Chapitre 40

Introduction

Les Anglais ont l’expression « passer de la poêle à frire au feu ». En français, on dirait plutôt : « tomber de Charybde en Scylla », c’est-à-dire d’un dangereux tourbillon à un récif. Aucune de ces options n’est réjouissante. C’est un peu ce qui est arrivé au prophète Jérémie. Il est d’abord jeté dans un puits par les chefs de Juda avant d’être emprisonné par le roi. Ensuite, après avoir été libéré par le chef de la garde babylonienne le voilà à nouveau enchaîné.

Verset 1

Nous arrivons au chapitre 40 du livre de Jérémie que je commence à lire.

Voici ce que l’Éternel dit à Jérémie lorsqu’il s’adressa à lui après que Nebouzaradân, le chef de la garde, l’eut renvoyé à Rama. Celui-ci l’avait en effet trouvé enchaîné au milieu de tous les captifs de Jérusalem et de Juda que l’on déportait à Babylone (Jérémie 40.1).

À l’exception de l’appendice à la fin du livre de Jérémie (52.31-34), chronologiquement, les chapitres 40–44 sont les derniers rédigés par le prophète, bien qu’ils soient suivis de huit autres qui reviennent sur des événements précédents.

Après avoir été libéré de prison par les Babyloniens, Jérémie retourne à Anatoth dans sa ville d’origine où il est arrêté par des soldats qui ne le connaissent pas. Mais la providence divine qui veille constamment sur lui fait en sorte que le chef de la garde découvre par hasard l’erreur commise et libère Jérémie une seconde fois.

Versets 2-4

Je continue.

Le chef de la garde l’avait donc fait retirer du convoi et lui avait dit : — L’Éternel ton Dieu avait annoncé que ce malheur viendrait sur ce lieu, et maintenant il l’a fait venir et a réalisé ainsi ce qu’il avait annoncé. Cela vous est arrivé parce que vous vous êtes rendus coupables envers l’Éternel, et que vous ne lui avez pas obéi. Maintenant, vois, je détache aujourd’hui les chaînes de tes poignets. Si tu le juges bon, viens avec moi à Babylone, et je prendrai soin de toi. Mais si tu préfères ne pas me suivre à Babylone, reste ici. Vois : tout le pays est devant toi ; va où bon te semblera (Jérémie 40.2-4).

Le chef de la garde connaît très bien la teneur du message de Jérémie, mais ce genre de discours est courant de la part d’un vainqueur à un vaincu. Jérémie peut aller où bon lui semble, soit avec les exilés à Babylone où il pourra mener une vie de pacha, soit rester sur place avec les pauvres du peuple et c’est ce qu’il fait.

Versets 7-12

Je continue plus loin en compressant et je finis le chapitre 40.

Lorsque tous les chefs de l’armée (de Juda), qui s’étaient dispersés dans la région, et leurs hommes apprirent que le roi de Babylone avait nommé Guedalia, fils d’Ahiqam, comme gouverneur du pays, ils allèrent le trouver à Mitspa (à 8 km au n-o de Jérusalem). Guedalia leur déclara avec serment, à eux et à leurs hommes : — Vous n’avez rien à craindre en vous soumettant aux Chaldéens ; installez-vous dans le pays, soumettez-vous au roi de Babylone et tout ira bien pour vous. Faites les récoltes de vin, de fruits et d’huile, et faites-en provision. Installez-vous dans les villes que vous occupez. Alors tous les Judéens revinrent de tous les lieux où ils avaient été dispersés ; ils revinrent en Juda et se rendirent auprès de Guedalia à Mitspa. Ils firent une abondante récolte de vin et de fruits (Jérémie 40.7-12).

Nous sommes au mois d’août et c’est le moment de la récolte. La nomination de Guedalia comme gouverneur redonne confiance aux habitants de Juda qui ont échappé aux Babyloniens en se réfugiant chez les peuples voisins. Seulement tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. En effet, on avertit Guedalia que Baalis, roi des Ammonites, a un contrat sur sa tête. En fomentant des troubles en Juda, Baalis espère que les Babyloniens, qui jusque-là ont épargné son pays, continueront à le laisser tranquille. Quant à l’assassin, il s’agit d’un certain Ismaël, de la descendance royale de Juda. Il est jaloux de Guedalia qui l’a supplanté et qu’il considère comme un usurpateur du trône. De plus, il a le gouverneur dans le nez parce qu’il était du parti qui voulait se rendre aux Babyloniens. Malheureusement pour lui, Guedalia ne prête pas foi à cet avertissement et à l’intérêt qu’à Ismaël de lui faire la peau.

Chapitre 41

Versets 1-18

Ce complot se poursuit dans le chapitre suivant où est décrit de la manière la plus brutale le meurtre du gouverneur et le massacre de tous les Judéens et des soldats babyloniens qui sont avec lui dans la ville de Mitspa. Le lendemain, cet Ismaël de malheur assassine encore 80 pèlerins pieux, des Samaritains de race mixte juive et assyrienne. Le texte dit qu’ils « avaient la barbe rasée et les vêtements déchirés, et qui s’étaient fait des incisions ; ils avaient en main des offrandes et de l’encens, pour les présenter à la Maison de l’Éternel » (Jérémie 41.5). La tenue des pèlerins exprime leur détresse face à la profanation et destruction du sanctuaire de Dieu. Ils y vont quand même pour adorer Dieu car ce lieu garde pour eux un caractère sacré.

Non, l’Éternel n’a pas empêché ces massacres ni d’autres malheurs, comme la fille de 28 ans d’un couple que nous connaissons bien qui est morte d’un cancer. Tout ce qu’on peut dire est que d’une manière ou d’une autre, les tragédies font partie du plan de Dieu et notre choix se limite à le prier de nous garder du mal et à lui faire confiance.

Après le retour de l’exil, les Juifs célèbrent un jeûne le troisième jour du septième mois, en souvenir de ce crime horrible et de la catastrophe qui suivit. Après cette tragédie, tous les Juifs qui ont échappé au massacre parce qu’ils n’étaient pas sur place s’enfuient en Égypte car ils craignent, et à juste titre, les représailles de Babylone. Cependant, ils s’arrêtent en route pour consulter le prophète Jérémie.

Chapitre 42

Versets 1-3

Je commence à lire le chapitre 42 en compressant.

Alors tous les chefs des troupes et tout le peuple, au grand complet, se rendirent auprès du prophète Jérémie et lui dirent : — Veuille accéder à notre requête : prie l’Éternel ton Dieu pour ce reste que nous sommes ! Que l’Éternel, ton Dieu, nous fasse savoir quel chemin nous devons suivre et ce que nous avons à faire (Jérémie 42.1-3).

Cette requête semble très pieuse et plus loin (Jérémie 42.5-6) ils promettent d’obéir sans discuter à la réponse que Jérémie leur donnera au nom de l’Éternel. En réalité, ils acceptent seulement de faire la volonté de Dieu dans la mesure où elle est conforme à leurs désirs.

Verset 4

Je continue.

Le prophète Jérémie leur répondit : — C’est entendu, je vais prier l’Éternel votre Dieu pour vous, comme vous me l’avez demandé, et je vous communiquerai tout ce que l’Éternel vous répondra, sans rien vous en cacher (Jérémie 42.4).

Cette troupe a d’abord dit à Jérémie : « prie l’Éternel ton Dieu », mais le prophète leur répond : « je vais prier l’Éternel votre Dieu », leur rappelant ainsi que l’Éternel est aussi leur Dieu et leur protecteur. Ce ramassis d’Israélites sait qu’il peut compter sur Jérémie car il est digne de foi et dit la vérité.

Soit dit en passant, c’est aussi ce qui est demandé à ceux qui annoncent la Parole de Dieu. Leur charge est d’expliquer et d’appliquer à la vie quotidienne tous les préceptes contenus dans les Écritures et pas seulement ceux qui leur chatouillent les oreilles. Tant qu’on dit que Dieu nous aime, on ne rencontre pas trop d’opposition, mais si on annonce qu’il va juger les incrédules, alors là ça passe très mal. Mais un prédicateur digne de ce nom ne cherche pas à caresser les paroissiens dans le sens du poil ; il doit au contraire dire les choses comme elles sont sans essayer d’en arrondir les angles. Dans sa seconde épître à Timothée, l’apôtre Paul écrit :

Le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement authentique. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. Ils détourneront l’oreille de la vérité pour écouter des récits de pure invention (2Timothée 4.3-4).

Versets 7, 10-19

Je continue plus loin en compressant.

Dix jours plus tard, l’Éternel adressa la parole au prophète Jérémie [..]. Si vous restez dans ce pays, j’y accomplirai votre restauration et ne vous y détruirai pas ; je vous y implanterai et ne vous en arracherai pas. Car je renoncerai à vous faire du mal comme je vous en ai fait. Ne craignez plus le roi de Babylone dont vous avez peur ! Je vous témoignerai de la compassion afin qu’il vous soit favorable et qu’il vous laisse retourner sur vos terres. Mais si vous dites : Non, nous irons plutôt en Égypte. Tous ceux qui décideront de se rendre en Égypte pour y résider, périront par l’épée, par la famine ou la peste : il n’y aura ni rescapé ni survivant à ces fléaux que je déchaînerai contre eux. À vous, le reste de Juda, l’Éternel dit : N’allez pas en Égypte, sachez bien que je vous ai avertis aujourd’hui (Jérémie 42.10-19).

Jérémie est un homme intègre qui proclame la Parole de l’Éternel telle qu’elle lui est révélée, qu’elle plaise ou pas. Il n’exprime pas son opinion personnelle et ne parle qu’après avoir reçu un message de l’Éternel. Ici, sa réponse est claire comme de l’eau de roche. Aller en Égypte est contraire à sa volonté, car cette démarche revient à mépriser et renier l’œuvre de libération de l’esclavage des Hébreux autrefois accomplie par Dieu. Voilà pourquoi Jérémie lance un avertissement très solennel aux Israélites qui savent maintenant que ses paroles s’accomplissent toujours et donc qu’ils seront en sécurité à condition qu’ils restent dans Juda.

Versets 20-22

Je continue et finis le chapitre 42.

Car vous vous êtes fourvoyés, lorsque vous m’avez délégué vers l’Éternel votre Dieu en me disant : “ Prie l’Éternel, notre Dieu, pour nous, puis fais-nous savoir tout ce que l’Éternel te dira, et nous le ferons. ” Je vous l’ai fait savoir aujourd’hui, mais vous n’écoutez pas l’Éternel votre Dieu, vous ne tenez pas compte de tout ce qu’il m’a chargé de vous dire (Jérémie 42.20-21).

Jérémie réprimande d’avance les Israélites parce qu’il sait très bien que c’est une bande d’hypocrites et qu’ils vont revenir sur l’engagement qu’ils ont pris d’obéir à l’Éternel.

Chapitre 43

Versets 1-3

Nous arrivons au chapitre 43 que je commence à lire en compressant.

Dès que Jérémie eut fini de rapporter à tout le peuple toutes les paroles que l’Éternel leur Dieu l’avait chargé de leur transmettre, Azaria et Yohanân et tous ces hommes orgueilleux répondirent à Jérémie : — Tu mens ! L’Éternel notre Dieu ne t’a pas chargé de nous dire : “ N’allez pas en Égypte pour vous y installer. ” C’est Baruch qui t’excite contre nous, il veut nous livrer aux Chaldéens pour qu’ils nous tuent ou qu’ils nous déportent à Babylone (Jérémie 43.1-3).

Même rengaine que celle des Israélites déportés. Ils rabaissent Jérémie au rang d’un agent de propagande babylonien. L’hypocrisie de leur demande est mise à jour quand ils disent que Dieu n’a pas parlé parce qu’ils n’obtiennent pas la réponse désirée. Toutefois, au lieu d’attaquer Jérémie, ces mécréants s’en prennent à Baruch, son secrétaire.

Versets 4-7

Je continue en compressant.

Ainsi Yohanân, les chefs des troupes, et le reste du peuple n’obéirent pas à l’Éternel : ils ne restèrent pas au pays de Juda. Ils prirent tout le reste de la population de Juda qui était revenue pour habiter dans le pays de Juda de toutes les nations où elle avait été dispersée ainsi que le prophète Jérémie et Baruch. Ils se rendirent en Égypte, désobéissant ainsi à l’Éternel. Ils allèrent jusqu’à Daphné (Jérémie 43.4-7).

Daphné est une ville égyptienne du delta du Nil (Jérémie 2.16).

Voilà donc les descendants d’Abraham à nouveau en Égypte sur la case retour qui est encore pire que celle départ. En abandonnant Juda, ces Israélites quittent le champ de la protection de Dieu et tombent sous son jugement comme tous ceux d’ailleurs qui désobéissent à sa Parole.

Versets 8-13

Je finis de lire le chapitre 43 en compressant.

Alors l’Éternel adressa la parole à Jérémie : — Prends quelques grosses pierres et enfouis-les sous les yeux des Juifs dans le sol argileux de la terrasse qui se trouve en face de l’entrée du palais du pharaon, à Daphné. Puis tu diras à ces gens : Je vais faire venir mon serviteur Nabuchodonosor et j’installerai son trône au-dessus de ces pierres que j’ai enfouies. Il mettra en pièces les obélisques sacrés d’Héliopolis en Égypte, et il mettra le feu aux Temples des dieux des Égyptiens (Jérémie 43.8-10, 13).

Héliopolis veut dire « maison du soleil ». Cette ville, dont les ruines sont situées à 16 km au nord-ouest du Caire, s’appelle « On » dans la Genèse (Genèse 41.45). C’est un sanctuaire dédié au dieu du soleil « Râ » qui est célèbre à cause de ses nombreux obélisques. Leur destruction symbolise la chute du paganisme égyptien.

Le roi de Babylone est un tyran ordinaire avec des vues expansionnistes. Cependant et sans le savoir, il est le serviteur de Dieu dans le sens qu’il est son instrument de jugement.

Jérémie effectue ici un nouveau mime prophétique qui informe les Israélites réfugiés en Égypte qu’ils ne sont pas à l’abri du danger. En effet, selon des tablettes babyloniennes, Nabuchodonosor attaqua l’Égypte deux fois, en 572 av. J-C, puis 4 ans plus tard (sous les pharaons Hophra et Amasis ; Ézéchiel 29.19 ; 30.10).

Chapitre 44

Verset 1

Nous arrivons au chapitre 44 que je commence à lire.

Voici le message que Jérémie reçut pour tous les Juifs installés en Égypte et demeurant à Migdol, à Daphné, à Memphis et dans la région de Patros (Jérémie 44.1).

Ces villes et régions sont respectivement à l’est du delta du Nil et dans la vallée du Nil. A cette époque on a en Égypte deux sortes d’émigrés juifs : ceux qui s’y sont implantés depuis longue date et qui se trouvent un peu partout dans le pays, et puis le dernier groupe qui a forcé Jérémie à les accompagner.

Cette nouvelle prophétie est donnée plusieurs années après l’arrivée du dernier contingent d’immigrés, car plus loin il est dit qu’ils aspirent à retourner en Juda (Jérémie 44.14). Jérémie doit avoir atteint sinon dépassé les 70 ans et cette révélation est l’une des dernières qu’il reçoit de l’Éternel.

Versets 8-9

Je continue plus loin en compressant.

Vous m’irritez par tous vos actes, en offrant des parfums à d’autres dieux en Égypte où vous êtes venus vous installer. Vous vous attirez ainsi la destruction, de même que la malédiction et l’opprobre de la part de toutes les nations de la terre. Avez-vous oublié les méfaits commis par vos ancêtres et ceux des rois de Juda, ces méfaits que vous avez commis au pays de Juda et dans les rues de Jérusalem ? (Jérémie 44.8-9).

Après avoir évoqué le jugement passé, Jérémie revient à la situation présente et dénonce l’idolâtrie de ses compatriotes, leur infidélité, l’endurcissement de leur cœur et leurs fausses illusions.

Versets 12-14

Je continue plus loin en compressant.

Je prendrai ce qui reste des Judéens qui se sont obstinés à venir s’installer ici, et ils seront tous détruits en Égypte : ils tomberont et périront tous, par l’épée ou par la famine. J’interviendrai contre ceux qui sont installés en Égypte, comme je suis intervenu contre Jérusalem par l’épée, par la famine et par la peste. Il n’y aura ni rescapé ni survivant parmi tous ceux qui restent de Juda et qui sont venus s’installer en Égypte pour retourner ensuite au pays de Juda où ils désirent tellement retourner pour y demeurer. Mais ils n’y retourneront pas, sinon quelques rescapés (Jérémie 44.12-14).

Ces sentences de jugement s’adressent à tous les Israélites qui sont en Égypte. Les derniers à s’y être installés seront jugés plus sévèrement que les autres parce qu’ils ont contrevenu à l’ordre direct que l’Éternel leur a donné par l’intermédiaire de son prophète, de ne pas se rendre en Égypte.

Ironiquement, les Israélites déportés à Babylone abandonnèrent les fausses divinités et purent revenir dans leur pays alors que ceux qui s’enfuirent en Égypte persévèrent dans l’idolâtrie et furent tués. Seuls les Juifs établis en Égypte de longue date échapperont à l’invasion des Babyloniens en s’enfuyant en Juda.

Versets 15-18

Je continue en compressant.

Alors tous les hommes qui savaient que leurs femmes offraient des parfums à des dieux étrangers, toutes les femmes réunies là en grand nombre, et tous les gens du peuple qui habitaient en Égypte, à Patros, répondirent ainsi à Jérémie : — Nous refusons d’écouter ce que tu nous dis au nom de l’Éternel. Nous ferons plutôt selon ce que nous avons décidé : nous offrirons des parfums à la Reine du ciel et nous répandrons des libations en son honneur, comme nous l’avons fait, nous et nos ancêtres. Alors, nous mangions à notre faim et nous étions heureux, nous ne connaissions pas le malheur. Mais depuis que nous avons cessé d’offrir des parfums à la Reine du ciel et de répandre des libations en son honneur, nous avons manqué de tout et nous périssons par l’épée et par la famine (Jérémie 44.15-18).

Ce discours des Israélites témoigne d’une arrogance et d’un fanatisme encore pire que leurs ancêtres. Ces idolâtres attribuent leur malheur aux réformes religieuses entreprises par le bon roi Josias lorsqu’il a essayé de purifier Juda des idoles. La reine du ciel est aussi l’un des titres que l’Église catholique romaine donne à Marie ; elle tire son origine du paganisme.

Versets 20-25

Je continue en compressant.

Alors Jérémie parla à toute la foule réunie et leur dit : — L’Éternel n’a pas pu supporter plus longtemps vos agissements mauvais et les actes abominables que vous avez commis. Voilà pourquoi votre pays est devenu un champ de ruines, une terre dévastée et maudite où personne n’habite plus, comme c’est actuellement le cas. C’est parce que vous avez offert ces parfums et que vous vous êtes rendus coupables envers l’Éternel, parce que vous n’avez pas écouté l’Éternel et que vous n’avez pas vécu dans l’obéissance à sa Loi, à ses ordonnances et ses prescriptions, que ce malheur vous a atteints, comme c’est actuellement le cas. Eh bien, accomplissez donc vos vœux ! Oui, tenez vos engagements jusqu’au bout ! (Jérémie 44.20-25).

C’est ici le dernier message de Jérémie. Par une ironie caustique, il encourage les Israélites à continuer à offrir un culte aux idoles, mais leur rappelle aussi qu’ils se condamnent eux-mêmes.

Versets 27-28

Je continue en compressant.

Je vais veiller sur eux pour leur malheur et non pour leur bien ; tous les Judéens qui sont en Égypte périront par l’épée ou par la famine jusqu’à leur extermination. Seul un petit nombre d’entre eux échapperont à l’épée et retourneront d’Égypte en Juda (Jérémie 44.27-28).

Deux siècles plus tard, à l’époque d’Alexandre le Grand, il existe une colonie juive nombreuse et florissante en Égypte et qui a probablement été fondée par des immigrés arrivés quand Juda est sous domination perse.

Versets 29-30

Je finis de lire le chapitre 44.

Et voici un signe — l’Éternel le déclare — pour vous prouver que je veille sur vous en ce lieu-ci et pour que vous sachiez que mes paroles s’accompliront pour votre malheur. Voici ce que déclare l’Éternel : Je vais livrer le pharaon Hophra, roi d’Égypte, à ses ennemis et à ceux qui en veulent à sa vie, tout comme j’ai livré Sédécias, roi de Juda, à son ennemi Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui en voulait à sa vie (Jérémie 44.29-30).

Suite à la première invasion babylonienne (prophétisée dans le chapitre précédent), le pharaon Hophra devient vassal de Nabuchodonosor (572 av. J-C). Mais à son retour d’une expédition catastrophique contre la Cyrénaïque, une région au nord-est de la Lybie, il est assassiné par Amasis (570 av. J-C) qui prend sa place et se révolte contre Nabuchodonosor, ce qui entraîne la seconde invasion de l’Égypte par Babylone (en 568-567) et l’accomplissement des prophéties de Jérémie. Ce que Dieu annonce dans sa Parole s’accomplit toujours.