Chapitre 1

Introduction

Un jour, je suis allé à une réunion d’église habituelle et planifiée, mais je me suis retrouvé devant un tribunal. Je n’avais rien vu venir et j’ai été obligé de me défendre contre des accusations tout à fait injustes qui émanaient de quelqu’un qui était jaloux de moi et plus particulièrement des résultats de mon ministère. Je sais bien que ça fait partie de la vie de tous ceux qui essaient d’accomplir quelque chose, mais c’est dur quand même, surtout quand il s’agit de médisances fourbes et indirectes.

La vie de l’apôtre Paul est un peu comme la traversée d’un champ de mines; il est confronté a toutes sortes de pièges que lui tendent ses adversaires. Les accusations sans fondement et la prison font partie de son train-train presque quotidien. Il écrit aux églises d’une région située aujourd’hui en Turquie pour se défendre contre des hérétiques qui sèment la zizanie parmi les croyants qu’il a gagnés à Jésus-Christ lors de son premier voyage missionnaire en compagnie de Barnabas. Je continue à lire dans le 1er chapitre du livre des Galates.

Verset 11

Je veux que vous le sachiez, frères : l’Évangile que je vous ai annoncé n’est pas le fruit d’une pensée humaine (Galates 1.11).

Les perturbateurs judaïsants s’opposent à la fois au message prêché par Paul et son autorité de prédicateur de l’Évangile. Son apostolat se prête assez facilement à une attaque en règle parce qu’il ne fait pas partie des 12 choisis par Jésus ; c’est un nouveau venu. Paul va donc s’évertuer à étayer l’authenticité de sa vocation et prouver qu’il n’est pas un imposteur qui s’autoproclame serviteur du Seigneur.

Sa première ligne de défense est de déclarer que sa prédication n’est ni de son invention ni une conception humaine, ce qui sous-entend qu’elle lui a été confiée par Dieu. Toutes les religions, y compris les pratiques très légalistes des Judaïsants, mettent l’accent sur les rites et sur le mérite de l’homme qui doit accomplir des bonnes œuvres pour obtenir le salut, ce qui n’est absolument pas le contenu du message de Paul.

Verset 12

Je continue.

Car je ne l’ai reçu d’aucun homme, personne ne me l’a enseigné ; c’est Jésus-Christ lui-même qui me l’a fait connaître, par une révélation (Galates 1.12).

Paul connaissait l’histoire de Jésus-Christ telle qu’elle est rapportée par les Évangiles. Il avait entendu prêcher Étienne avant qu’il ne soit exécuté et il avait eu des contacts avec certains chrétiens. Mais ce qui constitue le cœur de la théologie chrétienne, c’est-à-dire la connaissance du Christ ressuscité et le message du salut par la foi, n’ont pas été transmis à Paul par un maître ou sur les bancs d’une école, ou par imposition des mains ou au cours d’une cérémonie pompeuse, comme cela se faisait alors et se fait encore.

Paul a reçu une révélation personnelle. C’est à l’apparition du Sauveur à Saul de Tarse sur le chemin de Damas que remontent sa conversion, sa mission apostolique, ainsi que le contenu tout entier de son enseignement et de sa prédication. En se montrant dans sa gloire à Saul de Tarse qui le persécutait, Jésus l’a convaincu de son erreur et de la fausseté du système juif pharisaïque dont il était l’ardent défenseur. L’apparition du Christ à Saul de Tarse le jeta dans une crise morale qui tua son vieil homme et le fit naître à un nouvel homme. Saul est alors complètement transformé et devient le grand apôtre Paul qui enseigne l’impuissance de la Loi pour sauver l’homme, la gratuité du salut par pure grâce, la fin de l’économie mosaïque remplacée par le salut messianique, la divinité du Messie et la destination universelle de son œuvre sur la croix.

Après cette grande et première révélation, tout au long de son ministère, le Seigneur accorde à Paul, d’autres révélations, des visions prophétiques et la direction surnaturelle du Saint-Esprit. Ces communications exceptionnelles sont pour l’apôtre une abondante compensation pour ne pas avoir été, comme les autres apôtres, témoin de la vie terrestre de son Maître. Le cas de Paul qui a reçu sa mission et sa doctrine directement par des révélations de Jésus-Christ est tout à fait exceptionnel, ce qui fait que nul n’a le droit de tenir son langage. Il s’en suit qu’il faut sans cesse ramener tout enseignement humain et même la doctrine de l’Église, à la pierre de touche, seule infaillible, des écrits apostoliques.

Plus loin, Paul précise que son message ne lui vient pas d’un autre apôtre comme Pierre, Jacques ou Jean, mais qu’il le tient de Jésus-Christ lui-même, la plus grande autorité qui soit. L’Évangile lui ayant été miraculeusement révélé, comment les Galates osent-ils mettre son autorité en doute et se détourner si promptement de la vérité divine révélée ?

Versets 13-14

Je continue.

Vous avez entendu parler de ma conduite passée à l’époque où je militais dans le judaïsme. Vous savez avec quel fanatisme je persécutais l’Église de Dieu, dans le but de la détruire. Dans la pratique du judaïsme, j’allais plus loin que la plupart des Juifs de ma génération, et j’étais bien plus zélé qu’eux pour les traditions que j’avais reçues de mes ancêtres (Galates 1.13-14).

La religion de Paul était le judaïsme. Il appartenait au parti religieux des pharisiens dont la piété se caractérise par une très grande rigueur, car ils cherchent à vivre dans un état constant de pureté rituelle, la même que celle exigée des prêtres qui servent au Temple. En plus de la loi écrite de Moïse, les pharisiens respectent aussi une longue liste de préceptes oraux appelée « la tradition des Anciens ».

Paul passait une bonne partie de son temps à l’étude des livres de l’Ancien Testament et surtout des textes rabbiniques. Il est donc plus versé dans la religion juive que les Judaïsants eux-mêmes. En décrivant son parcours, Paul ne laisse aucun doute sur le fait que ses seuls contacts avec l’Église naissante sont ceux d’un persécuteur fanatique assoiffé de sang (Actes 26.9-11). Voilà qui était Paul avant sa conversion. Or, il n’a pas été sauvé par le judaïsme, mais en sortant de cette religion hyper légaliste.

En rappelant ces circonstances notoires de sa vie, c’est à dire sa conversion brusque et son appel à l’apostolat sans aucune intervention humaine, Paul veut prouver encore qu’il a reçu son évangile directement de Jésus-Christ.

Verset 15

Je continue.

Mais Dieu m’avait mis à part dès avant ma naissance et, dans sa grâce, il m’a appelé à le connaître (Galates 1.15).

Le contraste avec ce qui précède ne pourrait pas être plus frappant. Dans sa souveraineté, Dieu avait choisi Paul avant qu’il ne naisse, c’est-à-dire sans aucun mérite de sa part, et sans égard possible à ses œuvres, pour qu’il devienne apôtre, et toute sa vie a été une préparation en vue de son ministère de proclamer la Bonne Nouvelle.

En second lieu, le texte fait état de la grâce qui est la seule raison pour laquelle Dieu l’a appelé. C’est une référence à sa conversion à Jésus-Christ suite à la vision qu’il a eue de lui sur le chemin de Damas. Ce témoignage de Paul si fortement personnel, et cette confession de tout ce qu’il doit à la grâce seule, est une puissante apologie en faveur du caractère gratuit et décisif de la grâce salvatrice de Dieu en Jésus-Christ. Dans son épître aux Romains, Paul décrit les étapes de l’œuvre salvatrice de Dieu de la façon suivante : Et ceux qu’il a prédestinés, Dieu les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés (Romains 8.30).

Verset 16

Je continue le texte.

Aussi, dès qu’il lui a plu de me révéler son Fils pour que je l’annonce aux non-Juifs, je n’ai consulté personne (Galates 1.16).

En troisième lieu, il a plu à Dieu de révéler son fils Jésus-Christ à Paul, probablement dans une seconde vision. C’est de cette manière qu’il a appris la signification profonde de la personne et du message du Sauveur et qu’il a reçu son ordre d’annoncer l’Évangile aux païens, ce qu’il a fait immédiatement et sans consulter les apôtres officiels. Cette mission auprès des non-Juifs est unique en son genre car les premiers chrétiens étaient d’origine juive et ce n’est qu’en rechignant qu’ils acceptaient d’annoncer l’Évangile aux païens.

Paul est un homme exceptionnellement brillant, un spécialiste de la Loi, de la tradition des Anciens et de la philosophie grecque. Mais sa transformation de persécuteur à prédicateur, sa conversion et son apostolat n’ont rien à voir avec l’homme car ils viennent de Dieu.

Verset 17

Je continue.

Je ne me suis même pas rendu à Jérusalem pour rencontrer ceux qui étaient déjà apôtres avant moi, mais je suis parti pour l’Arabie. De là, je suis retourné à Damas (Galates 1.17).

L’Arabie est le nom romain de la région qui aujourd’hui correspond en gros à la péninsule du Sinaï à l’est de l’Égypte et qui inclut la Jordanie. Paul s’y est rendu pour y faire une retraite personnelle, pour se retirer du monde et être seul avec le Seigneur pour méditer. Il a certainement relu tous les passages de l’Ancien Testament qui prophétisent la venue du Messie. Le fruit de ses recherches et des révélations qu’il a reçues directement de Jésus-Christ nous est donné dans l’Épître aux Romains. Même après sa conversion à Jésus-Christ, Paul n’a pas été soumis à une quelconque influence humaine au niveau de la doctrine chrétienne.

Versets 18-20

Je continue.

Ce n’est que trois ans plus tard que je suis allé à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, chez qui je suis resté quinze jours. À part lui et Jacques, le frère du Seigneur, je n’ai rencontré aucun apôtre. — Dieu m’est témoin que je ne mens pas en vous écrivant cela (Galates 1.18-20).

Paul veut dire : « J’ai rendu visite à Pierre ; j’ai, incidemment, rencontré Jacques, mais aucun autre personnage important. »

Tout nombre d’années inclut la fin de la première et le début de la dernière comme années pleines. Ainsi, 3 ans peuvent seulement être quelques jours + un an + quelques jours. En prêtant serment, Paul certifie que quand il dit qu’il a attendu 3 ans avant d’aller voir Pierre, c’est la vérité. Cette visite à Jérusalem est décrite dans le livre des Actes. Je lis le passage : À son arrivée à Jérusalem, il essaya de se joindre aux disciples. Mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas qu’il fût vraiment devenu un disciple. Barnabas le prit avec lui, le conduisit auprès des apôtres et leur raconta comment, sur le chemin de Damas, Saul avait vu le Seigneur, comment le Seigneur lui avait parlé et avec quel courage il avait prêché à Damas au nom de Jésus. Dès lors, il se joignit à eux, allant et venant avec eux à Jérusalem, et parlant ouvertement au nom du Seigneur. Il avait aussi beaucoup d’entretiens et de discussions avec les Juifs de culture grecque ; mais ceux-là aussi cherchèrent à le faire mourir (Actes 9.26-29).

Paul n’est pas allé à Jérusalem pour être encouragé dans son ministère ou instruit dans la foi par les apôtres. Cette première visite de courtoisie fut de courte durée, parce que Paul s’y est rapidement fait des ennemis parmi les Juifs et les Grecs. Tous veulent lui faire la peau ce qui fait qu’il a dû s’enfuir au plus vite. Ce type d’incident fait dorénavant partie de son quotidien.

Versets 21-22

Je continue le texte.

Ensuite je me suis rendu dans les districts de la Syrie et de la Cilicie. Mais les chrétiens des Églises de la Judée ne me connaissaient pas personnellement (Galates 1.21-22).

La province de la Cilicie se trouve dans ce qui est aujourd’hui le Centre-Sud de la Turquie, en bordure du golfe d’Alexandrette. Tarse, sa capitale est la ville natale de Paul. Après avoir quitté Jérusalem, il s’est rendu dans ces deux districts où il demeura plusieurs années pour y annoncer l’Évangile. C’est ce qui explique pourquoi on ne le connaît pas en Judée où se trouve alors la majorité des chrétiens. Paul n’est donc pas mandaté par les apôtres que Jésus avait choisis, et de toute manière, en raison de la distance, il n’aurait pas pu être sous leur autorité.

Comme Dieu l’a choisi pour annoncer la Bonne Nouvelle dans tout l’Empire romain et même au-delà, il ne faut pas qu’il ait un fil à la patte. Paul doit pouvoir organiser son ministère sans être sous l’égide de Jérusalem. Voilà pourquoi il a reçu la connaissance du Christ directement du ciel, indépendamment des autres apôtres, qui eux ont passé 3 ans en compagnie du Seigneur et l’ont vu après sa résurrection. Mais avec un tel arrière-plan, on peut se demander si Paul prêche le même Évangile que les autres apôtres. Cette question n’est pas purement académique, elle est très importante et mérite d’être posée. Mais justement, cette question pourtant légitime a aussi été la petite ouverture que les judaïsants ont utilisés pour s’y engouffrer et tenter de saper le ministère de l’apôtre. Paul aura fort à faire pour lutter contre leurs actions destructrices qui se manifesteront régulièrement dans les églises qu’il implantera. Mais au final, la vérité triomphera comme Jésus l’avait promis quand il a dit : Sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle (Matthieu 16.18).

On distingue 3 périodes dans la vie du grand apôtre né Saul de Tarse. Tout d’abord, il est devenu un pharisien orgueilleux qui croit tout savoir. Doté d’une très grande intelligence, il est particulièrement versé dans la religion juive et la philosophie grecque. Beaucoup de biographes pensent que le monde aurait entendu parler de Saul de Tarse même s’il ne s’était pas converti au christianisme et n’était pas devenu le grand apôtre Paul. Homme violent, il nourrit une haine farouche et féroce contre le Christ et l’Église naissante et fait tout en son pouvoir afin de la détruire.

La deuxième période de la vie de Saul de Tarse a commencé alors qu’il est en route pour Damas afin d’y persécuter les chrétiens. Je lis le passage : Saul, qui ne pensait qu’à menacer et à tuer les disciples du Seigneur, se rendit chez le grand-prêtre et lui demanda des lettres de recommandation pour les synagogues de Damas. Ces lettres l’autorisaient, s’il trouvait là-bas des hommes ou des femmes qui suivaient la voie du Seigneur, à les arrêter et à les amener à Jérusalem. Il se dirigeait donc vers Damas et approchait déjà de cette ville quand, soudain, il fut environné d’une lumière éclatante qui venait du ciel. Il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait : — Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? — Qui es-tu, Seigneur ? demanda-t-il. La voix reprit : — Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et là on te dira ce que tu dois faire (Actes 9.1-6).

Après avoir ainsi rencontré le Christ, Paul a passé quelque temps en Arabie pour méditer sur ce qui lui est arrivé puis est allé 15 jours à Jérusalem pour y rencontrer Pierre et enfin il s’est rendu dans sa région d’origine pour y annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Mais malgré sa grande intelligence et son érudition incomparable, Paul est un homme simple, soumis aux limitations, aux tentations et aux contradictions propres à la nature humaine.

Le début de sa vie chrétienne est difficile ; ce n’est pas tant le fait que les Juifs cherchent constamment à l’assassiner qui le trouble, mais bien plutôt comment marcher par la puissance du Saint-Esprit et non en s’appuyant sur ses capacités naturelles. C’est probablement à cette époque qu’il a vécu cette expérience pénible qu’il décrit dans son épître aux Romains. Je lis le passage en le compressant : Nous savons que la Loi a été inspirée par l’Esprit de Dieu, mais moi, je suis comme un homme livré à lui-même, vendu comme esclave au péché. En effet, je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux, et c’est ce que je déteste que je fais. Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, je le commets. Si donc je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais mais c’est le péché qui habite en moi. Lorsque je veux faire le bien, je découvre cette loi : c’est le mal qui est à ma portée. Dans mon être intérieur, je prends plaisir à la Loi de Dieu. Mais je vois bien qu’une autre loi est à l’œuvre dans tout mon être : elle combat la Loi qu’approuve ma raison et elle fait de moi le prisonnier de la loi du péché qui agit dans mes membres. Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps voué à la mort ? Dieu soit loué : c’est par Jésus-Christ notre Seigneur. En résumé : moi-même, je suis, par la raison, au service de la Loi de Dieu, mais je suis, dans ce que je vis concrètement, esclave de la loi du péché (Romains 7.14-25).

La troisième période de la vie de Paul est celle où dans sa vie personnelle il est en quasi parfaite harmonie avec Dieu par le Saint-Esprit. C’est aussi durant cette époque qu’il est particulièrement béni dans son ministère et qu’il accomplit sans doute davantage pour le royaume de Dieu que n’importe quel autre homme dans l’histoire de l’humanité. Il effectue au moins trois voyages missionnaires profitant des fameuses voies romaines que les Césars ont construites à des fins militaires dans le but de déplacer rapidement leurs légions.

Partout où il va, Paul annonce la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, implante de nouvelles églises, règle les problèmes qui ne manquent jamais de surgir soit en allant sur place, soit par écrit. C’est ainsi que nous avons toutes ses épîtres qui constituent près de la moitié du Nouveau Testament. Nous aimerions en savoir plus sur cet homme extraordinaire, mais il ne se livre que très peu. Pourtant, il aime vraiment les gens et est toujours prêt à tous les sacrifices pour le bien-être des autres.

Il est probable qu’il a été marié car c’était une obligation pour appartenir au Sanhédrin, la Haute Cour de Justice juive. Comme sa femme n’apparaît nulle part, il y a de fortes chances que Paul est veuf quand il est appelé par le Seigneur à le servir. On sait par contre qu’il a au moins une sœur. En effet, alors qu’il est en prison, son neveu vient lui rendre visite pour lui dire qu’on veut lui faire la peau. C’est la seule fois dans le Nouveau Testament où des membres de la famille de Paul sont mentionnés. Je lis le passage : Mais le fils de la sœur de Paul entendit parler du guet-apens. Il se rendit à la citadelle, y entra, et prévint Paul de ce qui se tramait (Actes 23.16).

Versets 23-24

Je finis de lire le 1er chapitre de l’Épître aux Galates.

Les chrétiens des Églises de la Judée ne me connaissaient pas personnellement. Elles avaient seulement entendu dire : “ Celui qui, autrefois, nous persécutait, prêche maintenant la foi qu’il voulait détruire. ” Et ils louaient Dieu à mon sujet (Galates 1.23-24).

En racontant tous ces événements, Paul n’a pas d’autre but que de montrer combien sa vocation à l’apostolat, et les premières années de son ministère, sont indépendantes de toute influence humaine, même des autres apôtres. Le Seigneur seul a tout opéré en lui et par lui. C’est de lui qu’il tient l’autorité de sa mission, et qu’il l’oppose aux prétentions des Judaïsants.

Le fait que Paul dise que les croyants de Judée, juifs pour l’immense majorité, louent Dieu à cause de lui est un coup de griffe et une gifle bien assénés aux faux frères judaïsants qui sèment la zizanie parmi les Galates. En tant que chrétien, Paul n’a passé que 15 jours à Jérusalem où il a rencontré les apôtres Pierre et Jacques. Comme il n’y est pas revenu pendant des années, les croyants de Judée ne le connaissent pas. Cependant, sa conversion a fait grand bruit. Sa volte-face spectaculaire de persécuteur à prédicateur s’est répandue comme une traînée de poudre dans toutes les églises.

Paul annonce l’Évangile avec passion. D’après plusieurs passages, il est quasi certain que c’est un orateur hors pair aussi bien quand il a affaire à des religieux qu’à des philosophes grecs. Sa connaissance parfaite du judaïsme et du monde païen, liée à ses talents de rhétorique, lui permettent de démonter n’importe quel argument qui se dresse contre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Paul n’enseigne évidemment plus, comme quand il était pharisien, l’obligation de se faire circoncire et de mettre en pratique toute la loi de Moïse, y compris les rites complexes qui n’en finissent jamais. Le fer de lance de son message, qu’il explique en détail dans son Épître aux Romains, est la justification par la foi. Comme je l’ai déjà dit, cette doctrine fut aussi la pierre angulaire du mouvement de la Réforme, qui donna naissance au protestantisme. Mais ce qui est important n’est pas le courant religieux auquel on se rattache, preuve en est l’aberration qu’un jour j’ai entendu de la bouche de Lionel Jospin qui a dit qu’il était un protestant athée. Dans la réalité, la seule chose qui compte est d’accepter Jésus comme son Sauveur.