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22 déc. 2022

Luc 19.41 – 20.47

Chapitre 19

Introduction

Supposons que je sache que dans telle ville mes ennemis jurés ont mis en place un guet-apens pour me faire la peau, vais-je y aller ? Certainement pas, ou alors en prenant des tas de précautions. Jésus sait qu’en se rendant à Jérusalem, il se jette dans la gueule du loup. Y va-t-il discrètement au milieu de la nuit ? Pas du tout, bien au contraire; il fait une entrée spectaculaire digne du roi qu’il est. Il sait aussi que la volonté de son Père pour lui est de donner sa vie pour racheter la mienne et la vôtre; il est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Alors, courageusement, il entre dans l’arène pour sa mise à mort.

La venue du Roi-Messie dans Jérusalem suscite des réactions très discordantes : la multitude des disciples et la foule l’acclament tandis que les pharisiens cherchent à le faire taire. Finalement, ils feront tout pour le faire mourir et y parviendront. À partir de maintenant, tous les événements vont se précipités et être investis d’un poids affectif très lourd pour tous les disciples. Je continue à lire dans le chapitre 19 de l’évangile selon Luc :

Versets 41-44

Quand Jésus fut arrivé tout près de la ville, il l’embrassa du regard et pleura sur elle : — Ah, dit-il, si seulement tu avais compris, toi aussi, en ce jour, de quoi dépend ta paix ! Mais, hélas, à présent, tout cela est caché à tes yeux. Des jours de malheur vont fondre sur toi. Tes ennemis t’entoureront d’ouvrages de siège, t’encercleront et te presseront de tous côtés. Ils te détruiront complètement, toi et les habitants qui seront dans tes murs, et ils ne laisseront pas chez toi une pierre sur une autre. Pourquoi ? Parce que tu n’as pas su reconnaître le moment où Dieu est venu pour toi (Luc 19.41-44).

Les larmes de Jésus révèlent encore plus que ses paroles sa compassion et son amour pour son peuple parce qu’il sera massacré. Les paroles prophétiques de Jésus sur Jérusalem sont terribles, mais pleines de tristesse parce que la ville sainte n’a pas voulu reconnaître la venue de Dieu et la paix qui lui était offerte. Jésus prononce un jugement contre les autorités juives politiques et religieuses, contre tous les Juifs qui l’ont rejeté, et contre les institutions de l’Ancienne Alliance, qui elles aussi partiront en fumée. En refusant leur Messie, les Juifs rejettent la paix, la prospérité, le pardon, le salut et signent leur arrêt de mort. En l’an 70 la ville fut rasée et toute sa population massacrée ou vendue comme esclaves. Si le Temple avait été une maison de prière, Jérusalem aurait perçu qu’en Jésus, c’était l’Éternel qui visitait son peuple. Il y a dans l’histoire des nations et des individus des moments qui, selon qu’ils sont mis à profit ou négligés, déterminent leur destinée pour longtemps ou pour toujours ; ce sont des temps de crise et de décision pour le bien ou pour le mal (comparez Hébreux 3:7,13,15). Pendant 40 ans les chrétiens annonceront la Bonne Nouvelle de Jésus aux Juifs mais la grande majorité d’entre eux la rejetteront. Parce que la mesure de leurs iniquités est à son comble, le temps de la grâce et de la visitation de l’Esprit Saint est passé. Alors, et comme l’écrit l’apôtre Paul :

Dieu leur a donné un esprit d’assoupissement, Des yeux pour ne point voir, Et des oreilles pour ne point entendre, jusqu’à ce jour. (Romains 11.8).

Versets 45-48

Je finis maintenant le chapitre 19.

Jésus entra dans la cour du Temple et se mit à en chasser les marchands. Il leur dit : — Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! Jésus enseignait tous les jours dans la cour du Temple. Les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi, ainsi que les chefs du peuple, cherchaient à le faire mourir. Mais ils ne savaient comment s’y prendre, car tout le peuple l’écoutait attentivement (Luc 19.45-48).

Pendant son ministère, Jésus a fait deux fois le ménage dans le parvis du Temple, une première fois au début, et la seconde fois le dimanche de la dernière semaine de sa vie sur terre. En tant que Fils de Dieu, Jésus exerce son autorité messianique (Malachie 3.1,2). Le réseau commercial était installé dans la partie du Temple réservée aux païens ce qui les empêchait d’adorer l’Eternel. Fraudes, balances et poids truqués abondaient ce qui profanait ce lieu saint. L’intervention musclée du Seigneur frappe au cœur d’un trafic lucratif organisé par les chefs religieux. Cette vermine faisait un fric d’enfer, oui, le mot est juste, en achetant et revendant les animaux pour les sacrifices, ainsi que l’huile, le vin et l’encens. On comprend alors que les chefs religieux n’ont guère apprécié un redresseur de torts qui foulait leurs plate-bandes.

Chapitre 20

Versets 1-2

Nous arrivons au chapitre 20 de l’Évangile de Luc que je commence à lire.

Un de ces jours-là, pendant que Jésus enseignait le peuple dans la cour du Temple et lui annonçait la Bonne Nouvelle, les chefs des prêtres survinrent avec les spécialistes de la Loi et les responsables du peuple et ils l’interpellèrent en ces termes : — Dis-nous de quel droit tu agis ainsi. Ou bien, qui est celui qui t’a donné ce droit ? (Luc 20.1-2).

L’intervention musclée de Jésus dans le Temple a définitivement mis le feu aux poudres. Des représentants du conseil suprême juif lui tendent un piège, un de plus. Il y a pêle-mêle ceux qui dirigent le Temple, les enseignants de la Loi de Moïse ainsi que des chefs politiques, tous dérangés par le brouhaha et leur perte d’influence. Ce n’est pas une visite de courtoisie où on prend le thé et une petite pâtisserie entre gens de bonnes manières. Non ! C’est une vraie déclaration de guerre. Les chefs veulent faire dire à Jésus qu’il avait le droit de faire la police dans le temple, parce que c’est la maison de son Père (comparez Luc 2:49) et qu’il est le Fils de Dieu. Ils savent que le peuple n’arrive pas à accepter de Jésus une affirmation catégorique de sa divinité (comparez Jean 5:18; 8:59; 10:31,39). En lui arrachant un tel aveu, les chefs pensent pouvoir le disqualifier, ébranler voire ruiner sa popularité aux yeux du peuple.

Versets 3-8

Je continue.

Moi aussi, j’ai une question à vous poser, répliqua Jésus. À vous de répondre : De qui Jean tenait-il son mandat pour baptiser ? De Dieu ou des hommes ? Ils se mirent à raisonner entre eux : Si nous disons : “ De Dieu ”, il va nous demander : “ Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? ” Mais si nous répondons : “ Des hommes ”, tout le peuple va nous tuer à coups de pierres, car ces gens-là sont tous convaincus que Jean était un prophète. Ils répondirent donc qu’ils ne savaient pas d’où Jean tenait son mandat. — Eh bien, répliqua Jésus, moi non plus, je ne vous dirai pas de quel droit j’agis comme je le fais (Luc 20.3-8).

La question de Jésus n’est pas un faux-fuyant destiné à clouer le bec aux religieux, mais une façon de leur montrer leur erreur. En effet, si Jean est un prophète son témoignage est vrai. Or, par le Saint Esprit, il a dit de Jésus qu’il est le Fils de Dieu (Jean 1:19-34), donc son autorité lui vient de Dieu. Si les chefs avaient cru Jean, ils croiraient aussi en Jésus. Ne voulant pas risquer de se faire massacrer par le peuple qui vénérait la mémoire de Jean-Baptiste, les chefs disent ne pas savoir. Cet aveu est humiliant car en tant que conducteurs spirituels de la nation, c’est leur devoir sacré d’examiner la mission de Jean et de la recommander au peuple ou de s’y opposer, selon qu’elle est de Dieu ou des hommes.

Versets 9-12

Je continue.

Il (Jésus) s’adressa ensuite au peuple et se mit à raconter cette parabole : — Un homme planta une vigne ; il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long. Au moment des vendanges, il envoya un serviteur auprès des vignerons afin qu’ils lui remettent une partie du produit de la vigne, mais les vignerons le rouèrent de coups et le renvoyèrent les mains vides. Le propriétaire leur envoya un autre serviteur. Celui-là aussi, ils le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir roué de coups et couvert d’insultes. Le maître persévéra et leur en envoya un troisième. Celui-là aussi, ils le chassèrent, après l’avoir grièvement blessé (Luc 20.9-12).

Dans les Écritures, la vigne représente souvent Israël. Les auditeurs ignorent les desseins meurtriers de leurs chefs envers Jésus, sinon ils seraient saisis d’horreur et se retourneraient contre eux.

Versets 13-16

Je continue.

Le propriétaire du vignoble se dit alors : Que faire ? Je leur enverrai mon fils bien-aimé ; peut-être auront-ils du respect pour lui. Mais quand les vignerons l’aperçurent, ils raisonnèrent ainsi entre eux : “ Voilà l’héritier ! Tuons-le, afin que l’héritage nous revienne ! ” Alors ils le traînèrent hors du vignoble et le tuèrent. Comment le propriétaire de la vigne agira-t-il envers eux ? Il viendra lui-même, fera exécuter ces vignerons et confiera le soin de sa vigne à d’autres. Pas question ! s’écrièrent les auditeurs de Jésus en entendant cela (Luc 20.13-16).

Après avoir mandaté des prophètes, Dieu envoie son fils bien-aimé, Jésus-Christ. La patience du propriétaire est choquante vu l’indignation que suscite le comportement des vignerons. Cette parabole résume l’enseignement de Jésus concernant l’entrée dans le royaume des païens et des parias, tandis que la plupart des Israélites de race restent dehors. Les auditeurs sont horrifiés par le meurtre du fils du maître et d’après Matthieu (21.41), ce sont eux qui prononcent le jugement des vignerons et le transfert du royaume à d’autres.

Versets 17-19

Je continue.

Mais lui, fixant le regard sur eux, leur dit : — Que signifie donc ce texte de l’Écriture : La pierre rejetée par les constructeurs est devenue la pierre principale, à l’angle de l’édifice. Celui qui tombera contre cette pierre-là se brisera la nuque, et si elle tombe sur quelqu’un, elle l’écrasera ? Les spécialistes de la Loi et les chefs des prêtres cherchèrent à mettre immédiatement la main sur Jésus, mais ils eurent peur des réactions du peuple. En effet, ils avaient bien compris que c’était eux que Jésus visait par cette parabole (Luc 20.17-19).

Luc souligne le sérieux de la situation en mentionnant que Jésus les a fusillés du regard tout en citant un Psaume (118.22). Le Seigneur annonce ici son rejet, son ultime élévation et aussi que le jugement se fera par lui. Les religieux sont aux cent coups car ils ont compris qu’ils sont les vignerons insensés de la parabole.

Versets 20-22

Je continue.

Dès lors, ils le surveillèrent de près et envoyèrent auprès de lui des agents qui feraient semblant d’être des hommes pieux. Ils devaient le prendre en défaut dans ses paroles. Ainsi ils pourraient le livrer au pouvoir et à l’autorité du gouverneur romain. Ces gens-là l’abordèrent donc : — Maître, nous savons que tu dis la vérité et que tu enseignes en toute droiture ; tu ne tiens pas compte de la position sociale des gens, mais c’est en toute vérité que tu enseignes comment Dieu nous demande de vivre. Eh bien, dis-nous, si oui ou non, nous avons le droit de payer des impôts à César ? (Luc 20.20-22).

Le texte n’est pas sans ironie, car ces hypocrites font, avec de mauvaises intentions, un portrait exact de Jésus. Comme les chefs religieux ne peuvent rien contre lui à cause de la foule qui le porte aux nues, ils plantent des teignes du parti des pharisiens et des partisans d’Hérode (comparez Matthieu 22.15,16) pour essayer de le coincer et le faire arrêter par les Romains. La question piège qui lui est posée est habile et machiavélique car Jésus est pris entre le marteau et l’enclume ; entre les deux feux de la politique et de la religion. Si Jésus vote en faveur du tribut, le peuple qui haït les Romains se retournera contre lui. Si au contraire, il se prononce contre l’impôt, les Hérodiens témoigneront contre lui et le feront condamner comme excitateur à la révolte.

Versets 23-26

Je continue.

Connaissant leur fourberie, Jésus leur répondit : — Montrez-moi une pièce d’argent ! De qui porte-t-elle l’effigie et l’inscription ? — De César. — Eh bien ! leur dit-il, rendez à César ce qui revient à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu. Ils furent incapables de le prendre en défaut dans les propos qu’il tenait devant le peuple et, décontenancés par sa réponse, ils ne trouvèrent rien à répliquer (Luc 20.23-26).

Tout le monde au vestiaire ! C’est Jésus qui a gagné le combat. Le piège des religieux s’est refermé sur eux.

L’effigie de César représente les routes, les aqueducs, la Pax Romana, la loi et l’ordre, dont les Juifs jouissent et pour lesquels ils doivent payer l’impôt. Mais, d’autre part, Dieu reste le souverain de son peuple ; chaque individu porte son image. Il faut donc lui rendre ce qui lui est dû, non seulement l’impôt pour le temple, mais l’honneur et l’adoration. Jésus veut que son peuple considère la présence de Rome comme un châtiment de Dieu et qu’il s’humilie sur la cendre. Un pouvoir existe parce qu’il est autorisé par Dieu. Par contre, quand ce pouvoir a la prétention d’empiéter sur les droits de la conscience qui sont à Dieu seul, alors avec les apôtres on doit dire : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Actes 5.29)».

Versets 27-33

Je continue.

Quelques sadducéens, qui nient que les morts ressuscitent, vinrent trouver Jésus. Ils lui posèrent la question suivante : — Maître, dans ses écrits, Moïse nous a laissé ce commandement : Si un homme vient à mourir, en laissant une femme mais pas d’enfant, son frère doit épouser la veuve pour donner une descendance au défunt. Or, il y avait sept frères. L’aîné se maria, et il mourut sans laisser d’enfant. Le second, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi de suite jusqu’au septième ; et ils moururent tous les sept sans avoir eu d’enfant. En fin de compte, la femme mourut elle aussi. Eh bien, cette femme, à la résurrection, duquel des sept frères sera-t-elle la femme ? Car ils l’ont tous eue pour épouse (Luc 20.27-33).

Les ennemis de Jésus ne lui laissent aucun répit. À peine échappe-t-il à un piège qu’on lui en tend déjà un autre. Basés à Jérusalem, les Sadducéens sont un groupe de pseudo-religieux fortunés, qui rejettent en bloc tout ce qui est surnaturel, dont la résurrection des morts. Ils inventent une histoire à dormir debout puis posent à Jésus une question absurde dans le but de le coincer concernant la résurrection. Ils s’appuient sur le concept du lévirat. Je lis le passage :

Si deux frères demeurent ensemble et que l’un d’eux vienne à mourir sans laisser d’enfant, sa veuve ne se remariera pas en dehors de la famille ; son beau-frère l’épousera pour accomplir son devoir de beau-frère envers elle. Le premier fils qu’elle mettra au monde perpétuera le nom du frère défunt pour que ce nom ne s’éteigne pas en Israël (Deutéronome 25.5-6).

Donc, le frère du défunt est dans l’obligation légale d’épouser sa belle-sœur veuve si elle n’a pas eu d’enfant.

Versets 34-38

Je continue.

Jésus leur dit : — Dans le monde présent, hommes et femmes se marient. Mais ceux qui seront jugés dignes de ressusciter d’entre les morts pour faire partie du monde à venir, ne se marieront plus. Ils ne pourront pas non plus mourir, parce qu’ils seront comme les anges, et ils seront fils de Dieu, puisqu’ils seront ressuscités. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même l’a indiqué, lorsqu’il est question du buisson ardent : en effet, il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Or, Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants ; c’est donc bien que, pour lui, les patriarches sont tous les trois vivants (Luc 20.34-38).

Jésus répond d’abord aux Sadducéens que dans le monde à venir la procréation sera inutile puisque la mort ne sera plus. Il s’en suit que le mariage, les rôles de mari et femme, et les relations purement humaines seront abolis. Seule subsistera l’union des âmes fondée sur la foi et l’amour de Dieu. C’est ainsi que le lien fraternel qui existe aujourd’hui entre croyants continue dans l’Au-delà. On ne peut pas comparer la vie sur terre avec celle dans les cieux dans la présence de Dieu. Certains systèmes religieux font un parallèle étroit entre la vie sur terre et l’existence dans l’au-delà; c’est méconnaître les Écritures et la personne de Dieu. Quant à ceux qui aujourd’hui se disent croyants, mais rejettent Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu et les Écritures comme seule autorité divine, ils sont tout, sauf chrétiens.

En second lieu, Jésus montre que selon les Écritures, la résurrection à laquelle ne croient pas les Sadducéens, est une réalité. En effet, près du buisson ardent, l’Éternel a dit à Moïse, la seule autorité reconnue par les Sadducéens, qu’il est le Dieu de ses ancêtres (Exode 3.6; comparez Hébreux 11.16) alors qu’ils étaient déjà morts et enterrés depuis des siècles. Or, l’Éternel ne pouvait pas vouloir dire par là qu’il est le Dieu d’un peu de poussière éparpillée dans un tombeau, mais le Dieu d’êtres immortels et bien vivants. Tous les croyants morts vivent pour Dieu et en Dieu.

Versets 39-40

Je continue.

Là-dessus, quelques spécialistes de la Loi prirent la parole : — Tu as bien répondu, Maître. Car ils n’osaient plus lui poser de questions (Luc 20.39-40).

Les Sadducéens et les interprètes de la Loi ne s’entendaient pas du tout à cause de leurs différences théologiques. Ces derniers croyaient en la résurrection et approuvent la façon dont Jésus a remis en place les libéraux.

Versets 41-44

Je continue.

Jésus les interrogea à son tour : — Comment se fait-il que l’on dise que le Messie doit être un descendant de David ? Car David lui-même déclare dans le livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Viens siéger à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds. David appelle le Messie son Seigneur : comment celui-ci peut-il être son descendant ? (Luc 20.41-44).

Maintenant, c’est Jésus qui prend l’initiative et contre-attaque en posant aux gens qui l’entourent une question relative à la nature et à l’identité du Messie. Cependant, l’objectif du Seigneur n’est pas de montrer à ses adversaires leur ignorance, de les embarrasser et de clouer leur bec, mais de les réveiller de leur léthargie spirituelle. Le Messie descend bien sûr du roi David selon la chair, mais d’autre part, dans un psaume de l’Ancien Testament (110.1), il est décrit comme le Seigneur siégeant à la droite de l’Éternel, et digne d’adoration. Il en ressort que selon l’esprit, le Messie est forcément de nature divine. C’est d’ailleurs ce que toutes les prophéties de l’Ancien Testament qui annoncent sa venue laissent entendre. C’est par les Écritures que Jésus fait taire toute contestation. Si ses adversaires avaient été de bonne foi, ils auraient reconnu le bien-fondé des explications du Seigneur et auraient perdu toute raison de l’accuser de blasphème (Jean 5:18; 10:33 ; Matthieu 26:63). D’après Matthieu (22.46), ils gardèrent le silence.

Versets 45-47

Je finis le chapitre 20.

Tandis que la foule l’écoutait, il dit à ses disciples : — Gardez-vous des spécialistes de la Loi qui aiment à parader en costumes de cérémonie, qui affectionnent qu’on les salue sur les places publiques, qui veulent les sièges d’honneur dans les synagogues et les meilleures places dans les banquets. Ils dépouillent les veuves de leurs biens tout en faisant de longues prières pour l’apparence. Leur condamnation n’en sera que plus sévère (Luc 20.45-47).

Jésus met en garde ses disciples contre l’esprit pharisaïque des religieux juifs. Il démasque et dénonce leurs vices dans une suite d’apostrophes foudroyantes que seul Matthieu a conservé dans sa totalité (23:13-36). Les pharisiens en particulier enseignaient peut-être la Loi, mais vivaient pour eux-mêmes, étant coupables de tous les vices possibles et imaginables : l’orgueil et la cupidité étant les plus flagrants. Ainsi, ils aiment parader, attirer l’attention sur eux-mêmes et avoir la proéminence. Ce sont des « M’as-tu vu ? » qui en plus ont les dents longues. Leurs prières pompeuses sont un travesti, une piété d’apparat qui sert de prétexte pour dépouiller les veuves, les personnes les plus vulnérables de la société antique. Ce type de prédateur est toujours bien présent aujourd’hui, dans la religion certes, mais aussi dans tous les autres domaines de la vie.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

Émission du jour | Jean 3.14-36

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