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12 août 2022

Exode 13.20 – 14.18

Chapitre 13

Introduction

Confrontés à la mort, la plupart des gens sont prêts à tout et à n’importe quoi afin d’en retarder l’échéance. Je les comprends. Mais pour ceux qui possèdent l’espérance de la résurrection, cette existence terrestre a moins d’attirance. Joseph, un des 12 fils de Jacob, avait, juste avant sa mort, demandé à ce que sa dépouille soit emmenée lorsqu’Israël quitterait l’Égypte pour la Terre Promise. Sa vision du monde et son espérance reposaient sur les promesses que l’Éternel avait faites à Abraham, Isaac et Jacob. Tous ces hommes étaient extraordinaires. Non seulement ils étaient dotés d’un grand sens pratique dans leur vie de tous les jours, mais en même temps ils voyaient bien au-delà de leur quotidien. Leur horizon était l’éternité parce qu’ils avaient en vue une patrie céleste. Je cite un passage du Nouveau Testament :

C’est dans la foi que tous ces gens sont morts sans avoir reçu ce qui leur avait été promis. Mais ils l’ont vu et salué de loin, et ils ont reconnu qu’ils étaient eux-mêmes étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils recherchent une patrie (Hébreux 11.13-14).

Les valeurs de ces hommes de foi contrastent fortement avec celles de Monsieur tout le monde dont l’existence médiocre consiste à vivre quelques courts instants qui passent bien vite : bistrot, tiercé, sport, weekend, vacances, gueuleton, et un peu de sexe parce que ça tue le temps. Puis il va au fond d’un trou et c’est fini.

Versets 20-22

Je continue l’épopée de Moïse et finis de lire le chapitre 13 de l’Exode.

Les Israélites partirent de Soukkoth et campèrent à Étam, en bordure du désert. L’Éternel marchait à leur tête, le jour dans une colonne de nuée pour leur montrer le chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils puissent marcher de jour et de nuit. La colonne de nuée ou la colonne de feu se trouvait en permanence à la tête du peuple (Exode 13.20-22).

C’est du sein de la nuée, qui les précédait et les protégeait aussi du soleil, que l’Éternel s’adressait à Moïse et au peuple pendant leur marche. Les Israélites sont partis en toute hâte, Moïse les pressait comme s’il pressentait que pharaon risquait de changer d’avis. Ils s’engagent dans le désert, marchent jour et nuit, et traversent la péninsule du Sinaï. Au début, ils ne s’arrêtaient même pas la nuit pour camper. Ils suivent une voie relativement fréquentée qui reliait l’Égypte au pays de Madian, aujourd’hui en Arabie Saoudite. Bien que plat et sans obstacle, ce désert était aride. Je cite un passage :

C’est l’Éternel qui t’a conduit à travers ce vaste et terrible désert peuplé de serpents venimeux et de scorpions, dans des lieux arides et sans eau où il a fait jaillir pour toi de l’eau du rocher le plus dur (Deutéronome 8.15).

Selon l’expédition suédoise dont j’ai parlé, ce rocher fait presque 20 m de haut. Il est fendu depuis le sommet et presque jusqu’en bas avec visiblement à son pied une forte érosion due à de l’eau. Il est fort possible qu’il s’agisse du rocher dont il est question plus loin dans l’Exode. Je cite le passage où l’Éternel parle à Moïse :

Me voici, je me tiens là devant toi sur le rocher en Horeb, tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira. Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d’Israël (Exode 17.6).

Ce rocher est situé un peu à l’ouest du mont Jëbelalaz. Ce sommet de 2 400 m d’altitude est le plus haut de la région et se trouve dans le nord-ouest de l’Arabie Saoudite. Il est probable qu’il s’agisse du fameux mont Horeb ou Sinaï. Malheureusement, on ne peut y faire de fouilles, car l’accès est interdit. À son pied se trouvent également des ruines.

Les Hébreux traversaient un endroit inhospitalier, mais jouissaient du très grand privilège de la présence de l’Éternel au milieu d’eux ainsi que de sa providence continuelle. Juste avant d’entrer en Terre Promise, Dieu leur rappela :

Pendant quarante ans, moi l’Éternel, je vous ai fait marcher dans le désert : ni vos vêtements, ni vos sandales ne se sont usés sur vous (Deutéronome 29.5).

Le chapitre suivant est dramatique, car le peuple va se trouver acculé à la Mer et coincé entre des montagnes au nord et au sud. Les experts se sont longtemps demandé de quelle Mer il s’agissait. Le texte l’appelle la Mer des joncs, ou Mer Rouge, yam suph en hébreu. Dans un livre de l’Ancien Testament, il est dit que le roi Salomon s’est constitué une flotte (à Etsyôn-Guéber, près d’Eilath) sur les bords de la Mer des Joncs, ou Mer Rouge (1Rois 9.26). Or nous savons que vers l’an 950 av. J-C Salomon a fait construire ses navires dans le sud du golfe d’Aqaba, la branche orientale de la Mer Rouge. Elle est appelée Rouge, parce que c’est ce que veut dire Édom, le nom de la nation dont le territoire allait jusqu’au bord de ce bras de Mer. Tout ça pour dire que la Mer Rouge du livre de l’Exode est le golfe d’Aqaba, qui sépare l’Arabie Saoudite de l’Égypte.

Chapitre 14

Versets 1-2

Je commence à lire le chapitre 14 de l’Exode.

L’Éternel transmit ses instructions à Moïse : Parle aux Israélites et dis-leur de revenir camper devant Pi-Hahiroth, entre Migdol et la Mer ; vous dresserez vos tentes en face de Baal-Tsephôn au bord de la Mer (Exode 14.1-2).

Cela fait bien 3 semaines que les Hébreux sont en marche d’ouest en est. Ils ont atteint une région très accidentée formée de petites chaînes de crêtes abruptes qui longent le golfe. Dieu leur demande maintenant de changer de direction et de descendre vers le sud en s’engageant dans le fond d’une série de gorges entrelacées et constituées par des lits de rivières asséchées qui longent le golfe d’Aqaba. Les Israélites sont coincés à l’intérieur de ce labyrinthe qui s’appelle le wadiwatir et qui est entouré de toutes parts de sommets escarpés qui ont jusqu’à 600 m d’altitude. Une fois engagés dans ce méandre sans fin, ils ne peuvent aller ni à droite ni à gauche, ils sont obligés de suivre le fond des gorges.

Après avoir marché une trentaine de km en direction du sud, le canyon s’ouvre tout à coup devant eux et ils sont devant le bras oriental de la Mer Rouge. Cet endroit serait Pi-Hahiroth, mot hébreu qui veut dire bouche de gorges. Ils ne peuvent aller plus loin. C’est là sur la petite péninsule de Nouéva qui avance dans la Mer et qui se présente comme une immense plage recouverte de sable et d’alluvions qu’ils ont ordre de camper. Ce plateau est situé à peu près au milieu de la côte du golfe d’Aqaba et à environ 110 km au nord du détroit où commence la Mer Rouge proprement dite. Cette immense plage facilement reconnaissable sur des photos satellites est suffisante pour accommoder tout le peuple qui a quitté l’Égypte.

Versets 3-5

Je continue le texte. L’Éternel parle à Moïse.

Le pharaon pensera : Les Israélites se sont égarés dans le pays, le désert les tient emprisonnés. Je rendrai obstiné le cœur du pharaon et il se lancera à votre poursuite, mais je manifesterai ma gloire à ses dépens et aux dépens de toute son armée, et les Égyptiens sauront que je suis l’Éternel. Les Israélites se conformèrent à ces instructions. On vint informer le pharaon que le peuple d’Israël avait pris la fuite. Alors le pharaon et ses hauts fonctionnaires changèrent d’avis à leur sujet et dirent : — Qu’avons-nous fait là ? En laissant partir les Israélites, nous avons perdu notre main-d’œuvre ! (Exode 14.3-5).

Il est à nouveau dit que l’Éternel endurcit le cœur du pharaon afin qu’il revienne sur sa décision et se mette à poursuivre les Hébreux. Cette fois-ci, Dieu va lui régler son compte une bonne fois pour toutes. Le roi d’Égypte avait des espions qui suivaient les Israélites à la trace et qui lui envoyaient leur rapport. Tout cela a pris beaucoup de temps que les Hébreux ont mis à profit en marchant d’un bon pas. Le pharaon s’attendait à ce que le peuple emprunte la route qui conduit au pays des Philistins et qui suit la côte méditerranéenne. Il est surpris d’apprendre qu’il est en train de traverser la péninsule du Sinaï. Mais il se dit : en plein désert sous un soleil de plomb, ils sont cuits, figurativement et littéralement, je vais donc les cueillir comme un fruit mûr.

Il faut comprendre le pharaon ; il risque une forte récession, car il a perdu toute sa main-d’œuvre gratuite. Maintenant, ce sont les intérêts économiques qui prennent le dessus. Avec ses hauts fonctionnaires, ils ont déjà oublié la terrible destruction que les 10 plaies ont causée ainsi que la mort des premiers-nés. Il est impensable qu’il ne leur soit pas venu à l’idée que l’Éternel avait peut-être encore une petite surprise pour eux. En fait et comme le dit le texte, Dieu les a rendus obstinés afin qu’ils perdent tout bon sens.

Versets 6-8

Je continue.

Le pharaon fit atteler son char et mobilisa ses troupes. Il choisit six cents de ses meilleurs chars qu’il fit suivre de tous les autres chars d’Égypte : chacun d’eux était pourvu d’un équipage de trois hommes. L’Éternel rendit obstiné le cœur du pharaon, roi d’Égypte, de sorte qu’il se lança à la poursuite des Israélites qui continuaient sans encombre (Exode 14.6-8).

À partir de la 18e dynastie des pharaons, les chars de guerre constituaient le fer de lance des armées égyptiennes. On sait exactement à quoi ils ressemblaient, car on en a trouvé des reproductions peintes sur des tombes datant du 14e siècle av. J-C. Ils utilisaient des chars dont les roues renforcées par du bronze avaient deux ou quatre rayons, ce qui est extrêmement important au regard des découvertes de structures en corail qui ont été faites entre la péninsule de Nouvéa sur le bord de mer égyptien du golfe d’Aqaba et la côte opposée qui est en Arabie Saoudite. Ces corps de corail géométriques épousent exactement les formes et dimensions de ces roues comme je l’expliquerai plus loin.

Malgré les 10 plaies, l’élite de l’armée égyptienne est opérationnelle et forte de 250 000 hommes selon l’historien juif Joseph. Les meilleurs conducteurs de chars suivis d’une formidable cavalerie et de l’infanterie se mettent en action. Les Israélites sont dans une situation intenable, car dépourvus d’armes et ralentis par les enfants et les troupeaux. Il leur est impossible d’offrir une quelconque résistance. L’armée égyptienne, baïonnette au canon, a plusieurs semaines de retard sur Moïse, mais n’ayant rien pour la ralentir, elle se déplace très rapidement. De plus, l’Éternel n’a pas l’intention de les freiner puisqu’il leur a préparé une petite surprise. Pharaon et ses soldats, brides abattues, se dirigent tout droit dans un guet-apens qui leur sera fatal.

Versets 9-10

Je continue le texte.

Les Égyptiens les poursuivirent donc et les rattrapèrent alors qu’ils étaient campés au bord de la Mer ; tous les attelages du pharaon, ses hommes d’équipage de chars et son armée les atteignirent près de Pi-Hahiroth en face de Baal-Tsephôn. Le pharaon s’était rapproché. En regardant au loin, les Israélites aperçurent les Égyptiens lancés à leur poursuite. Ils furent saisis d’une grande peur et poussèrent de grands cris vers l’Éternel (Exode 14.9-10).

Les Égyptiens se trouvaient encore à une certaine distance, quand le vent d’ouest commença à apporter aux Hébreux des sons inquiétants, comme ceux d’une troupe sur le pied de guerre. Des guetteurs israélites ont grimpé sur les pics avoisinants et en s’écarquillant les yeux ils ont vu au loin comme un immense nuage de poussière qui s’avançait dans leur direction. Ils ont tout de suite compris de quoi il s’agissait. Ils étaient littéralement coincés entre le marteau et l’enclume : la Mer devant, une armée en furie derrière et des montagnes escarpées à droite et à gauche qui leur coupaient toute retraite. C’est Waterloo avant l’heure !

Versets 11-12

Je continue.

Puis ils se tournèrent contre Moïse et lui dirent : — N’y avait-il pas assez de tombeaux en Égypte pour que tu nous emmènes mourir dans le désert ? Pourquoi as-tu voulu nous faire sortir d’Égypte ? Nous te l’avions bien dit, lorsque nous étions encore là-bas : « Laisse-nous tranquilles, nous voulons être esclaves des Égyptiens ! » Car mieux vaut pour nous cela que de mourir au désert (Exode 14.11-12).

C’est pathétique ! Le peuple a assisté aux 10 plaies d’Égypte dont il n’a pas souffert. Il a vu les très grands prodiges dont l’Éternel est capable et pouf, tout est oublié ! Le pire encore est que ça fait au moins un mois qu’ils se déplacent avec Dieu présent au milieu d’eux dans la colonne de feu et dans la nuée. C’est désolant ! Dès la première épreuve, les Israélites se retournent contre leur chef. Il est archifaux qu’ils voulaient rester esclaves.

Par contre, il est vrai que, suite à la première intervention de Moïse en leur faveur qui s’était mal passée, les responsables et le peuple lui avaient dit quelque chose comme : Fous-nous la paix et va-t-en ! Il faut dire à leur décharge que, suite à cette confrontation, la charge de travail exigée des Hébreux avait été considérablement augmentée.

Maintenant, ils veulent retourner en Égypte pour y être enterrés, puisque c’est déjà un immense cimetière avec ces pyramides qui marquent des tombeaux et des sarcophages dans tous les coins. Les Égyptiens avaient créé une culture de la mort. Ils sont une parfaite illustration de ce passage du Nouveau Testament :

Par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde et par le péché, la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché (Romains 5.12).

Ce n’est pas très gai, mais ça explique pourquoi les Égyptiens étaient fort avancés dans la science de la mort. Ils avaient aussi créé un système complexe de croyances et de pratiques pour exorciser l’angoisse de l’au-delà. La mort est un sujet banal, mais qui ne se laisse pas banaliser, car elle est constamment d’actualité.

Les Israélites se disent donc prêts à mourir comme esclaves, mais pas sur la plage en défendant leur peau. Face au premier défi, au lieu de placer leur foi en Dieu et en Moïse qui se sont pourtant montrés dignes de confiance, ils pleurent à nouveau. Ce sont de vraies madeleines. Il est vrai que la situation est dramatique et que sans une intervention divine, il va y avoir un massacre suivi d’une longue colonne de déportés retournant en Égypte.

Versets 13-14

Je continue le texte.

Moïse leur répondit : — N’ayez pas peur ! Tenez-vous là où vous êtes et regardez ! Vous verrez comment l’Éternel vous délivrera en ce jour ; ces Égyptiens que vous voyez aujourd’hui, vous ne les reverrez plus jamais. L’Éternel combattra pour vous, et vous, tenez-vous tranquilles (Exode 14.13-14).

Moïse avait foi en Dieu, mais il a quand même des sueurs froides. Dans les Écritures, l’Éternel est souvent dépeint comme un roi menant son peuple au combat. L’Éternel combattra pour vous est une vérité fondamentale souvent répétée dans l’Ancien Testament et qui fut parfaitement illustrée par la libération des Hébreux du joug égyptien.

Versets 15-18

Je continue.

L’Éternel dit à Moïse : — Pourquoi cries-tu vers moi ? Ordonne aux Israélites de se mettre en route. Quant à toi, lève ton bâton, tends la main vers la Mer, fends-la en deux et les Israélites la traverseront à pied sec. De mon côté, je rendrai les Égyptiens obstinés pour qu’ils s’engagent derrière vous. Alors je manifesterai ma gloire aux dépens du pharaon, de toute son armée, de ses chars et de ses hommes d’équipage de chars. Et les Égyptiens sauront que je suis l’Éternel quand j’aurai manifesté ma gloire aux dépens du pharaon, de ses chars et de ses hommes d’équipage (Exode 14.15-18).

Nous voici arrivés au moment décisif. Le peuple s’en prend à Moïse qui crie vers l’Éternel qui s’étonne de toute cette agitation. Où est le problème, demande Dieu à Moïse. Tenez-vous tranquilles et vous allez voir ce que vous allez voir. Lève le camp, tends ton bâton et traversez. Une fois encore, le texte souligne que Dieu va endurcir non seulement le pharaon, mais tous ceux qui sont avec lui afin qu’ils foncent tête baissée dans le piège qu’il leur prépare. Le roi et son armée croient avoir choisi, de leur propre chef et au nom de leur multitude d’idoles, de poursuivre, de rattraper et de ramener en Égypte le peuple d’Israël.

La réalité est toute autre. C’est le Seigneur des cieux qui a pris cette décision. Il va se manifester comme l’Être suprême, le Juge de toute la terre. Dans ce cas précis, il y a les Égyptiens qui vont mourir, mais aussi ceux qui sont restés au pays et qui vont apprendre ce qui est arrivé. Ils vont peut-être finir par comprendre que non seulement l’Éternel a forcé le pharaon à laisser partir les Israélites, mais qu’en détruisant l’élite de leur armée, il a prouvé qu’il est capable de déjouer tous les obstacles, qu’ils soient d’origine naturelle ou dressés par les hommes. À bon entendeur, salut !

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

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