Chapitre 9

Introduction

On peut définir la religion de mille et une manières et je crois bien que c’est ce que j’ai déjà tenté de faire. Mais qu’à cela ne tienne, je persiste. Quand j’étudiais la théologie, on nous a dit que dans le monde, il y avait, à la louche deux mille systèmes religieux. Ça fait beaucoup et pourtant, dernièrement, j’ai lu quelque part que la louche a considérablement augmenté de volume puisqu’il y en aurait cinq mille. Peu importe le nombre, ce qui compte est que la quasi totalité de ces différentes façons de concevoir la divinité ont un dénominateur commun. Elles enseignent que l’homme a quelque chose à offrir à son dieu. Sous l’Ancienne Alliance, le système lévitique comportait un rituel strict et particulièrement élaboré. N’est pas prêtre qui veut et le cérémonial pour le devenir est complexe et a duré sept jours. Mais ça y est, ils sont dorénavant consacrés. Ce dernier mot est intéressant parce que l’équivalent hébreu signifie littéralement « les mains remplies. » Eh oui! La vraie consécration n’est pas quand je crois faire quelque bonne action pour Dieu, mais bien plutôt quand je vais à Lui les mains vides attendant qu’Il me les remplisse avec son ordre de mission. Dans le chapitre 8 du Lévitique, nous avons participé aux différentes cérémonies qui ont conduit à la consécration des prêtres. Maintenant va donc pouvoir commencer le sacerdoce d’Aaron, premier grand-prêtre, et de ses fils. Le chapitre 9 décrit le rituel quotidien des prêtres et c’est le seul endroit dans les Textes sacrés où cette information nous est donnée. Je commence à le lire :

Versets 1-2

Le huitième jour, Moïse appela Aaron et ses fils et les responsables d’Israël. Il dit à Aaron : — Prends un jeune veau pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l’holocauste, tous deux sans défaut. Tu les offriras devant l’Éternel (Lévitique 9.1-2).

La semaine de consécration étant terminée, le premier jour de la semaine suivante, Aaron et ses fils prennent leur fonction avec une nouvelle cérémonie d’inauguration particulièrement solennelle, comprenant trois sacrifices pour Aaron, ses fils et la nation d’Israël, et trois pour le peuple, mais de telle sorte que les troisièmes des deux séries soient confondus en un seul. Chaque série comprend un sacrifice d’expiation, un holocauste et un sacrifice d’actions de grâces. Ces immolations d’animaux ont toujours le même but : remettre les pendules à l’heure de Dieu en rappelant à la conscience de chacun, prêtres inclus, qu’il est entaché de péché et qu’il est donc nécessaire d’offrir une victime quand on s’approche du Dieu trois fois saint.

Les cultes païens étaient conçus de manière à élever l’ordre sacerdotal à un niveau céleste et à maintenir une barrière de béton entre la caste des prêtres et les gens ordinaires. Dans le culte israélite, l’Éternel seul est reconnu comme saint. et les officiants consacrés sont confondus avec le peuple dans une humiliation commune. Jésus a Lui aussi commencé son ministère de grand-prêtre un dimanche, le premier jour d’une nouvelle semaine quand il est ressuscité des morts. Mais par contre, il n’a pas eu besoin d’offrir de nouveaux sacrifices, car le sien est valable pour l’éternité au bénéfice de tous ceux qui lui font confiance.

Versets 3-6

Je continue le texte.

Puis tu diras aux Israélites : “ Prenez un bouc destiné au sacrifice pour le péché, un veau et un agneau sans défaut, dans sa première année, pour l’holocauste, un taureau et un bélier qui seront immolés devant l’Éternel en sacrifice de communion accompagnés d’offrande de farine pétrie à l’huile ; car aujourd’hui l’Éternel vous apparaîtra. ” Ils amenèrent devant la tente de la Rencontre tout ce que Moïse avait énuméré. Toute la communauté s’approcha et se tint debout devant l’Éternel. Moïse dit : — Voici ce que l’Éternel vous ordonne ; faites-le, et la gloire de l’Éternel vous apparaîtra (Lévitique 9.3-6).

Le sacrifice d’actions de grâces se compose seulement d’un taureau et d’un bélier ce qui fait bien peu de viande à manger au repas qui doit suivre.  Comparé avec les grands jours de fête, c’est la disette. La raison est que ce rassemblement n’a pas pour but de se réjouir. Même si les victimes sont peu nombreuses, les trois différents types de sacrifices d’animaux et l’offrande végétale constituent un culte complet destiné à préparer l’éclatante manifestation du bon plaisir de l’Éternel qui doit couronner ce jour par la manifestation de sa gloire.

Versets 7-11

Je continue.

S’adressant à Aaron, il (Moïse) poursuivit : — Approche-toi de l’autel ; offre ton sacrifice pour le péché et ton holocauste, tu accompliras ainsi le rite d’expiation pour toi et pour le peuple ; offre aussi les sacrifices et les offrandes du peuple et accomplis le rite d’expiation pour lui, comme l’Éternel l’a ordonné. Aaron s’approcha de l’autel et il égorgea le veau de son sacrifice pour le péché. Ses fils lui présentèrent le sang de l’animal ; il y trempa son doigt et en appliqua sur les cornes de l’autel, puis il répandit le reste sur le socle de l’autel. Il brûla sur l’autel la graisse, les rognons et le lobe du foie de l’animal offert en sacrifice pour le péché, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse. Il brûla sa viande et sa peau à l’extérieur du camp (Lévitique 9.7-11).

Aaron ne fait rien de lui-même mais attend les ordres de Moïse. Il veut ainsi montrer que sa fonction de grand-prêtre vient de Dieu. Nous avons ici deux séries de sacrifices. La première concerne Aaron et sa famille car avant de s’approcher de l’Éternel au nom des Israélites, il doit d’abord régler son propre péché. L’imposition des mains est passée sous silence dans le texte, mais elle s’entend d’elle-même. Comme les prêtres n’avaient pas le droit de manger la viande des animaux offerts pour leurs péchés, elle est brûlée. Suite à ce sacrifice, Aaron offre encore pour lui-même, un holocauste; ensuite seulement il peut offrir des sacrifices pour le peuple.

Verset 15

Je continue plus loin en résumant.

Après cela, il (Aaron) offrit les sacrifices et les offrandes du peuple. Il prit le bouc et l’offrit pour expier le péché, puis l’holocauste (Lévitique 9.15).

Aaron offre d’abord un sacrifice d’expiation pour le peuple, puis un holocauste en plus de l’holocauste perpétuel du matin. Pendant la semaine de consécration, c’est Moïse qui avait accompli ce rite. Mais ce matin-là, c’est Aaron qui officie, car il commence dans l’exercice de ses fonctions de grand-prêtre. Tous ces sacrifices interminables et pour le moins inefficaces, comme je l’ai déjà noté, préparent Israël et l’humanité au parfait sacrifice que le Christ offrira de lui-même.

Versets 18-21

Je continue plus loin en résumant.

Il immola le taureau et le bélier en sacrifice de communion pour le peuple et Aaron brûla les graisses sur l’autel. Il fit avec les poitrines et le gigot droit le geste de présentation devant l’Éternel, comme Moïse l’avait ordonné (Lévitique 9.18-21).

Le sacrifice d’actions de grâces est offert à la fois pour les prêtres et pour le peuple.

Versets 22-23

Je continue.

Puis Aaron leva ses mains vers le peuple et le bénit ; il redescendit de l’autel après avoir offert le sacrifice pour le péché, l’holocauste et le sacrifice de communion. Moïse et Aaron entrèrent dans la tente de la Rencontre et, en ressortant, bénirent le peuple (Lévitique 9.22-23).

 

C’est ici la première fois qu’Aaron entre dans le sanctuaire comme grand-prêtre, ou souverain sacrificateur. Il prend ainsi possession de la Demeure où habite l’Eternel, et où il va désormais exercer son sacerdoce. Après cette première rencontre avec le Dieu trois fois saint dans le tabernacle, Aaron en ressort sain et sauf ce qui veut dire que le peuple possède dorénavant un médiateur agréé par Dieu et qui peut intercéder pour lui.

Le culte d’inauguration terminé, Aaron prononce pour la première fois sur le peuple la bénédiction sacerdotale qui nous est donnée dans le livre des Nombres. Je la cite :

Que l’Éternel te bénisse et te protège ! Que l’Éternel te regarde avec bonté ! Et qu’il te fasse grâce ! Que l’Éternel veille sur toi et t’accorde la paix ! (Nombres 6.24-26).

Verset 24

Le chapitre 9 se termine sur une scène grandiose. Je le lis.

Alors la gloire de l’Éternel apparut à tout le peuple. Une flamme jaillit devant l’Éternel et consuma l’holocauste et les graisses sur l’autel. À cette vue, tout le peuple poussa des cris de joie et se jeta face contre terre (Lévitique 9.23,24).

Alors que les autres sacrifices brûlent sur l’autel de bronze, une flamme céleste apparaît soudain et consume en un instant tout ce qui reste de ces offrandes. Par cette manifestation, Dieu donne son aval à la cérémonie qui vient d’avoir lieu et par laquelle Aaron a pris ses fonctions. Cette sanction divine complète l’approbation qu’il a donnée quand le tabernacle fut inauguré ce qui nous est rapportée dans le livre de l’Exode (40.34,35). A ce moment là, l’Éternel avait pris possession de sa maison, montrant par là qu’Il acceptait le sanctuaire érigé par Moise et qu’Il habiterait désormais au milieu de son peuple.

Par cette seconde manifestation extraordinaire qui a lieu le jour de la prise de fonction du grand-prêtre, Dieu déclare qu’il agrée le culte qui lui sera désormais rendu dans le Tabernacle ainsi que le sacerdoce exercé par la famille d’Aaron. Malgré toute la pompe qui entoure l’investiture d’Aaron, son ministère est bien pâle au regard de l’oeuvre du Christ. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Jésus est entré dans le lieu très saint pour nous comme un précurseur, devenu souverain sacrificateur pour l’éternité et il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang. C’est ainsi qu’il (nous) a obtenu une rédemption éternelle (Hébreux 6.20 ; 9.12).

La suprématie du sacerdoce de Jésus sur celui d’Aaron; c’est le jour sur la nuit.

Chapitre 10

Introduction

Nous arrivons maintenant au chapitre 10 du Lévitique qui raconte un fait particulièrement tragique. Au final, le Lévitique comporte peu de récits; il développe principalement les rituels liés au sacerdoce lévitique, et qui, comme nous l’avons déjà vu, sont particulièrement contraignants. Mais somme toute, ces règles avaient un but très noble puisqu’elles permettent au peuple de s’approcher de l’Eternel.

Le chapitre devant nous est très différent des précédents, et l’histoire qui est racontée fait froid dans le dos. Il s’agit du récit d’un acte arrogant commis part les deux fils aînés d’Aaron. Cet événement est une autre tache dans l’histoire longue et souvent sordide de la désobéissance de l’homme, de son obstination et de sa révolte contre son Créateur. Cet épisode survient, semble-t-il, à la fin du jour glorieux de la dédicace des prêtres qui ont reçu la charge du culte à rendre à l’Éternel. Après l’ivresse de la victoire survient une amère défaite.

Quand on songe à tout ce que Dieu a déjà dit, par l’intermédiaire de Moïse, au peuple d’Israël depuis sa sortie d’Égypte, le comportement de ces deux hommes est difficile à comprendre. On se demande s’il ne s’agit pas du genre de révolte que les Écritures appellent : « à main levée » car l’Éternel avait bien précisé disant :

Même les prêtres qui s’approchent de moi doivent se purifier, sous peine de voir l’Éternel décimer leurs rangs (Exode 19.22).

En d’autres mots, on ne pénètre pas dans la demeure du Dieu Tout-Puissant comme dans un moulin; il y a tout un cérémonial à respecter. Comme nous l’avons déjà amplement vu, cette démarche sainte et sobre se fait à un certain moment, avec les vêtements appropriés, pour une raison donnée et après s’être purifié de toute souillure.

Nous sommes dans un contexte joyeux car Aaron et ses fils viennent de prendre leur fonction. Puis l’Éternel a donné son approbation à toute les cérémonies en manifestant sa gloire d’une manière éclatante. Malheureusement, il va maintenant faire éclater sa colère en frappant ceux qui se permettent de porter atteinte aux institutions cérémonielles qu’Il a établies.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 10.

Nadab et Abihou, deux des fils d’Aaron, prirent chacun son encensoir, y mirent des braises incandescentes sur lesquelles ils répandirent de l’encens. Ils présentèrent ainsi à l’Éternel un feu profane, en contradiction avec ce qui leur avait été ordonné (Lévitique 10.1).

Les deux fils aînés d’Aaron ont eu l’honneur d’accompagner leur père et leur oncle Moïse au sommet du mont Sinaï (Exode 24.1). Étaient-ils enflés d’orgueil depuis ce jour-là ? En tout cas, ils ont multiplié les fautes. Un seul prêtre à la fois pouvait offrir le parfum mais ils y sont allés à deux, puis avec du « feu profane », alors que l’encensoir servait à transporter des braises consacrées, prises sur l’autel des holocaustes. Ils ont agi de leur propre chef, au moment qu’ils ont eux-mêmes décidés, une initiative des plus fâcheuses. De plus, un passage plus loin dans le livre indique qu’ils ont également pénétré dans le Lieu très saint. Je le lis :

Dis à ton frère Aaron de ne pas entrer à tout moment dans le sanctuaire au-delà du voile, devant le propitiatoire qui repose sur le coffre sacré afin qu’il n’encoure pas la mort ; car j’apparais dans la nuée au-dessus du propitiatoire (Lévitique 16.2).

Le propitiatoire est le couvercle du coffre sacré qui se trouve dans le Lieu très saint, derrière le voile, où seul le grand-prêtre peut entrer une fois l’an, le Grand Jour des expiations ou Yom Kippour. Il semble que ces deux hommes cherchaient une répétition de ce qu’ils avaient vécu auparavant. Ayant  bien appréciés la manifestation grandiose de L’Éternel, ils désiraient un encore, jouir à nouveau d’un spectacle son et lumière. Ensuite, ils étaient sans doute exaltés par les cérémonies de ce jour, dans lesquelles ils avaient joué un rôle important aux yeux de tout Israël : le péché d’orgueil donc. Ce n’est pas tout, car plus loin dans ce chapitre, on lit :

Ne bois ni vin, ni cervoise, ni toi, ni tes fils, quand vous entrerez dans la Tente d’assignation, de peur que vous ne mouriez (Lévitique 10.9).

Il apparaît donc que les deux jeunes gens s’étaient laissés aller à la bouteille, et c’est en état d’ébriété qu’ils avaient commis un acte d’effronterie.

Verset 2

Je continue le texte.

Alors, une flamme jaillit de devant l’Éternel et les consuma ; ils périrent là devant l’Éternel (Lévitique 10.2).

Le même feu, qui a consacré l’autel et consumé les sacrifices, dévore ceux qui ont manqué de respect envers Dieu et le sanctuaire. Les Ecritures font plusieurs fois allusion à cet événement tragique (Lévitique 16.1; Nombres 3.4; 26.61). Et l’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Notre Dieu est un feu dévorant (Hébreux 12.29).

En recoupant les textes qui font référence à cet événement tragique, il semble qu’après avoir offert le parfum, ces deux hommes on soulevé le rideau qui ferme le lieu très saint. Mais ils ont été effrayés et sont sortis du sanctuaire en toute hâte en reculant. Mais une fois dehors, Dieu les a foudroyés. Ça peut nous paraître sévère, mais il faut garder à l’esprit que l’Éternel prend grande peine à enseigner qu’Il est un Dieu saint. Il a expliqué en long, en large et en travers que pour s’approcher de Lui il faut franchir un parcours d’obstacles en suivant certains rites précis et pas d’autres. Soit j’obéis, soit je fais la forte tête et j’en subis les conséquences.

Dieu, voyez vous, n’est pas un vieillard papa gâteau qui se promène sur un petit nuage rose. C’est peut-être évident, et pourtant une majorité de nos contemporains traitent Dieu de cette manière et se croient tout permis. L’apôtre Paul écrit :

Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6.7).

Dans le livre des Actes du Nouveau Testament, son auteur, Luc, raconte ce qui est arrivé à un couple, Ananias et Saphira qui ont tous deux menti effrontément aux apôtres parce qu’ils cherchaient, semble-t-il, à se faire admirer par les disciples pour leur générosité; le péché d’orgueil donc. Eh bien ils ont été terrassés par Dieu exactement comme les deux fils d’Aaron.

Verset 3

Je continue le texte.

Moïse dit à Aaron : — Nous voyons se réaliser ce que l’Éternel a annoncé lorsqu’il a déclaré : “ Ma sainteté doit être respectée par tous ceux qui s’approchent de moi, et je manifesterai ma gloire aux yeux de tout le peuple. ” Aaron garda le silence (Lévitique 10.3).

Moïse s’empresse de prévenir une quelconque protestation qui allait peut-être s’élever du cœur et des lèvres d’Aaron. On le comprend car il vient de perdre d’un seul coup ses deux fils aînés. Dure, dure la journée ! Quand l’Éternel choisit des serviteurs particuliers, il veut qu’ils manifestent sa sainteté, par leurs actions s’ils sont fidèles, ou par un châtiment exemplaire s’ils sont rebelles et déshonorent la charge qu’ils ont reçue.

Soit dit en passant que le comportement d’Aaron est remarquable; il sait que la moindre parole serait déplacée en face d’un événement aussi tragique où la main de l’Éternel s’est si fortement manifestée; il se soumet donc entièrement à sa volonté. Nous trouvons cette même attitude chez le roi David après qu’il ait lui aussi subi la discipline divine. Je le cite :

Voici : je veux rester muet, ne plus ouvrir la bouche, car c’est toi qui agis. Détourne donc de moi tes coups, car je succombe sous les attaques de ta main. Pour corriger les hommes, tu les punis de leurs péchés, et tu détruis comme une teigne ce qu’ils ont de plus cher. Tout homme n’est qu’un souffle (Psaumes 39.9-11).

Cette contenance réservée d’Aaron est d’autant plus frappante que quand les Orientaux son en deuil, ils manifestent leur  en deuil de manière particulièrement bruyante. Il est intéressant de remarquer que le verbe hébreu traduit par : « se taire », ne veut pas forcément dire « garder le silence », mais peut être traduit par « ne pas manifester de colère ni argumenter »,  ou encore par : « entonner une complainte », ce qui serait un comportement tout à fait approprié de la part d’Aaron, car se lamenter n’est pas une protestation, mais l’expression d’une profonde détresse. Or, complaintes et cris de douleur sont fréquents dans les Textes Sacrés, et des manifestations de la misère humaine, conséquence du péché.