Chapitre 3

Introduction

Second après l’amour, l’amitié a toujours été un thème important pour les êtres humains parce que dans cette vie, nous avons besoin les uns des autres pour survivre et prospérer. C’est aussi ce qui explique que sur ce sujet, les dictons populaires ne manquent pas. Même les écrivains classiques en parlent. Ainsi, dans son œuvre : Jeannot et Colin, Voltaire dit : Toutes les grandeurs de ce monde ne valent pas un bon ami. Et dans Satires, Boileau écrit : Faites-vous des amis prompts à vous censurer. Le grand roi Salomon a exprimé cette même idée quand il écrit : Un ami qui vous blesse vous prouve par là sa fidélité, mais un ennemi multiplie les embrassades (Proverbes 27.6). En langage populaire, ça donne :  Qui aime bien châtie bien .

L’apôtre Paul est connu sous bien des aspects ; c’est un homme passionné, loyal, attachant et débordant d’affection, absolument ! La plupart de ceux à qui il annonce l’Évangile et qui se convertissent à Jésus-Christ deviennent ses amis pour la vie. Mais Paul est aussi un homme franc, voire brutal dans ses propos car il n’a pas de petite cuillère dans sa besace. Quand il a quelque chose à dire, il n’y va pas par quatre chemins et ne mâche pas ses mots. Il l’a prouvé sans équivoque quand il a repris publiquement Pierre pour son attitude hautement hypocrite.

Les deux grands apôtres sont bien d’accord sur le fait que seule la foi en Jésus-Christ permet à un homme d’être en règle devant le Dieu trois fois saint. Mais Pierre s’est conduit d’une façon honteuse et mesquine. En effet, alors qu’il fait bonne chère avec des non-Juifs croyants qui ne respectent évidemment pas les règles alimentaires propres à la Loi de Moïse, voilà que débarquent des chrétiens encore très attachés aux pratiques du Judaïsme. Ni une ni deux, Pierre pose sa fourchette, se lève discrètement et sur la pointe des pieds il se retire furtivement dans un coin afin de ne pas être vu en compagnie de païens. Cet incident qui a eu lieu dans l’église d’Antioche de Syrie dont les membres sont en majorité d’origine païenne, a donné lieu au grand discours de l’apôtre Paul sur la justification par la foi seule. Selon l’Évangile qu’il prêche, rétablir les rites cérémonials de la Loi, c’est se replacer sous toutes ses exigences et donc sous sa malédiction parce que nul ne peut satisfaire toutes ses demandes à tout moment. Seul Jésus l’a fait pour nous, à notre place. Se replacer sous la Loi, c’est rejeter la grâce que Dieu a manifestée en Jésus-Christ. Luther écrit : « Quiconque estime qu’il peut être justifié devant Dieu par la loi, rejette la grâce de Dieu, repousse loin de soi le sacrifice de Christ et renonce à être racheté par ce précieux trésor. Quel crime que celui de mépriser la grâce de Dieu ! Est-il vrai, oui ou non, que Christ soit mort ? Serait-il vrai qu’il fût mort en vain et sans raison ? Il nous faudra bien répondre : Oui, il est mort ! non, il n’est pas mort en vain ! Il est donc certain que nous ne pouvons pas être sauvés par la loi. »

Quand le Seigneur est mort, jugé à notre place sur la croix, il nous a soustraits au pouvoir de condamnation de la Loi en nous libérant de son régime. Mais parce que Pierre est l’un des piliers de l’Église naissante, son comportement a réactivé en quelque sorte le pouvoir de la Loi ce qui est épouvantable car fort préjudiciable à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Voilà pourquoi Paul est sorti de ses gongs et a eu une réaction très vive et tranchante. Tout comme Pierre, les Galates s’éloignent de la liberté qu’ils ont acquise en recevant l’Évangile que l’apôtre Paul leur a annoncé. C’est la raison de l’épître qu’il leur écrit et dans laquelle il les reprend sans ménagement parce qu’il les a vraiment à cœur.

Verset 1

Je commence à lire le chapitre 3.

Ô Galates insensés ! Qui vous a envoûtés ainsi ? Pourtant, la mort de Jésus-Christ sur la croix a été clairement dépeinte à vos yeux (Galates 3.1).

Comme je le dis de temps en temps, Paul ne prend pas de gants, sinon des gants de boxe. Il adresse aux Galates de sévères remontrances sur un ton très dur. C’est vrai qu’ils se comportent en insensés, sans trop réfléchir aux implications de leur conduite. En épousant des vues contraires à l’Évangile, ces chrétiens rejettent la grâce de Dieu en Jésus-Christ. Ils ont subi l’influence pernicieuse des Judaïsants perturbateurs qui leur ont fait adopter un comportement irrationnel. Ils sont comme dans un état second, hypnotisés, ensorcelés comme si on leur avait jeté un mauvais sort. Pourtant il est certain que par sa prédication puissante et vivante, Paul leur a présenté Jésus-Christ de façon à ce qu’ils comprennent bien qui il est et ce qu’il a accompli pour eux sur la croix. Cependant, il faut savoir que les païens idolâtres sont extrêmement crédules et donc même une fois devenus chrétiens, ils sont une proie facile jusqu’à ce qu’ils atteignent une certaine maturité dans la foi.

Le mot traduit par « dépeint » signifie « afficher une annonce publique ». Paul a certainement utilisé des figures de style, un langage imagé et vivant pour proclamer Jésus-Christ. Malgré tout, les yeux spirituels des Galates se sont détournés du Seigneur pour se fixer sur les Judaïsants et pour écouter leurs propos hérétiques concernant l’observation des exigences de la Loi de Moïse. Pour bien montrer que seule la foi permet l’obtention du salut, Paul va leur poser plusieurs questions dont les réponses sont évidentes.

Verset 2

Je continue le texte.

Voici seulement ce que je veux savoir de vous : À quel titre avez-vous reçu le Saint-Esprit ? Est-ce parce que vous avez accompli la Loi, ou parce que vous avez accueilli avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue ? (Galates 3.2).

Ces questions de style enfoncent le clou. Paul fait ici référence au moment où les Galates se sont convertis à Jésus-Christ. Tout porte à penser qu’ils ont alors expérimenté la puissance du Saint-Esprit qui s’est manifesté dans leurs vies par toutes sortes de dons spirituels et de signes miraculeux. L’acceptation de la prédication de la croix et la manifestation du Saint-Esprit sont les marques et les preuves de l’action et de la grâce de Dieu en faveur de celui qui met sa foi en Jésus-Christ.

Dans les premiers temps de l’Église, les chrétiens dont le cœur est renouvelé par le Saint-Esprit, et qui reçoivent donc des bénédictions divines, éprouvent un changement de vie beaucoup plus net et absolu que la plupart des croyants aujourd’hui, à cause du contraste éclatant qu’il y avait pour eux entre les profondes ténèbres du paganisme, dont ils sortaient, et la lumière resplendissante de l’Évangile. De plus, les dons miraculeux et surtout les guérisons qui accompagnent l’effusion du Saint-Esprit, sont un témoignage saisissant et évident car visible de la présence et de l’action de cet Esprit dans l’Église et dans les âmes.

Cela dit, il faut bien souligner que l’Évangile demeure vrai quel que soit mon vécu personnel. Nous avons tous des expériences différentes, mais la vérité est absolue et hors de moi que je l’accepte ou pas. La vérité n’a rien à voir avec ce que je peux ressentir. Ce n’est pas parce que je suis en proie à des émotions fortes que ce que je suis en train de vivre est vrai ou réel. J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’il m’est arrivé plusieurs fois d’être ému par l’ambiance qui règne dans une grande et belle église bien décorée avec des gravures, des peintures et des statues. Je suis comme hypnotisé par toutes ces couleurs, les vitraux, la toccata pour orgue en bruit de fond et l’odeur d’encens qui flotte dans l’air. Mais ce n’est jamais qu’un divertissement sensuel comme un bon film à la télé, rien de plus. Ce sont les Écritures qui constituent l’étalon mesure de la vérité, et non pas mon expérience personnelle aussi intense soit-elle.

Paul ne met pas en doute le salut de ses destinataires, mais il veut rafraîchir leur mémoire en leur posant des questions clés. La première est : Ont-ils reçu le Saint-Esprit par la foi ou en suivant les ordonnances de la Loi ? Par la foi bien sûr, puisque quand ils ont entendu la prédication de Paul, n’étant pas Juifs ils ne connaissaient rien de la Loi. Et de toute façon, personne n’a jamais reçu le Saint-Esprit parce qu’il a obéi aux ordonnances de la Loi.

Il est vrai que dans l’Ancien Testament, certaines personnes étaient saisies par le Saint-Esprit. C’était généralement le cas des prophètes, mais aussi de Joseph, le fils de Jacob, qui devint grand vizir d’Égypte. D’autres recevaient le Saint Esprit pendant un temps donné pour accomplir une tâche spécifique dictée par Dieu, comme par exemple l’artisan maître d’ouvrage qui dirigea la construction du tabernacle, de tous ses meubles et ustensiles. Dans le livre de l’Exode, l’Éternel dit à Moïse : Vois, je désigne Betsaleel, fils d’Ouri, [..] et je l’ai rempli de l’Esprit de Dieu qui lui confère de l’habileté, de l’intelligence et de la compétence pour exécuter toutes sortes d’ouvrages, pour concevoir des projets et les exécuter en or, en argent et en bronze [..] (Exode 31.1-5).

C’est aussi par l’action du Saint-Esprit que Samson fut doté d’une force surnaturelle pour délivrer Israël des Philistins. Je cite deux passages : Quand ils arrivèrent près des vignobles de la ville, tout à coup un jeune lion marcha sur lui en rugissant. Alors l’Esprit de l’Éternel fondit sur lui et, les mains nues, Samson déchira le lion en deux, comme on le fait d’un chevreau. [..]. Les Philistins accoururent en poussant des cris de triomphe. Alors l’Esprit de l’Éternel fondit sur lui et les cordes qui liaient ses bras se déchirèrent comme si c’étaient des fils de lin brûlés. [..] (Juges 14.5-6 ; 15.14).

Sous la Nouvelle Alliance par contre, le don du Saint-Esprit est donné sans mesure à tous ceux qui placent leur confiance en Jésus pour leur salut. Aux Éphésiens, Paul écrit : En Christ vous avez entendu le message de vérité, cet Évangile qui vous apportait le salut ; oui, c’est aussi en Christ que vous qui avez cru, vous avez obtenu de Dieu l’Esprit Saint qu’il avait promis et par lequel il vous a marqués de son sceau pour lui appartenir (Éphésiens 1.13).

Verset 3

Je continue le texte avec la 2e question de Paul aux Galates.

Manquez-vous à ce point d’intelligence spirituelle ? Après avoir commencé par l’Esprit de Dieu, est-ce en comptant sur vos propres ressources humaines que vous allez parvenir à la perfection ? (Galates 3.3).

Paul présume que les Galates répondront par l’affirmative à sa première question, confirmant ainsi qu’il sont bien devenus chrétiens par la foi et non en obéissant à des règles. Maintenant, l’apôtre leur adresse une 2e question.

Compter sur ses ressources humaines consiste à faire confiance à un système où les actions de l’homme sont au sommet de l’affiche comme les rituels auxquels se livrent les prêtres de toutes les religions. En essayant d’obéir aux exigences de la Loi ou à d’autres règles issues des traditions humaines, l’homme satisfait et alimente sa nature corrompue. Plus loin, Paul mentionnera la circoncision, mais pour l’instant, il se moque des Galates en leur demandant si après avoir expérimenté la vie chrétienne par la puissance de l’Esprit, ils veulent continuer en s’appuyant sur leurs propres ressources, croyant qu’elles vont les aider à vivre sur un plateau spirituel plus élevé. C’est en tout cas ce que  leur promettent les Judaïsants légalistes.

Les Galates se sont laissés fasciner, ensorceler même, de telle sorte qu’ils sont à la recherche d’une expérience religieuse plus intense qui les élèvera devant Dieu. Ils croient qu’ils pourront ainsi obtenir un salut plus complet et se maintenir sur un plateau spirituel plus haut. En réalité, ils baignent dans un mysticisme béat car le croyant ne doit rechercher ni recette miracle ni à découvrir de nouveaux mystères. La vie chrétienne commence quand on place sa confiance en la personne du Christ et se poursuit de la même manière. La foi est le seul moyen que Dieu nous a donnée pour devenir juste à ses yeux et pour progresser dans notre compréhension des réalités spirituelles, ce que le Nouveau Testament appelle la croissance spirituelle ou sanctification. La foi est comme la manne, ces gaufrettes miellées dont Dieu nourrissait les Israélites dans le désert. Elle subit l’usure du temps et doit être renouvelée jour après jour.

Verset 4

Je continue le texte.

Avez-vous tant souffert en vain ? Si toutefois c’est en vain (Galates 3.4).

À la fin de son premier voyage missionnaire, Paul avait averti les Galates qu’ils auraient à souffrir pour leur foi. Je lis le passage : Paul et Barnabas retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche. Ils fortifiaient les disciples et les encourageaient à demeurer fermes dans la foi. — Car, leur disaient-ils, c’est au travers de beaucoup de souffrances qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu (Actes 14.21-22; comparer Philippiens 1.28-30). Même si nous ne connaissons pas de persécution dirigée contre les églises de Galatie, il y en a probablement eu. Paul leur rappelle donc que s’ils se détournent de la foi pour se tourner vers des traditions humaines, les souffrances qu’ils ont déjà endurées à cause de leur foi ne servent à rien. Toutefois, la tournure dubitative dont se sert l’apôtre exprime sa confiance que les Galates vont sortir de leur torpeur spirituelle et se raviser.

Verset 5

Je continue.

Voyons ! Lorsque Dieu vous donne son Esprit et qu’il accomplit parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous obéissez à la Loi ou parce que vous accueillez avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue ? (Galates 3.5).

La question suivante que Paul pose aux Galates est : Sur quelle base Dieu a-t-il opéré des miracles parmi vous ? En effet, dans les deux villes de la Galatie, le livre des Actes mentionne que lors de la prédication de Paul, Dieu a fait des prodiges. Je lis ces passages : Paul et Barnabas prolongèrent leur séjour dans la ville d’Iconium ; ils parlaient avec assurance, car ils étaient confiants dans le Seigneur et celui-ci confirmait la vérité du message de sa grâce, en leur donnant d’accomplir des signes miraculeux et des prodiges. À Lystre se trouvait un homme paralysé des pieds : infirme de naissance, il n’avait jamais pu marcher. Il écoutait les paroles de Paul. L’apôtre fixa les yeux sur lui et, voyant qu’il avait la foi pour être sauvé, il lui commanda d’une voix forte : — Lève-toi et tiens-toi droit sur tes pieds ! D’un bond, il fut debout et se mit à marcher (Actes 14.3, 8-10).

Il ne fait pas le moindre doute que ces miracles n’ont rien à voir avec l’obéissance à la Loi de Moïse que de toute façon les Galates ne connaissent pas. Dieu s’est manifesté de manière surnaturelle pour authentifier et confirmer la prédication de la justification par la foi en Jésus-Christ. Mais ce que Paul et Barnabas ont accompli chez les Galates est sévèrement ébranlé par les Judaïsants légalistes qui sont venus les perturber. Ces faux frères font un travail de démolition en discréditant systématiquement le ministère de Paul. Ils l’attaquent, disant, d’une part, qu’il n’est pas un véritable apôtre parce qu’il n’a jamais fait partie des 12 choisis par le Seigneur, et d’autre part, qu’il s’est parachuté lui-même sur scène et s’est déclaré apôtre. Paul en est bien conscient, alors il rafraîchit la mémoire des Galates en leur rappelant que c’est lui avec Barnabas et personne d’autre, qui sont venus leur apporter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Il leur a prêché la mort et la résurrection de Jésus-Christ sans faire la moindre allusion à la Loi de Moïse. Les Galates ont accepté le Sauveur par la foi, devenant ainsi justes devant Dieu. Or, comme la prédication de Paul était accompagnée de la puissance du Saint-Esprit qui a opéré des miracles, c’est bien la preuve, s’il en faut une, que son apostolat est légitime.

D’après le récit du livre des Actes, Paul possède tous les dons spirituels énumérés dans le Nouveau Testament. De plus, il guérit n’importe quelle maladie et même ressusciter les morts. Non seulement il peut accomplir des signes miraculeux à volonté, mais des prodiges ont lieu autour de lui sans qu’il intervienne. Je lis un passage : Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul. On allait jusqu’à prendre des mouchoirs ou du linge qu’il avait touchés pour les appliquer aux malades. Ceux-ci guérissaient et les mauvais esprits s’enfuyaient (Actes 19.11-12).

Simon Pierre aussi possède le don de faire des miracles car c’est l’une des marques distinctives des apôtres. Une autre distinction des premiers disciples du Christ est que plusieurs d’entre eux sont illuminés par le Saint-Esprit pour écrire le Nouveau Testament qui comme l’Ancien, est la Parole de Dieu. La foi chrétienne telle que nous la connaissons est historiquement fondée sur la personne de Jésus-Christ qui est le roc et la pierre angulaire de l’Église, sur lequel les apôtres ont bâti leur ministère, et leur message est authentifié par l’autorité qui émane de la puissance de Dieu qui les habite et par les prodiges qu’ils accomplissent.

Avant sa conversion, Paul, qui s’appelle Saul de Tarse, est un religieux pur et dur de la secte des Pharisiens. Il est alors un ardent défenseur de la Loi de Moïse, de ses rites à n’en plus finir et de la tradition des Anciens. Mais quand il se rend chez les Galates, il n’y va pas comme pharisien représentant de la Loi, mais c’est en tant qu’apôtre zélé pour l’Évangile qu’il leur annonce la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

En résumé donc, et après la digression due à la conduite malheureuse de Simon Pierre, la première section du chapitre 3 de l’épître aux Galates reprend le thème principal de la lettre qui est la justification par la foi seule. Paul s’adresse aux Galates pour les réprimander, car la situation est grave. Ils se sont laissé empoisonner par des Judaïsants légalistes qui sont venus leur annoncer un autre Évangile, plus complet disent-ils car il ajoutent à la foi, la nécessité d’obéir aux rites et cérémonies de la Loi de Moïse. Pourtant, les Galates ont vraiment placé leur confiance en Jésus-Christ et c’est sur cette expérience bien réelle que l’apôtre Paul s’appuie pour réfuter les mensonges perpétrés par les Judaïsants. Après avoir commencé la vie chrétienne par la foi en Jésus-Christ et l’action du Saint-Esprit dans leur vie, les Galates, qui sont d’origine païenne, cherchent maintenant à plaire à Dieu en suivant les préceptes de la Loi juive, ce qui n’a aucun sens ne serait-ce que sur le plan rationnel.

Sans parler des paroissiens des Églises institutionnelles qui n’ont rien compris à la Bonne Nouvelle, même dans les assemblées évangéliques, on trouve beaucoup de membres consacrés au Seigneur, qui se sentent obligés d’ajouter quelque chose à la foi pour plaire à Dieu, et ce qui est bizarre est que ce quelque chose varie de pays à pays et de culture à culture. Ça n’a aucun sens.

Paul commence donc par demander aux Galates: « Mais quelle mouche vous a piqués, qu’est-ce qui vous a donc pris ? » Il leur rappelle alors que ce n’est pas en obéissant à la Loi qu’ils ont reçu le Saint-Esprit et qu’ils ont expérimenté sa puissance. Paul le mentionne 3 fois parce que c’est la signature du croyant authentique. Cela dit, une conversion à Jésus-Christ reste malgré tout une expérience subjective tandis que le message de la Bonne Nouvelle est vrai et digne de foi indépendamment de mon vécu personnel. L’Évangile relève de l’absolu parce qu’il concerne l’intervention de Dieu dans les affaires humaines. C’est une Bonne Nouvelle objective qui repose sur des faits historiques. Aux Corinthiens, Paul l’explique de la manière suivante : Mes frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle vous demeurez attachés. C’est par elle que vous êtes sauvés si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ; autrement vous auriez cru en vain. Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j’avais moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures. Il est apparu à Pierre, puis aux Douze. Après cela, il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est apparu à moi, comme à celui qui suis venu après coup (1Corinthiens 15.1-8). Ce n’est pas parce que je monte dans le train qu’il m’emmène à sa destination parce que de toute façon, il y va que je monte ou pas. Pareillement, l’Évangile est vrai indépendamment de moi, que j’y crois ou pas. Mais Dieu nous invite tous à l’accepter, à placer notre foi et notre espérance en son Fils, et ainsi à recevoir la vie éternelle en montant dans le train qui est en route pour le royaume des cieux.