Chapitre 18

Introduction

Il y a un certain nombre d’années, Historia avait sorti une édition spéciale consacrée aux Voyances et Prophéties. Plus récemment, j’ai lu le numéro hors série de Science et Vie Junior dont le titre était : Phénomènes étranges. Si un certain nombre de faits bizarres était effectivement traité, rien n’était dit concernant l’apparition d’êtres en apparence humains, mais qui semblent plutôt venir de l’au-delà ; et pourtant, ça existe.

Un jour en début d’après-midi alors que le soleil était à son zénith, Abraham vit arriver devant sa tente trois personnages demandant l’hospitalité. Une fois les formalités d’usage accomplies et la visite terminée, ils repartirent. Par politesse, Abraham les accompagna un bout de chemin.

Soudainement, l’un de ces trois hommes révèle qu’il est l’Éternel et que tous trois sont en route pour exercer un jugement à l’encontre de Sodome et Gomorrhe. Il faut dire que la conduite perverse des habitants de ces villes était devenue proverbiale dans toute la contrée et l’est encore aujourd’hui.

Pendant que Dieu explique tout ça, Abraham a le temps de réfléchir et de réaliser les implications de ce jugement ; l’inquiétude se lit sur son visage, car il pense à son neveu Lot qui vit dans Sodome. En tant qu’oncle, c’est à lui qu’incombe la charge de veiller sur le bien-être de son neveu. Il y a des années, il l’a déjà tiré d’un très mauvais pas, mais cette fois-ci, comment faire ?

Versets 23-25

Je continue à lire dans le chapitre 18 de la Genèse.

Abraham s’approcha de l’Éternel et dit : Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le coupable ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ; vas-tu aussi les faire périr ? Ne pardonneras-tu pas à la ville à cause de ces cinquante justes qui sont au milieu d’elle ? Tu ne peux pas faire cela ! Tu ne peux pas traiter de la même manière le juste et le coupable et faire mourir le juste avec le méchant ! Toi qui juges la terre entière, n’agirais-tu pas selon le droit ? (Genèse 18.23-25).

Le Juge suprême et sans appel doit aussi être équitable ; tout ce que Dieu fait est juste et droit. Et si quelques fois il m’arrive de penser le contraire, c’est mon problème ; je me trompe parce que je n’ai pas tous les éléments ni du passé ni du présent à ma disposition ; je ne lis pas dans les cœurs et ne connais pas l’avenir. Alors qui suis-je donc pour me permettre de porter un jugement sur la façon dont Dieu agit ?

Versets 26-28

Je continue la lecture de cette conversation entre l’Éternel et Abraham.

L’Éternel lui répondit : Si je trouve à Sodome cinquante justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux. Abraham reprit : Je ne suis que poussière et cendre, et pourtant j’ai osé parler à mon Seigneur. Peut-être que des cinquante justes, il en manquera cinq. À cause de ces cinq hommes en moins, vas-tu détruire toute la ville ? Dieu répondit : Non, je ne la détruirai pas si j’y trouve 45 justes (Genèse 18.26-28).

C’est Dieu qui place la barre à 50 justes. Abraham est loin d’être sûr qu’il y en a autant dans cette ville ; elle a tellement mauvaise réputation qu’il croit qu’à 50 c’est foutu et pour Sodome et pour son neveu Lot. Alors, il prend son courage à deux mains et se présente comme il se doit en toute humilité, quelqu’un fait de poussière et de cendre ; cette expression dénote son insignifiance devant le Créateur du ciel et de la terre.

À cette époque et tout au long des pages de l’Ancien Testament, on s’asseyait sur la poussière et on jetait de la cendre en l’air en signe de deuil ou de repentance. Abraham réalise bien qu’il est en train de négocier avec le Juge de toute la terre, mais il arrive à faire baisser la barre à 45 justes.

Versets 29-33

Je continue :

Abraham reprit à nouveau la parole et dit : Peut-être ne s’y trouvera-t-il que 40 justes ? Et Dieu dit : À cause de ces 40, je ne la détruirai pas. Abraham poursuivit : Que mon Seigneur ne se fâche pas si j’insiste. Peut-être n’y aura-t-il que 30 justes ? Et Dieu dit : Si j’en trouve 30, je ne détruirai pas la ville. Abraham reprit : Voilà que j’ai osé parler à mon Seigneur. Mais peut-être s’en trouvera-t-il seulement 20. Et Dieu répondit : à cause de ces 20, je ne détruirai pas la ville. Abraham dit : Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, et je parlerai une dernière fois. Peut-être ne s’y trouvera-t-il que 10 justes. Et Dieu dit : À cause de ces 10, je ne détruirai pas Sodome. Quand il eut fini de s’entretenir avec Abraham, l’Éternel s’en alla et Abraham retourna chez lui (Genèse 18.29-33).

À chaque acte de condescendance divine, Abraham se fait plus petit, mais son courage ne faiblit pas ; chaque succès le rend de plus en plus hardi. Il fait d’abord baisser deux fois la barre de 5 justes puis c’est par dix, de 40 à 30 à 20 et finalement à 10. Mais pourquoi n’a-t-il pas essayé de descendre plus bas ? Sans doute parce qu’il était sûr qu’il y aurait au moins 10 justes dans la ville : Lot, sa femme, ses enfants, leur famille respective ; le compte est bon ; malheureusement pas ! Cette histoire préfigure ce qui arrivera dans l’avenir.

Selon le Nouveau Testament, la véritable Église de Jésus-Christ qui est constituée par tous les vrais croyants, sera soudainement extraite de la terre en l’espace d’un clin d’œil. Ensuite, ce monde, dans lequel nous vivons, sera jugé par le feu comme cela est décrit dans l’Apocalypse, le dernier livre des Textes Sacrés. Voici comment selon l’apôtre Paul, cet enlèvement aura lieu ; je lis le passage :

À un signal donné, sitôt que la voix de l’archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts et qui avaient mis leur confiance en Jésus Christ ressusciteront d’abord. Ensuite, nous qui serons encore vivants sur cette terre à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Et à partir de ce moment-là, nous serons pour toujours avec le Seigneur (1Thessaloniciens 4.16-17).

Je ne connais pas les difficultés auxquelles vous pouvez être confrontés en ce moment, mais ce que je viens de lire a été écrit aux chrétiens du 1er siècle pour les réconforter, car Paul conclut ce passage disant :

Encouragez-vous mutuellement par ces paroles (1Thessaloniciens 4.18).

Chapitre 19

Introduction

Nous abordons maintenant le chapitre 19 qui est sordide à souhait. Il contraste violemment avec le précédent, car il dépeint une vie gâchée par une volonté égoïste fondée sur la satisfaction du moment. Autant Abraham a fait les bons choix dans sa vie et est béni en retour, autant son neveu Lot a fait les mauvais. Et pourtant, le Nouveau Testament dit que lot était un homme juste aux yeux de Dieu ; je lis un passage :

Lot, cet homme juste qui était consterné par la conduite immorale des habitants débauchés de ces villes. Il était tourmenté jour après jour dans son cœur intègre, à cause de leurs agissements criminels (2Pierre 2.7-8).

Cela ne l’a pas empêché de rester dans ce milieu dépravé ; mais pourquoi donc ? Bien évidemment parce qu’il y trouvait son compte quelque part ; il faisait du fric à tour de bras, était honoré et que sais-je encore. Quel avantage en a-t-il finalement retiré ? Aucun puisqu’il a tout perdu.

Versets 1-2

Je continue le texte.

Le soir, les deux anges arrivèrent à Sodome. Lot était assis à la porte de la ville. En les voyant, il se leva pour aller à leur rencontre et se prosterna face contre terre. Il leur dit : S’il vous plaît mes seigneurs, acceptez de faire un détour et de venir loger dans la maison de votre serviteur. Vous pourrez vous y laver les pieds, et vous y passerez la nuit, avant de poursuivre votre route. Non, lui répondirent-ils, nous passerons la nuit sur la place (Genèse 19.1-2).

Pendant que l’Éternel et Abraham discutaient ensemble, les anges se sont rendus à Sodome où ils font connaissance de Lot qui siège aux portes de la ville. En Orient, l’entrée était à la fois un lieu public où on venait aux nouvelles, un endroit où les voyageurs cherchaient l’hospitalité, et le siège des notables qui rendaient la justice et administraient la cité. Non seulement Lot habite cette ville, mais il est entré en politique et en est un des magistrats.

 

Comme son oncle, il est hospitalier et c’est de tout cœur qu’il invite ces deux étrangers. Tout d’abord, ceux-ci refusent parce qu’ils veulent prendre la température de la ville la nuit ; ils vont être gâtés.

Verset 3

Je continue : Mais Lot insista tant qu’ils finirent par accepter de se rendre dans sa maison. Il leur fit préparer un bon repas et cuire du pain sans levain et ils se mirent à manger (Genèse 19.3).

Lot insiste parce qu’il savait ce que signifiait passer la nuit dehors ; il a dû leur expliquer que s’ils restaient sur la place publique, d’abord ils seraient violés et ensuite leur vie ne vaudra pas un clou. Finalement, les deux anges acceptent parce qu’ils ont ordre de sauver Lot. D’un autre côté, ils ont bien fait vu qu’un autre festin leur est préparé. Tout compte fait, le métier d’ange c’est pas mal ; ils vont savourer le deuxième banquet de la journée.

Versets 4-5

Je continue :

Quand ils furent sur le point de se coucher, la maison fut encerclée par les gens de la ville : Tous les hommes de Sodome, jeunes et vieux, étaient venus là des différents quartiers de la ville. Ils appelèrent Lot et lui demandèrent : Où sont ces hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Amène-les-nous pour que nous couchions avec eux ! (Genèse 19.4-5).

Ça se corse ! La nuit, la faune rôdait et Sodome était une jungle qui grouillait de prédateurs. La présence à la fois d’enfants et de vieillards montre que le mal telle une gangrène, avait infecté toutes les couches de la société. Ce n’est pas si différent aujourd’hui dans beaucoup de nos villes modernes et du tiers-monde où dès la tombée de la nuit les habitants n’osent plus sortir. Si mes souvenirs sont exacts, la palme d’or des crimes de sang est détenue par Rio de Janeiro au Brésil, une ville célèbre à la fois pour son carnaval dépravé et l’immense statue du Christ qui la surplombe.

 

Lorsque Lot avait choisi de s’installer dans Sodome, il avait été attiré par les belles maisons, les beaux parcs, et le luxe qui exhalait partout ; les apparences étaient bonnes ; c’était un endroit merveilleux pour y élever une famille. Après s’y être installé il a commencé à se rendre compte que les mœurs se dégradaient vite, mais ses affaires marchaient fort et il espérait qu’une fois magistrat il pourrait exercer une influence bienfaitrice.

Cependant, les choses n’ont fait qu’empirer et tout ce que Lot pouvait faire était de s’affliger au milieu d’une perversion sans nom. Se désoler, oui, quitter la ville, non ! Il a choisi de rester, car il s’y était attaché. Lot a fait un très mauvais calcul et l’addition va être salée.

Versets 6-8

Je continue le texte.

Lot sortit sur le pas de sa porte et referma la porte derrière lui. Non mes frères, leur dit-il, je vous en supplie, ne commettez pas le mal ! Écoutez : j’ai deux filles qui sont encore vierges. Je vais vous les amener, vous leur ferez ce qui vous plaira, mais ne touchez pas ces hommes puisqu’ils sont venus s’abriter sous mon toit (Genèse 19.6-8).

Le respect des règles orientales d’hospitalité impliquait la protection de ses hôtes coûte que coûte. Lot expose sa vie et celle de ses deux filles pour défendre avant tout son honneur ; c’est pour le moins choquant. D’accord, nos cultures sont très différentes. Mais là, le comportement de Lot en tant que père me sidère complètement ! J’en suis abasourdi. Il semble que le fait d’avoir habité Sodome qui avait atteint les sommets himalayens du déclin moral avait pesé sur le sens des valeurs du bon vieux Lot ; il avait perdu tous ses points de repère.

Versets 9-11

Je continue.

Ôte-toi de là ! Lui crièrent-ils. Puis ils ajoutèrent : Voyez-moi cet individu, il est venu ici comme étranger et maintenant, il veut jouer au juge ! Eh bien, nous t’en ferons voir plus qu’à eux. Ils poussèrent violemment Lot de côté et s’approchèrent de la porte pour l’enfoncer. Mais les deux hommes venus chez Lot se saisirent de lui, le ramenèrent vers eux à l’intérieur de la maison, et refermèrent la porte. Ils frappèrent d’aveuglement les gens massés à l’entrée de la maison, jeunes et vieux, de sorte qu’ils n’arrivaient plus à trouver la porte (Genèse 19.9-11).

Lot avait déjà adressé à la population de semblables reproches, mais cette faune était lasse de voir au milieu d’eux ce juste qui en appelait à leur conscience. Alors, la visite de ces deux personnages était pour eux l’occasion de se débarrasser de Lot une bonne fois pour toute. Heureusement pour lui, Abraham avait intercédé pour les justes de la ville, ce qui le plaçait sous la protection des deux anges qui étaient dotés d’une puissance de feu extraordinaire. Maintenant que la population tout entière avait donné la preuve de sa dépravation, les anges pouvaient accomplir leur mission en toute justice.

Versets 12-22

Je continue.

Alors, les deux hommes dirent à Lot : Qui as-tu encore de ta parenté dans cette ville ? Des gendres, des fils et des filles ? Qui que ce soit, fais-les sortir de là, car nous allons détruire cette ville, parce que de graves accusations contre ses habitants sont montées jusque devant l’Éternel. C’est pourquoi l’Éternel nous a envoyés pour détruire la ville. Là-dessus, Lot sortit et alla trouver les maris de ses filles. Allons, leur dit-il, il faut quitter ce lieu, car l’Éternel va détruire la ville ! Mais ses gendres prirent ses paroles pour une plaisanterie. Dès que l’aube parut, les anges se firent pressants. Ils dirent à Lot : Debout ! Emmène ta femme et tes deux filles qui sont ici, si tu ne veux pas périr emporté par le jugement qui va s’abattre sur cette ville. Comme il hésitait encore, les deux hommes les prirent de force par la main, lui, sa femme et ses deux filles, et les entraînèrent hors de la ville, car Dieu voulait les épargner. Une fois hors de la ville, l’un des hommes lui dit : Sauve-toi ! Il y va de ta vie. Ne regarde pas derrière toi et ne t’arrête nulle part dans la plaine ! Fuis vers la montagne si tu ne veux pas périr ! Oh non, mon seigneur, lui dit Lot, ton serviteur a déjà obtenu ta faveur et tu as été très bon envers moi en me sauvant la vie ; je ne pourrai pas m’enfuir jusqu’à la montagne, je risque d’être atteint par le malheur et de mourir. Il y a cette ville là-bas ; elle est assez proche pour que j’aie le temps de m’y réfugier. Elle est insignifiante, permets-moi de fuir jusque-là pour sauver ma vie ! N’est-elle pas peu de chose ? Bon lui dit l’ange, je t’accorde encore cette faveur et je ne ferai pas venir de catastrophe sur la ville dont tu parles. Mais dépêche-toi de t’y sauver, car je ne peux rien faire avant que tu y sois arrivé ! C’est pourquoi on a nommé la ville Tsoar, ce qui veut dire peu de chose (Genèse 19.12-22).

Selon la coutume de l’époque qui sera celle en d’Israël plus tard, les gendres de Lot étaient juridiquement mariés à ses filles, mais sans vivre avec elles. Ce laps de temps entre le mariage légal et la cohabitation durait environ un an et donnait aux parents de l’épouse le temps d’inviter toute la famille et les amis, ainsi que de préparer le trousseau et le festin de noces qui pouvait durer jusqu’à 7 jours.

Quand il s’est séparé de son oncle Abraham, Lot était déjà très riche ; il avait alors choisi l’herbe tendre de la vallée verdoyante pour ses troupeaux ; il s’était investi dans Sodome et avait vécu comme tout le monde profitant de tous les avantages de la ville. Pour prospérer, il avait dû compromettre ses convictions et mettre sa foi en l’Éternel en sourdine, et humainement parlant il avait réussi…

 

Le jour J est arrivé pour Sodome. En vertu de la loi de solidarité, la justice de Lot aurait pu sauver toute sa famille comme celle de dix justes aurait épargné la ville. Mais Lot avait complètement compromis son témoignage et n’avait aucune influence sur quiconque, pas même sur ses gendres qui le trouvaient vieux jeu et gnangnan. Ces jeunes hommes, habitués à la vie dépravée de leur cité, à la violence et à l’indifférence de tous ne croyaient évidemment pas en l’imminence d’un jugement.

Alors que le temps presse, l’hésitation de Lot qui traîne les pieds en dit long sur son état spirituel ; il est complètement englué dans Sodome et ses richesses et ne veut pas les quitter. Finalement, les anges tirent la famille de force hors de la ville, car tel était l’ordre de l’Éternel ; Lot serait sauvé, mais in extremis et perdra tout. Cet homme avait fait pour sa vie un très mauvais calcul. Plus tard, Jésus-Christ dira : Nul ne peut servir deux Maîtres, vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. Quel choix ai-je fait ?