Chapitre 4

Introduction

Pendant longtemps, j’ai eu un calendrier dans lequel j’écrivais mes rendez-vous et mes tâches obligatoires. Mais comme j’oubliais de le consulter, maintenant, quand il faut absolument que je me souvienne de quelque chose d’important j’utilise plusieurs trucs; l’un consiste à écrire, le soir d’avant, ce que dois faire sur un bout de papier et je le met à un endroit où je serai obligé de le voir, comme à côté de la machine à café par exemple. Dans le même ordre d’idée, l’Éternel a demandé à Josué d’amonceler des grosses pierres au beau milieu du Jourdain afin que pour les Israélites des générations à venir, cet amas soit comme une ancre qui les rattache au fleuve et leur rappelle que Dieu a fait traverser leurs ancêtres le Jourdain à pied sec alors qu’il était en crue. Je continue à lire dans le 4e chapitre du livre de Josué.

Versets 8-9

Les Israélites firent ce que Josué leur avait ordonné : ils prirent douze pierres au milieu du lit du Jourdain, une pour chaque tribu d’Israël, comme l’Éternel l’avait demandé à Josué, ils les emportèrent au campement et les posèrent là. Josué érigea aussi douze autres pierres au milieu du lit du Jourdain, à l’endroit où les prêtres qui portaient le coffre de l’alliance avaient posé leurs pieds, et elles y sont restées jusqu’à ce jour (Josué 4.8-9).

Nous avons donc 12 pierres au bord du Jourdain et 12 au milieu. Celles qui étaient dans le fleuve devaient être particulièrement grosses et en amas afin de résister aux crues régulières. A la fin de sa vie, quand Josué à rassemblé toutes ses notes pour composer ce livre, ces pierres étaient toujours à l’endroit où il les avait fait mettre, ce qui semble indiquer qu’on les voyait de loin.

Versets 10-14

Je continue.

Les prêtres qui portaient le coffre se tinrent au milieu du lit du Jourdain jusqu’à ce qu’on eût exécuté tout ce que l’Éternel avait ordonné à Josué de demander au peuple. Josué se conforma ainsi aux ordres que Moïse lui avait donnés. C’est rapidement que le peuple traversa le fleuve. Lorsque tout le monde eut passé de l’autre côté, le coffre de l’Éternel porté par les prêtres reprit la tête du peuple. Les hommes des tribus de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé marchèrent en ordre de bataille en tête des autres Israélites, comme Moïse le leur avait demandé. Ils étaient environ quarante mille soldats armés, équipés pour la guerre, qui s’avancèrent pour le combat, devant l’Éternel, en direction des plaines de Jéricho. Ce jour-là, l’Éternel honora Josué aux yeux de tous les Israélites, et ils respectèrent son autorité comme ils l’avaient fait pour Moïse durant toute sa vie (Josué 4.10-14).

Le verbe traduit par « respectèrent » est généralement utilisé pour exprimer la profonde révérence, la crainte respectueuse que l’homme doit à Dieu. Il n’est employé que très rarement pour désigner l’allégeance du peuple envers des hommes investis d’une autorité comme c’est le cas ici pour Josué. Il faut aussi remarquer que, comme promis, les hommes de guerre des deux tribus et demie installées de l’autre côté du Jourdain se sont joints à la fête, pour ainsi dire, et constituent même les troupes de choc puisqu’ils seront les premiers à subir le feu ennemi.

Versets 15-19

Je continue.

Ensuite l’Éternel dit à Josué : Ordonne aux prêtres qui portent le coffre contenant l’acte de l’alliance de sortir du milieu du Jourdain. Josué donna cet ordre aux prêtres : Sortez du milieu du Jourdain ! Dès que les prêtres qui portaient le coffre de l’alliance de l’Éternel eurent quitté le lit du fleuve et posé le pied sur la terre ferme, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et se mirent à couler comme auparavant le long de ses berges. C’est le dixième jour du premier mois que le peuple traversa le Jourdain. Ils établirent leur camp à Guilgal, à la limite orientale de Jéricho (Josué 4.15-19).

Une fois que toutes les tribus d’Israël avec femmes, enfants, armes et bagages ont traversé le fleuve, les prêtres et le coffre sacré quittent eux aussi son lit et le Jourdain reprend sa cours habituel selon l’ordre naturel des choses. Or, comme par le plus grand des hasards voulus de Dieu, cela est arrivé la date anniversaire de l’institution de la Pâque, qui fut célébrée quarante ans auparavant jour pour jour. Israël établit alors son camp de base à « Guilgal », un mot qui signifie « cercle » ou « rouler (hébreu galal) ».

Versets 20-24

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 4.

C’est à Guilgal que Josué fit ériger les douze pierres ramassées dans le lit du Jourdain. Puis il dit aux Israélites : Lorsque plus tard vos descendants demanderont à leurs pères ce que sont ces pierres, vous leur expliquerez comment le peuple d’Israël a traversé le Jourdain à pied sec parce que l’Éternel votre Dieu a asséché le lit du fleuve devant vous jusqu’à ce que vous l’ayez traversé tout comme il avait asséché la mer des Roseaux devant nous pour que nous la traversions. Il a agi ainsi pour que tous les peuples de la terre sachent combien grande est sa puissance et pour que vous-mêmes vous révériez l’Éternel votre Dieu pour toujours (Josué 4.20-24).

Josué établit un parallèle entre la traversée de la Mer rouge et celle du Jourdain. Ce récit est important car il relate une étape décisive de l’histoire d’Israël : la frontière de la Terre promise est enfin franchie et le peuple a foulé son sol. La Palestine est depuis des siècles l’objet de la promesse divine et de l’espérance des Hébreux. La manière dont ils ont franchi le fleuve est décrite comme si c’était un acte religieux et c’en est un. C’est à l’Éternel, le Seigneur de toute la terre, qu’Israël doit cette traversée miraculeuse, un signe manifeste de sa présence au milieu de son peuple et une preuve de sa toute-puissance. Israël est donc exhorté de garder en mémoire cette action éclatante et de la raconter aux générations futures. Ce miracle extraordinaire est, et devra toujours être, une source de confiance et de réconfort pour les Israélites, et de terreur pour les peuples païens du pays.

Chapitre 5

Verset 1

Nous arrivons au chapitre 5 du livre de Josué qui raconte 3 événements tout aussi importants l’un que l’autre : il s’agit de l’accomplissement du rite de la circoncision, l’arrêt de la manne qui tombe du ciel chaque matin et a nourri le peuple pendant 40 ans, et enfin, la rencontre par Josué du Capitaine invisible de l’armée de l’Éternel qui vient lui rendre visite.

Je commence à lire ce chapitre.

Tous les rois des Amoréens établis sur la rive occidentale du Jourdain et tous les rois des Cananéens établis sur le littoral de la mer Méditerranée apprirent que l’Éternel avait asséché le Jourdain devant les Israélites jusqu’à ce qu’ils l’aient traversé. Alors le courage leur manqua et ils perdirent tous leurs moyens en face des Israélites (Josué 5.1).

De toute évidence, un certain temps s’est écoulé depuis la traversée du Jourdain ce qui a permis aux nouvelles de circuler. Toutes ces peuplades se croyaient protégées non seulement par leurs dieux respectifs, mais surtout par les crues du Jourdain. Ils pensaient qu’ils avaient beaucoup de temps devant eux pour se préparer à se défendre contre cette invasion, passer en revue leurs effectifs, graisser les roues de leurs chars de guerre et affûter leurs armes. Et voici que soudainement Israël, soutenu par un Dieu qui fait des miracles extraordinaires, est à proximité de leurs villes fortifiées, pratiquement sur le pas de leur porte. Il y a effectivement de quoi avoir la peur au ventre. Cette situation donne aux Israélites le temps de procéder à des cérémonies religieuses sans être dérangés.

Versets 2-5

Je continue.

À cette même époque, l’Éternel dit à Josué : Fais-toi des couteaux de silex et circoncis cette deuxième génération d’Israélites. Josué se munit de couteaux de silex et circoncit les Israélites sur la colline d’Araloth. Voici pourquoi Josué les circoncit : tous les hommes en âge de porter les armes qui étaient sortis d’Égypte étaient morts en chemin dans le désert après avoir quitté l’Égypte. Ils étaient tous circoncis. Mais les garçons nés pendant la traversée du désert, après la sortie d’Égypte, ne l’avaient pas été (Josué 5.2-5).

Cela fait 40 ans que la circoncision n’a pas été pratiquée parce que c’est un signe de l’alliance entre l’Éternel et les descendants d’Abraham, or celle-ci a été suspendue tandis que la première génération d’Hébreux sortie d’Égypte était sous le jugement de Dieu. Il est probable que la circoncision a une composante hygiénique, surtout sous le soleil de plomb de Palestine, mais sa première raison d’être est nettement religieuse. Puisque la relation entre l’Éternel et son peuple est rétablie, la nouvelle génération peut à nouveau porter dans son corps le sceau de l’alliance, surtout que seuls les hommes circoncis ont le droit de célébrer la Pâque. Avec Noé, et tout de suite après le déluge, l’Éternel a établi l’arc-en-ciel comme signe d’alliance entre lui et l’humanité, ce qui est quand même plus romantique que de couper le prépuce des garçons.

Versets 6-8

Je continue.

Pendant quarante ans, les Israélites avaient marché dans le désert jusqu’à l’extinction de toute la génération des hommes en âge de porter les armes au moment de la sortie d’Égypte. En effet, parce qu’ils n’avaient pas obéi à l’Éternel, l’Éternel avait juré de ne pas leur laisser voir le pays qu’il avait promis par serment à leurs ancêtres de nous donner, ce pays ruisselant de lait et de miel. Mais il leur substitua leurs fils : ce sont eux que Josué circoncit puisqu’ils ne l’avaient pas été pendant la marche dans le désert. Après que tout le peuple eut été circoncis, ils restèrent sur place dans le camp jusqu’à leur guérison. (Josué 5.6-8).

La circoncision qui est une coupure de la chair exprime symboliquement la rupture avec le passé d’esclaves et d’idolâtres du peuple israélite. Et comme il est important qu’ils s’en souviennent, ils portent constamment la marque en eux. Ce rite par lequel l’Israélite entre dans l’alliance avec Dieu a son pendant dans le Nouveau Testament, c’est la circoncision de cœur, plus couramment appelée régénération ou nouvelle naissance. Dans les églises d’obédience évangélique, cette expérience spirituelle est généralement suivie du baptême d’eau par les adultes, et les enfants en âge de le demander. Le baptême aussi est un rite et il symbolise la circoncision de cœur; ce n’est absolument pas un moyen de grâce qui permettrait d’entrer dans une alliance avec Dieu. Quant au baptême des bébés, pratiqué par diverses familles d’Églises, il n’existe nulle part, ni dans le Nouveau, ni dans l’Ancien Testament.

Verset 9-10

Je continue.

Puis l’Éternel dit à Josué : Aujourd’hui, j’ai fait rouler loin de vous la honte ramenée d’Égypte. C’est pourquoi cet endroit fut appelé Guilgal (Le roulement), nom qu’il a conservé jusqu’à ce jour. Pendant que les Israélites campaient à Guilgal, ils célébrèrent la Pâque le soir du quatorzième jour du mois, dans les plaines de Jéricho (Josué 5.9-10).

« la honte ramenée d’Égypte » laisse entendre que les années de pérégrinations des Hébreux dans le désert ont donné l’occasion aux Égyptiens de mépriser Israël et l’Éternel. Mais l’assèchement du Jourdain qui est un renouvellement de la traversée de la Mer rouge, prouve que le Seigneur est toujours le Tout-Puissant et le Dieu d’Israël.

C’est au printemps qu’Israël traversa le Jourdain, que les hommes furent circoncis et que le peuple célébra la Pâque de l’Éternel. Cette fête est importante, car elle symbolise la délivrance d’Israël de l’esclavage, et rappelle que l’Éternel a épargné les premiers-nés mâles des Hébreux alors que ceux des Égyptiens périrent lors de la dixième plaie. L’ange de la mort n’a pas frappé les Hébreux parce que chaque famille avait enduit les cadres de sa porte d’entrée avec du sang frais d’un agneau sacrifié qui fut ensuite mangé avec des herbes amères et du pain non levé. Le rite de la circoncision qui est le signe de l’alliance ainsi que la célébration de la Pâque ont servi de préparations mentale et spirituelle au peuple d’Israël avant qu’il ne parte à la conquête de la Terre promise. Ces cérémonies lui donnaient l’assurance que l’Éternel allait leur donner la victoire dans les combats à venir.

Verset 11-12

Je continue le texte.

Le lendemain, ils mangèrent des produits du pays : des pains sans levain et des épis grillés. À partir du lendemain de ce jour-là, la manne cessa de tomber puisqu’ils pouvaient se nourrir des produits du pays ; il n’y eut plus de manne pour les Israélites qui vécurent des productions du pays de Canaan cette année-là (Josué 5.11-12).

La fête des pains sans levain qui dure 7 jours commence avec la Pâque. Cette célébration met fin à une époque importante de l’histoire d’Israël, celle de son séjour au désert pendant lequel le peuple vivait de la manne. Maintenant elle s’arrête de tomber parce que le peuple n’en a plus besoin. En second lieu, cette fête marque le début d’une nouvelle période, celle de la vie sédentaire des tribus dans le pays de Canaan. Cette manne, qui descendait du ciel tous les matins et qui nourrissait les Israélites, est une image prophétique qui annonce Jésus, la manne spirituelle. Dans son évangile, l’apôtre Jean écrit que quiconque met sa pleine confiance en Jésus a la vie éternelle et ne mourra jamais. Je lis le passage :

Car je suis le pain qui donne la vie. Vos ancêtres ont bien mangé la manne dans le désert et cela ne les a pas empêchés de mourir. Mais c’est ici le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain-là, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai pour que le monde vive, c’est mon propre corps (Jean 6.48-51).

Verset 13

Je continue le texte.

Un jour où Josué se trouvait près de Jéricho, il vit soudain un individu qui se tenait debout devant lui, avec son épée dégainée à la main. Josué s’avança vers lui et lui demanda : Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? (Josué 5.13).

Le Jourdain traversé, Josué sait qu’il n’y a plus de retour possible et la charge de chef pèse lourdement sur ses épaules. Il part donc en reconnaissance pour évaluer les fortifications de Jéricho qu’il lui faut capturer, car cette ville occupe une position clé; elle lui barre la route et représente la porte d’entrée du Pays de Canaan. Il ne veut pas s’enfoncer à l’intérieur des terres en sachant qu’il a quelque part sur ses arrières un puissant ennemi qui peut l’attaquer à tout moment ; avancer en regardant derrière soi est très inconfortable et ne permet pas de mener un combat efficace. Et puis voilà soudain qu’apparaît devant lui un homme armé, sorti de nulle part. Cette rencontre sert de prologue à la conquête, mais ce dut être un moment de crainte et d’anxiété pour Josué qui sursaute car il ne s’attendait pas à rencontrer âme qui vive. Alors évidemment, il veut savoir si ce guerrier armé est un allié ou un ennemi.

Versets 14-15

Je continue.

Non, répondit l’homme. Je suis le chef de l’armée de l’Éternel et je viens maintenant. Alors Josué se prosterna, le visage contre terre, et lui dit : Seigneur, je suis ton serviteur, quels sont tes ordres ? Le chef de l’armée de l’Éternel lui répondit : Ôte tes sandales de tes pieds, car l’endroit où tu te tiens est un lieu saint. Et Josué obéit (Josué 5.14-15).

Cet homme tenant une épée à la main, est un personnage énigmatique qui apparaît ici et là tout au long des Textes Sacrés. Ici il se présente comme « chef de l’armée de l’Éternel ». Cette armée a trois composantes : les cohortes angéliques, les forces de la nature et Israël. Il ne fait aucun doute que ce chef est le Seigneur lui-même, un pré-incarnation de Jésus, le Fils de Dieu, qui apparaît sous forme humaine. Il répond à Josué « je viens maintenant », ce qui suggère qu’il est l’ange attendu dont la venue et l’action ont préalablement été annoncées à Moïse. Je rappelle le passage :

Je vais envoyer un ange devant vous pour vous protéger en chemin et vous conduire au lieu que j’ai préparé pour vous. Respectez-le et obéissez-lui. Ne lui résistez pas, il ne tolérerait pas votre rébellion, car il est mon représentant. Mais si vous lui obéissez pleinement et si vous faites tout ce que je vous ai ordonné, je serai l’ennemi de vos ennemis et l’adversaire de vos adversaires. Car mon ange marchera devant vous et vous fera entrer dans le pays des Amoréens, des Hittites, des Phéréziens, des Cananéens, des Héviens et des Yebousiens, et je les exterminerai (Exode 23.20-23).

Josué comprend qu’il a devant lui au moins un représentant de l’Éternel et il s’incline bien bas. Le premier ordre que l’ange lui donne est d’ôter ses sandales en signe de profond respect et pour lui signifier qu’il est en présence d’un être saint. En effet, ce personnage énigmatique accepte les hommages de Josué alors qu’un simple messager céleste les auraient refuser. Tout au long des Écritures, quand de simples anges apparaissent, ils n’acceptent jamais la moindre courbette de la part des êtres humains; c’est vrai autant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, et même plusieurs fois dans le livre de l’Apocalypse. Par exemple, l’apôtre Jean écrit :

L’ange me dit alors : – Ecris : Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau. Et il ajouta : – Ce sont là les paroles authentiques de Dieu. Et je tombai à ses pieds pour l’adorer, mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu ! (Apocalypse 19.9-10).

Ici, le « chef de l’armée de l’Éternel » accepte donc le geste d’adoration de Josué, ce qui veut dire qu’il est l’une des trois personnes de la Trinité. D’ailleurs un peu plus loin, ce chef devient « l’Éternel » (6.2). Cela dit, il est intéressant de noter au passage une nouvelle similitude entre Moïse et Josué au niveau de leur vocation et de la mission que Dieu leur confie. En effet, dans l’épisode du buisson ardent, L’Éternel s’est manifesté à Moïse avant de le charger de la libération de son peuple. Ici, il se révèle à Josué qui est lui-même sur le point d’engager une longue guerre de conquête. Et chaque fois, le lieu de l’apparition est qualifié de « saint ».

Les Écritures ne nous révèlent pas les états d’âme de Josué, mais il se peut qu’à la tête d’une patrouille, il vient de faire un tour de la ville de Jéricho pour en examiner de loin ses remparts. Il est peut-être même découragé, car il ne voit pas comment il va s’y prendre pour faire une brèche. Les Israélites ne possèdent ni catapultes, ni autres engins de guerre. Cette ville apparaît donc bien être à l’image de sa réputation, c’est-à-dire imprenable. C’est à ce moment-là peut-être que l’Ange de l’Éternel s’est révélé à Josué, une épée à la main, pour bien lui confirmer, d’une part, la nature militaire de la mission qui l’attend, et d’autre part, pour l’encourager en lui rappelant une fois encore que c’est l’Éternel lui-même qui va combattre aux côtés et à la tête d’Israël.

Etant donné que le peuple a renouvelé l’alliance avec l’Éternel par le rite de la circoncision et qu’il a célébré la Pâque, qui est la commémoration de la délivrance de l’esclavage égyptien, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette bonne disposition de la part d’Israël est de bon augure car un gage de fidélité envers l’Éternel. La circoncision et la Pâque avaient également précédé la sortie de la première génération d’Hébreux hors d’Égypte ; ce qui est une autre similitude entre cet événement passé et la situation actuelle où le peuple vient de quitter le désert et s’apprête à conquérir la Terre promise. L’apparition de l’Ange de l’Éternel qui vient encourager Josué me rappelle un passage du Nouveau Testament où l’apôtre Paul écrit :

Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous ? Qui accusera encore les élus de Dieu ? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera ? Le Christ est mort, bien plus : il est ressuscité ! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous (Romains 8.31, 33, 34).

Ces paroles de réconfort sont toujours valables et en toutes circonstances.