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05 sept. 2022

Exode 30.22 – 31.18

Chapitre 30

Introduction

À l’entrée des églises catholiques, il y a toujours un récipient d’eau bénite que les fidèles utilisent pour se signer, mais qui a aussi d’autres usages. Cette eau sert à rappeler la nécessité de la purification intérieure. On la trouve dans de nombreuses religions, dont le judaïsme. Avant d’entrer dans le sanctuaire pour effectuer leur ministère, les prêtres hébreux devaient rituellement se laver les mains et les pieds dans une cuve en bronze.

Dans la vie de tous les jours, l’eau sert à nettoyer beaucoup de choses. Dans les Textes Sacrés, elle est fréquemment un symbole de la Parole de Dieu comme la Loi de Moïse ou le Sermon sur la Montagne parce que les préceptes de Dieu ont comme l’eau une action purificatrice. Bien sûr, il faut que je connaisse les ordonnances divines et donc que je lise régulièrement les Écritures afin de pouvoir me situer par rapport à mes devoirs envers le Créateur.

Si vous écoutez régulièrement cet exposé des 66 livres que comptent les Textes Sacrés, vous aurez maintes fois l’occasion de vous laver à l’eau de la Parole de Dieu, car vous saurez précisément où vous faites fausse route. Beaucoup de textes du Nouveau Testament nous exhortent à nous purifier de la même manière que les prêtres juifs se lavaient dans la cuve de bronze. Je cite un passage :

Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Purifiez vos mains, pécheurs, et nettoyez vos cœurs, âmes partagées Reconnaissez votre misère, menez deuil, pleurez ; Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera (Jacques 4.8-10).

Versets 22-25

Je continue à lire dans le chapitre 30 du livre de l’Exode.

Puis l’Éternel parla à Moïse en ces termes : Procure-toi des aromates de première qualité : six kilogrammes de myrrhe fluide, la moitié, soit trois kilogrammes, de cinnamome aromatique, trois kilogrammes de cannelle, six kilogrammes de casse, selon l’unité de poids en vigueur au sanctuaire et six litres d’huile d’olive. Tu en feras une huile d’onction sainte, un baume odorant fabriqué par un parfumeur ; ce sera une huile sainte pour l’onction (Exode 30.22-25).

La myrrhe est une gomme blanche qui coule du tronc d’un arbre épineux ressemblant à un acacia qui pousse en Arabie, en Égypte et en Éthiopie. Celle qui coule d’elle-même sans qu’on ait besoin d’inciser le tronc est très pure. D’un goût très amer, son parfum puissant et agréable entre dans la composition de nombreuses crèmes. Le cinnamome est une épice très odoriférante ressemblant à la cannelle et qui provient d’une sorte de laurier qu’on trouve sur l’île de Ceylan et en Orient.

Comme l’encens, l’huile d’onction devait avoir une composition précise de certains ingrédients rares et onéreux. Lorsque les rois mages vinrent pour adorer l’enfant Jésus, le texte dit qu’ils apportèrent de l’encens, de la myrrhe et de l’or : trois éléments qui font partie de l’adoration et du service de l’Éternel. La myrrhe était d’un coût exorbitant. Un flacon valait environ l’équivalent d’une année de salaire pour un ouvrier journalier. Elle apparaît la veille de la passion du Christ et aussi pour son ensevelissement par deux dignitaires. Je cite les passages :

Une femme s’approcha de lui, tenant un flacon d’albâtre rempli d’un parfum de myrrhe de grande valeur. Pendant que Jésus était à table, elle répandit ce parfum sur sa tête. Joseph alla prendre le corps de Jésus. Nicodème vint aussi. C’était lui qui, auparavant, était allé trouver Jésus de nuit. Il apporta environ trente kilogrammes d’un mélange de myrrhe et d’aloès. Tous deux prirent donc le corps de Jésus et l’enveloppèrent de linges funéraires en y mettant des aromates, selon les usages funéraires des Juifs (Matthieu 26.7 ; Jean 19.39).

Comme je l’ai déjà dit, Dieu désire et mérite ce que nous avons de mieux et de meilleur. Ce n’est que juste et la moindre des choses de l’honorer ainsi.

Versets 26-30

Je continue le texte de l’Exode.

Avec cette huile, tu oindras la tente de la Rencontre et le coffre de l’acte de l’alliance, la table avec tous ses ustensiles, le chandelier et ses accessoires, l’autel des parfums, l’autel des holocaustes et tous ses accessoires, ainsi que la cuve avec son socle. Tu les consacreras et ils seront éminemment saints. Tout ce qui les touchera sera saint. Tu oindras aussi Aaron et ses fils et tu les consacreras à mon service comme prêtres (Exode 30.26-30).

Cette huile servait à l’acte de consécration des objets et des personnes au culte de l’Éternel. Tout ce rituel fastidieux a pour objectif d’enseigner au peuple la sainteté de Dieu, à commencer par les prêtres. Il ne peut être comparé aux êtres humains dont il diffère radicalement à tous les niveaux.

Versets 31-33

Je continue.

Puis tu t’adresseras aux Israélites en ces termes : — Cette huile d’onction sainte sera réservée à l’Éternel de génération en génération. On n’en répandra pas sur le corps d’un homme et vous n’en composerez pas selon la même formule. Elle est sainte et vous la considérerez comme telle. Celui qui composera une huile semblable et qui en appliquera sur quelqu’un d’autre qu’un prêtre sera retranché de son peuple (Exode 30.31-33).

De la même manière que nous ne savons pas vraiment à quoi ressemblaient l’ourim et le toummim qui servaient à déterminer la réponse de l’Éternel à des questions difficiles que lui posait le grand-prêtre, nous ne connaissons pas non plus la composition exacte ni de l’encens qui était brûlé sur l’autel des parfums, ni celle de l’huile d’onction. Dieu ne voulait absolument pas que quelqu’un les utilise pour son usage personnel. Cela aurait été un crime de lèse-majesté punissable de mort.

Cette sévérité a encore pour but de me rappeler que la sainteté appliquée à Dieu n’est pas un vain mot, mais un de ses attributs à prendre très au sérieux. Dans le Nouveau Testament, l’huile d’onction représente le Saint-Esprit. Je cite un passage :

Vous, au contraire, vous avez reçu le Saint-Esprit dont celui qui est saint vous a oints, et vous connaissez tous la vérité (1Jean 2.20).

C’est le témoignage intérieur de l’Esprit de Dieu qui donne la vraie connaissance et permet de discerner le faux du vrai, les enseignements religieux mensongers de ce qui vient vraiment du Créateur du ciel et de la terre.

Pour conclure ce chapitre, je voudrais rappeler que sur le chemin qui menait au sanctuaire et donc à Dieu, il y avait deux autels bien distincts. Tout d’abord, et dans la cour extérieure au tabernacle, celui qui était recouvert de bronze et sur lequel étaient immolés des animaux, dont le sang couvrait les fautes des pénitents, à commencer par les prêtres. Ainsi, l’Éternel ne voyait pas les transgressions de son peuple et donc ne le jugeait pas. Cet autel préfigurait la croix où le Fils de Dieu offrit sa vie en sacrifice pour les péchés de tous ceux qui croient en lui. Ensuite, il y avait l’autel des parfums recouvert d’or et situé à l’intérieur du tabernacle. Il symbolisait les prières des fidèles et l’adoration de l’Éternel. Il préfigurait aussi l’intercession du Christ pour le compte des croyants. L’ordre des autels est à respecter. Il faut d’abord que je passe par celui des holocaustes et que je règle la question de mes fautes avant de pouvoir véritablement prier et adorer Dieu.

Chapitre 31

Versets 1-5

Nous voici au chapitre 31 de l’Exode où il est question de la construction du tabernacle par des ouvriers que Dieu lui-même a qualifiés en leur donnant des capacités spécifiques. Je commence à lire.

L’Éternel parla à Moïse en ces termes : Vois, je désigne Betsaleel, fils d’Ouri, descendant de Hour, de la tribu de Juda, et je l’ai rempli de l’Esprit de Dieu qui lui confère de l’habileté, de l’intelligence et de la compétence pour exécuter toutes sortes d’ouvrages, pour concevoir des projets et les exécuter en or, en argent et en bronze, pour tailler des pierres à enchâsser, pour sculpter le bois. Ainsi il pourra réaliser toutes sortes d’ouvrages (Exode 31.1-5).

Betsaleel veut dire en hébreu : à l’ombre de Dieu, sous sa protection. L’expression, je désigne untel, a déjà été prononcée par l’Éternel en parlant de Moïse tout au début de ce livre et le sera pour d’autres par la suite, y compris Cyrus, un roi de Perse, tout ce qu’il y de plus païen, mais que Dieu choisira pour conquérir Babylone et libérer les Israélites. La phrase, je l’ai rempli de l’Esprit de Dieu, est en hébreu : rempli d’un excellent esprit ou comme nous le dirions : un artiste de génie pour l’ouvrage qu’il doit faire.

Or, le génie de s’acquiert pas, c’est un talent inné. Le texte nous invite à considérer l’ingéniosité de Betsaleel comme un don divin. Ce qui est sûr c’est que cet artisan a les doigts en or. Il sait tout faire parfaitement et du premier coup. Pour moi qui suis incapable de visualiser une forme quelconque dans l’espace, qui mesure une planche deux fois et qui la coupe trop court, je sais que le bricolage ce n’est pas ma partie. Il n’empêche que j’apprécie quand même les artistes et j’aime bien regarder quelqu’un qui a du talent exercer son savoir-faire et ensuite admirer le produit fini. Betsaleel est doté d’une adresse manuelle surnaturelle, mais il a aussi la tête nécessaire pour conceptualiser son œuvre et planifier sa réalisation. Les dons de toute nature proviennent de Dieu comme le dit un des auteurs du Nouveau Testament que je cite :

Tout cadeau de valeur, tout don parfait, nous vient d’en haut, du Père qui est toute lumière et en qui il n’y a ni changement, ni ombre due à des variations (Jacques 1.17).

À mon avis, tous les artisans doués, qui ont contribué à la fabrication du tabernacle et de son mobilier, avaient déjà une compétence innée, mais Dieu a décuplé leur aptitude, ce qui fait qu’au lieu de courir, ils volaient. De plus, on peut être sûr qu’ils prenaient grand plaisir à créer, confectionner, arranger, fignoler, polir et tout le reste. Chacun d’entre nous est efficace lorsqu’il accomplit une tâche qui correspond au mieux de ses capacités. Ce Betsaleel aurait pu se montrer arrogant et déclarer à Moïse qu’il préférait porter des vêtements sacerdotaux plutôt qu’un bleu de travail.

Mais ce n’est pas ainsi que l’Éternel voulait qu’il le serve, non, c’était en tant qu’artisan hors pair. D’ailleurs sans ouvriers qualifiés pour construire le tabernacle et le mobilier, il n’y aurait pas eu de culte à l’Éternel. Ceux qui étaient choisis par Dieu avaient des dons et des fonctions différents, mais tous contribuaient d’une manière ou d’une autre à l’établissement de l’Éternel au milieu de son peuple. Le Nouveau Testament souligne bien ce concept de la multiplicité des talents sous la direction du même Esprit. Je cite le passage :

Il y a toutes sortes de dons, mais c’est le même Esprit. Il y a toutes sortes de services, mais c’est le même Seigneur. Il y a toutes sortes d’activités, mais c’est le même Dieu ; et c’est lui qui met tout cela en action chez tous. En chacun, l’Esprit se manifeste d’une façon particulière, en vue du bien commun (1Corinthiens 12.4-7).

Ce principe va être illustré par les artisans israélites qui vont bâtir le tabernacle et réaliser tout ce qui va servir au culte de l’Éternel.

Versets 6-11

Je continue le texte.

Je lui ai donné pour aide Oholiab, fils d’Ahisamak, de la tribu de Dan et, de plus, j’ai accordé un surcroît d’habileté à tous les artisans experts, afin qu’ils soient capables d’exécuter tout ce que je t’ai ordonné : la tente de la Rencontre, le coffre de l’acte de l’alliance, le propitiatoire qui doit lui servir de couvercle, et tous les objets de la Tente, la table et ses ustensiles, le chandelier d’or pur et tous ses accessoires, l’autel des parfums, l’autel des holocaustes et tous ses accessoires, la cuve et son socle, les vêtements de cérémonie et les vêtements sacrés pour Aaron le prêtre, ainsi que ceux de ses fils, ceux qu’ils endosseront pour exercer les fonctions du sacerdoce, l’huile d’onction et le parfum aromatique pour le sanctuaire. Pour exécuter tout cela, les artisans se conformeront aux ordres que je t’ai donnés (Exode 31.6-11).

Tous ces artisans sont chargés de tout faire : le tabernacle, le mobilier, les habits sacerdotaux, l’huile d’onction et le parfum. C’était un très grand honneur que d’être qualifié et appelé à coopérer à la création de tous les objets du culte. Dieu aurait évidemment pu tout faire lui-même, mais comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas sa façon d’agir. Il cherche à collaborer avec l’homme sinon il ne l’aurait pas créé. Ce texte modèle l’action du Saint-Esprit dans la vie des croyants qui désirent servir Dieu. Il œuvre en parallèle avec la Parole que l’Éternel a prononcée. Son rôle est de donner aux artisans l’intelligence et l’habilité nécessaires pour réaliser leur tâche.

Versets 12-13

Je continue.

L’Éternel parla à Moïse en ces termes : — Et toi, dis ceci aux Israélites : « Cependant, observez bien mes sabbats ; car c’est là un signe entre moi et vous, de génération en génération, le signe que moi, l’Éternel, je vous rends saints » (Exode 31.12-13).

Après que l’Éternel ait expliqué en détail tout ce qui devait être fabriqué pour le service cultuel, il rappelle une nouvelle fois à Moïse le devoir de garder le Sabbat. Malgré tout le travail occasionné par la construction du tabernacle et du mobilier, il faudra que les Israélites se reposent le septième jour. C’est important parce que le sabbat est le signe de l’alliance établie avec Israël sur le mont Sinaï tout comme le fut la circoncision avec Abraham et l’arc-en-ciel avec Noé. En disant : je vous rends saints, l’Éternel affirme que la vocation d’Israël est de lui rendre un culte et c’est ce que rappelle le sabbat qui est un jour de repos et de culte. Les Israélites ne doivent pas vivre pour le travail, mais pour Dieu.

Versets 14-17

Je continue.

« Vous observerez donc le jour du repos, car il est saint pour vous. Celui qui le profanera devra mourir ; car quiconque fera un travail quelconque ce jour-là, sera retranché de son peuple. On travaillera six jours, et le septième jour sera un jour de repos consacré à l’Éternel. Quiconque fera un travail le jour du sabbat devra mourir. Les Israélites observeront le jour du sabbat en le célébrant de génération en génération ; c’est une alliance éternelle. Il sera un signe à perpétuité entre moi et les Israélites, car en six jours l’Éternel a fait le ciel et la terre, et le septième jour il a cessé de travailler pour reprendre son souffle » (Exode 31.14-17).

Si par exemple, quelqu’un allait ramasser du bois le sabbat pour alimenter sa cuisinière, il était puni de mort. Ce châtiment paraît sévère, mais il se comprend dans le contexte hébraïque où le non-respect du jour de repos est synonyme de rejet de l’alliance avec l’Éternel ce qui était un crime de lèse-majesté. Israël avait été délivré de l’esclavage et des travaux forcés à perpétuité, pour devenir spécifiquement le peuple de Dieu. Par conséquent, ceux qui ne respectaient pas le sabbat proclamaient haut et fort qu’ils auraient préféré rester en Égypte plutôt que de servir l’Éternel. Lorsque Dieu dit : en six jours l’Éternel a fait le ciel et la terre, et le septième jour il a cessé de travailler pour reprendre son souffle, il s’identifie à nous. Il s’applique le jour du sabbat par condescendance avec la nature humaine qui a besoin d’un jour de relâche. Quand après la création Dieu s’est reposé, c’était pour contempler ses œuvres avec satisfaction et les déclarer très bonnes.

Verset 18

Je continue jusqu’à la fin du chapitre.

Quand il eut terminé de s’entretenir avec Moïse sur le mont Sinaï, l’Éternel lui remit les deux tablettes de l’acte de l’alliance ; c’étaient des tablettes de pierre gravées par le doigt de Dieu (Exode 31.18).

Dans le film Les Dix Commandements, ils sont gravés sur deux tablettes, 5 sur l’une et 5 sur l’autre. En réalité, il y a de fortes chances que Dieu ait suivi les coutumes en vigueur de l’époque. En effet, dans le Proche-Orient ancien, lors d’une conclusion d’alliance entre un suzerain et son vassal, deux copies du traité étaient écrites afin que chaque partenaire en reçoive une. Les contractants déposaient leur copie dans le sanctuaire de leur divinité respective. Il est donc probable que les deux tablettes des Dix Commandements soient identiques : une pour l’Éternel et une pour Israël. Elles seront toutes deux déposées au même endroit dans le meuble appelé pour cette raison coffre de l’acte de l’alliance, qui se trouvait dans le Lieu très saint. Comme l’Éternel est le suzerain d’Israël, c’est lui qui est l’auteur du traité d’alliance et qui en détermine les clauses.

Et c’est ainsi que se termine la section de la proclamation de la Loi sur le mont Sinaï ainsi que de toutes les instructions protocolaires qui entourent le culte à rendre à l’Éternel. Le Dieu d’Israël a choisi de demeurer au milieu d’Israël dans un sanctuaire qui va lui être construit alors que sous la Nouvelle Alliance, ce sont les croyants eux-mêmes qui sont la résidence de l’Esprit de Dieu.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

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