Chapitre 5

Introduction

On a coutume de dire que nul n’est parfait et qu’on peut trouver du bon en chaque personne. Je n’en suis pas si sûr ! Au premier siècle, la nation d’Israël était sous la tutelle politique et militaire de Rome. Cependant, le peuple de Dieu se gouvernait lui-même au niveau religieux. Malheureusement, ses dirigeants sont des orthodoxes purs et durs qui constituent une faune assoiffée de sang. Les pharisiens en particulier sont des bigots de mauvaise foi qui ont la haine au ventre. Matthieu rapporte que Jésus a été extrêmement virulents à leur égard et les a maudits. Jésus a guéri un homme paralytique depuis 38 ans ce qui au lieu de susciter des louanges adressées à Dieu, déclenche les foudres des pharisiens contre Jésus parce qu’il a choisi le mauvais pour effectuer cette guérison.

Verset 16

Je continue à lire dans le chapitre 5 de l’évangile selon Jean.

Les chefs des Juifs se mirent donc à accuser Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat (Jean 5.16).

Quand on lit les évangiles, on s’aperçoit que Jésus a guéri plusieurs personnes le jour du sabbat. Il y a ce paralytique, mais aussi un aveugle, un homme ayant une main sèche, une femme infirme depuis 18 ans, et un homme au corps couvert d’œdèmes. À part ces guérisons, une controverse supplémentaire a lieu du fait qu’un jour de sabbat, les disciples ont arraché des épis dans un champ pour les manger. La philosophie du Seigneur par rapport au sabbat est très différente de celle de ses adversaires. Dans toutes les controverses avec Jésus, les pharisiens sont systématiquement humiliés devant les foules qui accordent leur crédit au Seigneur. Ils en ragent et cherchent par tous les moyens à se débarrasser de lui.

Verset 17

Je continue.

Jésus leur répondit : — Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent, et moi aussi je suis à l’œuvre (Jean 5.17).

Le Seigneur attire l’attention sur l’œuvre providentielle et continue de Dieu qui contrôle l’univers et engendre la vie. Ce n’est donc pas une faute pour son Fils d’être miséricordieux le jour du sabbat, au contraire, c’est même une nécessité morale due à sa nature divine. En disant : « Mon père » au lieu de votre ou notre Père, le Seigneur fait une autre entorse au judaïsme traditionnel. Par cette façon de s’adresser à Dieu, il affirme sa qualité de Fils de Dieu, ce que ses adversaires ont très bien compris, car ils deviennent fous furieux.

Verset 18

Je continue.

Cette remarque fut pour eux une raison de plus pour chercher à le faire mourir, car, non content de violer la loi sur le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père et se faisait ainsi l’égal de Dieu (Jean 5.18).

En comparant son œuvre à celle de Dieu et en l’appelant son Père, Jésus s’est bel et bien fait l’égal du Tout-Puissant; il est impossible de le nier. Déjà, la controverse au sujet du sabbat a mis le feu aux poudres, mais sa déclaration d’égalité avec Dieu fait tout exploser. Il ressort de ce texte que soit Jésus blasphème, soit il dit la vérité et il est le Fils de Dieu. Or ses œuvres, qui accomplissent des prophéties le concernant prouvent de façon irréfutable qu’il dit vrai. Malgré tout, les religieux choisissent délibérément et en toute connaissance de cause de ne pas croire parce qu’ils auraient dû lui céder la place et auraient perdu tous leurs privilèges. Voilà pourquoi ils bavent de haine. La transgression du sabbat et le blasphème seront les principaux chefs d’accusation contre Jésus lors de son procès.

Verset 19

Je continue.

Jésus répondit à ces reproches en leur disant : — Vraiment, je vous l’assure : le Fils ne peut rien faire de sa propre initiative ; il agit seulement d’après ce qu’il voit faire au Père. Tout ce que fait le Père, le Fils le fait également (Jean 5.19).

Le Seigneur enfonce le clou. Il fait trois autres déclarations qui le concernent (v 19-22). Tout d’abord, il explique qu’il ne fait pas cavalier seul, il n’agit pas indépendamment de la volonté du Père. Plusieurs fois dans cet évangile, il dit même agir à l’initiative du Père, en accord avec sa volonté, que son jugement est conforme à la pensée du Père et que son enseignement vient de lui. Il répond ainsi à ceux qui lui posent la question : « De quel droit agis-tu ainsi ? » Le Fils imite le Père et tous deux œuvrent ensemble.

Verset 20

Je continue.

Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui donnera même le pouvoir d’accomplir des œuvres plus grandes que toutes celles que vous avez vues jusqu’à présent, et vous en serez stupéfaits (Jean 5.20).

Cette dépendance du Fils à l’égard du Père est continuelle et fonctionne à l’intérieur de la Trinité, le cadre divin d’un partenariat d’amour et d’une délégation d’autorité totale.

Verset 21

Je continue.

En effet, comme le Père relève les morts et leur rend la vie, ainsi le Fils, lui aussi, donne la vie à qui il veut (Jean 5.21).

Le pouvoir de ressusciter les morts appartient à Dieu seul. La deuxième affirmation de Jésus est qu’il donne la vie à qui il veut, qu’elle soit spirituelle avec le pardon des péchés ou physique comme dans le cas de la résurrection de Lazare. Cette prérogative de donner la vie inclut évidemment les guérisons comme celle du paralytique. Le Seigneur lui-même ressuscita des morts parce qu’il est Dieu. Le don de guérison que possédèrent pendant un temps les apôtres était accompagné du pouvoir de ramener les morts à la vie.

Verset 22

Je continue.

De plus, ce n’est pas le Père qui prononce le jugement sur les hommes ; il a remis tout jugement au Fils (Jean 5.22).

La troisième affirmation de Jésus est qu’il est le Juge suprême car le Père lui a donné cette autorité. Il l’exercera plus particulièrement à la fin des temps, le jour où tous les hommes de tous les temps comparaîtront devant lui. Ce jugement n’est pas le même pour tous car les croyants ne seront pas jugés mais évalués selon leur fidélité. L’apôtre Paul écrit :

Nous aurons tous à comparaître devant le tribunal du Christ, et chacun recevra ce qui lui revient selon les actes, bons ou mauvais, qu’il aura accomplis par son corps (2Corinthiens 5.10).

Par contre tous les non-croyants seront condamnés. A la fin de l’Apocalypse, Jean écrit :

Je vis les morts, les grands et les petits, comparaissant devant le trône. Des livres furent ouverts. On ouvrit aussi un autre livre : le livre de vie. Les morts furent condamnés, chacun d’après ses actes, suivant ce qui était inscrit dans ces livres. On jeta dans l’étang de feu tous ceux dont le nom n’était pas inscrit dans le livre de vie (Apocalypse 20.12, 15).

Jésus est venu sur terre une première fois pour sauver les perdus. La seconde fois, ce sera pour régner en tant que Juge suprême du ciel et de la terre.

Verset 23

Je continue le texte.

Afin que tous les hommes honorent le Fils au même titre que le Père. Ne pas honorer le Fils, c’est ne pas honorer le Père qui l’a envoyé (Jean 5.23).

L’unité entre Jésus et le Père est absolument parfaite, ce qui implique que celui qui honore l’un, honore l’autre, et ne pas accepter le Fils c’est rejeter le Père. Jésus se met absolument et sans conteste au même niveau que Dieu le Père.

Verset 24

Je continue.

Oui, vraiment, je vous l’assure : celui qui écoute ce que je dis et qui place sa confiance dans le Père qui m’a envoyé, possède, dès à présent, la vie éternelle et il ne sera pas condamné ; il est déjà passé de la mort à la vie (Jean 5.24).

« Écouter la parole de Jésus » est équivalent à « croire au Père ».

Je rappelle les trois affirmations que Jésus a faites :

  • d’abord, tout ce que le Père fait, le Fils le fait pareillement ;
  • en second lieu, il donne la vie à qui il veut ;
  • et enfin, tout jugement a été remis entre ses mains.

Sur cette base, celui qui croit que le Fils procède du Père et qui lui fait confiance reçoit dans le temps présent la vie éternelle et échappe ainsi au jugement et au châtiment. C’est par sa parole, qui a la même autorité que celle du Père, que Jésus donne la vie.

Le croyant a déjà reçu le verdict d’acquittement ; son sort éternel a été décidé une fois pour toutes quand il s’est confié en Jésus-Christ. Ce verset met l’accent sur la dimension présente du salut : la vie éternelle est une réalité actuelle pour le chrétien. D’ailleurs, Jean le confirme dans sa première lettre lorsqu’il écrit :

Dieu nous a donné la vie éternelle et cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils a la vie (1Jean 5.11).

Verset 25

Je continue le texte.

Oui, vraiment, je vous l’assure : l’heure vient, et elle est déjà là, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et tous ceux qui l’auront entendue vivront (Jean 5.25).

Jésus poursuit son enseignement avec une nouvelle affirmation. Ceux qui écoutent et croient sa Parole reçoivent la vie éternelle. Son pouvoir de donner la vie s’exerce à la fois dans les domaines spirituel et physique. De naissance nous sommes spirituellement morts et en route pour la mort éternelle. Mais ceux qui font confiance à Jésus reviennent à la vie; c’est la nouvelle naissance. Bien sûr, Jésus peut aussi ressusciter un cadavre qui git au fond d’un sépulcre, ce qu’il va faire avec Lazare. Devant sa tombe, il dira :

Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s’il meurt. Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais (Jean 11.25-26).

Versets 26-27

Je continue le texte.

En effet, comme le Père possède la vie en lui-même, il a accordé au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et parce qu’il est le Fils de l’homme, il lui a donné autorité pour exercer le jugement (Jean 5.26-27).

Le Père et le Fils sont tous deux la source de la vie. Jésus revient ici sur les deux prérogatives centrales de Dieu. D’une part, il possède la vie en lui-même, ainsi que le pouvoir de la donner, et d’autre part, c’est lui, Jésus, qui est le juge suprême du ciel et de la terre. En s’étant abaissé jusqu’à devenir homme et à mourir sur la croix, Jésus a acquis le droit de juger ceux qu’il est venu sauver. Ceux qui l’acceptent échappent au châtiment mais les autres sont condamnés.

Versets 28-29

Je continue.

Ne vous en étonnez pas : l’heure vient où tous ceux qui sont dans la tombe entendront la voix du Fils de l’homme. Alors, ils en sortiront : ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour être condamnés (Jean 5.28-29).

Jésus dit à ses auditeurs de ne pas être surpris qu’il leur ait dit que ceux qui croient en lui passent dès maintenant de la mort à la vie. Dans le futur, il y aura à son commandement plusieurs résurrections universelles corporelles. Faire le bien consiste à venir à la lumière, la repentance et la foi, tandis que faire le mal c’est préférer les ténèbres et la corruption. La résurrection pour la vie aura lieu en deux étapes ; la première étant ce que le Nouveau Testament appelle « l’enlèvement de l’Église ». L’apôtre Paul l’explique de la façon suivante :

En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis au Christ ressusciteront les premiers. Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur (1Thessaloniciens 4.16-17).

La deuxième étape de la résurrection pour la vie aura lieu à la fin de ce qui s’appelle la grande tribulation, cette période apocalyptique qui est décrite dans le dernier livre du Nouveau Testament. À ce moment-là, Jésus-Christ reviendra dans toute sa gloire, et ceux qui seront morts martyrs sous les coups de l’Antéchrist reviendront à la vie en même temps que tous les croyants morts sous l’Ancienne Alliance. C’est la première résurrection pour la vie.

La deuxième résurrection est pour la mort, pour être condamné uniquement. Celle-ci aura lieu au jugement dernier à la fin du millénium, le règne de 1 000 ans de Jésus sur la terre. Ceux-là seront jugés en fonction du mal qu’ils auront fait durant leur vie terrestre car il y aura des degrés de châtiment. Ils se tiendront devant un Dieu saint et plaideront seuls leur cause. Ils pourront toujours essayer les excuses classiques des tribunaux humains comme le vice de forme, une enfance malheureuse et tout le reste. Mais les Écritures nous avertissent qu’aucun d’entre eux n’échappera au châtiment éternel, car seuls ceux dont les noms sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau iront dans la félicité éternelle. Dans le livre de vie sont écrits les noms des vrais croyants, ceux qui ont accepté le sacrifice de Jésus sur la croix pour le pardon de leurs fautes.

Verset 30

Je continue le texte.

Pour moi, je ne peux rien faire de mon propre chef ; je juge seulement comme le Père me l’indique. Et mon verdict est juste, car je ne cherche pas à réaliser mes propres désirs, mais à faire la volonté de celui qui m’a envoyé (Jean 5.30).

Ce passage sert de transition et de conclusion au discours de Jésus sur son union avec le Père. Ce passage se termine de la même façon qu’il a commencé, c’est-à-dire par l’affirmation selon laquelle le Fils ne peut rien faire de lui-même en dehors du Père. Tout ce qu’il accomplit, comme le jugement qu’il rend, l’est dans le seul but d’accomplir la volonté du Père. Jésus est le parfait porte-parole de l’Éternel. Cette unité entre le Père et le Fils démontre bien qu’ils ont la même essence, la même nature. Cette soumission à Dieu de la part de Jésus est un exemple à suivre pour ceux qui se disent chrétiens. L’apôtre Paul écrit :

Jésus-Christ qui, dès l’origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu’il était bien un homme. Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.6-8).

L’homme à l’état brut est incapable de plaire à Dieu car de nature, il est rebelle à son Créateur, et ce ne sont pas ses actes religieux et ses soi-disant bonnes actions qui changent cette équation. Pour cette raison, Jésus a dit à Nicodème : « Il faut que vous naissiez de nouveau ».

Versets 31-32

Je continue le texte.

— Bien sûr, si j’étais seul à témoigner en ma faveur, mon témoignage ne serait pas valable. Mais j’ai un autre témoin et je sais que son témoignage est vrai (Jean 5.31-32).

À son propre témoignage, Jésus va en ajouter 5 autres : celui de Jean-Baptiste, ses œuvres, le Père, les Écritures et Moïse. Si le Seigneur rendait seulement témoignage de lui-même, il ne serait pas accepté car perçu comme une exaltation de soi. Pour qu’un événement soit reconnu vrai en Israël, il faut qu’au moins deux personnes s’en portent garantes.

Versets 33-34

Je continue.

Vous avez envoyé une commission d’enquête auprès de Jean et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, je n’ai pas besoin d’un homme pour témoigner en ma faveur, mais je dis cela pour que vous, vous soyez sauvés (Jean 5.33-34).

En tant que Fils de Dieu, Jésus n’a pas besoin de quiconque pour le défendre. Néanmoins, le témoignage de Jean-Baptiste en sa faveur ayant été selon la vérité, il est bénéfique aux Juifs. Comme précurseur du Christ, il a indiqué à tous ceux qui venaient à lui qui était le logos, la Parole, et l’Agneau de Dieu. Jean-Baptiste était la lampe qui reflétait la lumière du Messie.

Versets 35-36

Je continue.

Oui, Jean était vraiment comme un flambeau que l’on allume pour qu’il répande sa clarté. Mais vous, vous avez simplement voulu, pour un moment, vous réjouir à sa lumière. Quant à moi, j’ai en ma faveur un témoignage qui a plus de poids que celui de Jean : c’est celui des œuvres que le Père m’a donné d’accomplir. Oui, ces œuvres que j’accomplis attestent clairement que le Père m’a envoyé (Jean 5.35-36).

Jean-Baptiste a été un formidable flambeau pour Dieu, et pourtant il n’a pas accompli d’acte extraordinaire. Pendant un temps, les chefs des Juifs l’ont écouté, mais très superficiellement et sans percevoir la véritable source de la lumière. Pourtant, tous les miracles de Jésus sont les signes et la preuve qu’il est le Fils de Dieu. Pendant les trois années de son ministère, il a probablement guéri des milliers de personnes; la vie créatrice de Dieu émanait de son être. Il était le Tout-Puissant fait homme. En outre, ses miracles avaient été prédits par les prophètes.

Verset 37

Je continue.

De plus, le Père lui-même, qui m’a envoyé, a témoigné en ma faveur. Mais vous n’avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face (Jean 5.37).

Lors du baptême de Jésus et de la transfiguration, Dieu a témoigné en faveur de son Fils de manière à la fois audible et visible. De plus, les prodiges extraordinaires qu’il accomplis régulièrement sont la preuve que le Père est avec lui. Les adversaires de Jésus sont dans les ténèbres les plus noires en ce qui concerne la nature de Dieu. Ils n’ont aucune compréhension de sa personne ni de communication avec lui. Les religieux ne connaissent pas Dieu. Et qu’en est-il de nous, de vous et de moi ?