Chapitre 18

Introduction

En général, quand quelqu’un se sait traqué par une bande d’hommes armés qui respirent la haine, il fait tout son possible pour leur échapper; il s’enfuit ou se cache pour ne pas tomber entre leurs mains et il évite d’aller dans les lieux qu’il a l’habitude de fréquenter parce que ce sont les premiers endroits où on le cherchera. Ça tombe sous le sens. Eh bien Jésus fait exactement l’inverse; il ne change rien à sa façon d’agir et se rend au jardin de Gethsémané selon sa coutume. Il sait pourtant que Judas l’a trahi, qu’on va l’arrêter et l’exécuter. Mais il marche courageusement vers l’échafaud, pour ainsi dire, car son heure est venue et c’est la volonté de Dieu. Il faut qu’il devienne l’Agneau sacrifié afin de faire l’expiation des péchés du monde. Il fait déjà nuit et voilà Judas qui arrive à la tête de soldats et de gardes pour se saisir de lui. Je continue à lire dans le chapitre 18 de l’évangile selon Saint Jean.

Versets 5-6

(Jésus s’avança vers eux et leur demanda : — Qui cherchez-vous ?). Ils lui répondirent : — Jésus de Nazareth. — C’est moi, leur dit-il. Au moment même où Jésus leur dit : “ C’est moi ”, ils eurent un mouvement de recul et tombèrent par terre (Jean 18.5-6).

Jésus quitte le cercle des ses disciples et va au-devant de la troupe. Judas lui donne alors son perfide baiser. La tension est forte et Jésus surprend la bande armée en déclarant avec majesté : « C’est moi ! ». Les soldats accusent le coup car ils s’attendaient à trouver un homme transi de peur, mais ils voient quelqu’un qui s’avance vers eux la tête haute. Même en cette heure sombre où il va devenir le sacrifice, Jésus se présente comme le Seigneur de gloire par sa prestance et sa voix qui commande l’autorité; d’ailleurs l’éclat de sa majesté les bouscule au point où ils tombent les uns sur les autres. Littéralement, Jésus a répondu : « Je suis », qui est un titre de la divinité car c’est le nom que Dieu a donné à Moïse et d’où vient : « Éternel », celui qui est. Plusieurs passages prophétiques sont en train de s’accomplir. J’en cite deux :

Qu’ils soient honteux, déshonorés, ceux qui en veulent à ma vie ! Qu’ils soient déboutés et reculent, ceux qui projettent mon malheur ! Qu’ils soient couverts de honte, remplis de confusion, ceux qui en veulent à ma vie ! Qu’ils battent en retraite, qu’ils soient déshonorés, ceux qui se réjouissent de mon malheur ! (Psaumes 35.4 ; 40.15).

Versets 7-9

Je continue le texte.

Une seconde fois, il leur demanda : — Qui cherchez-vous ? — Jésus de Nazareth, répétèrent-ils. — Je vous ai dit que c’était moi, reprit Jésus. Puisque c’est moi que vous venez chercher, laissez partir les autres (Jean 18.7-9).

En tant que Bon Berger, Jésus donne sa vie pour ses brebis et n’en perd aucune. Il est vrai que les disciples prendront la fuite et seront dispersés mais aucun ne fut arrêté. Normalement, ils auraient dû l’être car légalement, ils étaient complices d’un criminel. Mais ils ne furent même pas entendus comme témoins parce que la procédure habituelle ne fut pas suivie et les chefs religieux n’avaient que faire du menu fretin.

Versets 10-11

Je continue.

Simon Pierre, qui avait une épée, la dégaina, en donna un coup au serviteur du grand-prêtre et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. Jésus dit à Pierre : — Remets ton épée au fourreau. Ne dois-je pas boire la coupe de souffrance que le Père m’a destinée ? (Jean 18.10-11).

Pierre avait promis qu’il mourrait pour Jésus, et courageusement il passe à l’attaque. Il a essayé de couper la tête de ce Malchus, mais il était plus habile à la pêche qu’à la guerre. Luc et Jean précisent tous deux que l’oreille droite fut tranchée, mais Luc ajoute que le Seigneur l’a guérie, ce qui est un témoignage d’amour à l’égard de ses ennemis. La loyauté aveugle de Pierre était touchante, mais son zèle est mal placé. C’est un peu comme une religion dépourvue de la vérité, elle égare les hommes.

La voie de Jésus n’est pas celle de la violence mais de l’obéissance au plan de Dieu. Plus tôt dans la soirée, Jésus a déjà fait des reproches à son apôtre qui ne voulait pas se laisser laver les pieds. Maintenant, il le sermonne parce qu’il n’a toujours pas compris et accepté que son Maître doit mourir. Pierre est sincère mais sans discernement spirituel. Soit dit en passant, il est étonnant que Pierre n’ait pas été emprisonné suite à son action. Mais dans la souveraineté divine, il ne pouvait l’être parce que Jésus avait solennellement promis : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ». Jésus seul doit subir le jugement de Dieu et boire la coupe de sa colère. Il sait parfaitement qu’il doit passer par la croix à cause des péchés des hommes, les miens et les vôtres. Il faut qu’il en soit ainsi car c’est le plan souverain de Dieu, arrêté dès avant la création du monde. C’est une coupe redoutable qui angoissa terriblement le Seigneur, au point où dans le Jardin des Oliviers, juste avant son arrestation, il pria à plusieurs reprises pour qu’il n’ait pas à la boire. Je le cite :

Il fit quelques pas, se laissa tomber à terre et pria Dieu que cette heure s’éloigne de lui, si c’était possible : — Abba, Père, pour toi, tout est possible. Éloigne de moi cette coupe ; cependant, qu’il arrive non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux. Puis il s’éloigna une deuxième fois, et se remit à prier en disant : — Ô mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe me soit épargnée, s’il faut que je la boive, alors, que ta volonté soit faite (Marc 14.35, 36 ; Matthieu 26.42).

Jésus n’était pas obligé de boire la coupe du jugement divin mais il a résolument choisi de subir la croix car il anticipait les conséquences glorieuses qui en résulteraient, à la fois pour ceux qui lui feraient confiance et pour lui-même. Je cite un passage :

Parce qu’il avait en vue la joie qui lui était réservée, il a enduré la mort sur la croix, en méprisant la honte attachée à un tel supplice, et désormais il siège à la droite du trône de Dieu (Hébreux 12.2).

Par contre, ceux qui n’acceptent pas le sacrifice du Christ comme leur substitut, devront eux-mêmes subir à titre individuel la coupe du jugement de Dieu. Quant au monde en tant que système diabolique, il devra endurer la colère de Dieu ce qui est prophétisé dans l’Ancien Testament. Je cite le passage :

Car voici ce que m’a déclaré l’Éternel, le Dieu d’Israël : Prends de ma main la coupe du vin de la colère et donne-la à boire à toutes les nations vers lesquelles je t’enverrai. Vous n’échapperez pas ! Car j’appelle l’épée contre tous les habitants de la terre (Jérémie 25.15, 29).

Ces événements s’accompliront à la fin des temps et sont décrits dans le livre de l’Apocalypse.

Versets 12-14

Je continue le texte.

Alors la cohorte et les gardes des Juifs s’emparèrent de Jésus et le conduisirent enchaîné tout d’abord chez Anne, le beau-père de Caïphe, qui était le grand-prêtre en exercice cette année-là. Caïphe était celui qui avait suggéré aux Juifs qu’il valait mieux qu’un seul homme meure pour le peuple (Jean 18.12-14).

Jean prend soin de nommer les collabos, tous ceux qui coopèrent à l’arrestation de Jésus. Mais ce sont les autorités religieuses qui sont responsables de ce complot. Le peuple juif souffrira cruellement à cause de cette injustice qu’ils ont commis contre Jésus. Après la destruction de Jérusalem par Rome, les Juifs erreront dans le monde entier. Ils seront persécutés partout, surtout en Europe, en vagues incessantes d’antisémitisme qui s’étendront sur d’interminables siècles : les pogroms, le nazisme et aujourd’hui ils sont assiégés de tous côtés dans leur pays.

Pour l’exécution de Jésus, ce sont les Romains, des non-Juifs, qui l’ont réalisée. Dans une certaine mesure, ils se sont alliés aux chefs religieux pour accomplir ce meurtre. Le gouverneur Ponce Pilate s’en est lavé les mains en déclarant publiquement Jésus, juste, mais sa bassine d’eau n’a enlevé ni sa tache ni la responsabilité des païens dans cette injustice.

Les Romains, qui n’aimaient pas que le pouvoir soit détenu trop longtemps par le même grand-prêtre, avaient déposé Anne et l’avaient remplacé par Caïphe qui a déjà prononcé un arrêt de mort contre Jésus (Jean 11.41-49). Cependant, comme selon la Loi le grand-prêtre est nommé à vie, pour les Juifs, leur chef est toujours Anne.

Jésus est arrêté très tard le soir après une journée particulièrement longue où il vient de traverser une crise aiguë dans l’agonie et la prière. Ses disciples sont si épuisés par leur emploi du temps et la tension qu’ils dorment à poings fermés quand la troupe en armes conduite par Judas arrive et les réveille. Suit alors la charge de Pierre qui coupe l’oreille du serviteur Malchus et que Jésus remet en place. Ensuite, tous les disciples déguerpissent sans demander leur reste et abandonnent Jésus entre les mains de ses ennemis.

Il faut savoir que Anne et Caïphe habitent le même palais qui n’a qu’une seule cour. La chronologie des événements de cette soirée est la suivante : Jésus est arrêté et il se laisse lié comme un agneau sans défense. On le conduit premièrement chez Anne (Jean 18:13), mais ce dernier l’envoie à Caïphe, son vrai juge (Jean 18:24) où le procès religieux a lieu. Après sa  condamnation, Jésus est emmené de chez Caïphe au prétoire romain (Jean 18:28).

Versets 15-16

Je continue le texte.

Simon Pierre et un autre disciple suivirent Jésus. Ce disciple connaissait personnellement le grand-prêtre, et il entra en même temps que Jésus dans la cour du palais du grand-prêtre. Pierre, lui, resta dehors près du portail. L’autre disciple qui connaissait le grand-prêtre ressortit donc, dit un mot à la concierge, et fit entrer Pierre (Jean 18.15-16).

Une scène effroyable vient tout juste de se dérouler dans l’oliveraie; la bande armée s’est emparée de Jésus et tous les disciples se sont enfuis. Cependant, deux d’entre eux reviennent sur les lieux et de loin suivent le Seigneur et ses ennemis jusque dans Jérusalem. Il s’agit de Pierre et sans aucun doute de Jean, l’auteur de cet évangile. De toute évidence, Jean a ses entrées au palais parce qu’il est parent du grand-prêtre Anne ; c’est ce qui permet à tous deux de pénétrer dans la cour du bâtiment où se tient l’enquête préliminaire.

Versets 17-18

Je continue.

La servante qui gardait la porte demanda alors à Pierre : — Ne fais-tu pas partie, toi aussi, des disciples de cet homme ? — Non, lui répondit-il, je n’en suis pas. Les serviteurs et les gardes avaient allumé un feu de braise car il faisait froid, et ils se tenaient tout autour pour se réchauffer. Pierre se joignit à eux et se réchauffa également (Jean 18.17-18).

La scène se passe en avril au moment de la Pâque. Le petit détail concernant la température fraîche en cette soirée de printemps est une autre preuve que l’auteur de cet évangile a été un témoin oculaire des événements qu’il relate. Le premier reniement de Pierre contraste cruellement avec sa prétention de vouloir donner sa vie pour le Seigneur, et de sa résistance armée face à une troupe nombreuse. Il est vrai que comme il ne connaît personne et que Jean a disparu on ne sait où, il doit se sentir très mal dans ses sandales. D’ailleurs on pourrait penser que Jean aussi risque d’avoir des ennuis à cause de son association avec le Seigneur, mais d’une autre côté, comme il connaît bien le grand-prêtre, il semble qu’il n’ait pas été inquiété.

Le premier reniement de Pierre a lieu pendant la comparution de Jésus devant Anne et les deux autres environ une heure après (Luc 22:59) et alors qu’il est devant Caïphe (Jean 18:25-27). Ce délai a donné à Pierre du temps pour réfléchir ce qui aggrave singulièrement sa faute.

Versets 19-21

Je continue.

De son côté, le grand-prêtre commença à interroger Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit : — J’ai parlé ouvertement devant tout le monde. J’ai toujours enseigné dans les synagogues et dans la cour du Temple où tout le monde se réunit. Je n’ai rien dit en secret. Pourquoi donc m’interroges-tu ? Demande à ceux qui m’ont écouté comment je leur ai parlé. Ils savent fort bien ce que j’ai dit (Jean 18.19-21).

Jean reprend son récit (18:13) et c’est donc Anne qui interroge Jésus. L’enquête préliminaire à laquelle Jésus est soumis est comparable à ce qui se passe quand une personne vient d’être arrêtée et qu’elle est conduite au poste de police. Jésus fait remarquer qu’il n’appartient pas à une organisation secrète car il parlait ouvertement dans les lieux publics, et l’enseignement qu’il dispensait en privé n’était pas différent de celui qu’il donnait aux foules. Tout le monde sait ce qu’il disait, de sorte que cet interrogatoire est inutile.

En disant « Demande à ceux qui m’ont écouté », Jésus veut que la procédure légale de mise en examen soit respectée. Il sous-entend ainsi que si les autorités religieuses ont quelque chose à lui reprocher, ils doivent produire des témoins et prouver qu’il est coupable de quelque faute.

Versets 22-24

Je continue.

À ces mots, un des gardes qui se tenait à côté de lui le gifla en disant : — C’est comme cela que tu réponds au grand-prêtre ? Jésus lui répondit : — Si j’ai mal parlé, montre où est le mal. Mais si ce que j’ai dit est vrai, pourquoi me frappes-tu ? Hanne l’envoya enchaîné à Caïphe, le grand-prêtre (Jean 18.22-24).

L’humiliation du Christ a commencé, néanmoins, il fait remarquer avec calme et dignité qu’il est frappé sans raison puisqu’on ne peut l’accuser d’aucune faute. De plus, selon la Loi, aucun procès ne doit débuter le soir, ni commencer et finir le même jour.

La vérité détient un pouvoir de persuasion criant et ceux qui s’opposent à elle ont bien du mal à la nier. Jésus est giflé pour le faire taire car il est plus facile de le réduire au silence en le frappant qu’en essayant de prouver qu’il a commis une infraction à la Loi. De plus, celui qui l’a frappé est un lèche-bottes qui veut se rendre agréable au grand-prêtre.

Les chefs religieux ont vu la lumière en Jésus, mais ils ont délibérément choisi les ténèbres parce que leurs œuvres sont mauvaises (Jean 3.19) ; leurs vies ne sont pas modelées par la Loi de Moïse. La faune religieuse tire un très grand profit du statut de dirigeant d’Israël, mais Jésus l’a menacé. Voilà pourquoi il est jugé et va être traîné d’un despote à un autre. Pendant que Jésus comparaît devant Anne, Caïphe, son gendre, a rassemblé le grand conseil auprès de lui (Luc 22.66).

Versets 25-27

Je continue.

Pendant ce temps, Simon Pierre se tenait toujours au même endroit et se chauffait. Ils lui dirent : — N’es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme ? Mais Pierre le nia en disant : — Non, je n’en suis pas. Un des serviteurs du grand-prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, l’interpella : — Voyons, ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin ? Mais Pierre le nia de nouveau, et aussitôt, un coq se mit à chanter (Jean 18.25-27).

Pierre a déjà renié le Seigneur une fois. Maintenant, plusieurs lui demandent s’il n’est pas un disciple de Jésus. Il ment à nouveau, puis nie une troisième fois. Précédemment, quand la troupe en armes est venue arrêter le Seigneur, lui, il a décliné son identité trois fois pour protéger les apôtres; il a dit : « C’est moi ! Je vous ai dit que c’était moi ! Puisque c’est moi ! »

Pierre, par contraste, a menti 3 fois sur son identité pour sauver sa peau. Il n’a pas d’excuse, mais il faut aussi se mettre à sa place; en effet, le troisième personnage qui interpelle Pierre respire la menace et la vengeance vu qu’il est parent de celui qui s’est fait couper l’oreille.

Les 4 évangiles relatent cette défection parce que c’est une grosse tache. Les autres évangiles mentionnent qu’au chant du coq, Pierre prend conscience de sa lâcheté. Je lis un passage :

Alors Pierre se souvint de ce que Jésus lui avait dit : “ Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. ” Il sortit dehors et se mit à pleurer amèrement (Matthieu 26.75).

Ce triste incident est aussi un réconfort pour nous car après sa résurrection, le Seigneur a restauré Pierre, ce qui montre que quoique j’ai pu faire de mal, je peux toujours être pardonné. Au cours des siècles, plus d’un croyant modèle s’est rendu coupable d’un comportement scandaleux. Aujourd’hui quand ça arrive, c’est souvent un flagrant délit d’ordre sexuel.

Contrairement à Pierre, Judas n’a pas pleuré ; son cœur endurci est resté de marbre. Il ne s’est pas repenti de son action vile et a choisi de se pendre plutôt que de s’humilier.

Verset 28

Jean passe sous silence le procès et comment Jésus a été condamné à mort, ce qui est raconté dans les autres évangiles; il reprend le récit dans le palais de Pilate. Je continue le texte.

De chez Caïphe, on amena Jésus au palais du gouverneur. C’était l’aube. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas eux-mêmes dans le palais pour conserver leur pureté rituelle et pouvoir manger ainsi le repas de la Pâque (Jean 18.28).

Ce passage est plein d’ironie. La faune religieuse va se rendre coupable du plus grand péché possible en faisant condamner à mort Le Juste, mais c’est aussi la volonté de Dieu. Jésus est descendu du ciel pour accomplir la Pâque et va lui-même devenir l’Agneau pascal.

Les chefs religieux sans scrupules se chargent d’un crime odieux, l’assassinat d’un innocent, mais ils ne veulent surtout pas se souiller rituellement en pénétrant dans un lieu profane. Voilà bien l’essence d’une religion morte qui privilégie les rites extérieurs à une vie droite.

La majorité de ceux qui participèrent aux Croisades étaient des vauriens, des assassins qui commirent rapines, crimes et viols tout au long de leur périple. Mais ils furent absous par les autorités autant politiques que religieuses, parce que leur cause avait été déclarée juste à l’époque. Ici, les Juifs vont rester dehors, et c’est Pilate qui fait les allées et venues entre Jésus qui est à l’intérieur du palais et la faune religieuse à l’extérieur.

Versets 29-31

Je continue le texte.

C’est pourquoi Pilate sortit du palais pour les voir et leur demanda : — De quoi accusez-vous cet homme ? Ils lui répondirent : — S’il n’avait rien fait de mal, nous ne te l’aurions pas livré. — Reprenez-le, répliqua Pilate, et jugez-le vous-mêmes d’après votre Loi. Mais ils lui répondirent : — Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort (Jean 18.29-31).

Dans les provinces de l’Empire, Rome laissait une grande liberté aux populations locales. Les Israélites avaient donc le droit de vivre selon la Loi de Moïse. Mais les chefs religieux n’ont pas le droit de mettre à mort un criminel, ils peuvent l’excommunier ou le condamner au fouet ou à la prison. Voilà pourquoi, ils traînent Jésus devant le gouverneur, qui seul est habilité à prononcer la peine capitale. Habituellement, Pilate résidait à Césarée, mais il venait à Jérusalem lors des grandes fêtes afin de maintenir l’ordre. Il avait le plus grand mépris pour les religieux qui de leur côté le haïssaient. Cependant, Pilate les craignait à cause des accusations qu’ils pouvaient aller porter contre lui à Rome.

Pilate sait que Jésus est très populaire et il s’est vite rendu compte que c’est par jalousie que les chefs religieux veulent se débarrasser de lui. En conséquence, il n’acquiesce pas tout de suite à leur requête et demande des preuves. On distingue quatre phases dans ces tractations. D’abord, les Juifs demandent à Pilate de confirmer sans examen leur sentence (Jean 18:28-32) mais il s’y refuse. Alors, ils prononcent une accusation politique : Jésus s’est fait roi. Pilate juge qu’elle n’est pas fondée et tente deux fois de délivrer Jésus (Jean 18.33-19.6). En troisième lieu, les Juifs avancent un grief religieux : Jésus dit être le Fils de Dieu. Pilate s’efforce alors encore davantage de délivrer Jésus (Jean 19:7-12). Finalement, les Juifs fous de rage, font usage de l’intimidation personnelle (Jean 18:12-16) et réussissent ainsi à faire plier la conscience du gouverneur, mais ils paieront très cher leur méfait.