Chapitre 1

Introduction

Muni d’un micro, je demande à des passants au hasard dans la rue ce qu’ils connaissent des Celtes. Je n’obtiens guère de renseignements précis. Les jeunes par contre me disent : « J’aime bien leur musique ». En effet, cela fait maintenant plusieurs années qu’elle a le vent en poupe. Originaire d’Europe Centrale, le peuple celte s’est installé à différents endroits sur le pourtour du bassin méditerranéen, dans les Îles Britanniques et en Asie Mineure, la Turquie actuelle. Désorganisés, ils sont facilement conquis par Rome ce qui fait que les Gaulois, qui constituent une tribu celte, se retrouvent dans l’empire romain et sur le trajet des voyages missionnaires de l’apôtre Paul, qui par la suite leur envoie une lettre qui nous est parvenue et qui s’appelle l’épître aux Galates. Je continue à la lire dans le premier chapitre.

Verset 2

Cette lettre vous est adressée par Paul, apôtre… Avec tous les frères qui sont avec moi, je salue les Églises de la Galatie (Galates 1.2).

Aujourd’hui l’épître aux Galates est un précieux document qui est chéri par tous les croyants authentiques, c’est à dire ceux qui ont placé leur confiance en Jésus-Christ et en lui seul. Mais à l’origine, Paul adresse cette lettre spécifiquement aux chrétiens d’une région particulière située en Asie Mineure, la Turquie actuelle. La Galatie est une province très étendue qui comprend plusieurs églises. Celles qui nous sont connues sont mentionnées dans le livre des Actes des Apôtres. Il s’agit d’Antioche de Pisidie, d’Iconium, de Derbe, et de Lystre. Au cours de son premier voyage missionnaire, l’apôtre Paul évangélise ces villes et y établit des assemblées locales de croyants. C’est à l’ensemble de ces églises qu’il s’adresse. Suite à ce premier périple, Paul retourne à Antioche de Syrie, tout au nord de la Palestine où se trouvent alors ces « frères qui sont avec moi », qu’il mentionne dans l’introduction de cette lettre. Ce détail est important parce qu’il montre, d’une part, que l’apôtre ne fait pas cavalier seul, et d’autre part, que les frères qui l’entourent sont en pleine communion d’esprit avec lui et appuient tout ce qu’il va écrire. En d’autres mots, les enseignements qui vont suivre ne sont pas spécifiques à Paul mais font partie de la foi des chrétiens du 1er siècle.

Verset 3

Je continue à lire l’introduction de cette épître.

Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ (Galates 1.3).

Dans toutes les autres lettres qu’il a écrites, Paul déborde de reconnaissance et de remerciements pour ses lecteurs, mais ici, et comme je l’ai déjà dit précédemment, son introduction est brève et formelle. On pourrait presque dire qu’il n’a pas envie de plaisanter. Sa bénédiction, qui mentionne quand même « la grâce et la paix », se retrouve au début de toutes ses épîtres. Elle est une adaptation des salutations classiques à la fois greco-païenne et religieuse juive. C’est la grâce de Dieu expérimentée en Jésus-Christ qui conduit à la paix avec Dieu et à la paix intérieure, celle du cœur. Pour les chrétiens du 1er siècle, cette salutation est la façon d’exprimer l’espérance d’être soutenu par Dieu dans leur vie quotidienne.

Verset 4

Je continue.

Le Christ s’est offert lui-même en sacrifice pour expier nos péchés, afin de nous délivrer du monde présent dominé par le mal : il a ainsi accompli la volonté de Dieu, notre Père (Galates 1.4).

Paul continue sa brève salutation par une magnifique déclaration sur l’œuvre accomplie par Jésus sur la croix et sur sa puissance libératrice. Dès le début de l’épître, la mention par Paul de l’expiation des péchés par Jésus-Christ montre son souci de s’attaquer immédiatement aux Judaïsants qui enseignent que l’homme peut devenir juste devant Dieu et donc se racheter de ses péchés, en accomplissant les œuvres de la Loi.

La mort de Jésus-Christ n’est pas un accident historique mais un choix délibéré. Le Seigneur s’est offert en sacrifice de son propre gré ; il a donné sa vie sans y être contraint, mais par cet acte libre, il a aussi accompli la volonté de son Père et satisfait les exigences de la justice divine. En prenant sur lui la culpabilité des hommes pécheurs, il les a réconciliés avec Dieu. Nous ne pouvons strictement rien ajouter à l’œuvre du Christ, et celui qui s’avise à vouloir y associer quoi que ce soit de sa personne ou de ses accomplissements rend caduque à son égard l’œuvre du Christ accomplie pour lui sur la croix.

Un autre but de la mort de Jésus est de m’arracher du monde en tant que système dominé par Satan et le mal afin que je ne participe plus à ses œuvres mauvaises. Dans son épître aux Éphésiens, Paul écrit : Autrefois, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés. Vous conformiez alors votre manière de vivre à celle de ce monde et vous suiviez le chef des puissances spirituelles mauvaises, cet esprit qui agit maintenant dans les hommes rebelles à Dieu (Éphésiens 2.1-2).

Les crimes de sang qui nous émeuvent, la cupidité et la corruption qui provoquent un sourire en coin, et toutes les formes de perversion imaginables qui font les choux gras de nos quotidiens et du journal télé, c’est ça la nature humaine dominée par le péché dont le Christ nous délivre. La Bonne Nouvelle en Jésus n’est pas un exercice mental, car elle possède une valeur pratique libératrice pour l’individu, et un jour, ce sera l’ensemble de la création qui sera délivré du mal. Dans son épître aux Romains, l’apôtre Paul écrit : La création a été soumise à la vanité. Elle possède toutefois l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Romains 8.20-21).

Cette délivrance est opérée par le Christ selon la volonté de Dieu par opposition à la Loi. Paul anticipe déjà sur un des thèmes de cette épître où il va s’attaquer aux légalistes galates qui promulguent fortement l’observation des préceptes de Moïse, voulant les imposer pour mode de vie aux croyants.

Verset 5

Je continue le texte.

À Dieu soit la gloire pour l’éternité ! Amen ! (Galates 1.5).

L’apôtre Paul a de nombreuses qualités et l’une d’entre elles est qu’il ne cesse pas de louer Dieu quelles que soient ses circonstances, et pourtant elles sont souvent plutôt douloureuses. Aux dires de la psychologie humaine, ceux qui savent dire merci et trouver quelque chose de bien dans les petites choses de la vie sont plus heureux et se portent mieux que les autres. Savoir compter ses bénédictions est un art qui vaut la peine d’être appris.

En obéissant à Dieu le Père, Jésus le Fils l’a glorifié. Tous ceux qui font partie des rachetés du Seigneur le loueront aux siècles des siècles. Ce temps commence maintenant et se poursuit pendant toute l’éternité.

Ainsi se termine la salutation de l’apôtre Paul, mais en deux traits de plume, il annonce déjà les grands thèmes de son épître avec lesquels il compte exhorter les Galates à s’opposer aux Judaïsants qui veulent leur imposer d’obéir aux préceptes de la loi de Moïse. Paul possède l’autorité que lui confère la légitimité de son apostolat. Il est qualifié pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, cet héritage éternel que Jésus nous a acquis par sa mort sur la croix.

Verset 6

Je continue le texte.

Je m’étonne de la rapidité avec laquelle vous abandonnez celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour vous tourner vers un autre Évangile (Galates 1.6).

L’entrée en matière et le changement de ton ne pouvaient pas être plus brusques. Paul exprime un douloureux étonnement; il est en état de choc; il est abasourdi par la tournure inconcevable des événements : les croyants galates sont en train de retourner leur veste. Ils désertent la vérité très peu de temps après l’avoir acceptée avec pourtant beaucoup d’enthousiasme. La gravité de la situation se mesure au fait que ce n’est pas un système théologique, une doctrine ou une opinion qu’ils rejettent, mais « celui, c’est-à-dire Dieu, qui les a appelés par la grâce du Christ ». Les Galates se tournent donc vers un autre évangile, un faux celui-là, parce qu’il ajoute des accomplissements humains à la foi en Jésus-Christ. Cependant, comme il parle au temps présent, il dit que ce désastre spirituel est en train de s’accomplir, et ainsi il adoucit son reproche et exprime l’espoir que les Galates peuvent encore être ramenés à la vérité.

Ceux qui annoncent cet autre message sont des perturbateurs légalistes, des Israélites qui ont concocté un mélange diabolique de rites juifs et de christianisme. En plus de la foi en Jésus-Christ, ils enseignent que même les croyants d’origine païenne doivent obéir aux pratiques cérémonielles de la loi de Moïse, en particulier la circoncision, le respect des règles alimentaires, l’observation du sabbat et des fêtes juives.

La Bonne Nouvelle en Jésus-Christ comporte deux aspects : les faits historiques tels qu’ils se sont déroulés, et deuxièmement leur interprétation. Ce qui est arrivé à Jésus est historique et connu. Beaucoup de gens ont assisté à son exécution par les Romains, à sa mise au tombeau et à sa résurrection visible et corporelle. Aux Corinthiens, Paul écrit : Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j’avais moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures (1Corinthiens 15.3-4).

Les perturbateurs hérétiques ne mettent pas en doute la véracité de ces événements qui ne peuvent être changés et qui ont eu beaucoup de témoins. En effet, à cette époque, Jérusalem compte des milliers de pèlerins juifs venus de tous les coins de l’empire pour célébrer la Pâque. Le sujet de l’épître concerne donc plutôt l’interprétation des faits qui se sont déroulés durant ce que nous appelons la « semaine sainte ». Les Judaïsants veulent miner ces faits avec subtilité, de l’intérieur pour ainsi dire. On empoisonne rarement quelqu’un en lui administrant directement le poison, mais on dilue la dose mortelle avec une boisson ou des aliments. C’est exactement ce que les Judaïsants essaient de faire en mélangeant le faux au vrai. Leur enseignement ne s’oppose pas de front à l’Évangile annoncé par Paul, mais ils veulent le compléter. Cette hérésie consiste à dire que la foi en Jésus-Christ que Paul prêche est vraie, mais insuffisante pour obtenir le salut. Il faut aussi mettre en pratique certains éléments de la loi de Moïse. Mais cette addition de rites ou d’oeuvres humaines à la Bonne Nouvelle de la grâce est un poison et la plus ancienne des fausses doctrines issues du christianisme. D’ailleurs elle a toujours cours aujourd’hui. La Bonne Nouvelle est que Jésus seul sauve et qu’il ne faut surtout pas ajouter quoi que ce soit à la foi. Paul a dit au geôlier de Philipppe : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et les tiens (Actes 16.31).

Et Pierre a déclaré au Grand Conseil d’Israël : C’est en Jésus seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés (Actes 4.12).

Verset 7

Je continue le texte de l’épître de Paul aux Galates.

Comme s’il pouvait y avoir un autre évangile ! Non, il n’en existe pas d’autre, mais il y a des gens qui sèment le trouble parmi vous et qui veulent renverser l’Évangile du Christ (Galates 1.7).

Le verbe « renverser » est la traduction d’un mot grec dont le sens est très fort. Il est utilisé pour exprimer la transformation du soleil en ténèbres quand Dieu jugera la terre et pour un renversement complet d’humeur allant des rires aux pleurs (Actes 2.20 ; Jacques 4.9). En somme, Paul écrit que les hérétiques juifs ont inversé le message de l’Évangile pour lui faire dire son contraire ; c’est donc un autre évangile, un évangile trompeur inventé pour troubler les Galates. Paul écrit aux Corinthiens : Si quelqu’un vient vous annoncer un autre Jésus que celui que nous avons prêché, vous le supportez fort bien ! Vous supportez bien, aussi, de recevoir un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez accepté (2 Corinthiens 11.4).

Verset 8

Je continue.

Eh bien, si quelqu’un, même nous, même un ange du ciel, vous annonçait un message différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit maudit ! (Galates 1.8).

Le mot hébreu traduit par « maudit » signifie « voué à l’Éternel pour être jugé ». Afin de bien montrer que le véritable Évangile ne peut pas être altéré, Paul fait état d’un premier cas hypothétique. Si l’un des apôtres du Christ, lui inclus, ou un être céleste, des situations quasi impossibles, bref, si qui que ce soit vient et présente un message différent de l’Évangile que Paul leur a prêché, que ce perturbateur de malheur soit jeté dans le feu éternel. Paul ne mâche pas ses mots, c’est le moins qu’on puisse dire. En fait il est extrêmement violent dans ses propos, car afin de bien souligner son indignation, il retourne l’imprécation contre lui-même. l’apôtre n’a pas peur de se montrer brutal dans sa défense de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ au risque de choquer les âmes sensibles.

Nous vivons une époque ou les faux prophètes abondent, que ce soient ceux de religions venues d’ailleurs ou de sectes issues du christianisme. Cette situation, cet état de choses est très déroutant pour le commun des mortels qui cherche la vérité mais il n’est pas surprenant. En effet, l’apôtre Paul a prévenu les Corinthiens qu’il en serait ainsi quand il leur a écrit : Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers malhonnêtes déguisés en apôtres du Christ. Cela n’a rien d’étonnant : Satan lui-même ne se déguise-t-il pas en ange de lumière ? Il n’est donc pas surprenant que ses agents aussi se déguisent en serviteurs de ce qui est juste. Mais ils auront la fin que méritent leurs œuvres (2Corinthiens 11.13-15).

Verset 9

Je continue le texte.

Je l’ai déjà dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous prêche un autre message que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! (Galates 1.9).

Paul semble se répéter et c’est ce qu’il fait tellement il est indigné. Quand avec Barnabas, il a annoncé la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ aux Galates, il les a aussi mis en garde contre les faux prophètes. Comme champion zélé pour la pureté de l’Évangile, il ne fait que leur rappeler ce qu’il leur a déjà dit : « Maudit soit quiconque leur annonce un message différent ». Paul réagit fortement parce que les Judaïsants diluent l’œuvre du Christ accomplie sur la croix. En effet, si des œuvres sont nécessaires pour obtenir la vie éternelle, cela veut dire que la mort de Jésus en tant que sacrifice pour les péchés est insuffisante. L’enjeu est considérable, car pour ceux qui entendent un message corrompu, la voie du salut est incertaine ; en fait elle est impossible. Ils courent donc le danger d’être perdus pour l’éternité. Pour être sauvé, il faut être convaincu que le véritable Évangile exclut absolument le moindre accomplissement humain. Aux Romains, Paul écrit : Celui qui n’accomplit pas d’œuvre mais qui place sa confiance en Dieu qui déclare justes les pécheurs, Dieu le déclare juste en portant sa foi à son crédit (Romains 4.5).

Ce n’est pas en améliorant sa conduite qu’on devient chrétien. Les seules personnes dignes d’être sauvées, si on peut dire, sont celles qui se reconnaissent impies. Jésus a déclaré : Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs (Matthieu 9.13). Il a dit cela parce qu’il n’existe aucun juste, pas même un seul. Aux yeux de Dieu, toute justice humaine ressemble à des haillons souillés. La loi ne fait que condamner et me convainc de ma profonde indignité devant Dieu afin que j’accepte sa grâce. Aux Romains, Paul écrit : Or, nous le savons, ce que l’Écriture dit dans la Loi, elle l’adresse à ceux qui vivent sous le régime de la Loi. Il en est ainsi pour que personne n’ait rien à répliquer et que le monde entier soit reconnu coupable devant Dieu (Romains 3.19).

Le vrai problème n’est pas que les gens ne sont pas assez bons pour être sauvés, mais le contraire. Ils ne se considèrent pas suffisamment mauvais pour avoir besoin du Sauveur. Parce que c’est trop humiliant, ils refusent de croire qu’à cause de leurs fautes ils sont perdus et que Jésus a dû mourir sur la croix pour les racheter.

Pour parler comme Paul le fait aux Galates, il faut non seulement avoir une conviction profonde de l’origine divine du christianisme, mais aussi la certitude de l’avoir reçu par une révélation personnelle, et d’avoir été élevé au-dessus de toute erreur dans l’exposition qu’on en fait. Seul un docteur infaillible peut tenir un tel langage, aussi l’apôtre se rend bien compte qu’il prend dans l’Église de Dieu une position qu’il doit justifier, et c’est ce qu’il va faire.

Verset 10

Je continue le texte.

Qu’en pensez-vous maintenant ? Est-ce la faveur des hommes que je recherche ou celle de Dieu ? Mon désir est-il de plaire aux hommes ? Si je cherchais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ (Galates 1.10).

Les adversaires de Paul prétendent qu’en annonçant un salut qui n’implique pas le respect de la Loi, l’apôtre fait des compromis en cherchant à se concilier la faveur des païens, mais le ton rude de sa lettre ne va pas lui gagner leurs bonnes grâces. Les terribles paroles qu’il a précédemment prononcées sont propre à rendre furieux toute personne qui n’est pas soumise à Jésus-Christ, ce qui prouve sans l’ombre d’un doute que tout, dans le ministère et la prédication de l’apôtre Paul, vient de Dieu et que lui-même se situe aux antipodes de vouloir plaire aux hommes et de rechercher leur faveur, comme on le lui reproche. Ce qui est en jeu n’est pas une question de fierté personnelle, mais la vérité de la Bonne Nouvelle et la vraie nature du salut. Ceux qui cherchent à être bien vus ne prononcent pas des malédictions et des imprécations. Si Paul voulait recevoir l’hommage des hommes, il serait resté un pharisien zélé et un promoteur de la Loi et ne serait pas entré au service du Christ comme son esclave. Par sa vie et son ministère, l’apôtre prouve qu’il veut avant tout obéir à son Seigneur. Aux Thessaloniciens il l’explique ainsi : Notre prédication ne repose pas sur l’erreur, elle ne s’inspire pas de motifs impurs, elle n’a pas recours à la ruse. Non, c’est parce que Dieu nous a jugés dignes d’être chargés de la proclamation de l’Évangile que nous l’annonçons, non pour plaire aux hommes mais à Dieu qui juge nos cœurs (1Thessaloniciens 2.3-4).

Nous avons tous une conscience du bien et du mal, même si elle peut-être considérablement déréglée par l’éducation ou les circonstances. Par nature, l’homme est orgueilleux et légaliste. Il se croit bien et n’a pas besoin d’un sauveur, seulement de quelques retouches ici et là sans plus. Les personnes religieuses et même les autres essaient d’arriver à un certain équilibre entre leurs bonnes et mauvaises actions, espérant que s’il y a un Grand Jugement, la balance penchera en leur faveur. Mais l’Évangile de Jésus-Christ est à l’opposé à cette vision du monde et il ne fait pas bon à l’entendre, car il commence par une très mauvaise nouvelle : tout être humain est coupable et irrémédiablement perdu devant Dieu et il ne peut strictement rien faire pour changer sa situation. La seule solution pour lui est d’être gracié.

Si un dimanche vous entrez dans une église pour écouter le sermon du jour, il y a de fortes chances que vous entendrez le prédicateur du haut de la chaire encourager les paroissiens à vivre selon des normes chrétiennes et à s’engager pour le Christ, que ce soit avec leur temps, leur argent ou en se consacrant davantage. Par contre, il est très rare d’entendre des paroles blessantes, car ça ne se fait pas et puis si le pasteur froisse les brebis, elles ne reviendront plus l’écouter, il n’y aura plus d’argent dans la caisse et lui perdra son emploi. Alors pour éviter ce genre de déboires, il ne mentionnera pas aux fidèles qu’ils sont véreux, des pécheurs invétérés coupables et perdus devant un Dieu trois fois saint qui va les vouer à l’enfer à moins qu’ils ne fassent personnellement confiance à Jésus-Christ pour les sauver. En fait et malheureusement, il se peut aussi que le prêcheur lui-même ignore le baba de l’Évangile, ce qui en soi est une catastrophe.

Ce que Jésus veut est que je me donne totalement à lui, corps et âme, et que je le laisse vivre au travers de moi. Mais au risque de me répéter, je dois d’abord reconnaître ma culpabilité devant Dieu et accepter le Christ comme mon unique sauveur. Dans son épître aux Romains, Paul écrit : Le salaire que verse le péché, c’est la mort, mais le don gratuit que Dieu accorde, c’est la vie éternelle dans l’union avec Jésus-Christ notre Seigneur (Romains 6.23).

Le choix devant tout être humain est crucial car Dieu dit : J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives (Deutéronome 30.19).