Chapitre 16

Introduction

La plupart des gens évitent de parler de la mort, surtout de la leur qui pourtant est plus que certaine parce que la dame à la faux fait peur et pour de bonnes raisons. Mais ce n’est pas en évitant de parler de la mort qu’on ne va pas mourir, et pourtant, cette façon de l’occulter est très répandue. Jésus sait que sa dernière heure est sur le point de sonner, et que pour lui, la mort va être une épreuve terrible parce qu’il est destiné à devenir péché et à subir le jugement de Dieu. Pourtant, c’est rempli d’une paix parfaite et de joie qu’il donne ses dernières instructions à ses onze apôtres. Il les avertit à l’avance de ce qui va lui arriver et comment ils vont réagir. Ils seront dans une très grande détresse, mais elle sera suivie d’une immense joie. Certes, ils vont perdre leur plus grand ami, mais ils le reverront. Jésus va donner sa vie en rançon pour les péchés des hommes, mais il la reprendra car il est la vie; il possède la vie en lui-même. Les onze apôtres vont traverser une épreuve terrible faite d’angoisses et de terreurs que Jésus compare à une femme sur le point d’accoucher, mais une fois l’enfant né, tout est joie et lumière. Pareillement, après la résurrection, quand les disciples reverront Jésus, ils éprouveront un immense bonheur qui les accompagnera et transcendera toutes les circonstances de leur vie et en particulier les persécutions qu’ils auront à subir. Leur joie sera débordante parce qu’ils comprendront l’œuvre de la rédemption accomplie par leur Maître. En mourant, Jésus a vaincu la mort, et désormais il vit aux siècles des siècles. L’apôtre Paul écrit :

Nous savons que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes. Mais à présent, il est vivant… (Romains 6.9-10).

Le croyant qui traverse une période particulièrement difficile, peut quand même se réjouir parce qu’il sait que l’épreuve prendra fin et que Dieu prend soin de ses enfants. Il sait aussi que là-haut, dans le royaume des cieux, sa joie dans la présence de Jésus surpassera infiniment toutes les souffrances qu’il aura connues ici-bas. Je continue à lire dans le chapitre 16 de l’évangile selon Jean.

Versets 23-24

Quand ce jour viendra, vous ne me poserez plus aucune question. Oui, vraiment, je vous l’assure : tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, pour que votre joie soit complète (Jean 16.23-24).

Le jour vient où les onze apôtres recevront le Saint-Esprit. Alors, ils n’auront plus besoin de poser des questions car ils auront d’emblée les réponses. Le discours de Pierre de la Pentecôte (Actes 2:14) est le premier accomplissement de la promesse que Jésus leur fait ici. Les apôtres étaient des hommes pieux qui priaient Dieu, mais ils ne l’avaient encore jamais fait au nom de Jésus puisqu’il était parmi eux. Les événements sur le point de se produire vont totalement changer le type de relation que les disciples ont entretenu avec le Seigneur jusqu’à présent.

Ici encore, ses paroles : « Oui, vraiment, je vous l’assure », servent d’introduction à une déclaration importante. Après son ascension, il ne sera plus possible aux disciples d’interroger Jésus de vive voix, par contre, ils pourront s’approcher librement du Père et lui demander ce dont ils ont besoin pour accomplir au mieux leur nouveau rôle de témoin et d’ambassadeurs du Seigneur, auprès du peuple juif d’abord puis jusqu’aux extrémités du monde ensuite.

La prière au nom de Jésus est une nouveauté qui est liée à son œuvre sur la croix, à son entrée en gloire où il s’est assis à la droite de la majesté divine, et à la venue de l’Esprit. Le croyant n’a plus à passer par les rituels sanglants, contraignants et complexes réglementés par la loi de Moïse. Suite à la mort et à la résurrection de Jésus, le régime de l’Ancienne Alliance a été aboli et l’humanité est entrée dans l’ère de la grâce et de l’Église. Prier au nom de Jésus, c’est reconnaître en lui le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Ce n’est pas une formule magique mais ces paroles établissent un lien entre la requête du disciple et la volonté du Seigneur de la même manière que sur terre, le Fils était en constante communion avec son Père, agissait en son nom et accomplissait sa volonté.

Verset 25

Je continue le texte.

Je vous ai dit tout cela en parabole. L’heure vient où je ne vous parlerai plus de cette manière ; je vous annoncerai en toute clarté ce qui concerne le Père (Jean 16.25).

Bien que Jésus fut un maître par excellence qui instruisit ses disciples pendant 3 ans par son exemple et sa parole, leur compréhension du Père est encore très rudimentaire. Jésus les enseignait selon leur niveau de réceptivité avec des images et des symboles pour ne pas les brusquer. Mais bientôt, il s’adressera à eux en utilisant un langage clair et direct. Et en effet, après la résurrection, le Fils parla du Père ouvertement et sans l’aide de paraboles. Puis après l’ascension et à partir de la Pentecôte, le Saint-Esprit descendit sur les apôtres et leur révéla toutes les réalités spirituelles qu’ils devaient connaître afin de témoigner efficacement pour Jésus et de pouvoir écrire le Nouveau Testament.

Versets 26-27

Je continue.

Ce jour-là, vous adresserez vos demandes au Père en mon nom. Et je ne vous dis même pas que j’interviendrai en votre faveur auprès du Père. Car le Père lui-même vous aime parce que vous m’aimez et que vous avez cru que je suis venu de lui (Jean 16.26-27).

Ici encore, Jésus fait état de la pleine harmonie qui règne entre lui et le Père. Ces deux personnes de la Trinité sont constamment sur la même longueur d’onde, véritablement un en esprit et en vérité ; Jésus est dans le Père et le Père est en lui. Il n’y a jamais eu un seul nuage entre eux et ce n’est que sur la croix, quand Jésus sera fait péché pour vous et moi, que leur union sera rompue.

Après la résurrection et la Pentecôte, un jour nouveau se précise à l’horizon qui permettra aux apôtres d’entrer en communion intime avec le Père. Cette relation se fera sur la base de l’amour et de la foi qu’ils ont en Jésus et grâce bien sûr à son sacrifice sur la croix. Le Fils n’a pas à argumenter pour convaincre le Père de condescendre à venir en aide aux disciples parce que lui-même les aime. Alors, au nom de Jésus, qui a accompli l’œuvre de rédemption et de réconciliation entre Dieu et les hommes, les disciples jouiront d’une entrée personnelle dans le royaume de Dieu et pourront s’adresser directement au Père avec qui ils entretiendront une relation intime et filiale. Mais ce privilège est réservé aux enfants de Dieu seuls et non pas à tous les hommes, ce que l’apôtre Paul déclare dans l’une de ses lettres où il écrit :

Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : papa ! Père ! (Galates 4.6).

Versets 28-30

Je continue le texte.

C’est vrai : je suis venu du Père et je suis venu dans le monde. Maintenant, je quitte le monde et je retourne auprès du Père. — Maintenant enfin, s’écrièrent ses disciples, tu nous parles en toute clarté, et non plus de manière figurée. À présent, nous savons que tu sais tout et que tu connais d’avance les questions que l’on aimerait te poser. C’est pourquoi nous croyons que tu viens de Dieu (Jean 16.28-30).

Jésus résume qui il est et son ordre de mission en une phrase : Il était avec le Père, il a été incarné et humilié, il est sur le point de mourir, puis il va ressusciter et retourner dans l’état éternel glorieux qui était le sien avant qu’il ne naisse dans une humble mangeoire. Il est venu de l’éternité et il y retourne.

Maintenant, les disciples disent enfin comprendre et croire que Jésus est omniscient, qu’il connaît toutes choses parce qu’il est d’origine et de nature divines. Ils savent qu’il peut percer les secrets des cœurs, qu’il prononce les paroles de Dieu et donne la vie. Mais ils ne saisissent pas encore le sens des événements qu’ils sont en train de vivre et n’ont aucune idée de ce qui les attend. L’ironie du récit est que dans quelques heures ils vont s’enfuir et abandonner Jésus.

Versets 31-32

Je continue.

— Ainsi donc, leur répondit Jésus, vous croyez à présent. Mais l’heure vient, elle est déjà là, où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul (Auteur). Mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi (Jean 16.31-32).

Bien que les disciples soient sincères dans l’expression de leur foi, Jésus connaît leurs limites bien mieux qu’eux-mêmes. Ils croient, mais du bout des lèvres pourrait-on dire. Jésus est triste pour eux car ce sont encore des poltrons et ils vont se comporter comme des poules mouillées. Ce n’est que plus tard qu’ils auront une foi solide et véritable, entière et non partagée ; c’est après la résurrection et la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte qu’ils deviendront des lions n’ayant peur de rien ni de quiconque.

Quand Jésus dit : « vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul », il confirme une prophétie de l’Ancien Testament que je cite :

Épée, réveille-toi contre mon berger, le chef de mon peuple, contre mon compagnon, demande l’Éternel, le Seigneur des armées célestes. Va, frappe le berger : que les brebis soient dispersées ! (Zacharie 13.7).

Les disciples ont manifesté leur attachement à Jésus ; ils l’aiment vraiment et lui ont été fidèles pendant 3 ans. Mais dans le fort de l’épreuve, ils vont s’effondrer, s’enfuir à toutes jambes et abandonner leur Maître, sauf Jean qui le suivra de loin. Pour le Seigneur, la présence du Père à ses côtés est tout aussi réelle et tangible que ses onze disciples assemblés autour de lui. Le Fils dépend complètement du soutien affectif du Père. Néanmoins, à un certain moment, Dieu se détournera de Jésus lorsque sur la croix il sera juridiquement chargé du péché du monde. Il devra expier, entièrement seul, les fautes de toute l’humanité.

Verset 33

Je finis le chapitre 16.

Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage ! Moi, j’ai vaincu le monde (Jean 16.33).

Le discours que Jésus a prononcé dans la Chambre Haute est plus qu’un enseignement car il a aussi pour but de soutenir ses disciples et de leur procurer la paix en lui, la paix du cœur, ce bien suprême que le croyant peut puiser en Jésus dans une communion intime et vivante avec lui; c’est l’héritage qu’il laisse aux onze apôtres.

La vie des croyants a deux aspects. D’un côté ils sont liés au Christ, et de l’autre ils sont dans le monde qui exerce sur eux une pression hostile sous forme de tentations et parfois de persécutions. Il est tout de même notoire que le Seigneur a été mis à mort par une coalition composée des dirigeants religieux juifs et du pouvoir politique romain. Mais au final, tous n’étaient que des exécutants ce qui ne diminue en rien leur culpabilité. Jésus devait mourir afin de régler le péché et de triompher de Satan. Ce faisant, il a vaincu le monde en tant que système qui est entièrement soumis au diable. En effet, les politiciens de tous bords comme les religieux quels qu’ils soient, sont très souvent des jouets ou des marionnettes entre les mains du Prince des ténèbres, car c’est lui, qui dans les coulisses tire les ficelles. La croix fut une victoire sur Satan, le dominateur de ce monde, sur la mort et le mal dans son essence. Les apôtres devront s’en souvenir et ainsi garder courage quand ils auront maille à partir avec les chefs religieux puis le pouvoir de Rome. Ensuite viendront les hérésies issues du christianisme qui n’en finiront jamais, car elles seront appuyées par une meute de faux croyants toujours plus nombreuse. Mais au travers de toutes ces afflictions, les vrais disciples resteront fidèles au Maître grâce à l’œuvre du Saint-Esprit en eux. Il est la sève, qui par la Parole de vérité, fait passer la vie de Jésus, le vrai cep, aux croyants qui sont les sarments et qui leur donne le pouvoir de porter du fruit.

Chapitre 17

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 17 qui est un passage surprenant. Il s’agit d’une prière de Jésus et c’est aussi la plus longue qui soit rapportée dans les Textes Sacrés. Après avoir lavé les pieds de ses disciples et donné ses dernières instructions, le Christ se tourne maintenant vers son Père, car l’heure est venue pour lui de devenir l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Or, la croix est un règlement de comptes particulièrement violent entre d’une part Jésus, le Fils de l’homme et le champion de la race humaine, et d’autre part l’Éternel, le Dieu trois fois saint et le Créateur du ciel et de la terre. Or, Dieu est fort en colère contre tous les hommes à cause de leur rébellion contre lui. Le conflit n’est pas limité au mont du Calvaire, mais va aussi s’étendre au monde invisible, tant dans les cieux que dans l’atmosphère qui entoure ce monde, puisque Paul appelle Satan : le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion (Éphésiens 2.2; LSG).

Jésus part seul à l’assaut des ennemis de l’homme pour livrer bataille. Il va attaquer et vaincre Satan, et détruire ce qui fait sa force, le péché d’une part, et la mort qui en est la conséquence. Mais le Seigneur est horrifié par ce qui l’attend; les souffrances physiques de la croix, mais surtout la séparation d’avec son Père qui depuis l’éternité jusqu’à ce moment, a toujours été à ses côtés. Il va donc longuement prier son Père afin de se préparer au combat et obtenir la victoire pour Dieu, pour ses disciples, pour la race humaine et en particulier pour tous ceux qui dans la suite des temps lui feront confiance. Depuis l’aube de l’histoire de l’humanité, il n’y a jamais eu d’enjeu aussi important, et il n’y en aura plus jamais.

Cette prière de Jésus est l’apothéose de tous ses enseignements; elle est inimitable, ardente mais sereine. Martin Luther la décrit en ces termes : « Jésus répand en présence de Dieu et de ses disciples le dernier fond de son âme. Cette prière est au-delà de toute mesure chaleureuse et pleine d’affection. Jésus nous ouvre les profondeurs de son cœur qu’il expose au grand jour, aussi bien en ce qui concerne sa relation avec nous, ses disciples, que celle qu’il entretient avec son Père. Cette prière respire la sincérité et la simplicité. Elle est si profonde, si riche et d’une telle envergure que nul ne peut la sonder ». Bien d’autres grands hommes du passé ont considéré cette prière comme le passage le plus sublime des Écritures. L’un d’entre eux a dit : « Il n’y a, ni dans l’Écriture, ni dans les littératures des peuples, rien qui égale la simplicité et la profondeur, la grandeur et l’intimité de cette prière » (Luthardt). Cette prière était le texte préféré de John Knox, un des grands artisans du mouvement de la réforme; il la lisait et la relisait souvent. Alors qu’il est sur son lit de mort, c’est cette prière qu’il demande à sa femme de lire au moment où il entre dans l’éternité. Sous le règne du roi d’Angleterre Henri VIII, l’évêque de Rochester fit la même requête que John Knox; il demanda à ce qu’on lui lise ce passage avant qu’il ne soit exécuté pour sa foi en Jésus-Christ.

Sous le régime de la Loi de Moïse, le souverain sacrificateur, c’est-à-dire le grand-prêtre, faisait l’expiation des péchés du peuple d’Israël. La longue prière du Seigneur Jésus va remplir ce rôle pour l’humanité. D’ailleurs on l’a appelé « prière sacerdotale » parce qu’en la prononçant, Jésus fait acte de souverain sacrificateur. Il va s’offrir à Dieu comme un saint sacrifice qu’il prélude en intercédant pour ses disciples et pour toute son Église à venir.

L’auteur de l’épître aux Hébreux qui utilise le mot « grand-prêtre » 16 fois, écrit :

Ainsi, puisque nous avons en Jésus, le Fils de Dieu, un grand-prêtre éminent qui a traversé les cieux, demeurons fermement attachés à la foi que nous reconnaissons comme vraie. Jésus est bien le grand-prêtre qu’il nous fallait : il est saint, pleinement innocent, indemne de tout péché, séparé des pécheurs et il a été élevé plus haut que les cieux. Il est venu en tant que grand-prêtre pour nous procurer les biens qu’il nous a désormais acquis. Il a traversé un tabernacle plus grand et plus parfait que le sanctuaire terrestre, un tabernacle qui n’a pas été construit par des mains humaines, c’est-à-dire qui n’appartient pas à ce monde créé (Hébreux 4.14; 7.26; 9.11).

Jésus est le nouveau et dernier Grand-Prêtre qui est sur le point de s’offrir lui-même et de devenir ainsi l’Agneau de Dieu. Cependant, dans cette prière, Jésus prie pour nous, pour moi et pour vous et pour tous ceux qui placent leur confiance en lui.

Cette longue prière nous autorise aussi un regard sur la Trinité. Elle nous renseigne sur la relation intime qui existe en permanence dans le ciel et dans l’éternité entre le Fils et le Père. Pendant tout le temps de son séjour sur terre, Jésus communiquait ou plutôt communiait sans cesse avec son Père. Il commença son ministère en se rendant dans un endroit solitaire pour prier. À plusieurs reprises dans les évangiles on le voit passer une nuit entière dans le recueillement à invoquer Dieu.

Maintenant que son heure est venue, Jésus va encore prier. Il vient de mettre un terme à l’enseignement de ses disciples avec ce cri de victoire : « Moi, j’ai vaincu le monde ! » Ces paroles annoncent les bénédictions de l’œuvre qu’il est sur le point d’accomplir à la croix. Tout au long de son ministère, Jésus obéissait strictement à la volonté de son Père; il le consultait chaque fois qu’il devait prendre une décision, et chaque fois que des difficultés surgissaient. C’est ce qu’il va faire alors que la partie la plus difficile de sa mission reste encore à accomplir. Il va d’abord prier pour lui-même, puis pour ses apôtres, et finalement pour tous ceux qui, dans la suite des temps, croiront en lui.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 17.

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : — Mon Père, l’heure est venue : fais éclater la gloire de ton Fils, pour qu’à son tour, le Fils fasse éclater ta gloire (Jean 17.1).

Jésus s’approche de Dieu en vertu de sa relation Fils-Père. Il commence donc sa prière par le mot Père, qu’il utilisera encore 3 fois, ainsi que « Père saint » et « Père juste ». Il dit tout d’abord que « l’heure est venue ». Alors qu’il parle, l’horloge céleste marque et sonne le moment où la seconde personne de la Trinité va donner sa vie en rançon pour l’humanité. Cette heure fatidique a été fixée de toute éternité, avant même la création de l’univers, ce qui est stupéfiant. C’est pourtant bien ce que l’apôtre Pierre écrit et je le cite :

Il a fallu que le Christ, tel un agneau pur et sans défaut, verse son sang précieux en sacrifice pour vous. Dès avant la création du monde, Dieu l’avait choisi pour cela, et il a paru, dans ces temps qui sont les derniers, pour agir en votre faveur (1Pierre 1.19-20).

Tant que cette heure marquée par la volonté souveraine de Dieu n’était pas venue, les adversaires de Jésus ne pouvaient rien contre lui, mais maintenant, c’est volontairement qu’il va se livrer à eux.

Puis, Jésus dit : « fais éclater la gloire de ton Fils ». Par cette requête, Jésus demande à son Père de le soutenir, d’accepter son sacrifice, de le ressusciter et de le rétablir dans la gloire qui est sienne de toute éternité. Mais comme toujours il rend gloire à Dieu en manifestant par son sacrifice, la sagesse de Dieu, sa sainteté, sa puissance et son amour. Au cours de cette prière, Jésus va aussi appeler les croyants à glorifier Dieu ; en fait, tel est le but et la raison d’être de l’homme.