Chapitre 29

Introduction

Lorsqu’on s’approche d’une décharge d’où s’échappe une fumée noire et qu’une odeur âcre vient vous chatouiller les narines, on est à peu près sûr que de vieux pneus sont en train de brûler. C’est désagréable, mais rien à côté de la chair qui se consume, ça, c’est le pire. Cette puanteur faisait partie des sacrifices continuels d’animaux, obligatoires sous la loi de Moïse. De plus, il y avait du sang répandu partout et sous le soleil, il tourne très vite et attire les mouches. Le spectacle était cruel et une horreur visuelle, olfactive et auditive, car les animaux terrorisés attachés sur l’autel beuglaient ou mugissaient à mort. Cette scène qui suscite le dégoût symbolise l’aversion de Dieu vis-à-vis des fautes et injustices commises par les Israélites et, par extension, les miennes. Mais ces sacrifices étaient nécessaires pour permettre aux Israélites de rencontrer Dieu.

Versets 38-46

Je finis de lire des extraits du chapitre 29 de l’Exode :

— Voici ce que tu feras : chaque jour, à perpétuité, tu offriras sur l’autel deux agneaux âgés d’un an. L’un d’eux sera offert le matin, l’autre à la nuit tombante. C’est un holocauste que vous offrirez à perpétuité de génération en génération, à l’entrée de la tente de la Rencontre devant l’Éternel, à l’endroit où je vous convoquerai pour m’entretenir avec toi. C’est là que je rencontrerai les Israélites, et ma gloire rendra ce lieu saint. J’habiterai au milieu des Israélites et je serai leur Dieu, et ils sauront que c’est moi, l’Éternel, leur Dieu, qui les ai fait sortir d’Égypte pour habiter au milieu d’eux ; oui, je suis l’Éternel, leur Dieu (Exode 29.38-39, 42-43, 45-46).

Le texte présente la manifestation glorieuse et l’habitation de l’Éternel au milieu de son peuple comme son objectif ultime et la finalité de la libération d’Israël de l’esclavage d’Égypte.

Chapitre 30

Versets 1-3

Nous voici rendus au chapitre 30 de l’Exode dont le thème est l’adoration de Dieu. Il reprend la description des trois objets qui meublaient le Lieu saint du tabernacle. Le chandelier et la table à pain ont déjà été décrits. Il reste l’autel des parfums sur lequel de l’encens était brûlé, un symbole de la prière. Je commence à lire ce chapitre :

Tu construiras aussi un autel pour faire brûler des parfums ; tu le feras en bois d’acacia. Il sera carré, de cinquante centimètres de côté, relevé aux angles de quatre cornes qui feront corps avec lui. Il aura un mètre de hauteur. Tu en recouvriras le plateau, les cornes et les parois d’or pur et tu le garniras d’une bordure d’or qui en fera le tour (Exode 30.1-3).

Ce petit meuble était d’une taille idéale pour accueillir une belle plante qui égaierait le salon. Alors que l’autel des holocaustes qui se trouve à l’extérieur du Tabernacle est revêtu de bronze, celui-ci est plaqué d’or. Plus on se rapproche du Lieu très saint et plus les matériaux sont précieux. La fumée de l’encens qui brûle et qui s’élève représente les prières qui montent vers Dieu. L’Apocalypse, le dernier livre du Nouveau Testament, nous donne une image qui correspond à la fonction de cet autel des parfums. Je lis le passage :

Un autre ange vint et se plaça sur l’autel. Il portait un encensoir d’or. On lui remit de nombreux parfums pour les offrir sur l’autel d’or devant le trône avec les prières de tous ceux qui appartiennent à Dieu. Et, de la main de l’ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec les prières de ceux qui appartiennent à Dieu (Apocalypse 8.3-4).

Comme je l’ai déjà dit, l’autel des holocaustes situé à l’extérieur du tabernacle annonçait le sacrifice du Christ sur la croix. L’autel des parfums, qui se trouvait dans le sanctuaire, préfigurait l’intercession de Jésus en faveur de ceux qui lui ont fait confiance. C’est le Fils de Dieu qui fait en sorte que les requêtes des croyants atteignent le trône de l’Éternel et le rendent attentif à leurs prières.

Versets 4-5

Je continue le texte.

Tu feras à l’autel deux anneaux d’or, que tu fixeras sous la bordure de part et d’autre, sur les deux parois pour recevoir les barres servant à transporter l’autel. Tu feras ces barres en bois d’acacia plaqué d’or (Exode 29.4-5).

Même ce petit autel était équipé d’anneaux dans lesquels on glissait des barres afin qu’il puisse être transporté dignement, c’est-à-dire sur les épaules de deux Lévites. Parce que c’était un meuble consacré qui servait à l’adoration de l’Éternel, il ne devait pas être jeté pêle-mêle avec d’autres objets quelconques au fond d’un chariot.

Verset 6

Je continue.

Tu placeras l’autel devant le voile qui cache le coffre de l’acte de l’alliance, devant le propitiatoire qui est au-dessus de l’acte de l’alliance, à l’endroit où je te rencontrerai (Exode 30.6).

Cet autel était dans le Lieu saint juste devant le voile qui fermait le Lieu très saint et dans lequel se trouvait le coffre de l’alliance avec son couvercle.

Versets 7-8

Je continue.

C’est sur cet autel que chaque matin Aaron fera brûler le parfum pendant qu’il arrangera les lampes, et chaque soir, quand il les allumera. Vous ferez toujours brûler du parfum devant l’Éternel, de génération en génération (Exode 30.7-8).

La fonction de faire brûler du parfum odoriférant n’était pas réservée au seul souverain sacrificateur, d’autres prêtres pouvaient l’accomplir. Pendant que l’encens était ainsi présenté, le peuple massé à l’extérieur du tabernacle était en prière. C’est exactement la situation qui est décrite par l’Évangile lorsque le futur père de Jean-Baptiste est en train d’exercer son ministère sacerdotal dans le Lieu saint et qu’un ange vient lui annoncer qu’il aurait un fils. Je cite le passage :

Un jour, Zacharie assurait son service devant Dieu : c’était le tour de sa classe sacerdotale. Suivant la coutume des prêtres, il avait été désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y offrir l’encens. À l’heure de l’offrande des parfums, toute la multitude du peuple se tenait en prière à l’extérieur. Tout à coup, un ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel des parfums (Luc 1.8-11).

Seuls les prêtres étaient autorisés à entrer dans le Lieu saint du tabernacle et à offrir le parfum. L’Ancien Testament raconte l’histoire d’un roi de Juda qui avait bien commencé sa carrière, mais l’a très mal finie parce qu’il a usurpé la fonction sacerdotale. Je lis des extraits de ce texte :

Ozias fit ce que l’Éternel considère comme juste. Il s’attacha à Dieu tant que vécut le prophète Zacharie qui lui enseignait comment révérer Dieu. Mais lorsqu’il fut devenu puissant, son cœur se gonfla d’orgueil, ce qui entraîna sa perte. Il fut rebelle à l’Éternel son Dieu car il pénétra dans son Temple pour offrir des parfums sur l’autel des parfums. Le grand-prêtre Azariahou entra derrière lui accompagné de quatre-vingts prêtres de l’Éternel, qui, avec courage, s’opposèrent au roi Ozias et lui dirent : — Ce n’est pas à toi, Ozias, d’offrir l’encens à l’Éternel, mais c’est réservé aux prêtres, descendants d’Aaron, qui ont été consacrés pour cela. Sors du sanctuaire, car tu commets un acte de rébellion et, de par l’Éternel Dieu, cet acte ne sera pas à ta gloire. Alors Ozias, qui tenait un encensoir à la main, se mit en colère contre les prêtres. Au même moment, la lèpre apparut sur son front en présence des prêtres. Le grand-prêtre Azariahou et tous les prêtres le regardèrent et aperçurent des taches de lèpre sur son front. Ils l’expulsèrent immédiatement du Temple, tandis que lui-même se dépêchait de sortir parce que l’Éternel l’avait frappé. Le roi Ozias resta lépreux jusqu’au jour de sa mort et vécut dans une maison d’isolement comme lépreux (2Chroniques 26.3-5, 16-21).

Cette triste histoire nous rappelle qu’il ne faut pas se moquer de Dieu.

Verset 9

Je continue le texte de l’Exode.

Vous n’y offrirez pas de parfum profane ni d’holocauste, ni d’offrande, et vous n’y répandrez aucune libation (Exode 30.9).

Plusieurs interdictions sont liées aux fonctions de l’autel des parfums. Il ne devait pas servir à immoler ou brûler un animal, ni à faire une offrande sous forme liquide, ni servir de présentoir pour des gâteaux de farine. Je lis plus loin le passage qui décrit la composition de l’encens.

L’Éternel dit à Moïse : Procure-toi des essences parfumées : du stacté, de l’onyx et du galbanum ; il y aura avec ces aromates autant d’encens raffiné en quantités égales. Tu en feras faire un mélange parfumé, composé par un parfumeur, ce sera un parfum salé, pur et saint. Tu en réduiras une partie en poudre fine que tu poseras devant l’acte de l’alliance dans la tente de la Rencontre où je te rencontrerai. Ce sera pour vous une chose éminemment sainte. Vous ne ferez pas de parfum de même composition pour votre usage personnel. Vous le considérerez comme une chose sainte, réservée à l’Éternel. Celui qui en fera pour jouir de son odeur sera retranché de son peuple (Exode 30.34-38).

Il était interdit de brûler n’importe quoi sur cet autel. La composition de l’encens utilisé devait suivre l’ordre divin. Le stacté est une résine d’un arbre qui pousse dans la contrée montagneuse de Galaad, à l’est du Jourdain. On l’appelait aussi le baume de Galaad. L’onyx est la carapace d’un mollusque qui, brûlé, répand une odeur agréable, et le galbanum est une gomme-résine extraite d’une plante ombellifère qui pousse en Syrie, en Perse et en Afrique. Lorsqu’on casse la tige, il en coule un jus épais couleur crème au parfum très puissant.

Afin de préserver la séparation entre le sacré et le profane, il fallait maintenir une distinction entre le parfum offert à l’Éternel et celui que les Israélites pouvaient fabriquer et employer pour leur usage personnel. Dieu condamne sévèrement ceux qui voudraient abaisser l’adoration au niveau d’une simple jouissance olfactive. Personnellement, j’aime bien aller dans une belle église où l’encens me taquine subtilement les narines, où je peux admirer les effets de lumière au travers des vitraux, apprécier les peintures et les dessins sur les murs, admirer la finesse des sculptures. Mais le fait que tous mes sens soient en fête ne veut pas dire que je suis en train d’adorer Dieu.

Versets 11-12

Je continue dans ce chapitre.

L’Éternel parla encore à Moïse en ces termes : — Lorsque tu recenseras les Israélites, chacun d’eux donnera à l’Éternel une rançon pour sa vie au moment où il sera recensé ; ainsi ce dénombrement ne leur attirera aucun malheur (Exode 30.11-12).

Les recensements étaient effectués dans le but d’affecter les hommes israélites âgés de 20 ans et plus à certaines fonctions, surtout pour des opérations militaires ou en ce qui concerne les lévites et les prêtres, pour le service cultuel. À cette occasion, l’offrande de cette rançon rappelait que les Israélites appartenaient à l’Éternel et que leurs chefs ne pouvaient pas en disposer à leur guise, par exemple pour mener des campagnes guerrières visant à satisfaire leurs intérêts personnels, leur soif de conquête et de gloire, ce qui arrive immanquablement dans tous les conflits. Cette somme d’argent constituait une sorte d’extension du rachat des premiers-nés qui fut réalisé après la sortie d’Égypte. Cet impôt était annuel et servait à l’entretien des prêtres. Dans l’Évangile, il est demandé au Christ qui l’a payé. Je lis le passage.

Ils se rendirent à Capernaüm. Là, les agents chargés de percevoir l’impôt pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui demandèrent : — Est-ce que votre Maître ne paie pas l’impôt du Temple ? Jésus dit à Pierre : Descends donc jusqu’au lac, lance ta ligne à l’eau, attrape le premier poisson qui mordra, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras une pièce d’argent. Prends-la et donne-la aux agents en paiement de l’impôt pour nous deux (Matthieu 17.24, 27).

Versets 13-14

Je continue le texte de l’Exode.

Chacun de ceux qui seront recensés versera selon la moitié de l’unité de poids en vigueur au sanctuaire une pièce de près de six grammes d’argent, cette pièce sera une offrande pour l’Éternel. Toute personne de vingt ans et au-dessus comptée lors de ce recensement donnera cette offrande pour l’Éternel (Exode 30.13-14).

Les plus anciennes pièces de monnaie retrouvées dans les pays bibliques datent du 7e siècle av. J-C. Avant cela, les transactions commerciales s’effectuaient par le troc : on échangeait des têtes de bétail, du grain, des épices ou des métaux précieux. Les Hébreux ont commencé à utiliser des pièces de monnaie autour de l’an 500 av. J-C. Du temps de Moïse, l’argent comme on le conçoit de nos jours, n’était pas encore en usage. On déterminait le prix de la rançon en pesant le métal argent et en le comparant au poids de l’étalon officiel déposé au sanctuaire.

Versets 15-16

Je continue le chapitre.

Les riches ne paieront pas plus et les pauvres pas moins que cette pièce d’argent, pour acquitter l’offrande due à l’Éternel, en rançon pour votre vie. Tu percevras des Israélites l’argent de cette rançon et tu le destineras à l’entretien de la tente de la Rencontre. Il rappellera à l’Éternel que la rançon pour leur vie a été versée (Exode 30.15-16).

Les âmes des riches et des pauvres ont le même prix aux yeux de Dieu. Il ne fait pas de différence entre eux. Tous devaient donc payer le même poids d’argent pour prix de la rançon de vie. L’Israélite pauvre comme le grand propriétaire terrien devaient tous deux assurer équitablement la charge de l’entretien et du service du tabernacle parce qu’ils en profitaient autant l’un que l’autre. Par contre, pour ce qui est des autres offrandes, leur montant était fixé en fonction des moyens de chacun. En Israël, les hommes adorateurs de l’Éternel devaient être des gens rachetés. Sous l’Ancienne Alliance, ils l’étaient par l’argent qui préfigurait la rédemption spirituelle qui viendrait plus tard en la personne du Christ. Sous la Nouvelle Alliance, il est aussi question des rachetés du Seigneur. Ce sont ceux qu’il s’est acquis en payant leur rachat par le prix fort élevé de sa vie. Je rappelle un passage que j’ai déjà cité :

Vous savez en effet que ce n’est point par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache (1Pierre 1.18).

Seuls ceux qui sont rachetés jouissent du privilège et du devoir d’adorer Dieu.

Versets 17-20

Je continue le texte.

Ensuite, l’Éternel parla à Moïse en ces termes : — Tu feras aussi une cuve de bronze pour les ablutions. Elle sera montée sur un socle du même métal ; tu la placeras entre la tente de la Rencontre et l’autel et tu la rempliras d’eau. Avec cette eau, Aaron et ses fils se laveront les mains et les pieds. Avant d’entrer dans la tente de la Rencontre, ils se passeront à l’eau ; ainsi ils ne mourront pas. De même, lorsqu’ils viendront faire leur service à l’autel pour brûler un sacrifice consumé par le feu pour l’Éternel (Exode 30.17-20).

Dans la cour extérieure au tabernacle, à côté de l’autel des holocaustes, il y avait la cuve de bronze remplie d’eau qui servait aux ablutions des prêtres. Plus loin, il est dit que la matière première pour la fabriquer proviendra des miroirs en bronze appartenant aux femmes israélites. Cette cuve est un autre obstacle sur le parcourt qui mène à Dieu. Bien qu’ayant offert un sacrifice sur l’autel, les prêtres devaient encore purifier leurs mains et leurs pieds dans cette cuve chaque fois qu’ils voulaient entrer dans le Lieu saint. On peut être sûr que tous ceux qui étaient attachés au service de l’Éternel se lavaient chez eux, mais cela ne comptait pas. Cette purification rituelle avait pour but de leur enseigner la nécessité de se présenter entièrement pur devant Dieu, de le vénérer comme étant saint et de redouter la pollution spirituelle due aux transgressions de la Loi. Je cite un texte :

Qui pourra accéder au mont de l’Éternel ? Qui pourra se tenir dans sa demeure sainte ? L’innocent aux mains nettes et qui a le cœur pur, qui ne se tourne pas vers le mensonge, et qui ne jure pas pour tromper son prochain (Psaumes 24.3-4).

Jésus-Christ enseigna ce même principe de pureté totale lorsqu’il lava les pieds de ses disciples. Je lis le passage :

Il versa de l’eau dans une bassine et commença à laver les pieds de ses disciples, puis à les essuyer avec la serviette qu’il s’était nouée autour de la taille. Jésus dit : — Celui qui s’est baigné est entièrement pur, il lui suffit de se laver les pieds (Jean 13.5, 10).

Celui qui s’est baigné, veut dire celui qui a réglé son ardoise avec Dieu, qui a accepté le Christ comme son sacrifice pour le pardon de ses fautes. Mais comme je continue à commettre des écarts de conduite, j’ai besoin de laver mon âme, ce qui se fait par un examen de conscience et la confession à Dieu que j’ai agi de manière répréhensible.