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24 août 2026

Jude 1.7-8

Chapitre 1

Introduction

Il y a l’homme qui dit qu’il a vu l’homme qui a vu l’ours. On est pas certain qu’il y ait un ours mais c’est quand même fort possible. Dans ce même ordre d’idée, il y a l’historien juif Eusèbe (265-340) qui rapporte dans ses écrits (praeparatio evangelica) qu’un certain Philo de Biblos (64-141) rapporte dans son « histoire de la Phénicie » que l’écrivain phénicien Sanchuniathon du deuxième millénaire avant notre ère écrit: «  La vallée de Siddim sombra et devint un lac dégageant sans cesse des vapeurs et dépourvu de poissons, exemple de vengeance et de mort pour le sacrilège ». Ce qui nous intéresse dans tout ça, est la vallée de Siddim parce qu’elle est mentionnée trois fois dans un chapitre du livre de la Genèse, et qu’au fond de cette plaine se trouvait un ensemble de cinq villes. Je lis un passage: « Il arriva [..] que quatre rois firent la guerre à Béra, roi de Sodome, à Birsha, roi de Gomorrhe, à Shineab, roi d’Adma, à Shéméber, roi de Tseboïm et au roi de Béla, c’est–à–dire Tsoar. Ces derniers rassemblèrent leurs troupes dans la vallée de Siddim que recouvre aujourd’hui la Mer morte » (Genèse 14.1-3). Peu de gens connaissent l’existence de la vallée de Siddim, par contre, qui n’a pas entendu parler de Sodome et Gomorrhe?

Un jour, cette vallée avec au moins quatre villes, fut précipitée dans une crevasse par un grand tremblement de terre. Les détails sont flous mais on croit savoir qu’un affaissement de terrain libéra des forces volcaniques qui sommeillaient sous la vallée dans ses profondeurs. Ce cataclysme est alors accompagné d’explosions gigantesques, d’éclairs de bitume enflammé, de dégagements de gaz et de soufre ainsi que d’un immense brasier. Sodome et Gomorrhe et deux autres villes sont réduites en cendres. La cinquième, Tsoar, est épargnée par l’Éternel parce que Loth, le neveu d’Abraham, s’y est réfugié (Genèse 19.20-23). En 1951, un savant américain (Jack Finegan) confirme cet événement et le situe à environ 19 siècles avant notre ère.

A l’ouest de la rive méridionale de la Mer morte, il y a une petite crête de 45 mètres de haut sur 15 km de long, direction nord-sud, et qui va vers le désert du Néguev. Cette crête est presque exclusivement constituée de cristaux de sel, ce qui au soleil lui donne autant de brillant qu’un diamant. Les Arabes l’appellent « Djebel Ousdoum », un très vieux nom où s’est conservé le radical du mot Sodome.

Selon certains, les ruines de Sodome et Gomorrhe (Bab edh-Dhra et Numeira) se trouvent au sud-est de la Mer morte en Jordanie, mais le recoupage des témoignages littéraires, géologiques et archéologiques, permet de conclure que les villes de la vallée de Siddim sont situées dans une zone à présent recouverte par des eaux qui envahirent lentement la partie méridionale de ce qui est aujourd’hui la Mer morte. Le livre de la Genèse le confirme puisque comme je l’ai dit, il est écrit que les rois se rassemblèrent « dans la vallée de Siddim que recouvre aujourd’hui la Mer morte » (Genèse 14.3).

Jude a déjà illustré le jugement de Dieu contre les impies avec deux exemples tirés des écrits de Moïse et qui sont: la première génération d’Hébreux sortis d’Égypte qui mourut dans le désert, et d’autre part, les anges déchus qui s’unirent à des femmes humaines et qui sont enchaînés dans les ténèbres en attendant leur jugement final. Sa troisième illustration porte sur Sodome et Gomorrhe ainsi que deux autres villes voisines (Adma; Tseboïm) qui avec Tsoar, constituaient les villes de la vallée de Siddim. Je continue la lettre de Jude

         Les habitants de Sodome, de Gomorrhe et des villes voisines se sont livrés de la même manière (que les anges) à la débauche et ont recherché des relations sexuelles contre nature. C’est pourquoi ces villes ont été condamnées à un feu éternel, elles aussi, et servent ainsi d’exemple.

Verset 7

La destruction de ces deux villes, en réalité quatre, est mentionnée plus de 20 fois dans les Écritures. Cette insistance montre que déjà du temps d’Abraham, l’apostasie bat son plein. En effet, ce jugement survient 450 ans après le déluge, 100 ans après la mort de Noé (Genèse 9:28) et alors que Sem, l’un de ses fils et ancêtre d’Abraham, est encore en vie (Genèse 11:10-11). Tout porte donc à croire que les habitants de Sodome et Gomorrhe savent très bien ce que l’Éternel attend d’eux mais n’en tiennent aucun compte.

Tout comme les anges déchus, les populations de la vallée de Siddim corrompent l’ordre que Dieu a établi en se livrant à des « pratiques contre nature » qui sous le régime de l’Ancienne Alliance sont punis de mort (Lév. 18.22; 20.13). Le châtiment divin qui raya complètement de la carte Sodome et Gomorrhe, sert d’exemple frappant, c’est le cas de le dire, de ce qui arrive à ceux qui s’opposent à Dieu pour suivre avec insistance les penchants pervers de leur cœur mauvais. Le livre de la Genèse relate les détails sordides du comportement odieux des habitants de Sodome. Je lis ce passage: « Le soir, les deux anges arrivèrent à Sodome. Loth était assis à la porte de la ville. En les voyant, il se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna face contre terre. Il leur dit_: –_S’il vous plaît, mes seigneurs, acceptez de faire un détour et de venir loger dans la maison de votre serviteur. Vous pourrez vous y laver les pieds, et vous y passerez la nuit, avant de poursuivre votre route. –_Non, lui répondirent–ils, nous passerons la nuit sur la place. Mais Loth insista tant qu’ils finirent par accepter de se rendre dans sa maison. Il leur fit préparer un bon repas et cuire du pain sans levain et ils se mirent à manger. Quand ils furent sur le point de se coucher, la maison fut encerclée par les gens de la ville_: tous les hommes de Sodome, jeunes et vieux, étaient venus là des différents quartiers de la ville. Ils appelèrent Loth et lui demandèrent_: –_Où sont ces hommes qui sont venus chez toi cette nuit_? Amène–les nous pour que nous couchions avec eux_! Loth sortit sur le pas de sa porte et referma la porte derrière lui. –_Non, mes frères, leur dit–il, je vous en supplie, ne commettez pas le mal_! Ecoutez_: j’ai deux filles qui sont encore vierges. Je vais vous les amener, vous leur ferez ce qui vous plaira, mais ne touchez pas ces hommes puisqu’ils sont venus s’abriter sous mon toit. –_Ote–toi de là_! lui crièrent–ils. Puis ils ajoutèrent_: Voyez–moi cet individu, il est venu ici comme étranger et maintenant, il veut jouer au juge_! Eh bien, nous t’en ferons voir plus qu’à eux. Puis ils poussèrent violemment Loth de côté et s’approchèrent de la porte pour l’enfoncer. Mais les deux hommes venus chez Loth se saisirent de lui, le ramenèrent vers eux à l’intérieur de la maison, et refermèrent la porte. Ils frappèrent d’aveuglement les gens massés à l’entrée de la maison, jeunes et vieux, de sorte qu’ils n’arrivaient plus à trouver la porte » (Genèse 19.1-11). Les habitants des villes de la vallée de Siddim, et de Sodome en particulier, sont coupables de mœurs particulièrement corrompues et c’est ce que Jude relève. Cependant, ils sont également jugés par l’Éternel pour une autre raison qui est leur dureté de cœur envers les étrangers et les pauvres. Le prophète Ézéchiel parlant à Jérusalem personnifiée écrit: « Voici quel était le crime de Sodome, ta sœur_: elle et ses filles étaient devenues orgueilleuses parce qu’elles vivaient dans l’abondance et dans une tranquille insouciance. Elles n’ont pas secouru les pauvres et les malheureux. Elles sont devenues hautaines et se sont mises à commettre sous mes yeux des actes abominables. C’est pourquoi je les ai fait disparaître comme tu l’as vu » (Ézéchiel 16.49-50).

Il n’est pas nécessaire d’avoir fait les Grandes écoles pour savoir que Sodome a donné le mot « sodomie ». Mais peut-être avez-vous remarqué qu’aujourd’hui on ne l’utilise plus guère. Pourquoi donc? Eh bien parce qu’il est trop parlant, trop descriptif, insultant, violent, et trop choquant pour les âmes sensibles. En fait, et pour ne pas froisser la morale et le club des bien-pensants, même le mot « homosexuel » tombe en désuétude et on lui préfère le mot « gai » qui à l’origine exprime la joie de vivre. En fait, « gai » a été kidnappé et est tenu en otage par la communauté homosexuelle au point où ne peut plus l’utiliser dans son sens premier. Si quelqu’un dit: « je suis gai », qu’allez-vous comprendre? Qu’il est joyeux ou plutôt qu’il est hum, hum, disons qu’il aime le rose et le violet et qu’il participe au festival du « gai pride ». Ce changement de vocabulaire presque imperceptible n’est pas anodin parce qu’il traduit les valeurs d’une société. Dans le même ordre d’idée, les mots « adultère, ivrogne, ou meurtrier » sont remplacés par des synonymes plus neutres à l’oreille parce que comme « sodomie ou homosexuel », ils impliquent l’idée de jugement. Or, dans notre société laxiste qui tient la tolérance comme l’une de ses valeurs suprêmes, « qui es-tu donc pour te permettre de juger autrui? »

Les villes de Sodome et de Gomorrhe sont données en exemple par Jude afin de rappeler que Dieu punit tous les apostats, que ce soit dans le domaine moral ou religieux; tous ceux qui enfreignent ce qui est vrai et juste, doivent subir les conséquences de leurs actions. Il faut bien comprendre que la débauche, façon anges déchus ou à la Sodome, est l’expression d’un travers plus profond et plus grave qui est la rébellion contre Dieu. C’est ce que dit l’apôtre Pierre dans sa seconde épître quand il écrit: « Dieu a condamné à la destruction les villes de Sodome et de Gomorrhe en les réduisant en cendres, pour donner à ceux qui se révoltent contre lui un exemple de ce qui leur arrivera » (2Pierre 2.6).

La première génération d’Hébreux sortie d’Égypte qui se rebella contre l’Éternel, les Fils de Dieu célestes qui choisirent en toute connaissance de cause de quitter leur position d’anges et de s’opposer au plan du Seigneur du ciel et de la terre, les habitants de la vallée de Siddim qui violèrent les lois morales de Dieu dans les domaines sexuel et de l’amour du prochain, ont tous subi un jugement divin particulièrement sévère. Jude choisit ces trois illustrations dramatiques pour montrer ce qu’il en coûte de s’opposer au Créateur. Ces histoires sont un rappel destiné à secouer l’homme de sa torpeur spirituelle dans laquelle il est plongé quand il se laisse bercer par son péché. La certitude du jugement est comme la peur du gendarme; elle fournit aux lecteurs de Jude une bonne raison de combattre pour défendre la vérité mise en brèche par les apostats religieux qui se sont introduits en douce dans leurs assemblées.

Il faut savoir que ceux qui comprennent qui est Jésus-Christ mais qui, pour une raison ou pour une autre, se détournent de lui, se rendent horriblement coupables à son égard et les conséquences pour eux seront terrifiantes. L’auteur de l’épître aux Hébreux écrit: « ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté au don du ciel, qui ont eu part au Saint–Esprit, qui ont expérimenté combien la Parole de Dieu est bienfaisante et fait l’expérience des forces du monde à venir et qui, pourtant, se sont détournés de la foi, ne peuvent être amenés de nouveau à changer d’attitude, car ils crucifient le Fils de Dieu, pour leur propre compte, et le déshonorent publiquement. A votre avis, si quelqu’un couvre de mépris le Fils de Dieu, s’il considère comme sans valeur le sang de l’alliance, par lequel il a été purifié, s’il outrage le Saint–Esprit, qui nous transmet la grâce divine, ne pensez–vous pas qu’il mérite un châtiment plus sévère encore_? Nous connaissons bien celui qui a déclaré_: C’est à moi qu’il appartient de faire justice_; c’est moi qui rendrai à chacun son dû, et encore_: Le Seigneur jugera son peuple. Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant_! » (Hébreux 6.4-8; 10:29-31). Le jugement le plus sévère est réservé à l’homme qui sait que « Jésus est le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14.6) et qui le rejette. Il vaudrait cent fois mieux pour lui être un animiste qui toute sa vie craint et essaie d’apaiser les esprits de la forêt. Et pire encore sera le châtiment que recevra celui qui, non seulement se détourne du Christ après avoir compris qui il est vraiment, mais qui en plus, enseigne aux autres à faire de même. Qu’il soit aveuglé par son propre orgueil ou par des puissances démoniaques, qu’il mène une campagne contre Dieu ou pour un humanisme éclairé, peu importe car il n’a aucune excuse. L’apôtre Jacques écrit: « Mes frères, ne soyez pas nombreux à enseigner_; vous le savez_: nous qui enseignons, nous serons jugés plus sévèrement » (Jacques 3.1). Je continue la lettre de Jude

 

            Eh bien, malgré cela, ces individus font de même_: leurs rêveries les entraînent à souiller leur propre corps, à rejeter l’autorité du Seigneur et à insulter les êtres glorieux du ciel.

Verset 8

Le mot « malgré » marque une transition, mais il intensifie surtout le caractère impie des apostats. Ces hommes pratiquent une débauche dégradante à l’image des habitants de Sodome et Gomorrhe, ils se moquent de l’autorité du Seigneur comme l’a fait la première génération d’Hébreux sortie d’Égypte, ils injurient les anges fidèles élevés en dignité tout comme les fils de Dieu devenus démons ont méprisé leur position céleste en s’abaissant à s’unir à des femmes humaines.

La conduite coupable de ces hérétiques provient de « leurs rêveries », un mot qui fait référence à leurs « fausses visions », celles-ci étant à l’origine du caractère trompeur de leur enseignement.

Il ne fait guère de doute que Jude porte ici un jugement péjoratif, un coup de patte aux prétendues révélations sur lesquelles les apostats fondent leur doctrine. Oui, mais il y a bien plus grave. En effet, pour le mot « rêveries », Jude choisit une forme (participe présent) d’un verbe qui n’est employé que dans un seul autre endroit du Nouveau Testament, par l’apôtre Pierre le jour de la Pentecôte. Littéralement, ce verbe signifie « recevoir des songes, des révélations ». Dans sa prédication que nous rapporte le livre des Actes, Pierre déclare: « Mais maintenant se réalise ce qu’avait annoncé le prophète Joël_: Voici ce qui arrivera, dit Dieu, dans les jours de la fin des temps_: Je répandrai de mon Esprit sur tous les hommes. Vos fils, vos filles prophétiseront, vos jeunes gens, par des visions, vos vieillards, par des songes, recevront des révélations » (Actes 2:16, 17). La prophétie de Joël (Joël 2:28-32) et son évocation dans le sermon de Pierre, montrent bien que les songes des apostats, ne sont pas de simples rêves mais qu’ils ont une origine spirituelle; ils proviennent de l’au-delà, et dans ce cas précis ils émanent de démons.

Les enseignants de mensonges qui sont à l’origine de sectes, se disent presque toujours inspirés de Dieu et ils parlent de leurs songes comme la preuve que les « nouvelles vérités » qu’ils annoncent, portent l’imprimatur divin alors que ce ne sont que des impostures diaboliques. En agissant ainsi, ils substituent leur faux enseignement à la vérité de Dieu telle qu’elle nous est révélée dans les Textes Sacrés.

Dans l’Ancien Testament aussi, les apostats ne manquent pas. Parlant au nom de l’Éternel, dans le livre du Deutéronome, on lit que Moïse déclare:  « Vous obéirez à tout ce que je vous commande et vous l’appliquerez, sans rien y ajouter et sans rien en retrancher. Peut–être un prophète apparaîtra–t–il un jour parmi vous, ou un visionnaire qui vous donnera un signe miraculeux ou vous annoncera un prodige. [..].Vous n’écouterez pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car l’Éternel votre Dieu se servira de lui pour vous mettre à l’épreuve, afin de voir si vous l’aimez réellement de tout votre cœur et de tout votre être. [..]. Quant à ce prophète ou ce visionnaire, il sera puni de mort pour avoir prêché la désobéissance à l’Éternel votre Dieu [..]. Ainsi, vous ferez disparaître le mal du milieu de vous » (Deutéronome 13.1-2,4,6). Dans le Nouveau Testament et dans le même ordre d’idée, dans son épître aux Colossiens, l’apôtre Paul donne l’avertissement suivant: « Ne vous laissez pas condamner par ces gens qui prennent plaisir à s’humilier et à s’adonner à un “_culte des anges_”. Ils se livrent à leurs visions, ils s’enflent d’orgueil sans raison, poussés par leurs pensées tout humaines. Ils refusent de s’attacher au Christ, qui est le chef, la tête. [..]. L’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi parce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons. Ils seront séduits par l’hypocrisie de prédicateurs de mensonges dont la conscience est comme marquée au fer rouge » (Colossiens 2.18-19; 1Timothée 4.1-2). Dans le domaine religieux et spirituel, il existe tellement de sons discordants que le commun des mortels renonce à chercher la vérité et refuse même d’en parler. C’est exactement ce que le diable veut ; un point pour lui.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

Émission du jour | Nombres 31.1 – 35.8

Victoire sur Madian - Partage du Pays

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