Chapitre 3

Introduction

Après une catastrophe importante, tous les services publics sont suspendus et les pompiers comme la police ne savent plus où donner de la tête. Alors selon un scénario bien rodé, des scènes de pillage ont lieu jusqu’à ce qu’un couvre-feu soit imposé. Après la débâcle de 1940, l’État de droit français disparaissait pour ainsi dire et les lois de la République avec lui. Il y avait un flottement, un vide que le maréchal Pétain a malheureusement rempli. Mais cet événement historique confirme bien que « l’anarchie engendre des Césars », comme l’a si bien dit au début du siècle dernier le journaliste écrivain Jacques Bainville.

Dans certains coins de la planète, et immanquablement en Afrique où l’autorité politique légale est absente, ce sont les armes qui parlent et qui décident tout. Cela prouve que l’application d’une loi juste est indispensable pour que les êtres humains puissent mener une vie normale en relation les uns avec les autre. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’Éternel a donné ce qu’on appelle la loi de Moïse aux Hébreux. Malheureusement, non seulement ils l’ont transgressée en long en large et en travers, mais en plus ils en ont fait un très mauvais usage. Voilà pourquoi l’apôtre Paul explique aux Galates l’esprit de cette Loi et son objectif spirituel.

Verset 19

Je continue à lire dans le chapitre 3.

Mais alors, pourquoi la Loi ? Elle a été ajoutée pour mettre en évidence la désobéissance des hommes à l’ordre divin, et le régime qu’elle a instauré devait rester en vigueur jusqu’à la venue de la descendance d’Abraham que la promesse concernait. Cette Loi a été promulguée par l’intermédiaire d’anges et par le moyen d’un médiateur, Moïse (Galates 3.19).

Jusqu’à présent, Paul a énoncé tout ce qu’un système de règles et surtout la Loi de Moïse ne peut pas accomplir. Premièrement, sa promulgation n’a pas modifié le principe de la foi en vigueur depuis le début de l’humanité, et formellement réitéré quand l’Éternel a fait une promesse inconditionnelle à Abraham. En second lieu, celui qui essaie d’obéir à la Loi dans le but de se rendre juste devant Dieu ne peut pas recevoir le don du Saint-Esprit, mais le pire est qu’il se place d’office sous une malédiction, car il est écrit : Maudit soit l’homme qui n’obéit pas continuellement à tout ce qui est écrit dans le livre de la Loi (Galates 3.10 ; Deutéronome 27.26).

Maintenant l’apôtre veut prévenir l’objection que les Juifs vont nécessairement lui opposer et qui est la suivante. Puisque le salut est par grâce, fondé uniquement sur la promesse de Dieu et reçu par la foi sans les œuvres de la Loi, alors à quoi sert cette Loi sainte donnée avec tant d’éclat, et qui remplit une si grande place dans la vie du peuple d’Israël ? (comparer Romains 3:31). Paul explique donc que la Loi a été donnée dans le but express de débusquer les péchés des hommes, de les mettre en lumière et de les dénoncer comme des transgressions dirigées contre Dieu, et qui suscitent sa colère. L’apôtre précise cet aspect de la Loi dans sa première épître à Timothée où il écrit : Nous savons que la Loi est bonne, mais à condition d’être utilisée en accord avec son but. Il faut savoir ceci : la Loi n’est pas faite pour ceux qui font le bien, mais pour les malfaiteurs et les rebelles, pour les gens qui méprisent Dieu et les pécheurs, pour ceux qui n’ont ni respect ni scrupule à l’égard de ce qui est sacré, ceux qui tueraient père et mère, les assassins, les débauchés, les homosexuels, les marchands d’esclaves, les menteurs, les gens sans parole et, d’une manière générale, pour tous ceux qui commettent des actions contraires à l’enseignement authentique que vous avez reçu (1Timothée 1.8-10).

La Loi n’a pas été conçue pour contrebalancer les fautes, mais seulement pour les révéler et ainsi montrer que l’homme est un pécheur invétéré. Je rappelle en passant que même les sacrifices d’animaux, pourtant obligatoires sous le régime de la loi de Moïse, n’ont jamais ôté les péchés de quiconque, mais les couvrent seulement en attendant la venue du Messie qui lui les a véritablement purgés sur la croix.

Confrontée aux exigences de Dieu, toute personne sincère se reconnaît coupable et il n’y a aucune exception parce que nul n’est capable d’obéir à toute la Loi tout le temps en paroles, en pensées et en actions. Or, une seule faute condamne. Dans son épître, Jacques écrit : Celui qui désobéit à un seul commandement de la Loi, même s’il obéit à tous les autres, se rend coupable vis-à-vis de toute la Loi (Jacques 2.10).

Dans notre culture judéo-chrétienne, jadis, chacun savait qu’en violant les commandements de Dieu, il se rendait coupable devant lui. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui car notre mode de pensée a été très influencé par les thèses de Jean-Jacques Rousseau qui a essayé de prouver que de naissance l’homme est foncièrement bon mais qu’il est perverti par son environnement. Or, les Écritures enseignent exactement le contraire ; c’est parce que l’homme a le diable au corps, pour ainsi dire, parce qu’il est naturellement prédisposé à faire le mal, qu’il commet des péchés et par là corrompt son environnement. Jésus a dit : C’est du cœur que proviennent les mauvaises pensées qui mènent au meurtre, à l’adultère, à l’immoralité, au vol, aux faux témoignages, aux blasphèmes (Matthieu 15.19). Si quelqu’un commet un meurtre, c’est parce qu’au fond de lui, il est un assassin. Même moi qui ne ferait pas de mal à une mouche ; en fait là je dis déjà un mensonge, eh bien moi, dans certaines circonstances, je suis aussi capable du pire. Je vole parce que je suis né voleur, je mens parce que je suis menteur dans mon cœur. Je sors de chez moi et souvent je commence déjà à mentir à la première personne que je rencontre. Elle me demande comment ça va et quel que soit mon état d’âme, je réponds toujours : Bien ! Et vous ? Mentir est spontané, il n’y a pas besoin de réfléchir, ça vient tout seul. C’est vrai qu’il y a des spécialistes en la matière, surtout dans les domaines de la publicité et de la politique, mais passons là-dessus. Pourquoi agissons-nous ainsi ? Parce que notre nature est déchue. Comme le dit si bien le prophète Jérémie : Le cœur est tortueux plus que toute autre chose, et il est incurable (Jérémie 17.9).

L’argument de Paul est que la Loi a été donnée non comme un moyen pour devenir juste, mais pour révéler à tout homme qu’il est pécheur, sous la condamnation de Dieu, et donc qu’il a besoin d’un sauveur. Par ailleurs, la Loi est nettement inférieure à la promesse ne serait-ce que par son caractère provisoire. En effet, elle a été donnée en attendant que naisse la descendance d’Abraham, Jésus le Messie qui est Dieu fait homme. Au début de son évangile, Jean écrit : Si la Loi nous a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu : Dieu, le Fils unique qui vit dans l’intimité du Père, nous l’a révélé (Jean 1.17-18).

Depuis la venue du Christ, sa mort et sa résurrection, la Loi n’a plus de raison d’être. La loi est inférieure à la promesse parce qu’elle a été promulguée par des anges et Moïse, alors que c’est l’Éternel lui-même qui a conclu une alliance avec Abraham et lui a fait la promesse.

Verset 20

Je continue le texte.

Or s’il y a eu un médiateur, c’est qu’il y avait plus d’une partie en cause. Mais pour la promesse, Dieu seul est en cause (Galates 3.20).

Toutes les fois qu’il y a un médiateur, il agit entre plusieurs parties et il y a donc pluralité de personnes, tandis que Dieu est seul à décider. Paul compare la promesse que Dieu a faite à Abraham, et la Loi de Moïse. Entre l’Éternel qui est sur le mont Sinaï et le peuple hébreu qui se trouve dans la vallée, c’est Moïse qui par ses allées et venues, montées et descentes, a servi de médiateur, d’intermédiaire entre deux parties engagées dans une négociation bilatérale. La Loi est une alliance conditionnelle à l’obéissance du peuple tandis que la responsabilité de tenir la promesse faite à Abraham repose uniquement sur Dieu. C’est une alliance unilatérale en quelque sorte. Quand Dieu a scellé ce contrat avec Abraham, lui il est au pays des songes ; il dort d’un profond sommeil. Il n’a rien signé pour ainsi dire. L’Éternel seul est passé entre les animaux découpés, ce qui à l’époque est la manière légale d’établir un contrat entre deux parties. Dieu qui est un seul, absolu, indépendant, a donné la promesse de grâce à Abraham de sa propre volonté, sans médiateur et sans conditions. De ce fait, la promesse a un caractère permanent et universel ; elle est immuable et unique. Le même Dieu qui a donné les promesses a aussi donné la Loi qui devait y préparer son peuple.

Verset 21

Je continue.

La Loi irait-elle donc à l’encontre des promesses divines ? Certainement pas ! Ah ! sans doute, si nous avions reçu une loi qui puisse procurer la vie aux hommes, alors nous pourrions être justes devant Dieu sous le régime de cette loi (Galates 3.21).

Une autre question pouvait se poser aux Galates : Est-ce que la Loi et la promesse de Dieu entrent en conflit ? Tant s’en faut, répond l’apôtre. L’une comme l’autre a été donnée par Dieu. En théorie, la justice personnelle aurait pu provenir de la Loi si les hommes avaient été en mesure de la respecter à la perfection. Mais sans exception, tous ceux qui ont essayé ou essaient encore échouent misérablement. Voilà pourquoi, mettre les hommes pécheurs en règle avec Dieu n’est ni la fonction ni au pouvoir de la Loi, comme Paul l’a déjà été affirmé.

Ce n’est pas la Loi qui est en cause si elle ne peut pas procurer la justice à ceux qui essaient de lui obéir. Le problème réside dans l’homme qui est fautif devant Dieu du fait de son état dégénéré, ce que la Loi met en lumière. Elle n’a donc pas été donnée dans le but de procurer le salut, mais des bénédictions temporelles aux Israélites qui s’efforcent de la mettre en pratique. Je cite un passage : Vous vous appliquerez à obéir à tous les commandements que je vous donne aujourd’hui, afin que vous viviez, que vous deveniez nombreux et que vous puissiez entrer dans le pays que l’Éternel a promis par serment à vos ancêtres et en prendre possession (Deutéronome 8.1).

Verset 22

Je continue le texte.

Mais voici le verdict de l’Écriture : l’humanité entière se trouve prisonnière de sa culpabilité devant Dieu afin que le don promis par Dieu soit accordé aux croyants au moyen de leur foi en Jésus-Christ (Galates 3.22).

La Loi accuse parce qu’elle révèle le péché de l’homme. Or le prophète Ézéchiel écrit : Celui qui a péché, c’est lui qui mourra (Ézéchiel 18.20). Face aux exigences divines, tout le monde est coupable et condamné ; c’est tout ce que la Loi peut faire. Bien loin de pouvoir donner la vie, la Loi n’a fait qu’enfermer tous les hommes sous le péché, leur en a fait sentir les chaînes et l’esclavage, sans leur laisser le plus léger espoir de se délivrer par eux-mêmes afin qu’ils se sentent pressés de recourir, par la foi, à la promesse et à celui qui l’a accomplie, Jésus-Christ.

Le simple fait de commettre la moindre faute, quelle que soit sa gravité, entraîne la mort. Je n’ai certes pas perpétré les atrocités d’un Hitler, Staline, ou d’un Saddam Hussein, mais j’ai la même nature que ces monstres. Je crois que c’est le poète allemand Goethe qui a dit : Il n’existe pas de crimes que je ne pourrais pas moi-même commettre.

Selon les Écritures, il n’existe pas de seuil en dessous duquel on s’en tire et au-dessus duquel on est condamné. Cela revient à dire que faire une distinction entre péchés véniels et mortels est arbitraire. De plus, la raison et les circonstances qui font que je commette un péché n’entrent pas en ligne de compte. Que je sois d’une famille qui me pousse à commettre tel larcin ou que j’en ai la prédisposition génétique ne m’exonère pas le moins du monde. Le fait que je me rende coupable entraîne automatiquement ma condamnation.

Je vais illustrer mes dires avec l’histoire, inventée de toutes pièces, des trois hommes qui sont tombés du sommet de la Tour Eiffel. D’abord, il y a eu un fait divers. Une bande de loubards trafiquants de drogues ligotent un concurrent et le précipitent de la 3e terrasse de la Tour Eiffel. Cet homme est aussitôt confronté à la loi de la pesanteur contre son gré mais il meurt quand même. Deux autres hommes qui travaillent sur un projet lisent cette histoire dans leur quotidien ; ils décident alors de profiter de la publicité gratuite de ce fait divers pour tester une sorte d’aile delta qu’ils ont fabriquée. On les avertit de la folie de leur tentative, car à une telle hauteur, la moindre anomalie et c’est le drame, mais ils passent outre, voulant à tout prix faire leur entrée dans le livre des records. Alors, ils montent au sommet de la Tour Eiffel de nuit pour échapper à la vigilance du gardien. Le premier endosse son invention et saute, persuadé qu’il peut braver la loi de la gravité. Au début ça marche comme prévu, mais il prend soudainement de la vitesse et le contact avec le sol est brutal. Bref, on l’enterre dans la semaine. Après avoir vu cela du bord de la terrasse, le second homme subit un choc terrible qui lui fait perdre l’équilibre et il tombe comme une masse. C’est un accident, mais il est mort quand même. Ces hommes sont décédés pour des raisons différentes, mais à cause de la même loi, celle de la pesanteur, qu’ils ont tous trois transgressée.

Comme la gravité, la Loi de Moïse peut seulement tuer, mais jamais donner la vie. Et une fois que quelqu’un est mort, son état est final. Il n’existe aucune loi naturelle qui puisse inverser sa condition. Aucun de ces trois hommes ne peut remonter au sommet de la Tour Eiffel et vivre. Le principe qui veut que le péché entraîne inéluctablement la mort est implacable et inexorable. Ce principe ne connaît ni circonstance atténuante ni miséricorde. Comme le dit le passage que j’ai cité : Celui qui a péché, c’est lui qui mourra (Ézéchiel 18.20).

Alors qu’ils étaient au paradis dans le jardin d’Éden, l’Éternel a dit à Adam : Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, sache que tu mourras de mort (Genèse 2.17). On connaît la suite et ses conséquence tragiques. Nos premiers parents nous ont transmis une nature rebelle à Dieu qui habite le plus tréfonds de notre âme et qui fait que nous faisons le mal. Le roi David l’a bien reconnu lorsqu’il a écrit : Éternel, n’entre pas en procès avec ton serviteur car aucun vivant n’est juste devant toi (Psaumes 143.2).

La Loi a été donnée pour pointer les fautes et sanctionner les coupables, c’est-à-dire, vous et moi. Dans sa seconde épître aux Corinthiens, Paul dit : La Loi, avec ses commandements écrits, inflige la mort. Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort (2Corinthiens 3.6-7).

Verset 23

Je continue l’épître aux Galates.

Avant que soit instauré le régime de la foi, nous étions emprisonnés par la Loi et sous sa surveillance, dans l’attente du régime de la foi qui devait être révélée (Galates 3.23).

Paul compare la Loi à une prison parce qu’elle ne peut que condamner les hommes qui sont sous l’emprise et la domination du péché. Cependant, la Loi préparait le terrain pour l’annonce de l’Évangile. En effet, Jésus y est préfiguré à la fois par le grand-prêtre et par l’autel des holocaustes sur lequel d’innombrables animaux sont immolés, un prélude au sacrifice suprême du Christ. Sous le régime de la Loi, Dieu manifeste déjà sa miséricorde en couvrant les fautes des Israélites au moyen du sang des sacrifices.

Aujourd’hui, tous ceux qui reconnaissent humblement leur culpabilité devant Dieu et qui n’essaient plus de s’amender par des rites ou des bonnes œuvres sont prêts à recevoir la vie éternelle par la foi en Jésus.

Versets 24-25

Je continue.

Ainsi, la Loi a été comme un gardien chargé de nous conduire au Christ pour que nous soyons déclarés justes devant Dieu par la foi. Mais depuis que le régime de la foi a été instauré, nous ne sommes plus soumis à ce gardien (Galates 3.24-25).

Le nom grec traduit par gardien est paidagôgos. Il se compose des deux mots pied et conduire. Il a donné en français pédale et bien sûr pédagogue. Mais à l’époque du Nouveau Testament, ce mot n’a pas le même sens qu’aujourd’hui car il désigne alors le précepteur, souvent un esclave, d’une famille romaine chargé de s’occuper des enfants. Sur les 120 millions d’habitants de l’empire, environ la moitié est esclave. Ce gardien remplit des fonctions bien définies. Il est chargé de l’éducation de l’enfant depuis l’âge de 6-7 ans jusqu’à sa majorité. Il le fait lever, s’assure qu’il s’habille puis le conduit chez le maître d’école d’où son nom pédagogue, qui veut dire conduire à pied. Au besoin, ce gardien corrige même l’enfant qui est sous sa garde, car il doit le préserver des mauvaises influences de la société et lui enseigner la morale. Si l’enfant doit aller à l’étranger pour ses études, c’est le précepteur qui est responsable de le confier à un maître capable. De tels hommes qualifiés sont très estimés par les parents qui demandent à leurs enfants de les respecter.

La Loi de Moïse exerce la même fonction vis-à-vis des Hébreux. Elle punit avec sévérité les écarts de conduite et exige une vie vertueuse. Jusqu’à la venue du Christ, la Loi fait régner l’ordre en Israël en les préservant plus ou moins des rites païens dégénérés qui sont pratiqués par les Cananéens. C’est la foi en Jésus-Christ qui délivre les croyants de la tutelle protectrice et disciplinaire de la Loi qui les gardait jusqu’à ce que le régime de la foi soit instauré.

Paul souligne une fois encore que seule la foi permet d’acquérir le statut de juste devant Dieu, ce qu’il répète maintes fois dans toutes ses épîtres. Par exemple, aux Romains, il écrit : Si quelqu’un n’accomplit pas d’œuvre mais place sa confiance en Dieu qui déclare justes les pécheurs, Dieu le déclare juste en portant sa foi à son crédit (Romains 4.5).

Si c’est pour essayer d’être juste, Dieu n’accepte pas ni nos bonnes actions ni nos tentatives d’observer sa Loi, car celle-ci ne fait que confirmer les paroles du prophète Ésaïe qui a dit : Nous sommes tous semblables à des êtres impurs, toute notre justice est comme des linges souillés. Nous sommes tous flétris comme un feuillage, nos fautes nous emportent comme le vent (Ésaïe 64.5).

La Loi n’a pas été donnée pour sauver le pécheur, mais pour lui révéler sa culpabilité. Elle ne peut pas me préserver du péché, car le mal habite déjà en moi. La Loi prouve que l’humanité est déchue, que l’homme n’est pas un être raffiné et sophistiqué comme le clament les idéalistes, mais un vulgaire pécheur de bas étage.

Parfois, je travaille au jardin et si le sol est humide, je m’éclabousse le visage de boue. Alors, je vais dans ma salle de bain pour me nettoyer. Mais j’utilise d’abord le miroir pour voir où je me suis sali et ensuite le lavabo pour essuyer la boue. La Loi est comme le miroir de la salle de bains car elle révèle les taches, mais ne les ôte pas.

Tous ceux qui essaient de se blanchir devant Dieu en essayant d’obéir au Sermon sur la Montagne, à la Loi ou à un autre système de règles sont comme quelqu’un qui tenterait de se nettoyer en se frottant contre le miroir ; c’est pure folie.

Luther écrit : « Sous cette image d’un pédagogue, l’apôtre nous montre clairement comment nous devons employer la loi ; car, de même que le pédagogue conduit les enfants, les punit, les attriste, non dans l’intention que cette discipline dure toujours, mais afin que plus tard ils jouissent des biens de leur père d’autant plus librement et avec joie, ainsi nous devons savoir que si la loi effraie et contriste les âmes, c’est afin de les préparer à Christ et à la liberté spirituelle qui doit suivre. »

En résumé donc, la Loi a deux fonctions. D’une part, elle me condamne et me dit que j’ai besoin d’un sauveur, et d’autre part, elle joue le rôle d’un précepteur qui me prend par la main pour me conduire jusqu’au Christ, qui grâce à son sang versé sur la croix, a le pouvoir d’effacer toutes mes fautes. Alors, par la foi en lui, je deviens juste et je reçois la vie éternelle.