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07 sept. 2022

Exode 33.1 – 34.10

Chapitre 33

Versets 1-2

Je commence à lire le chapitre 33 de l’Exode en compressant tout au long.

L’Éternel dit à Moïse : — Va, quitte ce lieu, toi et le peuple que tu as fait sortir d’Égypte, et rendez-vous au pays que j’ai promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob de donner à leurs descendants. J’enverrai un ange devant toi et je chasserai les Cananéens (Exode 33.1-2).

L’ange va semer la terreur dans les rangs des nations païennes mentionnées qui occupent le pays de Canaan que l’Éternel a juré qu’il donnerait en partage aux descendants d’Abraham. En fait, dès que les Hébreux eurent traversé la Mer Rouge, la nouvelle se propagea comme une traînée de poudre et les Cananéens furent saisis d’épouvante ce qui apparaît dans le cantique de Moïse. J’en lis des extraits :

Les peuples tremblent, la terreur les a saisis, les chefs sont épouvantés, les princes se mettent à trembler, tous les Cananéens en perdent le courage. L’angoisse et la panique s’abattent sur eux tous. Ton action extraordinaire les a tous pétrifiés (Exode 15.14-16).

Cette terreur va aller en s’amplifiant.

Versets 3-4

Je continue le texte.

Il vous conduira dans un pays ruisselant de lait et de miel. Pour moi, je n’irai pas au milieu de vous, car vous êtes un peuple rebelle et je pourrais être amené à vous exterminer pendant le voyage. Lorsque le peuple entendit cette parole sévère, il prit le deuil : personne ne mit ses parures (Exode 33.3-4).

On comprend facilement pourquoi les Israélites sont affligés, car l’Éternel les a déjà appelés peuple rebelle à trois reprises. Mais c’est ici la première fois qu’ils expriment un quelconque remords. Alors en signe de deuil ils ôtent leurs bijoux qui de toute façon étaient associés aux faux dieux d’Égypte. Ces parures étaient comparables à un pendant qui représente un des signes du zodiaque, ou à un porte-clés avec la figurine d’un saint, censé porter bonheur, ou une patte de lapin accrochée au rétroviseur. Ces trucs n’ont l’air de rien, mais en réalité c’est de l’idolâtrie.

Verset 7

Je continue le texte.

Moïse prit la Tente et la dressa à l’extérieur du camp à une bonne distance. Il l’appela tente de la Rencontre. Celui qui voulait consulter l’Éternel devait sortir du camp pour se rendre à la tente de la Rencontre (Exode 33.7).

Moïse tient compte de l’avertissement sévère de l’Éternel et installe la Tente hors du camp. Il va sans dire que le peuple a dû être consterné de voir Moïse aller s’installer aussi loin d’eux comme s’ils étaient pestiférés. Et en effet, ils l’étaient, spirituellement parlant. Leur rébellion offensait Dieu qui s’était éloigné d’eux afin de ne pas les exterminer.

Versets 8-11

Je continue.

Chaque fois que Moïse sortait pour aller à cette Tente, le peuple se levait et chacun se tenait à l’entrée de sa tente pour suivre Moïse du regard jusqu’à ce qu’il soit entré dans la Tente. Dès qu’il y pénétrait, la colonne de nuée descendait et se tenait à l’entrée de la Tente, et l’Éternel s’entretenait avec Moïse face à face comme un homme parle avec son ami. Puis Moïse regagnait le camp ; mais son jeune assistant Josué, fils de Noun, restait dans la Tente (Exode 33.8-11).

Plus tard, ce même déplacement de la colonne de nuée se fera sur le tabernacle. Moïse était le médiateur entre l’Éternel et le peuple d’Israël et jouissait d’une intimité exceptionnelle avec Dieu dont il voyait une manifestation partielle.

Versets 12-15

Je continue.

Moïse dit à l’Éternel : — Écoute, tu me demandes de conduire ce peuple, mais tu ne me fais pas connaître qui tu enverras pour m’accompagner ! Si j’ai réellement obtenu ta faveur, veuille me révéler tes intentions et fais-toi connaître à moi. Et puis, considère aussi que cette nation-là, c’est ton peuple ! Dieu répondit : — Je marcherai moi-même avec toi, et je te donnerai une existence paisible. Moïse reprit : — Si tu ne viens pas toi-même avec nous, ne nous fais pas quitter ce lieu (Exode 33.12-15).

Voilà une discussion intéressante dans laquelle Moïse exprime son trouble parce que l’Éternel lui a dit qu’il n’habiterait plus au milieu de son peuple. L’ange qui précède le peuple et la présence de Dieu aux côtés de Moïse, mais hors du camp ne sont pas suffisants. Il veut que l’Éternel renoue avec les Israélites. Son argumentation est bien ficelée. En gros, il dit : « Voilà, tu m’as donné une tâche énorme et je me retrouve tout seul alors qu’il me faut ton aide. Alors, j’aimerais que tu reprennes ta relation avec ce peuple qui t’appartient. Sinon, je préfère rester sur place. »

Versets 16-17

Je continue la discussion.

À quoi reconnaîtra-t-on que j’ai obtenu ta faveur pour moi et pour ton peuple, sinon si tu marches avec nous et si nous sommes ainsi distingués, moi et ton peuple, de tous les autres peuples sur la terre ? Alors l’Éternel répondit à Moïse : — Parce que tu jouis de ma faveur et que je t’ai personnellement choisi, je t’accorde aussi ce que tu viens de me demander (Exode 33.16-17).

Ce qui est tout à fait extraordinaire, c’est que Moïse arrive à faire fléchir l’Éternel qui change d’avis et lui accorde ce qu’il demandait. Mais il faut noter que Moïse ne recherchait rien pour lui-même, il désirait seulement que Dieu soit à nouveau favorable au peuple. Moïse exploite à fond le fait que l’Éternel l’avait choisi pour lui accorder sa bienveillance et son soutien. Il tourne cet avantage au bénéfice de tout Israël. Ce texte montre que finalement, Dieu n’est pas difficile à vivre. Il n’est ni arbitraire, ni inflexible et il est prêt à écouter une requête insistante faite en toute bonne foi.

Versets 18-23

Je finis ce chapitre.

Là-dessus Moïse reprit : — Permets-moi de contempler ta gloire ! Et Dieu lui répondit : — C’est ma bonté tout entière que je veux te montrer et je proclamerai devant toi qui je suis. Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié. Mais tu ne pourras pas voir ma face, car nul homme ne peut me voir et demeurer en vie. L’Éternel dit encore : — Il y a ici un lieu tout près de moi ; tiens-toi debout sur le rocher, et quand ma gloire passera, je te mettrai dans le creux du rocher et je te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos, mais personne ne peut voir ma face (Exode 33.18-23).

Moïse a obtenu ce qu’il voulait, alors il continue sur sa lancée et demande maintenant à voir l’Éternel. Dieu veut bien révéler ses attributs et en particulier sa bonté qui fait partie de l’essence même de son caractère. La déclaration, Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié, exprime la souveraine liberté de Dieu qui est libre d’accorder sa miséricorde à qui il veut.

Quand les Écritures mentionnent des hommes qui ont vu Dieu, il s’agit d’une vision très limitée. La divine gloire comporte un premier niveau que tous les Israélites ont vu, c’est-à-dire la nuée, les éclairs et le tonnerre, un spectacle son et lumière ; puis un second niveau auquel les prophètes comme Moïse ont accès, et enfin un troisième qui est si éclatant que nul mortel ne peut voir. Cette majesté appartient à l’ordre céleste invisible. Je cite un passage.

Lui seul est immortel. Sa demeure est bâtie au sein de la lumière inaccessible à tous. Nul parmi les humains ne l’a vu de ses yeux, aucun ne peut le voir (1Timothée 6:16).

Sous la Nouvelle Alliance, Jésus est celui qui a pleinement révélé le Père. Je cite un texte que j’ai déjà lu :

Personne n’a jamais vu Dieu : Dieu, le Fils unique qui vit dans l’intimité du Père, nous l’a révélé (Jean 1.18).

Cela dit, un jour, tous les croyants seront rendus capables de voir Dieu en la personne du Christ glorifié. Je lis le passage que l’apôtre Jean écrivit à des chrétiens du 1er siècle :

Mes chers amis, dès à présent nous sommes enfants de Dieu et ce que nous serons un jour n’a pas encore été rendu manifeste. Nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu’il est (1Jean 3.2).

Chapitre 34

Versets 1-4

Nous arrivons maintenant au chapitre 34 de l’Exode que je commence à lire.

L’Éternel dit à Moïse : — Taille toi-même deux tablettes de pierre semblables aux premières et j’y graverai les paroles qui se trouvaient sur celles que tu as brisées. Sois prêt pour demain matin ; monte dès l’aube sur le mont Sinaï et tiens-toi là pour m’attendre, au sommet de la montagne. Personne ne montera avec toi, on ne verra aucune autre personne sur toute la montagne. Il ne faut même pas que du petit ou du gros bétail paisse aux abords de la montagne. Moïse tailla deux tablettes de pierre semblables aux précédentes et le lendemain matin, de bonne heure, gravit le mont Sinaï, comme l’Éternel le lui avait ordonné, tenant en main les deux tablettes de pierre (Exode 34.1-4).

Moïse avait détruit les premières tablettes de la Loi dans un geste de profonde indignation lors de l’épisode du veau d’or. C’est rebelote. Dieu va à nouveau écrire les Dix Commandements selon le même protocole que la première fois. Moïse ira seul voir l’Éternel sur le mont Sinaï.

Versets 5-7

Je continue.

L’Éternel descendit dans la nuée, il se tint là près de lui et proclama son nom : il passa devant lui en proclamant : — L’Éternel, l’Éternel Dieu, plein de compassion et de grâce, lent à se mettre en colère, et riche en amour et en fidélité ! Je conserve mon amour jusqu’à la millième génération : je pardonne le crime, la faute et le péché, mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, et je punis la faute des pères sur leurs descendants jusqu’à la troisième et même la quatrième génération (Exode 34.5-7).

Cette auto-proclamation de Dieu de sa compassion, sa grâce, sa patience, son amour et sa fidélité sont des marques de sa nature et deviendront une expression traditionnelle de la foi d’Israël, rappelée à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament.

Les Écritures utilisent trois noms distincts pour la divinité qui en français sont Dieu, l’Éternel, et Seigneur. À l’origine, l’hébreu s’écrivait sans voyelles. Elles furent rajoutées vers le 9e siècle de notre ère. Le nom hébreu traduit par Éternel a 4 consonnes et se dit Yahvé. Les Juifs n’osaient pas le prononcer, alors quand ils lisaient l’Ancien Testament, ils lui substituaient Seigneur.

Vous avez certainement entendu parler des Témoins de Jéhovah. Jéhovah n’est pas une traduction, mais la transcription d’un terme hybride créé de toutes pièces. On l’a fabriqué en prenant les voyelles du nom divin Adonaï et en les plaçant sous les consonnes du nom hébreu de Dieu Yahvé, que les Juifs lisaient Seigneur et traduit en français par l’Éternel. Ça semble compliqué, mais visuellement c’est très simple.

Au début de la Genèse, il est écrit : Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. C’est le nom Élohim qui est utilisé parce qu’il indique puissance et majesté. Mais lorsque Dieu agit en relation avec l’homme, la plupart du temps le texte utilise Éternel comme dans l’auto-proclamation divine du passage que j’ai lu. Ce nom indique que le Créateur établit une relation particulière avec Sa créature. Aussitôt qu’Adam et Ève se sont rendus coupables de désobéissance, c’est l’Éternel qui se met à leur recherche dans le jardin d’Éden et qui les revêt d’habits de peau.

L’Éternel est le nom divin en rapport avec la rédemption de l’homme qui a enfreint ses commandements ; par rapport à sa sainteté, sa haine du péché et le jugement qu’il implique ; c’est aussi le nom qui parle de l’amour de Dieu pour sa créature et de son alliance avec Israël. Dans le texte de l’Exode que j’ai lu, Éternel Dieu est un nom composé qui souligne la relation de Dieu avec sa créature en tant que Créateur, autorité morale, et rédempteur.

Dans son auto-proclamation, l’Éternel Dieu tient compte de la conduite des pères dans sa relation avec leurs descendants. Je peux tout aussi bien transmettre des bénédictions que des malédictions à ma progéniture. Prenez une future maman, qui est accrochée à la drogue ou infectée du SIDA. Eh bien, l’enfant qu’elle porte va plutôt mal commencer sa vie, ce qui semble injuste. Le problème est que nous sommes tous solidaires les uns des autres, à des niveaux différents, mais solidaires quand même : ce qui arrive à l’un a des répercussions sur tous.

Si je vis selon les principes du Sermon sur la Montagne et que je les enseigne à mes gosses, il y a des chances que je leur éviterais la prison. Les vertus, mais surtout les fautes des parents, ont tendance à se communiquer d’une génération à l’autre. Ainsi, les pratiques idolâtres, et surtout le spiritisme, entraînent une malédiction spirituelle quasi automatique sur les enfants. Dieu ne tolère ni les faux dieux, ni l’invocation des esprits, parce qu’ils mettent toujours en jeu des puissances démoniaques maléfiques.

Versets 8-9

Je continue le texte de l’Exode.

Aussitôt, Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna. Puis il dit : — Ah ! Seigneur, s’il est vrai que j’ai obtenu ta faveur, je t’en prie, Seigneur, marche au milieu de nous. Oui, je sais que c’est un peuple rebelle, mais veuille pardonner nos fautes et nos péchés et accepter que nous t’appartenions ! (Exode 34.8-9).

La conversation se poursuit entre l’Éternel et Moïse. Ce dernier ne lâche pas prise et il a de la suite dans les idées. Il demande à ce que l’Éternel accomplisse son projet initial qui est de faire d’Israël son bien propre.

Verset 10

Je continue.

Dieu répondit : — Je vais conclure une alliance avec vous. En présence de tout ton peuple, je ferai des prodiges tels qu’il ne s’en est jamais produit sur la terre entière ni chez aucune nation, et tout le peuple qui t’entoure verra combien est impressionnante l’œuvre de l’Éternel que j’accomplis par ton intermédiaire (Exode 34.10).

L’Éternel exauce donc la prière de Moïse en acceptant de renouveler l’alliance conclue auparavant et rompue par les Israélites lorsqu’ils ont fabriqué le veau d’or. L’Éternel va à nouveau se manifester comme il le faisait. Moïse a eu gain de cause parce qu’il était persévérant et qu’il se souciait de la réputation de l’Éternel et du bien-être d’Israël. Son intercession est un exemple admirable de prières que Dieu exauce.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

Émission du jour | Jean 3.14-36

Dieu a tant aimé le monde

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