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13 mai 2024

Job 25.1 – 27.23

Chapitre 25

Introduction

Depuis la nuit des temps, l’homme s’interroge sur le mal parce que ce problème est omniprésent et il est accompagné de son cortège habituel de souffrances diverses et variées, comme les accidents, les violences, les tragédies naturelles et bien sûr la mort. Tous les philosophes, quels qu’ils soient, ont été confrontés au mal, une question qui pèse sur toutes les autres qu’ils peuvent se poser. Même les hommes pieux des âges passés ont exprimé leur profond désarroi face à un Dieu qui semble s’être retiré dans les hauteurs glacés de son ciel lointain, alors qu’ils sont frappés par le malheur. De ce nombre est Job qui vit une immense détresse qu’il ne comprend pas. Il se demande pourquoi le Tout-Puissant ne répond pas à ses cris, pourquoi il ne lui permet pas de plaider sa cause et ne donne aucune explication aux souffrances injustes qu’il subit. Songeant à son cas personnel, Job rejoint tous ceux qui avant lui se sont demandés pourquoi Dieu ne vient pas au secours de ceux qui sont exploités et qui vivent dans des conditions misérables. Pourquoi n’exerce-t-il pas dès maintenant son jugement sur les hommes iniques qui se livrent impunément à toutes sortes d’exactions et de crimes ?

Nous sommes dans le troisième et dernier cycle d’un dialogue très tendu entre Job et trois de ses amis venus pour soi-disant le réconforter. L’un après l’autre, ils ont répondu ou plutôt attaqué déjà deux fois Job et maintenant c’est le tour de Bildad qui va prendre la parole pour la dernière fois. Cet homme s’appuie sur la tradition des anciens qui a certes ses mérites, mais qui ne peut en aucun cas expliquer les voies de Dieu. Or justement, Bildad a enfermé le Tout-Puissant dans une petite boîte très étroite. Assimilant Dieu à une horloge au fonctionnement toujours prévisible, il croit que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, et que Dieu punit systématiquement ceux qui agissent mal. Son monde est blanc et noir et il ne connaît pas le gris. On se demande bien d’où il sort pour défendre un point de vue pareil ? Néanmoins, devant la fermeté de Job qui nie en bloc s’être rendu coupable de quelque grosse faute, Bildad semble ébranlé n’ayant finalement plus grand-chose à dire. Job pour sa part n’a pas flanché et tient bon. Bien que criblé sans relâche d’accusations, il maintient son innocence. Au lieu de s’attaquer directement à Job, Bildad prononce un discours d’une brièveté surprenante et insignifiant. Il est à court d’idées et parle pour parler en répétant ce qui a déjà été dit. Son petit exposé établit un contraste entre la majesté divine et l’insignifiance de l’homme, mais c’est aussi une façon détournée de dire à Job qu’il est vaniteux et vain de vouloir comparaître devant l’Éternel afin de se justifier, ce que Job demande à grands cris.

Versets 1-3

Je commence à lire le chapitre 25.

Et Bildad prit la parole et dit : Dieu détient un pouvoir souverain, effrayant. Il fait régner la paix dans les lieux élevés. Peut-on compter ses troupes, et sur qui sa lumière ne se lève-t-elle pas ? (Job 25.1-3).

Bildad commence par rappeler quelques vérités fondamentales qui concernent l’Éternel ; il règne en Maître sur sa création ; il peut tout, voit tout et connaît toute chose. C’est certes une bonne théologie mais elle n’est d’aucune aide au pauvre Job.

Versets 4-6

Je finis déjà le discours de Bildad.

Si, devant lui, la lune même perd son éclat, si les étoiles ne sont pas sans tache à ses yeux, que dire alors de l’homme qui n’est qu’un vermisseau, de l’être humain qui n’est qu’un ver ? (Job 25.4-6).

Bildad reprend l’un des thèmes d’Éliphaz son prédécesseur qui a déjà dit que les créatures de Dieu qu’elles soient sur terre ou dans les cieux sont impures. Il est vrai que la culpabilité de l’homme est universelle, mais une fois de plus Bildad brandit une vérité qui ne fait rien avancer. Selon lui, la corruption de l’espèce humaine rend caduque l’affirmation de Job qu’il est intègre. Il essaie de l’humilier et de le mettre à genoux devant la puissance de Dieu afin de lui faire prendre conscience de sa culpabilité. Mais c’est un coup d’épée dans l’eau puisque Job a déjà reconnu la toute-puissance du Créateur et la condition pécheresse de la race humaine.

Job lui-même n’a d’ailleurs jamais prétendu être exempt de fautes. Il a simplement affirmé qu’il ne mérite pas les malheurs qui se sont abattus sur lui et c’est vrai puisque c’est aussi ce que Dieu a dit à Satan dans le prologue de l’histoire. Comme Tsophar n’a plus rien à dire, c’est sur les belles paroles inutiles de Bildad que se terminent les discours des trois amis de Job. Cependant, ce petit exposé a quand même le mérite de soulever la question capitale : « Comment un homme aurait-il raison contre Dieu ? Comment l’être né d’une femme pourrait-il être pur ? » Ces interrogations universelles ont trouvé leur réponse en Jésus-Christ.

En résumé donc, ces trois sages orientaux ont émis un certain nombre de platitudes et quelques vérités intéressantes certes, mais hors sujet. Ils sont venus pour réconforter leur ami Job mais en cela l’échec est total. Ils sont même pires que les plus piètres consolateurs car ils sont l’exemple type de ce qu’il ne faut pas faire ou dire. En effet, ils n’ont tenu aucun compte de la détresse physique et morale de Job et ne lui ont pas exprimé la moindre compassion. Au contraire, au lieu de l’écouter, ils n’ont cessé de le condamner parce qu’il refusait de se plier à leur vision du monde. Au lieu d’invoquer Dieu avec Job et de chercher la cause de ses malheurs, ils ont suggéré une seule solution, toujours la même, qu’il se repente des fautes cachées qu’il a forcément commis.

Finalement, et c’est peut-être le pire, le ton monte et les dialogues se transforment rapidement en passes d’armes parce que Job blesse leur amour propre en refusant leur façon de voir. Ils deviennent alors de plus en plus agressifs dans leurs propos, se moquent de lui allant même jusqu’à le menacer des foudres divines. Enfin, les trois amis étant à bout d’arguments, ils gardent le silence et ce dialogue de sourds prend fin, ce qui est un aveu d’impuissance à convaincre Job de sa prétendue culpabilité et un échec cinglant de la sagesse traditionnelle des Anciens, très prisée en Orient.

Chapitre 26

Introduction

À partir du chapitre 26, commence le 8e et le plus long discours de Job puisqu’il s’étend sur 6 chapitres. Il va d’abord répondre à Bildad et ensuite aux trois amis. À partir d’ici, on est à nouveau à la case départ, car malgré un flot de paroles, la problématique originelle n’a pas progressé d’un pouce par rapport à ce quelle était au début du récit. À la question : « Pourquoi le juste en général et Job en particulier souffre-t-il », il n’y a toujours pas de réponse.

Versets 1-4

Je commence à lire le chapitre 26 en compressant tout au long.

Alors Job répondit : Ah, comme tu sais bien aider l’homme sans force, et secourir le bras qui n’a plus de vigueur ! Quel bon conseil tu donnes à celui qui se trouve dépourvu de sagesse, et comme tu répands la science à profusion ! Mais à qui donc, dis-moi, s’adressent tes discours ? De quelle inspiration émanent tes paroles ? (Job 26.1-4).

D’une ironie mordante, Job ne mâche pas ses mots pour dire à Bildad ce qu’il pense de son petit discours. Son conflit avec ses amis n’a rien à voir avec la grandeur de Dieu ; d’ailleurs il va rivaliser avec Bildad sur ce point. Sa controverse est due à l’honnêteté de Job face à certaines réalités gênantes de la vie alors que les trois amis les ont supprimées de leur vécu.

Versets 5-6

Je continue.

Tous ceux qui sont morts (en hébreu : les ombres) tremblent bien au-dessous des mers avec les êtres qui les peuplent, car le séjour des morts est à nu devant Dieu, et Abaddôn l’abîme sans fond n’a rien pour se couvrir (Job 26.5-6).

Job évoque les œuvres de Dieu pour en souligner le caractère insondable. Il fait remarquer qu’il est présent partout, dans les lieux élevés mais aussi en dessous des mers et dans le Shéol, qui est l’endroit traditionnel du séjour des morts et un lieu d’attente ou de jugement. J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer que sous les différents régimes de l’Ancien Testament, le Shéol comporte deux régions : le paradis où sont confinés les justes, et l’abîme sans fond où aujourd’hui encore sont enfermés ceux en attente du jugement.

Dans ce passage, le séjour des morts est appelé Abaddôn, l’abîme sans fond. Ce mot signifie littéralement : « lieu de perdition ou de destruction ». Abaddôn apparaît encore deux fois dans Job (28:22; 31:12) et sept fois en tout dans les Écritures. C’est aussi le nom du chef des démons qui attaquent le monde lors du jugement de la cinquième trompette ce qui est décrit dans le livre de l’Apocalypse (9.11). Tout ça me fait dresser les cheveux sur la tête.

Selon la première épître de Pierre (3.19), entre sa mort et sa résurrection, Jésus est descendu aux enfers, c’est-à-dire dans le Shéol, afin de libérer les croyants des siècles passés pour qu’ils soient admis dans la présence de Dieu.

Versets 7-8

Je continue le texte.

Il étend sur le vide la région de l’Arctique et il suspend la terre au-dessus du néant. Il enserre les eaux dans ses nuées épaisses, mais jamais, sous leur poids, les nuages n’éclatent (Job 26.7-8).

Dieu est non seulement présent dans l’abîme, mais aussi dans l’espace. Il a placé la terre sur rien, dit le texte hébreu. Cette affirmation est surprenante car écrite il y a 4 000 ans environ. Or à cette époque, ceux qui s’intéressent aux astres ignorent totalement ce concept. Aujourd’hui, nous savons qu’il existe des lois qui régissent l’univers, mais aucun scientifique ne peut expliquer d’où elles viennent ni ce qui fait qu’elles continuent à fonctionner. La réponse se trouve dans le Nouveau Testament. Je lis le passage : Le Fils de Dieu est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui (Colossiens 1.15-17). Littéralement, il est dit : « Toutes choses tiennent ensemble en lui ». D’après ce passage, c’est Jésus en tant que Dieu qui soutient toutes les lois universelles.

On peut s’imaginer Job, assis là sur un tas de détritus, parvenant à sortir un peu de sa condition misérable en méditant sur la puissance créatrice du Tout-Puissant. Il sait aussi que les nuages ne déversent pas la pluie simplement parce qu’ils sont chargés d’eau, mais pour un ensemble de raisons inconnues à cette époque.

Versets 9-14

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 26.

Il a couvert d’un voile la face de son trône en étendant sur lui son épaisse nuée. Il a tracé un cercle sur la face des eaux, au lieu où la lumière rencontre les ténèbres. Cependant, ce n’est là qu’une infime partie de ce qu’il accomplit, dont nous ne percevons qu’un murmure léger. Qui pourra donc comprendre les éclats de tonnerre de sa puissance ? (Job 26.9-14).

On peut aussi traduire par : « Tout cela n’est que le bord de sa force, le plus faible soupir que nous puissions entendre de lui ! Qui connaît, dès lors, tout le tonnerre de sa puissance ? »

Selon les anciens, la terre était un disque entouré d’une ceinture d’eau, sur laquelle reposait la voûte du ciel. Au-delà c’étaient les ténèbres. Nous savons aujourd’hui que l’horizon est légèrement convexe puisqu’il suit la courbure de la terre, une découverte que les Grecs semblent avoir faite aux alentours de l’an 150 av. J-C. Malgré ses connaissances surprenantes, Job reconnaît humblement qu’il ne sait rien de la puissance du Dieu créateur. Quand on a décrit tout ce qu’on sait concernant la puissance de Dieu, il y a toujours infiniment plus à dire et à apprendre. 3 000 ans plus tard, Salomon dira la même chose. Je le cite : Dieu fait toute chose belle en son temps. Il a implanté au tréfonds de l’être humain le sens de l’éternité. Et pourtant, l’homme est incapable de saisir l’œuvre que Dieu accomplit du commencement à la fin (Ecclésiaste 3.11).

Chapitre 27

Versets 1-4

Nous arrivons au chapitre 27 où commence la partie pratique du livre de Job. Son objectif, sa leçon principale n’est pas d’expliquer pourquoi les justes souffrent, mais plutôt d’enseigner que tous autant que nous sommes, avons besoin de nous humilier devant Dieu car c’est la condition indispensable pour avoir la foi.

Dans les cinq chapitres suivants, le ton change car l’âpreté du conflit entre Job et ses trois amis a disparu. Déjà Bildad n’a prononcé que quelques paroles, comme par acquit de conscience (ch. 25). Après la réplique de Job dans le chapitre précédent (ch.  26), Tsophar, le troisième ami, renonce à la parole, avouant ainsi son impuissance. Les amis sont donc battus.  Job reste seul sur le terrain ; il expose, raconte et rappelle plutôt qu’il ne discute. Il constate sa victoire dans le discours des deux chapitres suivants (ch. 27 et 28), puis il passe une dernière fois en revue son passé heureux (ch. 29), fait un tableau émouvant du triste état où il se trouve (ch. 30) et affirme enfin, une fois de plus, avec solennité son innocence (ch. 31). Je commence à lire le chapitre 27.

Job prononça un nouveau discours : Par le Dieu vivant qui refuse de me rendre justice et par le Tout-Puissant qui m’a aigri le cœur, tant qu’un reste de vie subsistera en moi, et tant que le souffle de Dieu sera dans mes narines, je jure que mes lèvres ne diront rien de faux et que, jamais, ma langue ne dira de mensonge (Job 27.1-4).

« Par le Dieu vivant », est le plus solennel des serments qu’on trouve dans l’Ancien Testament. Job jure par un Dieu qu’il dit lui refuse justice. C’est un bel exemple d’un homme à la foi ferme au milieu de la tempête, qui peut encore appeler « mon Dieu » Celui qu’il accuse de l’avoir abandonné.

Job n’en démord pas ; il est fermement décidé à proclamer jusqu’à sa fin son innocence. Il dit qu’il mentirait s’il se reconnaissait coupable d’une faute qu’il n’a pas commise. Il va très loin dans ses propos accusant à nouveau Dieu d’injustice et d’être à l’origine de son amertume.

Versets 5-6

Je continue.

Loin de moi la pensée de vous donner raison ! Jusqu’à mon dernier souffle, non, je ne renoncerai pas à affirmer mon innocence. Je maintiens fermement que ma conduite est juste, je ne faiblirai pas car ma conscience ne me reproche pas ce qu’a été ma vie (Job 27.5-6).

Job dit qu’il n’a rien à se reprocher, rien du moins de ce qu’on l’accuse. Les attaques répétées de ses trois amis l’ont ancré dans une position défensive. Il a creusé une tranchée et s’y est réfugié. Soucieux de se justifier, il ne montre pas le moindre esprit d’humilité ou de contrition. Au contraire, il donne l’impression qu’il se considère aussi innocent qu’un agneau qui vient de naître. Les trois amis qui sont venus le réconforter étaient bien intentionnés, et dans la joute oratoire qui les opposés à Job, il ont également révélé des vérités sur Dieu dignes d’intérêt. Cependant, comme ils se sont appuyés sur des valeurs humaines, l’expérience, la tradition des Anciens et la loi pour chercher la raison des souffrances de leur ami, ils ont mis le doigt sur une faute cachée qui n’existe pas et ont complètement raté la coche.

Se sachant injustement accusé, Job en vient à croire qu’il est un modèle de vertu ce qui est un peu hautain de sa part. Si Dieu a permis à Satan de l’affliger ainsi, c’est pour l’amener à un nouveau sommet spirituel, c’est-à-dire à s’humilier devant son Créateur et à mieux comprendre la profonde dévotion qu’il lui doit. Quelqu’un a dit que les épreuves de la vie sont comme le soleil ; il fait fondre la cire tandis qu’il durcit l’argile. De même, l’affliction affecte les gens différemment ; certains se ramollissent et se prosternent devant Dieu dans une attitude de repentance et de profonde révérence, tandis que d’autres s’endurcissent et lèvent le poing au ciel. Pour l’instant, Job reste de marbre.

Tout comme lui, beaucoup de gens pensent être en règle avec leur Créateur parce qu’en se comparant à d’autres, ils estiment qu’ils n’ont rien à se reprocher. Une telle prestance témoigne une profonde méconnaissance de la sainteté de Dieu, et le refus de se considérer comme pécheur est une attitude orgueilleuse. Le prophète Jérémie écrit : Le cœur est tortueux plus que toute autre chose, et il est incurable, qui pourrait le connaître ? (Jérémie 17.9).

Versets 7-12

Je continue le texte.

Oh ! que ce soit mon ennemi qui soit considéré comme étant le coupable, et que mon adversaire ait le sort des méchants. Que peut espérer le méchant quand il est retranché, quand Dieu lui prend la vie ? Dieu entend-il son cri quand la détresse fond sur lui ? Trouve-t-il du plaisir auprès du Tout-Puissant ? Lui adressera-t-il sa prière en tout temps ? Je vous enseignerai quelle est l’action de Dieu ; je ne cacherai pas ce que désire le Tout-Puissant. Vous tous, vous le savez fort bien ! Alors pourquoi vous perdre dans des raisonnements absurdes ? (Job 27.7-12).

Les trois amis de Job ont parlé en l’air portant de fausses accusations contre lui. Il est fâché et prononce une imprécation contre ses ennemis qui dans un monde juste devraient être à sa place sur son tas d’immondices et dans les souffrances. Selon les Écritures, la première caractéristique du méchant est qu’il vit indépendamment de Dieu.

Versets 13-23

Je continue en compressant.

Voici le lot qu’un tyran reçoit du Tout-Puissant : si ses fils sont nombreux, le glaive les attend. La peste engloutira tous ceux qui survivront. S’il amasse l’argent comme de la poussière, et, comme de la boue, entasse des habits, qu’il les entasse donc : le juste s’en revêtira, les innocents auront son argent en partage. La maison qu’il bâtit vaut celle d’une teigne. Il se couche avec ses richesses, c’est la dernière fois. Lorsqu’il ouvre les yeux, il ne retrouve rien. Le vent d’orient l’emporte et le fait disparaître, il l’arrache à son lieu. On lance contre lui des flèches sans pitié. On applaudit sa ruine. Du lieu qu’il habitait, on siffle contre lui (Job 27.13-23).

 

On croirait entendre ce discours de la bouche de Tsophar qui, contrairement aux deux autres amis, n’a pas parlé une troisième fois. Mais Job n’a jamais nié qu’au final les méchants ou leurs descendants sont punis. Ce qu’il conteste est la vision simpliste de ses amis qui prétendent que Dieu châtie les impies toujours et immédiatement, suite à leurs forfaits. Son point de vue est cohérent avec tout l’enseignement des Textes Sacrés dans lesquels on voit fréquemment des gens iniques, comme tous les rois d’Israël et la plupart de ceux de Juda, commettre des crimes en toute impunité et s’enrichir. Les rues de leur capitale sont remplies des gens innocents qu’ils ont assassinés et Dieu ne semble pas prêter attention. Cependant, tôt ou tard, le couperet divin tombe d’un coup d’un seul sans prévenir, soit sur le fautif lui-même soit sur ses descendants, soit sur toute la famille.

Dans son discours, Job compare la mort terrible et subite du méchant à celle dont on est frappé quand on a le malheur d’être atteint par les redoutables rafales du vent d’Orient. On l’appelle aussi « Simoun », ce qui veut dire : « Vent empoisonné ». Un ouvrage parut au 18e siècle (Voyage en Arabie de Niebur ;1774) dit que « L’effet du simoun est d’étouffer toute créature vivante qui se trouve dans la sphère de son action. » Et dans le livre des Proverbes, on lit : La ruine fondra sur le despote sans crier gare, il sera brisé soudainement et sans remède (Proverbes 6.15).

Des millions de gens, et pas seulement en Allemagne, étaient en adoration devant Hitler qui s’est suicidé et on a brûlé son cadavre. Mussolini a été pendu et on a piétiné son corps ainsi que celui de sa maîtresse, alors que tous deux gisaient dans la boue après leur exécution. Le règne du dictateur Staline fut suivi d’une déstalinisation en règle. Pol Pot, responsable du meurtre d’au moins deux millions de Cambodgiens, a finalement été vendu par ses anciens lieutenants. Jugé et condamné à la prison à vie, il est mort misérablement un an plus tard. Cependant au faîte de leur gloire, nul ne soupçonnait que ces tyrans finiraient ainsi et leurs victimes tremblaient au seul énoncé de leur nom. Comme je l’ai souvent dit : On ne se moque pas de Dieu, ce qu’un homme aura semé, il le récoltera aussi (Galates 6.7).

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

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