trahi ! Alors les disciples se demandèrent les uns aux autres lequel d’entre eux allait faire cela (Luc 22.21-23).

Ce passage souligne la souveraineté de Dieu qui décrète tout ce qui arrive, et la responsabilité de l’homme qui doit assumer les conséquences de ses actes. Ces deux vérités paradoxales fonctionnent ensemble; elles sont un peu comme des parallèles qui se coupent à l’infini.

Le récit de Luc n’est pas chronologique; il s’attache plutôt à établir un contraste entre, d’une part, la grandeur d’âme du Seigneur, et d’autre part, la perversité de Judas, l’arrogance des disciples qui ne va pas tarder à se révéler, et le reniement de Pierre. Judas était présent au repas de Pâque, mais il n’a pas assisté à la cérémonie-souvenir du pain et du vin. Dans l’évangile selon Jean nous lisons :

Oui, vraiment, je vous l’assure : l’un de vous me trahira. Seigneur, de qui s’agit‑il ? Et Jésus lui répondit : ‑ Je vais tremper ce morceau de pain dans le plat. Celui à qui je le donnerai, c’est lui. Là‑dessus, Jésus prit le morceau qu’il avait trempé et le donna à Judas, fils de Simon Iscariot. Dès que Judas eut pris le morceau de pain, il se hâta de sortir. Il faisait nuit (Jean 13.21,25,26,30).

Jésus doit mourir parce que sans sa mort, aucun être humain ne peut être sauvé et c’est le seul moyen pour Dieu d’ôter la malédiction qui pèse sur l’univers et sur nous. Toutefois, Judas est totalement responsable de ses actes. Il est voleur mais il a si bien su caché son jeu que les disciples ne se doutent de rien et lui font pleinement confiance.

Versets 24-26

Je continue.

Les disciples eurent une vive discussion : il s’agissait de savoir lequel d’entre eux devait être considéré comme le plus grand. Jésus intervint : — Les rois des nations, dit-il, dominent leurs peuples, et ceux qui exercent l’autorité sur elles se font appeler leurs “ bienfaiteurs ”. Il ne faut pas que vous agissiez ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et que celui qui gouverne soit comme le serviteur (Luc 22.24-26).

Alors que nous ne sommes qu’à quelques jours de la croix, il est choquant de constater que les disciples se comportent des gamins sur un tas de sable qui se disputent le même jouet. Cette contestation éclate au moment de se mettre à table, alors que chaque disciple prétendait peut-être occuper la place d’honneur, ou alors parce que personne ne voulait se charger du lavement des pieds en usage chez les Juifs avant le repas. Quelle qu’en soit la raison, la conduite des disciples est à pleurer. Jésus utilise cet incident pour leur donner une leçon sur l’humilité. Plutôt que de vouloir la première place, chacun d’eux doit se comporter comme le plus jeune d’une famille. Or, à cette époque, il devait se dévouer aux autres membres de la maisonnée. Jésus invite donc ses disciples à faire de même et à ne pas chercher les honneurs.

Verset 27

Je continue.

À votre avis, qui est le plus grand ? Celui qui est assis à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est assis à table ? Eh bien, moi, au milieu de vous, je suis comme le serviteur… (Luc 22.27).

Pendant toute sa vie terrestre, Jésus a été un exemple d’humilité et de dévouement. Il a dit lui-même que : « le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup (Matthieu 20.28) ». Lui, le Seigneur a pris la position de serviteur et même d’esclave quand il a lavé les pieds de ses disciples (Jean 13.1-5). Mais il est descendu encore bien plus bas en mourant comme un criminel sur la croix, une mort infâme et maudite afin de racheter de la perdition éternelle ceux qui croiront en lui.

Versets 28-30

Je continue.

— Vous êtes restés fidèlement avec moi au cours de mes épreuves. C’est pourquoi, comme mon Père m’a donné le royaume, je vous le donne, à mon tour : vous mangerez et vous boirez à ma table, dans mon royaume, et vous siégerez sur des trônes pour gouverner les douze tribus d’Israël (Luc 22.28-30; comparez Matthieu 19.28).

Ce passage surprend un peu parce que Jésus qualifie ses disciples de fidèles alors qu’il faut un peu d’imagination pour en venir à cette conclusion. D’un autre côté, c’est très encourageant car cela montre que malgré toutes leurs faiblesses, Jésus porte un regard positif sur eux parce qu’ils sont restés avec lui malgré les persécutions et le mépris qu’ils ont dû endurer à cause de lui. Je peux donc croire qu’il en sera de même pour moi si je persévère jusqu’au bout.

Il faut savoir que si l’entrée dans le royaume est gratuite, les bonnes places sont payantes. En effet, tous ceux qui ont fait entièrement confiance à Jésus-Christ sont admis d’office dans le royaume où ils connaîtront une communion intime avec Dieu, les félicités célestes et la plénitude de la vie. Mais ils ont aussi la possibilité de partager la puissance et la gloire de leur Sauveur, de recevoir des récompenses et d’obtenir un poste à responsabilités pour l’éternité. Ces nombreux avantages seront distribués en fonction de leur fidélité et de leur zèle envers Dieu quand ils étaient sur terre.

Versets 31-34

Je continue.

— Simon, Simon ! fais attention : Satan vous a réclamés pour vous passer tous au crible, comme on secoue le blé pour le séparer de la bale. Mais moi, j’ai prié pour toi, pour que la foi ne vienne pas à te manquer. Et toi, le jour où tu seras revenu à moi, fortifie tes frères. — Seigneur, lui dit Simon, je suis prêt, s’il le faut, à aller en prison avec toi, ou même à mourir. — Pierre, reprit Jésus, je te l’assure : aujourd’hui même, avant que le coq ne chante, tu auras, par trois fois, nié de me connaître (Luc 22.31-34).

Le rôle attribué à Satan est le même ici que dans l’Ancien Testament. Il est celui qui pourvoit aux occasions de tomber et pousse à la chute. De toute évidence, il a demandé la permission à Dieu d’éprouver les apôtres comme il l’a fait pour Job (comparez Job 1.11,12; 2.3-6). Arès avoir réussi avec Judas, il s’attaque maintenant à Pierre qui est vulnérable à cause de son arrogance. Jésus a prié pour lui afin qu’il ne sombre pas dans le désespoir comme Judas mais qu’il garde foi en son Maître et à son amour pour lui. Aujourd’hui encore, Jésus prie pour les siens. Je lis le passage :

Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! (Romains 8.34).

Jésus prédit le reniement de Pierre, mais aussi son rétablissement et son futur rôle de dirigeant, un mandat qu’il a bien rempli puisqu’il c’est lui, l’agent humain qui a fondé l’Eglise (Actes 2; 10). Sa foi a bien failli mais ce ne fut que provisoire. Sincère, il proteste avec véhémence la prédiction de Jésus car la pensée de renier son Maître qu’il aime, le répugne. Mais c’est exactement ce qu’il va faire. Pierre a encore manqué une belle occasion de se taire.

Versets 35-36

Je continue.

Puis, s’adressant à l’ensemble des disciples, il continua : — Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac de voyage, ni sandales, avez-vous manqué de quoi que ce soit ? — De rien, dirent-ils. — Eh bien maintenant, poursuivit-il, si vous avez une bourse, prenez-la ; de même, si vous avez un sac, prenez-le, et si vous n’avez pas d’épée, vendez votre manteau pour en acheter une (Luc 22.35-36).

Sous l’impulsion des chefs religieux, le peuple va se retourner contre Jésus, demander sa mort puis il sera hostile aux disciples qui ne pourront compter que sur eux-mêmes. La mention de l’épée est symbolique car Jésus ne prône pas l’usage de la force. Au contraire, plus tard il dira à Pierre :

Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée (Matthieu 26.52).

Jésus invite donc ses disciples à s’armer de force morale pour faire face aux dangers à venir.

Versets 37-38

Je continue.

Car il est écrit : Il a été mis au nombre des criminels, et cette parole doit s’accomplir pour moi. Car tout ce qui a été écrit de moi va s’accomplir. — Seigneur, lui dirent-ils, voilà justement deux épées. Cela suffit ! leur répondit-il (Luc 22.37-38).

Jésus cite une phrase d’une prophétie de l’Ancien Testament qui est :

Il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort et s’est laissé compter parmi les malfaiteurs, car il a pris sur lui les fautes d’un grand nombre, il est intervenu en faveur des coupables (Ésaïe 53.12).

Les deux épées suffisent car ce n’est pas avec des armes que les disciple vont établir l’Eglise.

Verset 39

Je continue.

Alors il (Jésus) sortit et se dirigea, comme d’habitude, vers le mont des Oliviers. Ses disciples s’y rendirent aussi avec lui (Luc 22.39).

Jésus se rend au mont des Oliviers pour prier afin de recevoir la force nécessaire pour endurer l’épreuve terrible qui l’attend, la crucifixion mais surtout la colère de son Père. Il va devoir boire jusqu’à la lie la coupe amère de la malédiction de Dieu sur l’homme. Mais auparavant, Il doit croiser à nouveau le fer avec Satan qui va tenter de faire en sorte qu’il renonce à la croix. Ce sinistre personnage a déjà essayé au moins une fois en utilisant l’apôtre Pierre. Je lis le passage :

Alors Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches : — Que Dieu t’en préserve, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ! Mais Jésus, se retournant, lui dit : — Arrière, “ Satan ” ! Éloigne-toi de moi ! Tu es un obstacle à ma mission, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu ; ce sont des pensées tout humaines (Matthieu 16.22-23).

Quand Adam et Ève ont désobéi à Dieu et suivi les conseils du diable déguisé en serpent, la scène se passait dans le jardin d’Éden. Le mont des Oliviers est aussi un jardin, une oliveraie. C’est là que va se livrer la bataille ultime entre Satan et Jésus, le champion de l’homme. Mais contrairement à nos premiers parents, le Seigneur ne va pas se laisser influencer par le diable; il va obéir pleinement à la volonté de son Père et accomplir ainsi la rédemption de l’humanité.

Verset 40

Je continue.

Quand il fut arrivé, il leur dit : — Priez pour ne pas céder à la tentation (Luc 22.40).

Jésus somme ses disciples de lutter dans la prière contre le diable qui est là, qui rôde cherchant à les l’utiliser contre Jésus. La stratégie de Satan est difficile à saisir parce que le mal est irrationnel et un mystère. Mais d’autre part, le malin ne contrôle pas totalement ni les événements ni les êtres humains qui sont pourtant à son service. Il s’est emparé de Judas pour trahir Jésus, mais il ne veut pas que ce dernier accomplisse la rédemption de l’humanité; il est semble-t-il à court de moyens.

Selon l’enseignement des Écritures, tôt ou tard, toute rébellion contre Dieu finit par une autodestruction. C’est peut-être la meilleure façon de comprendre les actions contradictoires  du diable envers Jésus. Ce qui est sûr, c’est qu’il connaît bien les Écritures, et donc il sait que la croix signifie la fin des droits qu’il a acquis sur l’humanité quand Adam et Ève l’ont suivi en désobéissant à l’Eternel.

Versets 41-44

Je continue.

Puis il (Jésus) se retira à la distance d’un jet de pierre, se mit à genoux et pria ainsi : — Ô Père, si tu le veux, écarte de moi cette coupe ! Toutefois, que ta volonté soit faite, et non la mienne. Un ange venu du ciel lui apparut et le fortifia. L’angoisse le saisit, sa prière se fit de plus en plus pressante, sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient à terre (Luc 22.41-44).

Littéralement le texte dit : « Puis lui-même fut retiré ». Le verbe à la forme passive indique un mouvement brusque. Jésus s’est fait violence; il est arraché par l’angoisse à cause du besoin impérieux qu’il éprouve d’être seul avec Dieu son Père.

Le dénouement du plus grand drame des siècles est proche, et le diable jette son ombre ténébreuse dans l’esprit du Seigneur. D’après l’évangile selon Matthieu (26.38), au moment de l’épreuve, dans cette heure terrible, Jésus a eu besoin du soutien amical de Pierre, Jacques et Jean. Tous trois avaient assisté à la transfiguration, à son heure de gloire. Maintenant, il les voulait à ses côtés dans son heure de détresse. Une tristesse intense l’accable. Son angoisse et l’horreur de ce qui l’attend sont indescriptibles parce qu’il est sur le point de boire la coupe de la colère de Dieu qui va Le juger. Le Fils éternel de Dieu va porter sur Lui la peine, le châtiment de toutes les fautes commises par tous les hommes de tous les temps afin que parmi eux, certains puissent recevoir le pardon de leurs fautes. Dans son humanité, Jésus voudrait éviter le supplice qui l’attend. Il s’adresse à Dieu en l’appelant Père, ce qui ici implique son obéissance sans réserve.

Il est engagé dans un rude combat et son arme est la prière. Ses paroles montrent bien que Jésus ne se préoccupe pas de lui-même, mais qu’il cherche avant tout les intérêts de son Père. Suite à sa requête, Dieu n’a pas retiré la coupe, mais a envoyé un ange pour le fortifier. Ce qui s’est réellement passé entre le Père et le Fils reste un mystère, qu’il ne nous est pas possible de comprendre. Les trois personnes de la Trinité vont résoudre définitivement le problème posé par la rébellion de l’homme, mais ce n’est pas un règlement de compte à l’amiable car il faut que le sang soit versé, et ça commence déjà dans le jardin des Oliviers. Jésus va non seulement goûter la mort comme tous les hommes, mais Dieu va aussi verser sur lui sa colère, et Jésus va connaître la séparation d’avec son Père. En s’offrant à la justice divine pour la rédemption du monde, la détresse morale du Seigneur est tellement intense que sa sueur se transforme en caillots de sang. Il est probable que des capillaires de son front ont éclaté sous l’effet de son angoisse. C’est la sueur du front de Jésus qui, au moment du renouvellement de toutes choses, mettra fin à la sueur du front d’Adam, signe de malédiction. Après le péché du premier homme, l’Eternel lui a dit :

Le sol est maudit à cause de toi. Oui, tu en tireras ton pain à la sueur de ton front jusqu’à ce que tu retournes au sol dont tu as été tiré, car tu es poussière et tu retourneras à la poussière (Genèse 3.17, 19).

Versets 45-46

Je continue le texte.

Après avoir ainsi prié, il se releva et s’approcha de ses disciples. Il les trouva endormis, tant ils étaient accablés de tristesse. — Pourquoi dormez-vous ? leur dit-il. Debout ! Et priez pour ne pas céder à la tentation (Luc 22.45-46).

D’après les autres Évangiles, Jésus a prié trois fois et chaque fois, il retourne vers ses disciples qu’il trouve endormis. Jésus fait ces allées et venues parce qu’il cherche le soutien de ses disciples pendant ces moments d’angoisse terrible. Mais Pierre, Jacques et Jean (Matthieu 26.37), son cercle d’intimes, n’a pas tenu le choc. Dans le fort du combat, quand ils constatent l’immense détresse de leur Maître, ils sont terrassés par la tristesse et s’évanouissent dans le sommeil. Effectivement, il paraît que les grandes souffrances ont cet effet anesthésique. Les disciples sont complètement pris au dépourvu, leur monde et leurs espérances s’écroulent et en plus, ils sont physiquement en danger. Cependant, leur Maître a vaincu; la croix est toujours devant lui mais il est prêt; il a retrouvé la paix et le calme et c’est lui qui réveille et exhorte ses disciples à faire face au danger qui s’approche.