Chapitre 13

Introduction

Supposons qu’un dimanche après-midi vous voulez profiter du soleil de printemps pour faire un tour dans la campagne. Vous arrivez à un tournant et vous êtes devant un accident qui vient tout juste de se produire. Vous vous garez et courez pour voir s’il n’y a pas quelques blessés. Une jeune femme essaie de sortir par la porte défoncée. Elle a besoin d’aide mais voilà, elle est ensanglantée et vous avez encore votre belle chemise toute blanche. Que c’est embêtant, mais c’est dimanche et elle n’avait qu’à choisir un autre jour pour s’enrouler autour d’un arbre. C’est exactement l’attitude des religieux juifs du premier siècle. Je continue à lire dans le chapitre 13 de l’évangile selon Luc.

Versets 10-14

Je continue.

Un jour de sabbat, Jésus enseignait dans une synagogue. Il s’y trouvait une femme qui, depuis dix-huit ans, était sous l’emprise d’un esprit qui la rendait infirme : elle était voûtée et n’arrivait absolument pas à se redresser. Lorsque Jésus la vit, il l’appela et lui dit : — Femme, tu es délivrée de ton infirmité ! Il posa ses mains sur elle et, immédiatement, elle se redressa et se mit à louer Dieu. Mais le chef de la synagogue fut fâché que Jésus ait fait cette guérison le jour du sabbat. S’adressant à la foule, il lui dit : — Il y a six jours pour travailler : venez donc vous faire guérir ces jours-là, mais pas le jour du sabbat ! (Luc 13.10-14).

Je crois que toutes les Écritures sont inspirées de Dieu et donc que ce récit rapporté seulement par Luc, est vrai. D’un autre côté je reste bouche bée car cette histoire est invraisemblable parce que comment est-il possible que ce chef puisse avoir une attitude aussi exécrable en étant aussi indifférent aux souffrances de cette femme ? Mais cela nous donne une idée de la décadence spirituelle des religieux juifs de l’époque de Jésus qui interdisent de faire le bien le jour du sabbat. Cet incident confirme bien les paroles de Jésus quand il a dit :

Malheur à vous, enseignants de la Loi, non seulement vous n’entrez pas vous-mêmes dans le                         royaume de Dieu, mais vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient le faire ! (Luc 11.52). Apparemment, le démon a installé son siège dans le système nerveux de cette femme. Il faut remarquer que Jésus aurait fort bien pu la guérir sans même la regarder. Mais ému de compassion pour elle, il choisit de lui parler et de faire un geste pour lui montrer son affection, la consoler et pour qu’elle ait une pleine confiance en Dieu.

Le verbe « tu es délivrée » est littéralement « détachée » au temps parfait ce qui signifie un fait accompli aux résultats permanents. L’acte de guérir cette femme en lui imposant les mains permet aussi à Jésus de confronter l’hypocrisie du chef de la synagogue et de révéler sa propre justice et sa méchanceté.

Versets 15-17

Je continue.

Le Seigneur lui répondit : — Hypocrites que vous êtes ! Chacun de vous détache bien son bœuf ou son âne de la mangeoire pour le mener à l’abreuvoir le jour du sabbat, n’est-ce pas ? Et cette femme, qui fait partie des descendants d’Abraham, et que Satan tenait en son pouvoir depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer (Litt. détacher) de sa chaîne aujourd’hui, parce que c’est le jour du sabbat ? Cette réponse de Jésus remplit de confusion tous ceux qui avaient pris parti contre lui, tandis que le peuple était enthousiasmé de le voir accomplir tant d’œuvres merveilleuses (Luc 13.15-17).

A cette époque, les étables n’existaient pas et chaque maison avait, attenant à l’espace de vie de la famille, un enclos où on rentrait les animaux domestiques pour la nuit. Chaque matin on les détachait pour les emmener à l’abreuvoir. Jésus réprimande le chef de la synagogue parce que si lui peut détacher ses bêtes le jour du sabbat, pourquoi Jésus ne pourrait-il pas ce même jour, « détacher » cette femme de son infirmité. L’hypocrisie consiste à s’accorder une grande latitude dans l’observation du sabbat quand il s’agit de ses propres intérêts, et à l’appliquer strictement quand il s’agit des intérêts d’autrui (Comparez Luc 14:5 et Matthieu 12:11,12).

Versets 18-21

Je continue.

Jésus dit alors : — À quoi ressemble le royaume de Dieu ? À quoi pourrais-je le comparer ? Il ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise pour la semer dans son jardin ; la graine pousse jusqu’à devenir un arbuste, et les oiseaux du ciel nichent dans ses branches. Puis il ajouta : — À quoi comparerai-je encore le royaume de Dieu ? Il ressemble à du levain qu’une femme a pris pour le mélanger à vingt kilogrammes de farine. Et à la fin, toute la pâte a levé (Luc 13.18-21).

Dans ces deux paraboles, quelque chose de petit devient grand. Un début insignifiant produit un énorme résultat. Ainsi en est-il de la prédication de Jésus puis de l’Eglise qui se sont étendues à toutes les nations symbolisées par les oiseaux. Alors que d’habitude, le levain est de mauvaise augure, ici il représente plutôt la croissance mystérieuse du royaume de Dieu et la vie divine qui avance par la puissance qui lui est propre et qui pénètre de partout.

Versets 22-30

Je continue.

Jésus passait ainsi à travers villes et villages ; il y enseignait, tout en se dirigeant vers Jérusalem. Quelqu’un lui demanda : — Seigneur, n’y a-t-il qu’un petit nombre de gens qui seront sauvés ? Il répondit en s’adressant à tous ceux qui étaient là : — Faites tous vos efforts pour entrer par la porte étroite, car nombreux sont ceux qui chercheront à entrer et n’y parviendront pas. — Dès que le maître de la maison se sera levé et qu’il aura fermé la porte à clé, si vous êtes restés dehors, vous aurez beau frapper à la porte en suppliant : “ Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! ” il vous répondra : “ Je ne sais pas d’où vous venez. ” — Alors vous direz : “ Mais nous étions à table avec toi, nous avons mangé et bu sous tes yeux. Tu as enseigné dans nos rues¼ ” Il vous répondra : “ Je vous le répète, je ne sais pas d’où vous venez. Allez-vous-en, vous qui commettez le mal. ” — C’est là qu’il y aura des pleurs et d’amers regrets, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, tandis que vous-mêmes vous en serez exclus. Des hommes viendront de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, et prendront place à table dans le royaume de Dieu. Alors, certains de ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers ; et certains de ceux qui sont maintenant les premiers seront les derniers (Luc 13.22-30).

En route pour Jérusalem où il se rend pour la dernière fois, Jésus s’arrête dans chaque village, dans chaque bourg pour enseigner. Pour entrer dans le royaume de Dieu il faut passer par la porte de l’humiliation, du renoncement à soi-même et de la repentance. Il faut accepter les paroles de Jésus et son invitation, car viendra le moment où il sera trop tard et le jugement tombera sur ceux qui ont rejeté son message. Les Juifs se considéraient supérieurs aux païens et s’imaginaient qu’eux seuls entreraient dans le royaume du fait qu’ils étaient de la race d’Abraham. Jésus leur fait subir un traitement de choc en opposant à leurs privilèges leur conduite morale et en répétant solennellement deux fois : « Je ne sais d’où vous êtes ». Ses paroles sont révolutionnaires et dévastatrices, surtout quand il ajoute que les païens entreront dans le royaume à la place des Juifs. La constatation d’un bonheur infini perdu sera pour le réprouvé, la source de poignants regrets et d’une douleur morale sans nom, qui s’exprimeront par des gémissements et des grincements de dents.

Versets 31-33

Je continue.

À ce moment-là, quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus et l’avertirent : — Tu devrais quitter cette région et aller loin d’ici, car Hérode veut te faire mourir. Mais Jésus leur répondit : — Allez dire de ma part à ce renard : “ Aujourd’hui, je chasse des démons et je guéris des malades ; demain, je ferai de même et après-demain, j’aurai achevé ma tâche. Mais il faut que je poursuive ma route aujourd’hui, demain et après-demain, car il est impensable qu’un prophète soit mis à mort ailleurs qu’à Jérusalem ! ” (Luc 13.31-33).

Hérode craint Jésus, alors connaissant la haine que lui vouent les Pharisiens, il les utilise pour demander au Seigneur de quitter les lieux qu’il gouverne. Même si l’homme ne descend pas d’un animal, bon nombre se comporte comme tel. Jésus sait très bien ce que manigance ce renard d’Hérode mais il n’a pas peur de lui et va rester encore 3 jours sur place afin de finir son travail; ensuite seulement, il reprendra la route pour Jérusalem.

Versets 34-35

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 13.

— Ah, Jerusalem! Jerusalem! Toi qui fais mourir les prophètes et qui tues à coups de pierres ceux que Dieu t’envoie ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu ! Eh bien, maintenant, votre maison va être livrée à l’abandon. Oui, je vous le déclare : dorénavant vous ne me verrez plus jusqu’à ce que le temps soit arrivé où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! (Luc 13.34-35).

Par ce cri de douleur émouvant et cette image touchante d’une mère poule au cœur tendre, Jésus exprime sa compassion pour Jérusalem qui sera jugée sévèrement pour avoir rejeté son Messie. Ce n’est qu’à la fin des temps que cette ville fera un triomphe à Jésus-Christ.

Chapitre 14

Versets 1-6

Nous arrivons au chapitre 14, où Jésus donne plusieurs paraboles qui sont propres à Luc. Je commence à le lire.

Un jour de sabbat, Jésus était invité pour un repas chez l’un des dirigeants du parti pharisien. Ceux qui étaient à table avec lui l’observaient attentivement. Or, il y avait là un homme dont le corps était couvert d’œdèmes. Jésus prit la parole et s’adressa aux enseignants de la Loi et aux pharisiens : — Est-il permis, oui ou non, de guérir quelqu’un le jour du sabbat ? Ils ne répondirent rien. Alors Jésus, saisissant le malade, le guérit et lui dit de rentrer chez lui. Puis, se tournant vers les assistants, il leur demanda : — Qui de vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l’en retire pas le plus tôt possible, même si c’est le jour du sabbat ? Là encore, ils ne surent que répondre (Luc 14.1-6).

Cette situation est semblable à la précédente où le Seigneur a guéri une fille d’Abraham liée par le démon. Le sabbat est le jour idéal pour attirer Jésus dans un guet-apens. Mais la meilleure défense étant l’attaque, il prend les devants, jette un lasso et immobilise les religieux par sa question, à savoir : « est-il est permis de faire une bonne action en ce jour-là ? ». Après avoir guéri l’homme que les saintes-ni-touches ont planté là pour le piéger, Jésus finit de les ligoter en mettant une fois de plus le doigt sur leur hypocrisie. Car ces religieux qui dédaignent les malades, n’hésiteraient pas un instant à sauver leur fils ou leur bœuf, même un jour de sabbat.

Versets 7-11

Je continue.

Ayant remarqué comment les invités cherchaient tous les places d’honneur, il leur dit cette parabole : — Si quelqu’un t’invite à un repas de noces, ne va pas t’installer à la place d’honneur. Peut-être y a-t-il, parmi les invités, un personnage plus important que toi et celui qui vous a invités l’un et l’autre viendra-t-il te dire : “ Cède-lui cette place. ” Il te faudra alors honteusement gagner la dernière place ! Non, quand tu es invité, va, au contraire, te mettre tout de suite à la dernière place. Alors, quand ton hôte entrera dans la salle, il te dira : “ Mon ami, il y a une place bien meilleure pour toi, viens t’asseoir plus haut ! ” Ainsi tu seras honoré devant tous les convives. En effet, celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé (Luc 14.7-11).

Dès que le coup de sifflet est donné, les pharisiens se précipitent pour occuper les meilleures places, car plus un invité se trouve près de son hôte, plus grande est sa position d’honneur. Jésus dénonce leur orgueil. Tout homme étant foncièrement orgueilleux de nature, il se considère meilleur que les autres. Ce n’est qu’après s’être humilié devant Dieu dans un sentiment de profonde repentance que l’homme peut obéir à l’exhortation de l’apôtre Paul qui écrit: considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes (Philippiens 2.3). S’élever devant les devant les hommes a pour conséquence certaine d’être abaissé devant Dieu, et l’inverse (comparez Matthieu 23:12 ; Luc 18:14 ; 1 Pierre 5:5).

Versets 12-14

Je continue.

Jésus dit aussi à son hôte : — Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, tes frères, ta parenté ou de riches voisins, car ils pourraient t’inviter à leur tour et te payer ainsi de ta peine. Non, si tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des paralysés, des aveugles. Si tu fais cela, tu en seras très heureux, précisément parce que ces gens-là n’ont pas la possibilité de te rendre la pareille. Et Dieu te le revaudra lorsque les justes ressusciteront (Luc 14.12-14).

Il n’y a dans ce festin que des invités de marque, du même niveau social que l’hôte, et donc, les pauvres et les parias sont oubliés. Jésus enseigne qu’une personne désintéressée n’attend pas qu’on lui rende la pareille; elle agit pour Dieu, par amour pour ses enfants dans le besoin et en vue de la rétribution éternelle.

Versets 15-24

Je continue.

À ces mots, l’un des convives dit à Jésus : — Qu’il est heureux celui qui prendra part au banquet dans le royaume de Dieu ! Jésus lui répondit : — Un jour, un homme avait organisé une grande réception. Il avait invité beaucoup de monde. Lorsque le moment du festin arriva, il envoya son serviteur dire aux invités : “ Venez maintenant, tout est prêt. ” Mais ceux-ci s’excusèrent tous l’un après l’autre. Le premier lui fit dire : “ J’ai acheté un champ et il faut absolument que j’aille le voir. Excuse-moi, je te prie. ” Un autre dit : “ Je viens d’acquérir cinq paires de bœufs, et je m’en vais les essayer. Excuse-moi, je te prie. ” Un autre encore dit : “ Je viens de me marier, il m’est donc impossible de venir. ” Quand le serviteur fut de retour auprès de son maître, il lui rapporta toutes les excuses qu’on lui avait données. Alors le maître de la maison se mit en colère et dit à son serviteur : “ Dépêche-toi ! Va-t-en sur les places et dans les rues de la ville et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles, les paralysés¼ ! ” Au bout d’un moment, le serviteur vint dire : “ Maître, j’ai fait ce que tu m’as dit, mais il y a encore de la place. ” “ Eh bien, lui dit le maître, va sur les chemins, le long des haies, fais en sorte que les gens viennent, pour que ma maison soit pleine. Une chose est sûre : pas un seul des premiers invités ne goûtera à mon festin ” (Luc 14.15-24).

À l’époque, lorsque quelqu’un organisait un festin, il envoyait des convocations longtemps à l’avance, puis il renouvelait l’invitation au moment même de l’événement. Tous les êtres humains sont conviés au banquet céleste, mais les Juifs furent les premiers invités. Cependant, ils fabriquent toutes sortes d’excuses pour ne pas répondre à l’invitation que Jésus leur fait d’entrer dans le royaume de Dieu. Tous les motifs de refus sont légitimes et plausibles ; ce sont les possessions, les affaires, la famille. Mais comme il n’y a pas d’incompatibilité entre ces activités et la relation avec Dieu, elles ne sont, au fond, que de vains prétextes. Le vrai obstacle est dans l’inimitié du cœur de l’homme envers Dieu. Seuls les disciples de Jésus-Christ, des moins que rien au regard des chefs religieux, feront partie des convives célestes.

Le comportement des Juifs prouve leur grande ingratitude, et est injurieuse envers Dieu. Voilà pourquoi ce sont les païens et et les déconsidérés, les impurs, les péagers, les prostituées et les pécheurs, qui prendront la place des premiers invités. Mais il y a toujours de la place dit le serviteur à son maître. S’il y a encore quelqu’un de plus pauvre et plus misérable que ces derniers invités, il peut reprendre courage et se dire : « Il y a aussi de la place pour moi. »

« Dieu ne force personne, mais il fait qu’on veut (Gaussen). Cette contrainte s’exerce sur les consciences par la sainteté de la loi, sur les cœurs par la puissance de l’amour divin, sur la volonté par l’action de l’Esprit de Dieu (Godet; Luc 14.23) ».

Versets 25-27

Je continue.

Comme de grandes foules accompagnaient Jésus, il se retourna vers ceux qui le suivaient et leur dit : — Si quelqu’un vient à moi et n’est pas prêt à renoncer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix, et qui ne me suit pas, ne peut être mon disciple (Luc 14.25-27).

Le décor change; nous sommes sur la route et des foules enthousiastes suivent Jésus dont des pèlerins qui vont à Jérusalem pour la Pâque. Afin de dissiper tout malentendu, Jésus leur adresse un avertissement sévère. Le renoncement dont parle Jésus exprime une priorité. L’engagement à le suivre doit supplanter toutes les autres affections et obligations. Je dois haïr tout ce qui peut faire obstacle à ma relation avec Dieu et suivre le Maître quel que soit le prix à payer ce qui peut inclure de grandes souffrances. A cette époque, les condamnés à mort portaient l’instrument de leur exécution.

Versets 28-33

Je continue.

En effet, si l’un de vous veut bâtir une tour, est-ce qu’il ne prend pas d’abord le temps de s’asseoir pour calculer ce qu’elle lui coûtera et de vérifier s’il a les moyens de mener son entreprise à bonne fin ? Sans quoi, s’il n’arrive pas à terminer sa construction après avoir posé les fondations, il risque d’être la risée de tous les témoins de son échec. “ Regardez, diront-ils, c’est celui qui a commencé à construire et qui n’a pas pu terminer ! ” Ou bien, supposez qu’un roi soit sur le point de déclarer la guerre à un autre. Ne prendra-t-il pas le temps de s’asseoir pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, affronter celui qui est sur le point de marcher contre lui avec vingt mille ? S’il se rend compte qu’il en est incapable, il lui enverra une délégation, pendant que l’ennemi est encore loin, pour négocier la paix avec lui. Il en est de même pour vous ; celui qui n’est pas prêt à abandonner tout ce qu’il possède, ne peut pas être mon disciple (Luc 14.28-33).

Par ces deux illustrations, Jésus m’invite à bien réfléchir avant de m’engager à le suivre. Être disciple du Christ peut s’avérer extrêmement onéreux. C’est comme entreprendre un immense projet ou faire une guerre périlleuse à un ennemi supérieur en force. Il faut réfléchir. L’enthousiasme éphémère d’une émotion religieuse est un feu de paille qui ne me permettra pas de tenir la distance. Suis-je prêt à me consacrer à Jésus-Christ avant toute autre chose et à mettre de côté tout ce qui ne concerne pas son royaume ? Jésus demande un engagement radical et total. Les apôtres ont abandonné leur profession et le confort de leur foyer parce qu’ils croient que le message que Jésus proclame est ce qu’il y a de plus important au monde. Dans ce discours sur la route de Jérusalem, on a trois fois le refrain : « ne peut pas être mon disciple (14.26,27,33) ». Ça fait réfléchir !

Versets 34-35

Je finis le chapitre 14.

— Le sel est une bonne chose, mais s’il devient insipide, comment lui rendra-t-on sa saveur ? On ne peut plus l’utiliser, ni pour la terre, ni pour le fumier. Il n’y a plus qu’à le jeter. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! (Luc 14.34-35).

Le sel sert surtout à donner du goût aux aliments et à les empêcher de s’avarier. S’il ne remplit plus ces fonctions, il ne sert à rien. Une partie de la solde du légionnaire romain se faisait en sel. Les disciples sont appelés à être le sel de la terre, à freiner le mal et à donner envie aux hommes de suivre Jésus-Christ. Mais si sous l’influence d’intérêts terrestres, le disciple perd sa puissance vivifiante, avec quoi lui la rendra-t-on ? Il n’est plus bon à rien.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.