Chapritre 5

Introduction

Après la mort du pape Jean-Paul II, le haut du panier de ce bas monde s’est donné rendez-vous au Vatican pour honorer cet homme qui, j’en conviens, était droit et vertueux et d’une dimension sans commune mesure avec les politiciens qui gouvernent la planète. J’ai suivi ses obsèques avec beaucoup d’intérêt parce que la pompe, le faste, la musique sacrée et toute la liturgie me fascinent. À quelques jours d’intervalle, ce bon pape a reçu l’extrême-onction deux fois de suite, puis des milliers de gens ont défilé devant sa dépouille mortelle. Lors de la messe de funérailles, et devant tous les cardinaux habillés de rouge, le cercueil du défunt pape a été aspergé d’eau bénite et on a brûlé de l’encens autour de lui. Les officiants ont récité les prières des morts et chanté des hymnes funèbres. Finalement, tous les catholiques du monde entier ont été exhortés à prier pour que Jean Paul II soit accueilli dans le royaume des cieux. Bon, je suis prêt à reconnaître que ce cérémonial a une utilité très pratique. Il permet de bien marquer la transition de la vie à la mort et d’imprimer dans les esprits que la personne est morte pour de bon et qu’on ne la reverra plus. Ce travail de deuil aide à tourner la page et à terminer une histoire humaine. Le problème, et il y en a un de taille, est que beaucoup de gens se confient dans les rites et la liturgie, comme on le ferait d’une barque, pour les transporter dans l’au-delà et les faire entrer au paradis. C’est exactement l’erreur que font les Galates à qui l’apôtre Paul écrit pour exprimer sa façon de penser, c’est à dire sans mâcher ses mots et sans essayer d’arrondir les angles, car l’heure est grave.

Verset 2

Je continue à lire dans le chapitre 5 de cette épître.

Moi, Paul, je vous le déclare : si vous, chrétiens d’origine païenne, vous vous faites circoncire, le Christ ne vous sera plus d’aucune utilité (Galates 5.2).

Littéralement : « Vous avez été rendus vains loin de Christ ». La circoncision est l’emblème, le porte-drapeau du Judaïsme comme aujourd’hui la croix est le symbole de la chrétienté. Je Juif orthodoxe croit que la circoncision est absolument nécessaire à l’obéissance à la Loi et au salut. La circoncision est une funeste aberration et l’archétype de l’esclavage à la Loi car ce n’est pas un acte rituel isolé, mais le début d’un engrenage qui remet quelqu’un sous la Loi tout entière. Une fois engagé dans la voie légale, la Loi ne lui fait aucun cadeau, aucune concession ; la personne doit l’accomplir tout entière dans son sens moral et dans tous les rites qu’elle prescrit car elle exige une obéissance parfaite, mais qui est impossible à l’homme.

Paul n’est pas contre la circoncision en tant que telle puisqu’il l’a pratiquée sur Timothée, un païen converti à Jésus-Christ. En effet, dans le livre des Actes : Paul l’emmena donc (Timothée) avec lui et le fit circoncire par égard pour les Juifs qui habitaient dans ces régions et qui savaient tous que son père était Grec (Actes 16.3). Une fois ce rite accompli, ce jeune homme a le droit d’entrer dans les synagogues des Juifs pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Voilà une excellente raison de se faire circoncire. Par contre, Paul s’oppose de toutes ses forces à l’enseignement des Judaïsants légalistes selon lequel il est nécessaire d’ajouter la circoncision à la foi pour obtenir la vie éternelle. Il dit donc aux Galates que pour des païens ayant soi-disant placé leur confiance en Jésus, se faire circoncire comme les Juifs est désastreux. C’est en fait se mettre volontairement sous le régime de la Loi et donc abandonner le Christ et le principe du salut par la grâce. Ceux qui agissent ainsi sautent du bateau qui va dans la bonne direction et les aurait amener à destination, pour s’installer dans un autre navire qui va à la perdition. Paul les avertit sévèrement que s’ils se soumettent à ce rite, lors du jugement à venir auquel tout être humain doit faire face, Jésus ne leur sera d’aucun secours. Ils seront dans le box des accusés, seuls et sous la malédiction divine. En effet, quiconque se fait circoncire pour gagner des points avec Dieu, ajoute des œuvres rituelles à la foi, ce qui prouve qu’il n’a rien compris et jamais vraiment fait confiance au Christ, la seule source de salut.

Ça me fait penser à ce qui s’est passé il y a quelques années en plusieurs endroits des États-Unis. Depuis fort longtemps, certains médicaments, comme en Europe d’ailleurs, sont en vente libre. Ils sont destinés à soigner les petits bobos de la vie quotidienne : les rhumes, les maux de tête, les difficultés digestives, la fièvre et les petites blessures. On les trouve partout dans les grandes surfaces ou les drugstores. Malheureusement, un jour, après avoir pris quelque chose du genre aspirine, des personnes sont tombées gravement malades et certaines sont mortes. Ces médicaments relativement anodins avaient été contaminés avec du cyanure, un poison particulièrement violent, par quelques criminels acrimonieux dressés contre la société. Bien entendu, cette histoire a fait la manchette des journaux et jeté la consternation dans le public. Ce que je veux retenir de cet épisode dramatique est qu’un produit qui est bon et supposé apporter un bienfait, est devenu mortel parce qu’un fou-dingue y a ajouté une très faible quantité de poison. Si on considère les propos de l’apôtre à la lumière de cet événement, il dit que les légalistes sont eux aussi des criminels sur le plan spirituel, car ils ajoutent un poison mortel à la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. En effet, et on ne le répétera jamais assez, l’homme obtient la vie éternelle uniquement en faisant confiance à Jésus-Christ et à l’œuvre qu’il a accomplie sur la croix. Mais celui qui dit croire en lui et qui y ajoute son grain de sel rend caduque la foi en Jésus qu’il dit ou croit posséder.

L’une des caractéristiques des familles d’Églises dites chrétiennes est leur époustouflante diversité, au point où une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Pourtant, je suis sûr que si je me tiens à l’entrée de n’importe laquelle de ces églises et si je demande aux paroissiens : Croyez-vous en Jésus-Christ ?, tous, à de rares exceptions près, répondent : Évidemment ou je ne serais pas là ! La plupart des gens trouveront même la question absurde, car effectivement qui va aller perdre son temps dans une église s’il ne croit pas en Jésus-Christ.

Cela dit, d’après l’épître de Paul aux Galates, sont maudits tous ceux qui rajoutent quoi que ce soit à la foi en Jésus, peu importe que ce soient des rites ou des bonnes œuvres ou les deux. Ils se placent en effet dans la situation où « Christ ne leur sera d’aucune utilité » le jour du jugement. Je reconnais que ce sont là des paroles sévères car lourdes de menaces puisque les conséquences sont éternelles. Mais on ne peut pas dire que Dieu ne nous a pas avertis. Quand Jésus était parmi nous, il a dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi (Jean 14.6). C’est clair, non ? Alors qu’on se le dise ! L’homme est sauvé en se confiant exclusivement, seulement et uniquement en Jésus-Christ plus rien d’autre. Celui qui rajoute quoique ce soit ne croit pas vraiment en lui. Dieu n’est pas un épicier ; il ne nous permet pas de fabriquer notre propre mixture de syncrétisme religieux avec un peu de foi en Jésus, car c’était un homme bien, quelques petits rites par ici parce qu’on ne sait jamais et ça peut toujours servir, quelques bonnes actions par là, car ça ne peut pas faire de mal, et le tout assaisonné d’une pincée de prières. Voilà, enveloppé, c’est pesé, et servez à volonté ! Ce n’est pas ainsi que se définit la vraie foi. Ma confiance en Jésus-Christ doit être telle que le jour où je comparaîtrais devant lui et qu’il me demandera : « Pourquoi es-tu ici ? », Je pourrais répondre : « Parce que je t’ai fait confiance comme mon sauveur. » Alors, s’il dit : « C’est très bien, mais qu’as-tu fait avec ta vie ? Je sais que tu étais une personne morale, tu as été baptisé et confirmé. Tu allais même à l’église, tu étais engagé dans ta paroisse. Tu es venu en aide à des malheureux à ce que je vois. C’est impressionnant. » Alors si vous avez la foi qui sauve, vous direz en toute sincérité : « C’est vrai, mais je n’ai jamais cru que ces actions me vaudraient le paradis. Pour la vie éternelle, je n’ai confiance qu’en toi Seigneur. » Maintenant la question qui se pose est celle-ci : Pouvez-vous définir la qualité de votre foi de cette manière ? Si vous vous appuyez sur le moindre de vos accomplissements pour votre salut, la porte du ciel restera fermée.

Verset 3

Je continue le texte de Paul aux Galates.

Et je l’affirme une fois encore : tout homme qui se fait circoncire est tenu d’accomplir la Loi tout entière (Galates 5.3).

Non seulement celui qui se fait circoncire n’est pas sous la grâce de Dieu, mais ce rite lui crée une autre obligation. En effet, si quelqu’un décide de se placer sous une portion de la Loi, il devient responsable d’obéir à la totalité de ses 640 commandements. Il n’y a pas de demi-mesure ; c’est tout ou rien. Sous l’Ancienne Alliance, les Juifs ne peuvent pas choisir ce qui leur convient de la Loi et laisser le reste ; ils sont ligotés, asservis aux exigences et aux malédictions de la Loi. Celui qui se fait circoncire est donc obligé d’aller jusqu’au bout de sa démarche en vertu du principe que Paul a énoncé précédemment selon lequel : C’est en accomplissant tous les commandements de la Loi que l’on obtient la vie (Galates 3.12). Le hic est que nul n’en a jamais été capable.

Verset 4

Je continue le texte.

Vous qui cherchez à vous faire déclarer justes par Dieu en accomplissant la Loi, vous êtes séparés du Christ : vous n’êtes plus sous le régime de la grâce (Galates 5.4).

Paul enfonce le clou. Celui qui dit avoir accepté Jésus par la foi et qui descend au niveau bien bas d’essayer d’obéir à une loi déchoit de la grâce qui pour lui perd son efficacité, sa puissance salvatrice. Cela veut dire qu’il commet une faute grave car il se place hors du plan rédempteur de Dieu. Les Galates qui se mettent sous la Loi en considérant la circoncision comme une œuvre méritoire en subiront les répercussions terribles. Paul les appelle à considérer que tous ceux qui cherchent à devenir justes devant Dieu en obéissant à la Loi sont hors circuit, éliminés de l’œuvre rédemptrice que Jésus a accomplie.

La grâce est le seul moyen d’obtenir la vie éternelle, alors que le régime de la Loi de Moïse ou d’une autre loi, peu importe, ne peut pas conduire au salut. Paul a déjà montré que pour devenir juste devant Dieu, les principes de la grâce et de la Loi sont irréconciliables, car aux antipodes l’un de l’autre. Pire encore, celui qui choisit la Loi déclare l’œuvre de la croix anathème. Plus tôt dans l’épître, Paul a déjà dit aux Galates : Je ne rejette pas la grâce de Dieu en revenant à la Loi. En effet, si c’est l’obéissance à la Loi qui permet d’être déclaré juste, alors le Christ est mort pour rien ! (Galates 2.21). Les Galates qui acceptent le mensonge empoisonné des Judaïsants légalistes, c’est-à-dire que la circoncision est nécessaire au salut, embrassent de fait le régime de la Loi. Malheur à eux, car s’ils persistent ils prouvent par là qu’ils n’ont jamais vraiment fait confiance à Jésus. Par contre, ceux qui se mettent sous la Loi, et qui au bout d’un temps se rendent compte qu’ils font fausse route et reviennent à la foi en Jésus-Christ plus rien d’autre, prouvent que ce sont de vrais croyants qui s’étaient égarés mais ont retrouvé le bon chemin.

D’accord Paul, mais comme je ne suis pas Galate, je ne suis pas concerné. Grossière erreur ! La même aberration qui menace les Galates est perpétrée aujourd’hui par ceux qui, après avoir entendu un prédicateur fidèle annoncer la Bonne Nouvelle, rejettent son message pour embrasser une religion qui prône que le salut dépend d’un amalgame qui peut inclure bien des éléments comme la repentance, la confession, la foi, le baptême, un style de vie, le respect de certains rites et l’adhésion à l’église. On trouve cette façon de penser et de faire dans toutes les sectes ainsi que dans les branches de théologie libérale de toutes les familles d’Églises qui font partie de la chrétienté.

Dans son Épître aux Romains, Paul décrit la faillite complète de l’être humain. Comme un fruit pourri, il est totalement corrompu et ne possède pas le moindre brin de justice en lui-même. Pour parvenir jusqu’à Dieu, deux étapes sont nécessaires :

  • Le salut par la foi en Jésus seul, ce qui me confère sa justice.
  • La sanctification qui me permet de vivre de manière juste et d’être en communion avec Dieu .

On atteint ces deux niveaux de spiritualité de la même manière : par la foi. Une erreur courante est de croire que servir Dieu est primordial et qu’il faut se mettre à l’ouvrage au plus vite. Le souci des premiers chrétiens était d’adopter un comportement moral digne de la grâce de Dieu afin que par leur vie, ils soient des témoins fidèles à Jésus-Christ. Il n’est pas très difficile à un croyant d’être aussi affairé que des termites sans pour autant que sa vie soit à la hauteur de son appel de chrétien. Plutôt que de s’évertuer à faire des bonnes œuvres, le croyant authentique doit vivre selon l’enseignement du Nouveau Testament.

Mais comment Dieu s’y prend-il pour transformer un pécheur de bas étage en quelqu’un qui mène une vie droite ? Il lui donne tout d’abord une nouvelle nature sans que ce dernier ait besoin d’obéir à des commandements ou à faire quoi que ce soit pour l’obtenir. Cela ne veut évidemment pas dire que le croyant va transgresser la Loi à volonté. Au contraire, il est appelé à vivre à un niveau éthique plus élevé que la Loi, ce qui veut dire que son comportement et ses mobiles doivent être purs, car motivés par son désir de plaire à son Seigneur dans toutes les facettes de sa vie. C’est vexant de l’admettre, mais je suis bien obligé de reconnaître que ma tendance naturelle me porte à faire ce qui est mal aux yeux de Dieu. Je sais que je ne suis pas le seul mais c’est une bien piètre consolation. Aux Romains, Paul écrit : Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, je le commets. Mais je vois bien qu’une autre loi est à l’œuvre dans tout mon être : elle combat la Loi qu’approuve ma raison et elle fait de moi le prisonnier de la loi du péché qui agit dans mes membres. Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps voué à la mort ? (Romains 7.18-19, 23-24). La solution à ce dilemme, Paul la donne dans la suite du texte quand il dit, et je cite une version amplifiée : Car nous vivons à présent sous un nouveau régime, celui du Saint-Esprit. Cet Esprit nous donne la vie qui était dans le Christ Jésus et nous introduit dans la communion avec lui. Cette puissance vivifiante de l’Esprit me soulève hors du cercle vicieux du péché et de la mort ; cet ordre nouveau me permet d’échapper au régime du mal qui me menait à la ruine (Romains 8.2, Parole vivante). La clé de la marche avec Dieu est de se laisser guider par lui et ainsi manifester les fruits de l’Esprit, dont il va être question dans cette épître. Pour la plupart de ceux qui se disent chrétiens, l’obtention du salut consiste à obéir à deux listes : une avec tout ce qu’il faut faire, et une autre avec tous les interdits. Mais sous le régime de la Nouvelle Alliance, la Loi et toutes ses exigences ont été abolies, et Dieu agit envers nous selon sa miséricorde. La vie éternelle comme le pouvoir de plaire au Seigneur sont des dons de sa grâce.

Verset 5

Je continue le texte aux Galates.

Quant à nous, notre espérance, c’est d’être déclarés justes devant Dieu au moyen de la foi. Telle est la ferme attente que l’Esprit fait naître en nous (Galates 5.5).

Contrairement aux Judaïsants légalistes, les croyants authentiques ont la certitude de posséder la vérité et ils attendent leur salut par la foi et de la foi. Alors que d’habitude, Paul présente la justice du croyant comme une possession actuelle, ici il en parle comme d’une espérance future, mais il s’agit en fait de tous les fruits à caractère éternel de la justice, comme la félicité ou la gloire. Ce sont les deux faces, une présente et une future, de la même vérité. Cette espérance n’est pas un espoir incertain, mais une réalité attestée par le Saint-Esprit et la Parole de Dieu, et qui sera actualisée dans l’Au-delà. Dans sa première épître, Pierre écrit : Dieu a préparé pour nous un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni perdre sa beauté. Il le tient en réserve pour vous dans les cieux… C’est pourquoi, tenez votre esprit en éveil et ne vous laissez pas distraire ; mettez toute votre espérance dans la grâce qui vous sera accordée le jour où Jésus-Christ apparaîtra (1Pierre 1.4, 13), et aux Romains, Paul dit que les croyants sont sauvés en espérance (Romains 8.24).

Lorsque le Christ reviendra pour chercher son Église, les croyants décédés de tous les temps ressusciteront et les vivants recevront un nouveau corps. Tous seront alors glorifiés et rendus totalement conformes aux exigences du Dieu trois fois saint. Alors, ils seront officiellement et publiquement déclarés justes devant Dieu en vertu de leur foi en Jésus-Christ.

L’espérance de la justification mentionnée ici est la seule référence de cette épître à un événement futur, ce qui est assez étonnant, car dans toutes ses autres lettres, l’apôtre parle soit de l’enlèvement de l’Église, soit du retour du Christ pour établir son royaume sur terre. Mais comme certains Galates sont sur le point de quitter le droit chemin, l’heure est grave, c’est pourquoi Paul insiste essentiellement sur la justification par la foi seule. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, ce thème fut aussi le fer de lance du mouvement de la Réforme protestante. Les épîtres aux Romains et aux Galates sont particulièrement importantes pour Martin Luther, Jean Calvin et les autres réformateurs, et pour cette raison, ils ont très peu écrit sur les prophéties. Leur priorité n’est pas d’établir un calendrier précis des événements qui auront lieu à la fin des temps, mais de proclamer que le seul moyen de salut et d’être juste devant Dieu est par la foi sans aucun rite ou bonne œuvre.

Lorsqu’on étudie un livre, n’importe lequel, biblique ou un autre, il est impératif de suivre les règles d’interprétation de texte qu’on apprend à l’école, comme par exemple tenir compte du contexte de l’époque et des problèmes qui se posent aux destinataires. Si on néglige ces règles, la compréhension de ce que l’auteur veut dire risque fort d’être compromise.

Verset 6

Je continue le texte aux Galates.

Car pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ, ce qui importe, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’avoir la foi, une foi qui se traduit par des actes inspirés par l’amour (Galates 5.6).

Littéralement le texte dit : « Car en Christ Jésus ni la circoncision ne peut rien, ni le prépuce, mais la foi agissante par l’amour », ou « la foi opérant par la charité » selon la version de Jérusalem. Paul ramène une fois encore la circoncision sur le tapis. Décidément ce rite le turlupine. Pour les croyants véritables, qu’ils soient ou pas circoncis n’a strictement aucune importance, parce qu’ils sont sauvés exclusivement par la foi. Rien d’extérieur n’assure le salut, ni les privilèges des Juifs, ni la moralité de quelques païens, mais uniquement la foi. Oui, mais si elle est réelle et vivante, cette foi se manifeste par l’amour pour Dieu et pour autrui. Or, cet amour est l’accomplissement de La loi, l’obéissance à Dieu et la sanctification, en d’autres mots, ce sont les bonnes œuvres que le chrétien doit faire pour la gloire de Dieu.

Il faut bien remarquer que la foi est la racine, tandis que l’amour en est le fruit et non l’inverse. L’essence du Christianisme n’est pas le légalisme, mais une relation personnelle avec Jésus-Christ caractérisée par la foi dont l’énergie et la vie s’expriment par l’amour.  Plus loin, Paul dit : Par amour, mettez-vous au service les uns des autres (Galates 5.13). Dans toutes ses épîtres, l’apôtre enseigne que l’amour est le fruit du Saint-Esprit et la marque de la foi authentique.

Alors que dans le verset précédent, Paul lie la foi à l’espérance, ici, il l’unit à l’amour. C’est là le véritable christianisme. Aux Thessaloniciens et aux Corinthiens, il écrit : Nous nous rappelons sans cesse, devant Dieu notre Père, votre foi agissante, votre amour actif, et votre ferme espérance en notre Seigneur Jésus-Christ. En somme, trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour (1Thessaloniciens 1.3 ; 1Corinthiens 13.13).