Les émissions

24 mai 2024

Galates 1.1

Chapitre 1

Introduction

Quand on apprend l’Histoire de France, on commence par nos ancêtres les Gaulois qui sont d’origine celte. Et puis, un certain Vercingétorix a été battu à Alésia par Jules César qui l’a fait emprisonner et il est mort dans une geôle romaine. Selon la petite histoire, après sa victoire, le futur empereur romain aurait fait la remarque suivante concernant les vaincus : La faiblesse des Gaulois est qu’ils sont inconstants dans leurs voies ; ils aiment trop le changement et on ne peut leur faire confiance. Ce n’est pas très élogieux, c’est le moins qu’on puisse dire. Un écrivain de l’époque décrit les Gaulois comme francs, impétueux, impressionnables, intelligents, attachés aux apparences, et extrêmement inconstants à cause de leur grande vanité. On croirait entendre une description des Français par un étranger résidant à Paris.

À l’école, on nous bourre le crâne de toutes sortes d’événements qui ne m’ont pas vraiment marqué et qui se passent au fil de dates qu’il faut apprendre par cœur pour les interrogations écrites ; ça, je m’en souviens. Et puis, on arrive à la révolution de 1789 et je me rappelle de Louis XVI et de la reine Antoinette, mais surtout du drôle de chapeau rouge que les révolutionnaires portaient sur la tête. J’en ai d’ailleurs un quelque part et je me suis longtemps demandé pourquoi ils ont choisi le bonnet phrygien comme symbole. Et puis un jour, j’ai trouvé la réponse : en 279 avant Jésus-Christ, les Gaulois qui cherchaient toujours à se battre allèrent en Grèce et conquirent la ville de Delphes située à 10 km du golfe de Corinthe sur la montagne du Parnasse. Comme de la Grèce à l’ancienne Asie Mineure, la Turquie actuelle, il n’y a qu’un saut de puce, les Gaulois ont trouvé le moyen de s’y rendre de la manière suivante.

Vers l’an 230, au nord-ouest de l’Asie Mineure au bord de la mer Noire se trouve un petit pays sur lequel règne le roi Nicomède 1er,, mais comme il est embourbé dans une guerre civile, il demande l’aide des Gaulois qui sont ravis de venir lui prêter main-forte. Mais une fois sur place, le pays et le climat leur plaît et ils aiment beaucoup la végétation luxuriante. Alors, ils émigrent en masse et finalement descendent jusqu’au centre de l’Asie Mineure en territoire phrygien, au sud-est de l’actuelle ville d’Ankara dont ils font leur capitale. En l’an 25 av. J-C, l’empereur Auguste crée la province de la Galatie dont le vaste territoire occupe plus des trois quarts de la Turquie allant de la mer Noire à la Méditerranée et qui inclut bien sûr le territoire phrygien ; le bout nord-ouest qui reste est la province romaine de l’Asie. Au final, c’est à cause de la présence des Gaulois que cette région centrale de l’Asie Mineure prend le nom de Galatie. Or, dans le Nouveau Testament, une épître est spécifiquement adressée aux Galates, aux chrétiens qui habitent cette province romaine au premier siècle de notre ère. À l’occasion de ses trois voyages missionnaires, l’apôtre Paul a chaque fois traversé cette région qu’il a tout d’abord évangélisée, et ensuite revisitée. Le livre des Actes des Apôtres atteste trois voyages de Paul en Galatie. Au sujet du premier voyage, on lit : Après avoir annoncé la Bonne Nouvelle à Derbe et y avoir fait de nombreux disciples, Paul et Barnabas retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Au sujet du second, on lit : Paul et Silas traversèrent la Galatie phrygienne parce que le Saint-Esprit les avait empêchés d’annoncer la Parole dans la province d’Asie. Enfin, concernant le troisième voyage, on lit : Après avoir passé un certain temps à Antioche de Syrie, Paul repartit et parcourut de lieu en lieu la région galate de la Phrygie, en affermissant tous les disciples dans la foi (Actes 14.21 ; 16.6 ; 18.23).

Suite à son premier voyage missionnaire et donc à sa première visite en Galatie, après y avoir fondé les églises, Paul est retourné à Antioche de Syrie au nord de la Palestine pour faire un rapport de sa campagne d’évangélisation. Mais entre-temps, de faux enseignants issus du Judaïsme s’introduisent dans les églises de la Galatie et y sèment la zizanie spirituelle. Ces perturbateurs font prévaloir leur autorité en s’appuyant sur leurs racines juives. Ils sont étrangers aux communautés galates et forment un groupe distinct de pseudo croyants venu de Judée. Ces faux ouvriers acceptent bien que les païens peuvent devenir chrétiens, mais, d’une part, ils rejettent l’autorité apostolique de Paul, et d’autre part, ils affirment aussi que pour être sauvé et recevoir la vie éternelle, il faut obligatoirement se faire circoncire, respecter certaines fêtes, les règles alimentaires juives et d’une façon générale se soumettre à la loi de Moïse parce qu’elle est essentielle au salut. Apprenant qu’une grave menace pèse sur les chrétiens Galates, Paul réagit vigoureusement avec cette lettre qu’il écrit dans l’année 48 de notre ère et qu’il adresse aux églises situées au sud de la province de la Galatie dans les villes d’Antioche de Pisidie, d’Icone, de Lystre et de Derbe. Dans cette épître, Paul est obligé de défendre, ce qu’il fait avec une grande éloquence, à la fois son apostolat et son message qui lui ont tous deux été donnés par le Christ ressuscité au travers de révélations personnelles. Il faut dire qu’il tente de remédier à une situation spirituelle désastreuse provoquée par de faux enseignants qui, comme je l’ai dit, ont réussi à convaincre les jeunes croyants de se soumettre aux pratiques légalistes de la loi mosaïque. Ces Judaïsants présentent leur enseignement sous une forme attrayante en le définissant comme étant une perfection philosophique et religieuse ce qui fait que leurs idées sont bien reçues et même bien implantées. Les Galates ont mordu à l’hameçon, car quel chrétien sérieux ne désire pas aller jusqu’au bout de son engagement pour le Christ ? C’est pourquoi dans l’introduction de la section centrale de la lettre, Paul définit cet enjeu en disant : Manquez-vous à ce point d’intelligence spirituelle ? Après avoir commencé par l’Esprit de Dieu, est-ce en comptant sur vos propres ressources que vous allez parvenir à la perfection ? (Galates 3.3).

Paul attaque donc ces perturbateurs diaboliques en leur portant des accusations d’une extrême gravité, mais sans jamais les identifier avec précision. De plus, il évite tout dialogue avec eux et ne s’adresse qu’aux chrétiens Galates, les exhortant à rester attachés au principe de la grâce.

Cette Épître aux Galates, au demeurant très courte, est des plus remarquable et extrêmement importante. En effet, alors que l’épître aux Romains enseigne la Bonne Nouvelle de la justification par la foi seule, de manière systématique et logique, dans l’épître aux Galates, Paul communique ce même Évangile avec ardeur et passion à des églises sur le point d’abandonner la foi. Dans son Introduction à l’épître aux Galates, Martin Luther écrit : « Paul veut affermir l’enseignement de la foi, de la grâce, de la rémission des péchés, c’est-à-dire de la justice chrétienne …  pour que nous connaissions parfaitement la différence qu’il y a entre la justice chrétienne et toutes les autres justices. » (Œuvres de Martin Luther, Tome XV, 1969, page 21 ; Labor & Fides.) À ceux qui admettent ou exigent les œuvres de l’homme comme contribution au salut, Paul oppose la gratuité de l’initiative divine qui s’est manifestée en Jésus-Christ, ainsi que la plénitude et la suffisance de la croix. Paul défend aussi la suffisance de la foi sans les œuvres d’aucune loi, comme la seule réponse appropriée de l’homme à la croix.

Cette épître très polémique contient une déclaration claire et solennelle que le salut ne peut s’obtenir que par la foi en Jésus-Christ et non par les œuvres, et que le chrétien est libre de toute forme de légalisme. Cette affirmation est tout aussi pertinente aujourd’hui qu’elle l’était lorsqu’elle fut écrite de la main de Paul. Il ne fait aucun doute que cette lettre eut un impact considérable sur l’Église primitive, car juste à ce moment s’effectuait la séparation entre le judaïsme et le christianisme et l’enseignement de Paul aida à clarifier la raison de ce schisme.

À l’époque de la rédaction de l’épître aux Galates éclata à Antioche de Syrie la crise qui suscite le premier grand conseil au sommet des chefs, qui traite précisément de la question de la circoncision que certains veulent imposer aux chrétiens issus du paganisme comme indispensable à l’obtention du salut. Donc, dans l’espoir de mettre fin au débat sur la justification par la foi seule, Paul et Barnabas vont à Jérusalem, où se tient alors le concile de Jérusalem que nous rapporte le chapitre 15 du livre des Actes. C’est à cette conférence que Jacques, avec l’appui de Pierre, font pencher la balance en faveur de Paul, non sans demander aux païens de respecter jusqu’à un certain point les scrupules des Juifs.

Tous ces événements semblent indiquer que la lettre aux Galates est la plus ancienne des épîtres de Paul. Bien des siècles plus tard, elle joue encore un rôle de la plus haute importance puisque lors du mouvement de la Réforme, on l’appela « la pierre angulaire de la Réforme protestante ». Cette appellation est justifiée car dans cette lettre Paul met un fort accent sur le salut par la grâce, par le moyen de la foi seule; or, c’est là le thème central de la prédication des réformateurs. Et puis la fameuse devise de la Réforme : sola gratia, sola fide, « par la grâce seule, par la foi seule », exprime les éléments irréductibles et cruciaux de l’Évangile. Ils sont la marque du Christianisme évangélique sans lesquelles l’Évangile cesse d’être l’Évangile du Christ.

Cette épître aux Galates, comme celle adressée aux Romains, répond au grand problème religieux de l’homme qui est : « Comment être en règle avec Dieu ? » Luther que j’ai déjà cité est tout particulièrement attaché à la lettre aux Galates qu’il appelle « son épouse », et fait de nombreux exposés sur elle. Son « commentaires sur les Galates » connaît une très grande popularité auprès du petit peuple et même de certains princes allemands. Au 18e siècle, en lisant le commentaire de Luther sur le livre des Galates, un certain John Wesley s’est converti à Jésus-Christ et est devenu un très grand évangéliste. C’est grâce à lui qu’eut lieu en Grande-Bretagne un grand réveil spirituel qui gagna aussi les États-Unis. Ce sursaut spirituel permit à l’Angleterre d’éviter une révolution sanglante comme celle de 1789 qui secoua la France et déclencha le règne de la Terreur. En effet, ceux qui grâce à la prédication de John Wesley deviennent croyants œuvrent pour l’abolition de l’esclavage, contre l’exploitation inhumaine des jeunes enfants et des ouvriers travaillant dans les usines.

La profonde influence de cette petite Épître aux Galates se fait toujours sentir. Elle constitue en fait la « Grande Charte de la liberté du chrétien » qui proclame à toutes les générations que l’homme est libéré de la culpabilité du péché non pas par le moyen d’œuvres ou de rites, mais par la grâce au moyen de la foi en la toute suffisance de Dieu en Jésus-Christ. En effet, l’obligation de suivre n’importe quel rite comme signe de persévérance dans la foi chrétienne place le pratiquant non plus sous le régime de la grâce et de la foi dans sa relation avec Dieu, mais sous celui de la Loi de Moïse. Il se range de facto sous l’exigence impraticable de toujours mettre la Loi tout entière en pratique pour plaire à Dieu et encourt donc la certitude de sa malédiction, car comme l’explique si bien Paul, les préceptes de Moïse ne font que mettre en lumière que je suis un pécheur sous le jugement divin, mais ils n’apportent aucune solution à mon problème.

Cette Épître aux Galates est donc tout d’abord sévère et solennelle, car destinée à corriger un faux enseignement qui mine la fondation même de la foi chrétienne. C’est pourquoi aussi, contrairement aux autres épîtres de Paul, cette lettre ne contient aucune action de grâce, aucune demande d’intercession de l’apôtre en sa faveur et aucune mention d’un seul croyant par son nom.

En second lieu, cette épître est la plus personnelle de toutes celles écrites par Paul. Obligé de se défendre avec vigueur, il nous donne pas mal de détails sur lui-même qui n’existent nulle part ailleurs.

En troisième lieu, cette lettre exprime l’émotion profonde et passionnée de l’apôtre qui semble jaillir de son cœur paternel inquiet pour l’avenir de ses enfants spirituels. C’est comme un cri de douleur poussé par l’apôtre indigné et motivé par l’amour ardent qu’il porte à ceux qu’il a amenés au Seigneur Jésus-Christ.

En quatrième lieu et comme je l’ai déjà bien expliqué, cette lettre est une défense magistrale de la doctrine de la justification par la foi seule.

L’épître aux Galates est donc polémique de nature et dirigée contre toute forme de légalisme. Cependant, la Loi de Moïse n’est pas pour autant discréditée, méprisée ou rejetée. Sa majesté, sa perfection, ses exigences et sa raison d’être demeurent, mais c’est justement toutes ces caractéristiques qui la rendent impossible à obéir. Au lieu de conduire à Dieu, la Loi de Moïse est uniquement un outil de condamnation et de jugement de l’humanité tout entière. C’est par un autre chemin qui contourne la Loi que l’homme a accès à son Créateur ; c’est par la foi que je deviens juste devant Dieu. Le prophète Habaquq écrit : Celui dont l’âme n’est pas droite est gonflé d’orgueil, mais le juste vivra grâce à sa foi (Habaquq 2.4). Et Luther écrit : « Celui qui croit en Christ mort pour nous, meurt aussi au péché ; celui qui croit en Christ ressuscité, se relève de la mort par la puissance de la même foi, il vit en Christ et Christ en lui. »

Verset 1

Je commence maintenant à lire la lettre de Paul aux Galates.

Cette lettre vous est adressée par Paul, apôtre, non par une autorité humaine, ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu, le Père, qui l’a ressuscité d’entre les morts (Galates 1.1).

Cette introduction de l’épître est à la fois typique des écrits de Paul et différente de toutes les autres. La salutation identifie bien l’auteur et ceux à qui la lettre est adressée. Par contre, l’apôtre omet complètement toute expression de remerciement et de louange qu’il adresse habituellement à tous ses autres destinataires. Dès la première phrase, Paul emploie le ton apologétique et polémique qui domine dans toute la lettre. Celle-ci a autant le caractère d’un document officiel que d’une missive personnelle. Dès les premières paroles, on sent une certaine froideur de la part de Paul qui se sent déjà obligé de défendre vigoureusement son apostolat autant au niveau historique que théologique. Il est en effet préoccupé par le fait que l’authenticité de son ministère est contesté auprès des Galates par les perturbateurs qui se sont introduits dans les différentes églises de la province. Leur conduite diffamatoire est très grave car elle compromet tout le travail spirituel qu’il a accompli.

Un apôtre est un ambassadeur choisi par Jésus-Christ pour parler à sa place et avec son autorité. La fonction des apôtres est la même avant et après la résurrection. Leur rôle est de proclamer ses paroles, ses actes et sa victoire sur la mort. Si le mandat d’un apôtre n’est pas reconnu, il ne peut pas être efficace. Voilà pourquoi, d’entrée Paul met l’accent sur la pleine autorité de la charge qui lui a été confiée par nul autre que le Christ lui-même. Son autorité est indépendante des hommes. Il ne nie pas l’apostolat des autres, mais il ne se soumet pas à eux ; il ne reconnaît au-dessus de lui aucun collège d’apôtres, mais seulement Jésus-Christ. Pendant toute la durée de son ministère, Paul doit défendre son apostolat, soit avec fermeté comme auprès des Galates, soit en le confirmant comme auprès des Corinthiens à qui il écrit : Le Christ est mort pour nos péchés, il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Écritures. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m’est apparu à moi, comme à celui qui suis venu après coup. Oui, je suis le moindre des apôtres ; je ne mérite pas de porter le titre d’apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Ce que je suis à présent, c’est à la grâce de Dieu que je le dois, et cette grâce qu’il m’a témoignée n’a pas été inefficace. Loin de là, j’ai peiné à la tâche plus que tous les autres apôtres, non pas moi, certes, mais la grâce de Dieu qui est avec moi (1Corinthiens 15.3-4, 7-10).

L’apôtre dit que le Père a ressuscité Jésus d’entre les morts afin de bien établir que sa vocation à l’apostolat par le Seigneur est revêtue de l’autorité de Dieu lui-même. En ressuscitant Jésus d’entre les morts, Dieu l’a déclaré son Fils avec puissance et lui a délégué ses pouvoirs, de sorte qu’un appel adressé par Jésus-Christ est un appel de Dieu. Même si Paul est chronologiquement le dernier des apôtres et le moins méritant, ce qui reste à démontrer, il n’en demeure pas moins que son apostolat est aussi valide que celui de Pierre ou de Jean. C’est vrai qu’il n’a pas été appelé comme les 12 que Jésus a lui-même désignés, mais comme il le dit aux Galates, il n’a pas non plus été choisi « par une autorité humaine » comme l’ont été les responsables de l’église de Jérusalem, par exemple. Paul n’a pas vu ses études sanctionnées par un diplôme après être passé par une école de théologie et avoir réussi ses examens comme cela se fait aujourd’hui. Deuxièmement, Paul écrit qu’il n’est pas devenu apôtre « par l’intermédiaire d’un homme », c’est-à-dire par un rite comme l’imposition des mains ou par une cérémonie légaliste conduite en grande pompe par des autorités ecclésiastiques comme cela se faisait pour la consécration des prêtres juifs selon la loi de Moïse. Paul affirme au contraire et avec hardiesse qu’il a été personnellement désigné par le Christ lui-même et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts. Il fait bien sûr allusion à sa rencontre avec Jésus qui lui est apparu sur le chemin de Damas et qui lui a confié la charge d’évangéliste. Je lis le passage : Mais le Seigneur dit (à Ananias) : – Va ! car j’ai choisi cet homme pour me servir : il fera connaître qui je suis aux nations étrangères et à leurs rois, ainsi qu’aux Israélites. Je lui montrerai moi-même tout ce qu’il devra souffrir pour moi (Actes 9.15,16).

Paul a rempli son ministère avec un zèle surnaturel, ce qu’il précise plusieurs fois dans ses épîtres. Il est donc apôtre, doté de la même autorité et des mêmes pouvoirs que les 12 ou plutôt 11, puisque Judas a choisi de se retirer en trahissant son Maître.

Cela dit, tout n’est pas aussi simple. Le paysage apostolique est compliqué par le fait que tout de suite après la résurrection, d’une part, Paul n’est pas encore chrétien mais un persécuteur de l’Église naissante, et d’autre part, les onze apôtres, sous l’autorité de Pierre, décident de tirer au sort un homme pour remplacer Judas, et c’est un dénommé Matthias qui est choisi. Je cite le passage en le compressant : Pierre se leva : — Mes frères, dit-il, il fallait que les prophéties de l’Écriture s’accomplissent : Judas a servi de guide à ceux qui ont arrêté Jésus. Or, il est écrit dans le livre des psaumes : Qu’un autre prenne sa charge. Nous devons donc choisir l’un de ceux qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus sillonnait le pays avec nous. Cet homme sera ainsi, avec nous, un témoin de sa résurrection. On présenta deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé le Juste, et Matthias. Et l’on fit alors cette prière : — Toi, Seigneur, tu connais le cœur de tous les hommes. Désigne toi-même celui de ces deux frères que tu as choisi pour occuper, dans cette charge d’apôtre, la place que Judas a désertée afin d’aller à celle qui lui revenait. Puis ils tirèrent au sort. Matthias fut désigné. C’est lui qui fut adjoint aux onze apôtres (Actes 1.15-26).

Ce Matthias apparaît ici pour la première fois puis il tombe aussitôt dans les oubliettes de l’histoire ; on n’entend plus jamais parler de lui. Paul par contre a été spécifiquement choisi par Jésus, comme je l’ai dit, puis désigné par le Saint-Esprit qui l’a expressément envoyé parcourir l’Empire romain pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Paul a prouvé par son ministère, par sa consécration, par la puissance de ses prédications, par les prodiges qu’il a accomplis, et par l’impact phénoménal qu’il a eu dans toutes les villes qu’il a traversées, qu’il est un apôtre de Jésus-Christ dans le plein sens du terme. Paul est aussi l’archétype du chrétien sanctifié que Dieu désire pour chacun d’entre nous.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

Émission du jour | Jean 3.14-36

Dieu a tant aimé le monde

Nos partenaires