Chapitre 28

Introduction

Il est évident que tous les systèmes et courants religieux, quels qu’ils soient, croient connaître et comprendre leur dieu respectif qu’ils en aient un ou plusieurs. Les facultés de théologie catholiques ou protestantes ont certes leur valeur, mais sont aussi coupables d’avoir fabriqué un petit paquet bien ficelé dans lequel le Créateur du ciel et de la terre n’a qu’à bien se tenir et pas trop remuer car on ne lui laisse pas beaucoup d’air pour respirer. C’est ce qui explique par exemple, pourquoi les Églises issues de la Réforme sont légion au point où une chatte n’y trouverait pas ses petits. Cette diversité de clochers crée une confusion qui est très déroutante pour le novice ou pour celui qui cherche vraiment Dieu.

À l’époque de Job qui est celle des patriarches Abraham à Jacob, les gens possèdent des dieux domestiques sous forme de figurines qu’ils conservent dans une petite boîte ou enroulés dans un tissu. Ce phénomène d’enfermement de la divinité, qu’il soit matériel ou un concept théorique, date depuis toujours, preuve en est les croyances des trois amis de Job qui sont venus pour le réconforter et le soutenir dans ses malheurs. D’emblée, ils croient pouvoir discerner le problème, prétendant ainsi comprendre ce que le Tout-Puissant veut accomplir dans la vie de leur ami. Par contraste, Job a déjà décrit combien les voies de Dieu sont impénétrables et inaccessibles à l’esprit humain et il continue à développer ce thème, toujours sous forme poétique, dans le chapitre 28 qui est un intermède au milieu de ses complaintes et qui est regardé comme un « hymne à la sagesse ». Ayant réduit au silence par K.O. ses amis accusateurs, Job est dans un nouvel état d’esprit qui est presque de la sérénité.

Le thème du chapitre 28 est la sagesse de Dieu qui ne s’obtient pas par des moyens naturels. En effet, l’homme s’infiltre dans les profondeurs de la terre pour en extraire des pierres et des minerais précieux, mais la sagesse, bien plus précieuse, ne se trouve pas dans le monde qui nous entoure et n’a pas d’équivalent parmi les trésors terrestres. Dieu seul la possède et la donne à qui le révère. Je commence à lire le chapitre 28.

Versets 1-11

Il existe des lieux d’où l’on extrait l’argent, il y a des endroits où l’on affine l’or. On sait comment extraire le fer de la poussière, fondre le minerai pour en tirer le cuivre. On fait reculer les frontières des ténèbres sous terre, on explore les mines, on va chercher les pierres noires dans d’opaques ténèbres. Dans les galeries que l’on perce, à l’endroit où le pied a perdu tout appui, les mineurs se balancent, suspendus dans le vide, loin des autres humains. La terre qui nous donne le pain qui nous nourrit se voit bouleversée jusqu’en ses profondeurs, tout comme par un feu. C’est dans ses roches qu’on trouve les saphirs et la poussière d’or. L’oiseau de proie ignore quel en est le sentier, et l’œil de l’épervier ne l’a pas repéré. Les plus fiers animaux ne l’ont jamais foulé, le lion n’y passe pas. On s’attaque au granit, on remue les montagnes jusqu’en leurs fondements. Au milieu des rochers, l’homme ouvre des tranchées : rien de précieux n’échappe à son regard. Il arrête le cours des eaux et amène au grand jour les richesses cachées (Job 28.1-11).

Job commence par décrire la science et la technologie humaines et toutes les réalisations qu’elles ont permises. Ce passage fournit des informations fascinantes, car vieilles de 6 000 ans, concernant les techniques anciennes d’extraction des minerais et pierres précieuses. À cette époque, on utilise des torches et les mineurs travaillent assis sur un siège ou dans une corbeille, suspendu à une corde. On a retrouvé des documents datant de cette période lointaine qui confirment toutes les données contenues dans ce texte. Selon le livre de la Genèse, le fer en particulier est travaillé depuis le tout début de l’humanité.

Dieu a placé des richesses sous terre et à sa surface pour permettre à l’homme de les extraire. Job décrit l’ingéniosité de l’homme capable d’exploiter aussi bien des carrières à l’air libre que de creuser des galeries souterraines profondément dans le sous-sol. L’homme sait donc cultiver la terre, construire, fabriquer toutes sortes d’objets, des bijoux et surtout des armes, et il a créé une monnaie pour effectuer des échanges commerciaux. Pendant longtemps, comme moyen de paiement, on utilise l’argent métal qui est pesé. Plus tard, les billets de banque, qui ne sont jamais qu’une forme de papier, ont une valeur étalonnée sur l’or. Aujourd’hui, ces billets reposent sur rien, comme la planète terre.

Versets 12-19

Je continue.

Mais, quant à la sagesse, où peut-on la trouver ? Où donc l’intelligence a-t-elle sa demeure ? L’homme ne connaît pas quelle en est la valeur, et elle est introuvable au pays des vivants. L’abîme affirme : “ Elle n’est pas ici. ” Et l’océan déclare : “ Elle n’est point chez moi. ” On ne peut l’acquérir avec de l’or massif, on ne peut l’acheter en pesant de l’argent. Elle ne se compare pas avec de l’or d’Ophir ou le précieux onyx, ni avec du saphir. Ni l’or, ni le cristal n’ont autant de valeur, on ne l’échange pas contre un vase d’or fin. Le corail et l’albâtre ne sont rien auprès d’elle. La sagesse vaut plus que des perles précieuses. La topaze éthiopienne n’égale pas son prix, et l’or le plus fin même n’atteint pas sa valeur (Job 28.12-19).

Job contraste l’habilité et les prouesses technologiques de l’homme avec son incapacité à découvrir la plus grande des richesses, la sagesse qui tel un mirage reste inaccessible. On ne peut la trouver ni dans le sous-sol ni sur terre ni dans les océans, et on ne peut l’acheter au marché comme les autres biens de consommation. En affirmant ce caractère impénétrable de la sagesse divine, Job donne en passant un coup de patte à ses trois amis qui dans leur arrogance croient pouvoir tout expliquer.

Versets 20-22

Je continue.

Mais alors, la sagesse, d’où provient-elle ? Et où l’intelligence a-t-elle sa demeure ? Elle se cache aux yeux de tout être vivant, elle se dissimule à l’œil vif des oiseaux. L’abîme et la mort disent : “ Nous avons seulement entendu parler d’elle ” (Job 28.20-22).

Job pose une nouvelle fois les deux mêmes questions pour dire à nouveau que nul être vivant ou décédé ne peut découvrir de lui-même la sagesse absolue qui reste obstinément cachée. Celui qui la possède serait capable de comprendre et d’expliquer la mort, qui plus que toute autre énigme demeure un mystère insondable. Mais même dans les profondeurs des enfers, on a de la sagesse qu’une connaissance très vague. Ceux qui vont dans l’au-delà pourraient nous renseigner sur la mort mais ils ne peuvent pas revenir, et contrairement à une idée fort répandue, il leur est impossible de communiquer avec nous, avec les vivants. Les médiums qui invoquent les décédés entrent en contact avec un démon mais jamais avec le disparu.

Le grand magicien Houdini fit pendant longtemps la une des journaux par ses actes de prestidigitation. Avant de mourir, il laissa à sa femme un code grâce auquel, outre-tombe, il s’identifierait à elle. Après sa mort, plusieurs spirites sont venus trouver son épouse prétendant avoir reçu une communication de son mari. Elle leur demandait alors simplement : « Quel est le code ? » Mais aucun ne fut jamais capable de le lui donner.

Versets 23-27

Je continue le texte.

Car c’est Dieu seul qui sait le chemin que la sagesse emprunte. Oui, il en connaît la demeure. Car son regard parcourt le monde entier, et tout ce qui se passe sous le ciel, il le voit. C’est lui qui a fixé la pesanteur du vent, et donné leur mesure à tous les océans. Lorsqu’il a établi une loi pour la pluie, et tracé un chemin aux éclairs du tonnerre, c’est alors qu’il l’a vue et en a fait l’éloge. Il a posé les fondements de la sagesse et l’a sondée (Job 28.23-27).

Job soutient que l’homme ne peut de lui-même accéder à la sagesse absolue, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne peut pas comprendre sa situation. Maintenant, il précise que le seul qui puisse répondre aux interrogations concernant la sagesse est celui qui domine sur les forces puissantes de l’univers, le Dieu Créateur, parce qu’il connaît parfaitement tous les secrets. Il est à la fois omniscient, il connaît toute chose, et omniprésent, il est partout à la fois ; il est aussi omnipotent, il peut faire comme bon lui semble quand cela lui plaît.

En Occident en particulier et au niveau spirituel, l’athéisme a supplanté la foi. En parallèle, l’homme a abandonné sa quête de la sagesse et de Dieu, pour se dévouer à la science et ses applications technologiques afin d’accumuler des richesses.

Verset 28

Je finis de lire le chapitre 28.

Puis le Tout-Puissant a dit à l’homme : “ Révérer le Seigneur, voilà la vraie sagesse ! Se détourner du mal, voilà l’intelligence ! ” (Job 28.28).

Nous apprenons que la sagesse a un caractère moral. L’homme qui veut s’élever jusqu’à la compréhension de cette sagesse dont Dieu seul est le détenteur, doit avoir de lui une crainte respectueuse et se détourner du mal. Dans les Textes Sacrés, et plus particulièrement dans les livres poétiques, la sagesse est identifiée à une sincère révérence et profonde soumission à Dieu que les Écritures qualifient de « crainte de l’Éternel ». Cette sagesse consiste à vivre selon les règles morales que Dieu a instituées. Je lis deux passages : La clé de la sagesse, c’est de révérer l’Éternel. Ceux qui s’y tiennent ont une saine intelligence. Qui observe ses lois est vraiment avisé. Sois rempli de respect pour Dieu et obéis à ses commandements car c’est là l’essentiel pour l’homme. En effet, Dieu jugera toute œuvre, même les cachées, les bonnes et les mauvaises (Psaumes 111.10 ; Ecclésiaste 12.13-14).

Contrairement à ce que ses trois amis ont prétendu, Job honore l’Éternel et se garde de tout mal, ce que Dieu lui-même a confirmé à deux reprises. Il s’en suit que Job possède la sagesse et l’intelligence qui sont accessibles à l’homme. D’ailleurs dans les prochains chapitres, il va prouver qu’il révère véritablement le Tout-Puissant et qu’il n’a commis aucune faute grave.

Chapitre 29

Introduction

Nous arrivons au chapitre 29 où Job se remémore l’époque bénie qui a précédé son affliction. Par la même occasion, il va nous révéler un trait de caractère fâcheux qui constitue son talon d’Achille en quelque sorte. Il ne s’agit pas d’une faute spécifique cachée mais de son orgueil. Il va utiliser les pronoms « je, me, moi » 52 fois aux dires de ceux qui les ont comptés. Job se réduit à un tpit petit paquet enveloppé sur lui-même et il pousse le bouchon un peu trop loin quand il dit : Ma robe et mon turban, c’était ma droiture (Job 29.14). Job me fait penser à un petit poème en langue anglaise qui en français dit à peu près ceci : J’ai organisé une petite fête à moi-même cet après-midi ; nous n’étions que trois : je, me et moi. Moi j’ai mangé tous les sandwichs tandis que je buvais le thé. Ce fut aussi moi qui mangea la tarte et qui me suis englouti le gâteau.

La roue qui tourne est une loi universelle pour tous, mais pour certains d’entre nous c’est le pronom personnel qui en est le moyeu ; toute la vie est centrée sur « je, me moi ». C’est le cas de Job qui jusqu’à présent n’a pas fait état de la moindre contrition car il ne se sent coupable de rien. En fait, il ne se reconnaît aucune faute spécifique, ni même le plus petit échec de vie. Ses trois amis n’ont pas été capables de l’aider du tout parce qu’ils sont partis sur une base fausse. Dès le début, ils ont tout faux en croyant que les souffrances de Job ne peuvent provenir que de ses péchés cachés. Piètres consolateurs ils ont malmené leur ami, mais lui a tenu bon. Éliphaz, le premier des trois compères, a utilisé l’approche psychologique de la pensée positive : « Tu vas voir comme tout va bien aller ; tu vas te sentir bien une fois que tu auras tout confessé ! » Bildad, le deuxième, a prêché la tradition des Anciens qu’il enveloppe dans un discours philosophique. Tsophar, le troisième ami, manifeste le dogmatisme religieux de quelqu’un qui connaît tout sur Dieu. Ces passes d’armes finissent par un match nul, en queue de poisson, et en un retour à la case départ. Job seul reste sur le terrain mais il souffre toujours autant. Job est certes orgueilleux, mais si on le juge en fonction des exigences que Dieu a révélées aux hommes de l’époque des patriarches, il faut quand même admettre que c’est un homme irréprochable.

Avant ses malheurs, Job a tout pour être heureux : il est immensément riche, respecté par tous et occupe une position d’autorité. Au niveau spirituel, c’est un croyant authentique qui a une crainte respectueuse du Tout-Puissant ; il offre des sacrifices pour ses péchés et ceux de ses enfants. Job n’essaie pas de paraître pour ce qu’il n’est pas. Pesé sur la balance divine, il n’est pas qualifié d’hypocrite, mais d’honnête homme dans tout les sens du mot. Alors pourquoi doit-il souffrir ainsi ? En réalité, tout ce qu’il endure est secondaire, et même Satan n’est pas particulièrement important dans ce récit. La raison de cette histoire est l’orgueil de Job, ou plus exactement son égotisme spirituel, son sens d’être juste en lui-même devant Dieu, ce qui ne peut être que partiellement vrai. Job a donc besoin d’une réprimande et elle est douloureuse. Cependant, quand l’Éternel va enfin se révéler à lui, il va se montrer un élève modèle qui comprend tout de suite et apprend très vite la leçon qui lui est enseignée. Mais en attendant cette rencontre fatidique et historique, Job a une vue limitée aussi bien de Dieu que de lui-même. La devise de Socrate était : « Connais-toi toi-même ! » Cette maxime est certes un bon conseil car comme l’a si bien dit un certain Toulet : « Apprends à te connaître ; tu t’aimeras moins ». Et c’est bien de dont Job a grand besoin.

Tous les discours entre Job et ses amis sont écrits en langage poétique. Il en est de même du long monologue de Job. Le chapitre 29 ne fait pas exception et en plus il est structuré d’une manière symétrique un peu comme une fleur où le stigmate du milieu serait entouré par deux rangées de pétales. La première correspond à la description par Job de ses bénédictions passées, et la seconde rangée est constituée par les honneurs qu’on lui rendait. Au centre de son monologue, Job fait état de sa générosité envers ses semblables ; cette partie du discours correspond au stigmate de la fleur. Ensuite viennent deux nouvelles rangées de pétales quand Job parle encore une fois de ses bénédictions passées et des honneurs qu’on lui dispensait. Donc pour commencer, Job passe en revue son bonheur passé avant qu’il ne soit frappé d’une série de malheurs puis d’une maladie qui dure depuis plusieurs mois.

Versets 1-6

Je commence à lire le chapitre 29.

Job prononça un autre discours : Qui me fera revivre les saisons d’autrefois, comme en ces jours passés où Dieu veillait sur moi, où il faisait briller sa lampe sur ma tête et qu’avec sa lumière j’affrontais les ténèbres ? Ah ! si j’étais encore aux jours de mon automne (Auteur) de ma vigueur, quand ma demeure jouissait de l’amitié de Dieu, et quand le Tout-Puissant était encore à mes côtés, quand tout autour de moi s’ébattaient mes enfants, quand je baignais mes pieds dans la crème du lait et quand le roc versait pour moi des torrents d’huile (Job 29.1-6).

« Dieu veillait sur moi » résume toute la vie antérieure heureuse de Job. C’est une déclaration touchante. Au cœur de son bonheur passé, Job avait la conviction que Dieu veillait sur lui pour le bénir. Sa détresse actuelle s’explique par le sentiment opposé : Dieu l’a abandonné.

Deuxièmement, Job était un homme heureux dans sa famille, et quand il fait allusion à ses enfants, nous entendons « le sanglot d’une grande douleur » (G. C. Morgan).

Les jours de l’automne correspondent à la pleine maturité, la force de l’âge. L’enfance est le printemps, la jeunesse c’est l’été, et l’hiver c’est la vieillesse.

Troisièmement, Job était très riche. La crème, le lait et l’huile sont les images classiques de la prospérité. Le roc est le pressoir à olives dont la base est en pierre.

Versets 7-11

Je continue avec la deuxième rangée de pétales de mon illustration.

Lorsque je me rendais aux portes de la ville, quand je dressais mon siège sur la place publique, les jeunes me voyaient et ils se retiraient, les vieillards se levaient et ils restaient debout, les notables arrêtaient leurs propos et se mettaient une main sur la bouche. Les grands baissaient la voix et ils tenaient leur langue collée à leur palais. Celui qui m’écoutait me déclarait heureux, celui qui me voyait parlait de moi en bien (Job 29.7-11).

Job était un homme universellement respecté. Il habitait la campagne au milieu de vastes propriétés. De là il se rendait au chef-lieu pour prendre place sur son siège de membre du conseil de la ville. Il faut savoir que chaque ville de quelque importance possède un conseil de notables qui siège sur la place publique près de l’entrée principale et qui rend la justice. Job était respecté non seulement par les jeunes, qui s’écartaient de son chemin, mais aussi par les autres dignitaires qui reconnaissaient et appréciaient sa grande sagesse.

Versets 12-17

Je continue.

Car je sauvais le pauvre qui appelait à l’aide ainsi que l’orphelin privé de tout secours. Ceux qui allaient mourir me bénissaient, et je mettais la joie dans le cœur de la veuve. J’endossais la justice : c’était mon vêtement. Ma robe et mon turban, c’était ma droiture. J’étais l’œil de l’aveugle et les pieds du boiteux, et j’étais comme un père pour ceux qui étaient pauvres. J’examinais à fond le cas des inconnus. Je brisais les mâchoires de l’homme violent et je lui arrachais la proie d’entre les dents (Job 29.12-17).

Dans l’illustration de la fleur, cette partie du monologue de Job représente le stigmate, le cœur du discours. Job fait ici valoir qu’il se souciait du bien-être des plus démunis. Il répond ainsi aux accusations du contraire que lui ont portées ses amis. Dans toutes ses relations sociales, la droiture lui servait de manteau et la justice de turban. Il ressort presque de ce verset que la Justice s’incarnait en Job. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Versets 18-20

Je continue avec à nouveau une première rangée de pétales.

Je me disais alors : “ Je mourrai dans mon nid, j’aurai des jours nombreux comme le phœnix. La source de l’eau vive baignera mes racines, la rosée passera la nuit sur ma ramure. Ma gloire auprès de moi se renouvellera et, dans ma main, mon arc rajeunira ” (Job 29.18-20).

Au vu de sa conduite irréprochable, Job était en droit de s’attendre à une prospérité durable, certain que la bénédiction de Dieu l’accompagnerait jusqu’à ce que repu d’années, il ait une belle mort. On constate ici que tout comme ses trois amis, Job considère Dieu comme un tiroir-caisse ; la faveur divine est une récompense pour bonne conduite, alors que le malheur atteint ceux qui font le mal. Job a déjà tenu ce discours, mais il a également prétendu le contraire en soutenant que les impies prospèrent tout autant que les hommes justes. Il faut comprendre que cette contradiction exprime son désarroi face à sa situation tragique qui le dépasse et qu’il lui est impossible de comprendre.

Versets 21-25

Je finis le chapitre 29 avec la deuxième rangée de pétales de mon illustration : l’honneur qu’on lui rendait. Job revient avec complaisance à la description de la confiance qu’on avait en lui

Alors on m’écoutait attendant mon avis et l’on faisait silence pour avoir mon conseil. Lorsque j’avais parlé, on ne discutait pas. Ma parole, sur eux, se répandait avec douceur. Et ils comptaient sur moi comme on attend la pluie. Ils ouvraient grand la bouche, comme pour recueillir les ondées du printemps. Quand je leur souriais ils n’osaient pas y croire, on ne pouvait éteindre l’éclat de mon visage. C’est moi qui choisissais la voie qu’ils devaient suivre. Je siégeais à leur tête, je trônais comme un roi au milieu de ses troupes, comme un consolateur pour les gens affligés (Job 29.21-25).

Dans les pays arides, l’eau est évidemment une bénédiction. Tout comme la terre, fendue par la sécheresse, semble s’entrouvrir pour recevoir la pluie du printemps, la dernière avant la moisson, ainsi on attendait, la bouche entrouverte, pour mieux entendre ce que Job allait dire. On désirait connaître son opinion sur les principales questions en jeu et une fois qu’il avait parlé, le débat était clos. Son discours était comme une pluie rafraîchissante pour des esprits découragés. Son sourire même faisait l’effet d’un tonique sur les irrésolus.

Job était et est toujours un homme tout à fait exceptionnel, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est devenu la cible de Satan. Dans cette vie, la souffrance peut avoir bien des causes différentes, mais il est surtout bon de savoir que dans l’éternité à venir, il n’y en aura plus.