Chapitre 1

Verset 4

Il se dépêche ; c’est en toute hâte qu’il se dirige vers les quais pour acheter son billet. Quelques personnes font la queue et il se joint à eux. Mais le caissier dit à la personne qui le précède que le bateau est complet. Elle s’en va et lui aussi s’apprête à quitter ce quai pour aller voir ailleurs dans l’espoir de trouver un autre bateau, quand le téléphone sonne. Le caissier décroche puis se tourne ver lui et crie : « Ne t’en va pas, je viens juste de recevoir une annulation, M. Schtroumpf a été hospitalisé et il ne pourra pas être du voyage ».

Jonas se dit alors : « quelle aubaine, quelle heureuse coïncidence, peut-être que j’ai raison d’aller à Tarsis ! »

Bon d’accord, ça ne s’est pas passé comme ça mais l’esprit y est. Bien qu’il soit en fuite loin de la présence de l’Éternel, qui peut dire que Jonas n’est pas en paix avec sa conscience, car aussitôt qu’il embarque, il descend dans la cale et s’endort du sommeil du juste. Il s’est peut-être dit qu’après tout, il a mal compris ce que Dieu lui demandait.

Vous me direz que ce raisonnement ne tient pas debout, et pourtant il m’est arrivé d’argumenter avec moi-même afin de me justifier quand je ne veux pas obéir à ce que je sais être la volonté de Dieu, et j’arrive ainsi à me convaincre que je peux faire ce que je veux. Un autre raisonnement bâtard consiste à se laisser bercer d’illusions par des circonstances fortuites heureuses. En réalité, à travers l’histoire, beaucoup de croyants fidèles à Jésus-Christ ont souffert à cause de le leur foi. Dans le Nouveau Testament, l’auteur de l’épître aux Hébreux écrit :

Grâce à la foi, ils ont […] fermé la gueule des lions. Ils ont éteint des feux violents, échappé au tranchant de l’épée […]. D’autres encore ont enduré les moqueries, le fouet, ainsi que les chaînes et la prison. Certains ont été tués à coups de pierres, d’autres ont été torturés, sciés en deux ou mis à mort par l’épée. D’autres ont mené une vie errante, vêtus de peaux de moutons ou de chèvres, dénués de tout, persécutés et maltraités, eux dont le monde n’était pas digne. Ils ont erré dans les déserts et sur les montagnes, vivant dans les cavernes et les antres de la terre (Hébreux 11.33-38).

« Grâce à la foi, certains ont échappé au tranchant de l’épée tandis que d’autres ont été mis à mort par l’épée ». Ce n’est pas parce que tout va bien ou que tout va mal que je suis ou pas dans la volonté de Dieu.

Dans le cas de Jonas, il sait fort bien que Dieu veut qu’il aille prêcher dans la capitale assyrienne. Mais d’un autre côté, est-il possible qu’il ait mal compris l’ordre de l’Éternel parce que dans toute l’histoire d’Israël, jamais un Israélite n’a été envoyé spécifiquement à une nation païenne pour lui donner un message de repentance ; c’est le contraire. Dieu a placé la nation d’Israël au carrefour de trois continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique, ce qui fait de son territoire un grand lieu de passage, une sorte de hall de gare en somme.

Quand les caravanes traversent le pays, les étrangers peuvent observer comment les Israélites servent et adorent le seul vrai Dieu, et ainsi apprendre à le connaître. Voilà pourquoi la reine de Shéba (1Rois 10.1) et des représentants du monde entier sont venus entendre la sagesse de Salomon. Dans le premier livre des Rois on lit :

Tous les rois de la terre qui avaient entendu vanter sa sagesse, envoyaient des délégations de tous les pays du monde pour l’entendre (1Rois 5.14).

Mais le plan de Dieu n’a pas fonctionné parce que les Israélites ont été infidèles, y compris Salomon et plus tard le prophète Jonas. Je continue maintenant de lire dans le premier chapitre du livre qui porte son nom.

(L’Éternel adressa la parole à Jonas en ces termes : Mets-toi en route, va à Ninive la grande ville et proclame des menaces contre ses habitants, car l’écho de leur méchanceté est parvenu jusqu’à moi. Jonas se mit en route pour s’enfuir à Tarsis, loin de la présence de l’Éternel. Il descendit au port de Jaffa, où il trouva un navire en partance pour Tarsis. Il paya le prix de la traversée et descendit dans le bateau pour aller avec l’équipage à Tarsis, loin de la présence de l’Éternel). Mais l’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer et déchaîna une si grande tempête que le navire menaçait de se briser (Jonas 1.1-4).

Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jonas reçoit l’ordre d’aller à Ninive, il prend le bateau pour aller dans la direction opposée quelque part en Espagne dans les environs de Gibraltar. Mais son voyage commence très mal, ce qui me fait penser qu’on pourrait établir un plan du livre de Jonas en fonction des départs et arrivées du prophète.

Quand on prend l’avion pour une destination internationale, il faut toujours se présenter des heures en avance. Une fois les bagages enregistrés, il n’y a plus qu’à prendre son mal en patience en regardant les vitrines des magasins et en comparant les prix des produits détaxés qui semblent toujours plus chers à l’aéroport qu’en centre-ville. De temps en temps on regarde l’heure pour s’assurer de ne pas manquer l’embarquement puis on va devant l’un de ces écrans qui se trouvent un peu partout où on peut consulter les horaires de vol de plusieurs dizaines d’avions qui s’envolent pour aller un peu partout dans le monde.

Jonas n’a pas pris l’avion, mais au tout début du récit il quitte la terre d’Israël en bateau pour se rendre à Tarsis. Cependant, il subit un fâcheux contretemps puisqu’il atterrit dans le ventre d’un poisson et c’est ainsi que se termine le premier chapitre du livre (version Segond). Dans le deuxième chapitre, il quitte le poisson ou plutôt il est dégurgité et se retrouve sur la terre ferme au bord de la Méditerranée probablement en Israël.

Au troisième chapitre, on efface tout, retour à la case départ et on recommence. Pour la seconde fois, l’Éternel donne l’ordre à son prophète de se rendre à Ninive. Il quitte donc son pays une deuxième fois mais cette fois-ci il va dans la bonne direction et arrive à bon port. Il remplit sa mission avec succès mais pour Jonas tout ne va toujours pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Au quatrième et dernier chapitre du livre, Jonas ne va nulle part mais tourne en rond, littéralement, ainsi que dans sa petite tête de linotte parce qu’il oublie qu’il conteste la manière d’agir non d’un homme mais de l’Éternel, le seul vrai Dieu.

Après avoir montré tous ces départs et arrivées de Jonas, revenons au début de son histoire. Alors que le bateau fonce toutes voiles dehors direction l’Espagne, Jonas est dans la cale et dort à poing fermé, ce que le texte nous apprend un peu plus loin (Jonas 1.5). C’est alors que l’Éternel fait souffler un grand vent sur la mer et déchaîne une si grande tempête que le navire menace de se briser sous la violence des flots (Jonas 1.4). Tout au long du livre, l’auteur qui n’est autre que Jonas lui-même, souligne la souveraineté de Dieu. Ici, l’adjectif « grand » apparaît deux fois pour bien mettre l’accent sur le caractère extraordinaire de cette « grande tempête » déclenchée par l’Éternel qui fait souffler un « grand vent » qui soulève le bateau comme si c’était un vulgaire fétu de paille. Dans le psaume 104, le psalmiste écrit :

Tu fais des vents tes messagers, les éclairs sont tes serviteurs… – éclairs, grêle, neige, brume, vents impétueux qui exécutez ses ordres ! (Psaumes 104.4 ; 148.8).

Ici, c’est Dieu qui ordonne cette tempête pour arrêter la fuite du prophète et le remettre sur les rails afin qu’il aille dans la bonne direction.

Au 2e siècle de notre ère, dans son commentaire sur Jonas, le théologien et Père de l’Église Tertullien écrit : « Fuyant le Seigneur sur la terre, il le trouva dans la mer ».

Un jour, alors que Jésus est avec ses disciples dans un bateau de pêche et qu’ensemble ils traversent le lac de Galilée, dans l’évangile selon Marc, on lit :

Il s’éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui (Jésus), il dormait à la poupe sur le coussin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? (Marc 4.37-38).

Les disciples sont des pêcheurs professionnels et donc des marins aguerris qui savent comment naviguer au travers des tempêtes qui éclatent brusquement sur ce lac. Mais cette fois-ci, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas en mesure de faire face au « grand tourbillon » qui s’est jeté sur eux car il est surnaturel ; c’est Satan qui l’a manigancé afin de tuer Jésus et ses disciples. Ces derniers sont dans un état de panique alors que le Seigneur dort paisiblement car rien de fâcheux ne peut arriver au Maître du ciel et de la terre. Les disciples courent réveiller leur maître. Alors,

S’étant réveillé, Jésus menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme (Marc 4.39).

Les marins qui voyagent avec Jonas vont avoir une rude journée. On peut résumer tout ce qui va se passer sur le bateau en quelques courtes phrases : Les marins sont « saisis de crainte » ; les marins implorent leur dieu ; les marins allègent le navire ; Jonas dort paisiblement ; le capitaine s’adresse à Jonas (Jonas 1.6) ; les marins tirent au sort pour savoir qui est responsable de cette tempête et c’est Jonas qui est désigné (Jonas 1.7) ; les marins lui demandent : « Mais qui es-tu » ? (Jonas 1.8) ; Jonas explique qui il est, qui est l’Éternel et qu’il le fuit (Jonas 1.10 a) ; les marins sont « saisis d’une grande crainte » (Jonas 1.10 b) ; les marins demandent à Jonas ce qu’ils doivent faire (Jonas 1.11) ; Jonas dit : « jetez-moi à la mer » (Jonas 1.12) ; les marins essaient de rejoindre la côte, sans succès (Jonas 1.13) ; les marins invoquent l’Éternel (Jonas 1.14) ; les marins jettent Jonas par-dessus bord et la mer se calme (Jonas 1.15) ; les marins sont « saisis d’une grande crainte ».

Verset 5

Voyons maintenant le texte en détail.

(L’Éternel fit souffler un grand vent sur la mer et déchaîna une si grande tempête que le navire menaçait de se briser.) Les marins furent saisis de crainte, et chacun se mit à implorer son dieu. Puis ils jetèrent la cargaison par-dessus bord pour alléger le navire. Quant à Jonas, il était descendu dans la cale du bateau, il s’était couché et dormait profondément (Jonas 1.5).

Le verbe « descendre » est utilisé trois fois dans ce récit pour évoquer la fuite de Jonas sous la forme d’une descente. D’abord, il « descend » au port de Jaffa puis il « descend » dans le bateau et enfin il « descend » dans la cale. On pourrait ajouter qu’il sombre dans le sommeil, le dernier refuge du prophète en fuite. En tout cas, il est tout à fait indifférent à la tempête qui commence à disloquer le navire. Il faut dire qu’il est physiquement éreinté et mentalement épuisé par l’angoisse. Alors maintenant qu’il se croit en sécurité et désirant être seul, il descend en fond de cale où il s’écroule, inconscient du danger.

Le mot pour « dormir » décrit un sommeil très profond. Soit dit en passant que c’est aussi en dormant, sur le mont des Oliviers, que les disciples de Jésus dissipent leur angoisse tandis que leur maître lutte dans la prière. Le texte dit que « Jésus les trouva endormis, tant ils étaient accablés de tristesse » (Luc 22.45). Je dois avouer que je ne comprends pas comment on peut dormir dans une situation pareille. Pour ma part, si je suis tant soit peu angoissé, je ne ferme pas l’œil.

Pendant que Jonas est profondément endormi, sur le pont du bateau, les matelots qui viennent d’horizons divers, invoquent chacun leurs dieux pour deux raisons : d’une part, ils craignent d’en avoir offensé un et donc d’avoir attiré sa colère, et d’autre part, ils veulent être délivrés d’une mort certaine. Tout au long du livre, les païens ont bonne presse car ils sont décrits comme pieux et sincères.

Afin d’alléger le navire, les marins terrifiés jettent à la mer toute la cargaison qui se compose probablement d’articles fabriqués en Palestine que les Phéniciens échangeaient contre divers métaux, dont l’argent.

Verset 6

Je continue le texte du livre de Jonas.

Le capitaine s’approcha de lui et l’interpella : Hébreux quoi ! Tu dors ! Mets-toi debout et prie ton Dieu. Peut-être que le Dieu se souciera-t-il de nous et ne périrons-nous pas (Jonas 1.6 ; Auteur).

Les prières des marins n’ont pas été exaucées et alors qu’il veut tout le monde sur le pont à invoquer son Dieu, le capitaine remarque l’absence de Jonas. Il va donc le chercher et l’interpelle en lui disant : « Comment peux-tu dormir alors que nous sommes sur le point de sombrer corps et âme » ?

En hébreu, l’ordre du capitaine : « Mets-toi debout » est le même que l’ordre de l’Éternel quand il a dit à Jonas : « Mets-toi en route » (Jonas 1.2). Pareillement, le verbe rendu par « prie » est le même que celui qui a été rendu par « proclame » (Jonas 1.2) quand Dieu a dit à Jonas : « – Mets-toi en route, va à Ninive la grande ville et proclame des menaces contre ses habitants ». Assez curieusement, après avoir demandé à Jonas de prier son Dieu, le capitaine ajoute : « Peut-être que le Dieu se souciera-t-il de nous ». Cet article défini n’est pas anodin car bien qu’il soit polythéiste, cet homme a la vague notion d’un Dieu unique.

Alors qu’il a de la peine à se réveiller, c’est comme si Jonas entendait à nouveau l’ordre de Dieu mais cette fois-ci, de la part d’un idolâtre ignorant, qui rappelle à l’ordre et à son devoir le serviteur de l’Éternel qui aurait dû prendre l’initiative d’invoquer le seul vrai Dieu puisqu’il le connaît. La scène est pleine d’ironie et ces détails nous sont donnés pour montrer que le prophète infidèle est tombé à un niveau spirituel plus bas que des païens.

Verset 7

Je continue le texte.

Pendant ce temps, les matelots se dirent entre eux : Allons, tirons au sort pour savoir qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent donc au sort et Jonas fut désigné (Jonas 1.7).

Tirer au sort est une pratique habituelle dans tout le Proche-Orient pour connaître la pensée des dieux. Elle est utilisée pour découvrir un criminel qui a échappé à toutes les recherches et qui attire la malédiction sur tout le peuple (comparez Josué 7). Cette croyance que les calamités sont souvent causées par la présence de quelqu’un ayant commis un acte coupable se trouve chez certains auteurs classiques de l’Antiquité.

Quand on va dans certaines églises, on peut lire des ex-voto composés par des gens qui croient avoir été l’objet d’une grâce spéciale de la part de Dieu. Mais cette pratique n’est pas nouvelle car elle est déjà très répandue dans l’Antiquité. Cicéron raconte aussi qu’un certain Diagoras, surnommé l’athée, s’arrête dans une île de la mer Égée (Samothrace) afin de contempler les ex-voto qui ont été envoyés par les marins ayant survécu à un naufrage. C’est alors qu’un homme qui sait que Diagoras est célèbre pour son athéisme, lui dit : « Toi qui penses que les dieux ne s’occupent pas des affaires humaines, ne vois-tu pas, d’après ces peintures, combien sont nombreux ceux qui, grâce à des vœux, ont échappé à la fureur de la tempête et sont parvenus au port sains et saufs ? » Ce à quoi Diagoras répond du tac au tac : « Non, car nulle part on n’a peint tous ceux qui ont fait naufrage et ont péri en mer » (Wikipédia ; Diagoras de Mélos).

Ici, les marins qui naviguent en compagnie de Jonas qui croient savoir distinguer un phénomène naturel d’une intervention des dieux, se rendent compte que la violence de la tempête est anormale et donc qu’elle a une origine surnaturelle pour punir l’un d’entre eux.

L’Éternel désapprouve toute méthode occulte qui essaie de connaître l’avenir ou percer un mystère. Il n’approuve donc pas ce tirage au sort, mais parce qu’il est le Dieu souverain, il utilise cette pratique pour désigner son serviteur infidèle. Dans le livre des Proverbes, le sage dit :

On jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient de l’Éternel (Proverbes 16.33 ; SER).

Pareillement, dans le premier livre de Samuel (28.7), il est question de la sorcière d’Eyn-Dor qui, à la demande du roi Saül, essaie de consulter le juge Samuel dans une séance spirite ordinaire. Mais quand elle voit Samuel remonter du séjour des morts, elle est stupéfaite et pousse un cri parce qu’elle n’y est pour rien. En effet, c’est Dieu qui le ressuscita pendant quelques minutes car lui seul a ce pouvoir. Dans le livre de l’Apocalypse, on lit que Jésus dit :

Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts (Apocalypse 1.18).

Cela dit, en Israël, le tirage au sort est souvent utilisé par le grand prêtre au moyen de deux objets appelés ourim et thoummim (1Samuel 10.20 ; 14.41), mais cette pratique a l’aval de l’Éternel (Exode 28.30).

Dans le Nouveau Testament, le tirage au sort n’est mentionné que par Luc. Dans son évangile, il écrit qu’il est utilisé par les prêtres juifs pour désigner celui d’entre eux qui entre dans le lieu saint pour offrir le parfum (Luc 1.9) et qu’il est employé par les onze apôtres pour choisir celui qui doit remplacer Judas (Actes 1.26 ; comparez Luc 1.9). Ces deux exemples sont des vestiges de l’Ancien Testament. Les chrétiens abandonnèrent cette pratique après avoir reçu le Saint-Esprit à la Pentecôte.

Verset 8

Je continue le texte de Jonas.

Alors ils (les marins) lui demandèrent : Fais-nous savoir qui nous attire ce malheur ! Quelles sont tes occupations ? D’où viens-tu ? De quel pays ? Et de quel peuple es-tu ? (Jonas 1.8).

Il est évident que jusque-là Jonas a été le plus discret possible. Ayant payé sa place, il veut qu’on le laisse en paix. Mais maintenant que les matelots croient avoir découvert qu’il est responsable de cette terrible tempête, ils font une investigation complète et le bombardent de cinq questions pour découvrir exactement qui il est et ce qu’il a bien pu faire de mal.

Verset 9

Je continue le texte avec la réponse de Jonas.

Je suis Hébreu et je révère l’Éternel, le Dieu du ciel qui a fait la mer et la terre (Jonas 1.9).

Se voyant découvert, Jonas rend un témoignage juste au Dieu d’Israël tout en laissant apparaître sa fierté d’appartenir à ce peuple et à ce Dieu alors qu’il lui tourne le dos. En une courte phrase, Jonas donne beaucoup d’informations aux matelots.

Depuis toujours, les Hébreux sont connus pour être monothéistes bien que l’idolâtrie ait toujours été répandue en Israël. Pour les matelots, le Dieu de Jonas est une divinité parmi d’autres, mais en l’appelant « l’Éternel », Jonas affirme qu’il est le Dieu transcendant des cieux et le Dieu qui a fait alliance avec son peuple. Cependant, Jonas enferme cette glorieuse doctrine dans le cadre restreint d’un exclusivisme jaloux. En disant que l’Éternel est le Créateur de la terre et de la mer, Jonas établit un contraste entre, d’une part, les divinités païennes des marins qui règnent sur une localité, et d’autre part, l’Éternel qui est souverain sur le monde entier et donc même sur cette mer en pleine furie. Cela veut aussi dire que Dieu contrôle toutes mes circonstances, les bonnes et les autres ; alors avant de me lamenter ou de ruer dans les brancards, je devrais reconsidérer où je me situe par rapport à Dieu.