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11 août 2022

Exode 12.34 – 13.19

Chapitre 12

Introduction

Alors que nous louions un appartement à Grenoble puis une maison dans la région lyonnaise, chaque fois nous avons eu la mauvaise surprise de recevoir une lettre recommandée nous informant que nous avions 3 mois pour vider les lieux. Passé le choc, nous avons eu le temps de tout prévoir d’avance : des bras pour nous aider, la location d’une camionnette, les cartons d’emballage et mille autres détails. Mais il peut aussi arriver que pour une raison ou pour une autre, on ne dispose que de 24 heures pour s’en aller avec armes et bagages. Une telle situation précipitée serait très désagréable. C’est ce qui arriva aux Hébreux après que l’Éternel les ait délivrés en frappant l’Égypte de 10 plaies, la dernière ayant tué tous les premiers-nés, hommes et animaux. Maintenant, Israël est forcé de quitter le pays en toute hâte.

Versets 34-36

Je continue à lire dans le chapitre 12 de l’Exode.

Le peuple emporta sa pâte à pain avant qu’elle n’eût levé, ils enveloppèrent leurs corbeilles à pétrir dans leurs manteaux et les chargèrent sur leurs épaules. Par ailleurs, les Israélites s’étaient conformés aux instructions de Moïse : ils avaient demandé aux Égyptiens des objets d’argent et d’or ainsi que des vêtements. L’Éternel leur avait fait gagner la faveur des Égyptiens qui leur avaient donné ce qu’ils demandaient. C’est ainsi qu’ils dépouillèrent l’Égypte (Exode 12.34-36).

Les Israélites ont dévalisé l’Égypte et sont partis avec de grandes richesses comme cela apparaîtra plus tard. Mais ce butin n’est qu’un dédommagement pour les siècles de travaux forcés qu’ils ont endurés.

Versets 37-38

Je continue.

Les Israélites partirent de Ramsès en direction de Soukkoth. Ils étaient environ six cent mille hommes de pied, sans compter les femmes et les enfants. Une foule nombreuse et composite se joignit à eux ; de plus, ils emmenaient un cheptel important de gros et de menu bétail (Exode 12.37-38).

Soukkoth est une ville qui s’appelle Tell-el-Maskhoutah dans le delta du Nil à l’ouest des lacs amers. Les 600 000 hommes de pied sont une approximation. Plus loin est donné le chiffre exact de 603 550 hommes, ce qui avec femmes et enfants représente au moins 3 millions d’âmes sur la route en direction du désert. Pour le moment, ce sont comme des réfugiés en quête d’un pays. Cette troupe comprend aussi des gens de toutes sortes, Égyptiens et étrangers, qui ont profité de ce départ en masse pour quitter le pays pour une raison ou pour une autre. Certains cherchaient l’aventure et d’autres partaient parce qu’ils avaient tout perdu à cause des plaies, alors ils tentaient leur chance vers de nouveaux horizons.

Plus tard, la coexistence des Hébreux avec ces vagabonds se révélera fâcheuse, car il y avait parmi eux beaucoup de faiseurs de troubles, qui seront une grosse épine dans le flanc d’Israël. Ainsi, au moment où surviendront des difficultés, ils seront les premiers à gémir et inciteront les Hébreux à se rebeller contre l’Éternel. Je lis un passage.

Il y avait parmi le peuple un ramassis d’individus qui furent saisis de toutes sortes de désirs. Alors les Israélites, à leur tour, recommencèrent à pleurer en disant : — Ah ! Si seulement nous pouvions manger de la viande ! Nous regrettons le poisson qu’on mangeait pour rien en Égypte ! Et les concombres ! Et les melons ! Et les poireaux ! Et les oignons ! Et l’ail ! (Nombres 11.4-5).

Versets 39-42

Je continue le texte.

Comme ils avaient été chassés précipitamment d’Égypte sans pouvoir préparer de provisions de route, ils n’avaient emporté que la pâte non levée, ils se mirent donc à la cuire pour en faire des galettes sans levain. Les descendants d’Israël avaient séjourné durant quatre cent trente ans sur le territoire de Canaan et en Égypte. Au terme de ces quatre cent trente ans, le jour de la Pâque, toutes les troupes de l’Éternel quittèrent l’Égypte. Comme l’Éternel veilla cette nuit-là, pour les faire sortir d’Égypte, cette nuit est réservée à l’Éternel : ce sera une nuit de veille pour les Israélites dans les générations à venir (Exode 12.39-42).

Le texte dit à nouveau que c’est Dieu qui était à l’origine de ce départ précipité d’Égypte et que tous les ans il faudra fêter cet événement en se réjouissant en l’honneur de l’Éternel.

Verset 43

Je continue.

L’Éternel dit à Moïse et à Aaron : — Voici les prescriptions au sujet de la Pâque (Exode 12.43).

Suit alors toute une série de règles que les Israélites devront respecter comme qui peut participer à la Pâque et dans quelles conditions. Le texte donne un autre détail sur l’agneau pascal. Je lis :

Vous n’emporterez aucun morceau de viande à l’extérieur et vous ne briserez aucun os de l’animal (Exode 12.46).

Cette précision est significative, car ce sacrifice préfigurait le Christ, l’Agneau parfait de Dieu. Je résume un passage de l’Évangile :

Comme on était à la veille d’un sabbat particulièrement solennel, les chefs des Juifs allèrent trouver Pilate pour lui demander de faire briser les jambes des suppliciés et de faire enlever les corps. Quand les soldats arrivèrent à Jésus, ils constatèrent qu’il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. En effet, tout cela est arrivé pour que se réalise cette parole de l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé (Jean 19.31-33, 36).

Le texte exact est :

Le Juste doit passer par beaucoup de souffrances, mais l’Éternel l’en délivre toujours. Il veille sur ses os : aucun d’eux n’est brisé (Psaumes 34.19-20).

Versets 44-51

Je finis ce chapitre que je ne lirais pas. Il souligne que le peuple sortit d’Égypte comme une armée en bon ordre. Ce n’était pas une bande d’esclaves en fuite, mais une nation bien ordonnée en déplacement.

Chapitre 13

Versets 1-3

Nous arrivons au chapitre 13 de l’Exode qui continue le précédent avec des répétitions. Je commence à lire.

L’Éternel transmit ses instructions à Moïse en ces termes : — Consacre-moi tout premier-né qui naîtra parmi les Israélites ; qu’il s’agisse d’un garçon ou d’un animal, il m’appartient. Moïse dit au peuple : — Vous garderez le souvenir de ce jour où vous êtes sortis d’Égypte, du pays où vous avez été esclaves, car l’Éternel vous en a retirés par force. Vous ne mangerez pas de pain préparé à l’aide de levain (Exode 13.1-3).

Le mot traduit par consacrer veut dire séparer, mettre à part une personne ou une chose dans un but religieux. Tous les aînés d’Égypte, hommes et bêtes étaient morts. L’Éternel a adopté Israël comme son fils en épargnant leurs premiers-nés qu’il déclare lui appartenir de droit. C’est d’après cette règle, qui sera plus tard consignée dans la Loi de Moïse, que Jésus, en tant que fils aîné de Marie, fut consacré à Dieu. Je lis le texte :

Les parents de Jésus l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. En effet, il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur (Luc 2.22-23).

Versets 4-6

Je continue le texte.

C’est aujourd’hui, au mois des épis, que vous partez d’Égypte. Lorsque l’Éternel vous aura fait entrer dans le pays des Cananéens, des Hittites, des Amoréens, des Héviens et des Yebousiens qu’il a promis par serment à vos ancêtres de vous donner, une terre ruisselant de lait et de miel, alors vous observerez cette cérémonie, en ce même mois. Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain, et le septième jour vous célébrerez une fête en l’honneur de l’Éternel (Exode 13.4-6).

Dieu fait sortir son peuple d’Égypte pour le conduire en Terre Promise selon la promesse qu’il a faite aux patriarches. Le pays ruisselant de lait et de miel est la description proverbiale de la Terre Promise, pays d’abondance favorable à l’élevage et aux cultures. Cette expression revient 14 fois dans les 5 livres écrits par Moïse. Les peuples cités habitaient le pays de Canaan. Leur liste est donnée ici et là dans les Écritures. Elle n’est jamais complète et comprend de 2 à 12 ethnies différentes.

Versets 7-8

Je continue le texte.

On se nourrira de pains sans levain pendant ces sept jours et on ne trouvera chez vous ni pain levé ni levain dans tout votre territoire. En ce jour-là, vous expliquerez à vos enfants la signification de cette fête en disant : « Tout cela je le fais en mémoire de ce que l’Éternel a fait pour moi quand je suis sorti d’Égypte » (Exode 13.7-8).

Dieu s’adresse à la première génération qui célébrera la Pâque, celle qui est sortie d’Égypte. Ce sont eux qui diront ces paroles à leurs enfants afin que l’observance de cette fête et sa raison d’être passent de génération en génération.

Versets 9-10

Je continue.

Cette fête sera pour vous comme un signe sur votre main et comme une marque sur votre front pour que la Loi de l’Éternel soit l’objet de vos conversations, car c’est lui qui vous a fait sortir d’Égypte par sa puissance. Vous célébrerez ce rite d’année en année au temps fixé (Exode 13.9-10).

L’expression comme un signe sur votre main et comme une marque sur votre front fait allusion à la coutume orientale qui consistait à tracer des inscriptions avec des cendres dans la main droite. Ils écrivaient toutes sortes de choses qui avaient souvent trait à la superstition. Ils faisaient de même sur des étoffes qu’ils portaient autour de la tête. Les Égyptiens ornaient de bijoux leur front et les poignets. D’autres peuples exprimaient leur appartenance ethnique ou religieuse par des tatouages et le port d’objets de piété. Ici, le langage est figuratif.

La Pâque rappellera la délivrance d’Égypte comme le feraient des marques sur le corps. Cette célébration ranimera et ancrera dans leur esprit le souvenir de leur affranchissement. Les cérémonies du 11 novembre, du 8 mai et du 14 juillet, ainsi que les festivités, jouent un peu le même rôle pour les Français. C’est sûr que les révolutionnaires n’avaient rien de divin et que la suite de la prise de la Bastille a dérapé puisqu’elle fut suivie du règne de la Terreur. Cela dit, l’affranchissement du peuple hébreu grâce à l’intervention miraculeuse de l’Éternel n’est pas comparable aux libérations toutes relatives qui sont célébrées dans différents pays du monde.

Versets 11-16

Je continue l’Exode.

Quand l’Éternel vous aura fait entrer dans le pays des Cananéens, comme il vous l’a solennellement promis, à vous et à vos ancêtres, et qu’il vous l’aura donné, vous lui offrirez tout garçon premier-né, et les premiers-nés mâles de votre bétail lui appartiendront. En ce qui concerne les ânes, vous pourrez racheter leur premier-né par un agneau ; si vous ne voulez pas le racheter, vous lui briserez la nuque. Mais vous rachèterez tout garçon premier-né parmi vos enfants. Quand vos enfants vous questionneront en vous demandant : « Que signifie cela ? » vous leur répondrez : « C’est par sa puissance que l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte, où nous étions esclaves. Comme le pharaon refusait de nous laisser partir, l’Éternel a fait mourir tous les premiers-nés en Égypte, les fils aînés des hommes et les premiers-nés des animaux. Voilà pourquoi nous offrons en sacrifice à l’Éternel tous les premiers-nés mâles des animaux et nous rachetons les aînés de nos fils. » Ce rite sera pour vous comme un signe sur votre main et comme une marque sur votre front, car c’est par sa puissance que l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte (Exode 13.11-16).

Ce passage est parallèle au début du chapitre. Par cette répétition, Dieu montre qu’il tient absolument à ce que les Israélites se souviennent de leur condition passée et aussi qu’ils lui présentent leurs premiers-nés comme prémisses de tout ce qui leur appartient. Cette forme d’adoration exprime la suprématie de l’Éternel comme le seul et unique Seigneur, qui a droit à ce qu’il y a de mieux et de meilleur. Les ânes étaient des animaux rituellement impurs, ne pouvant donc pas être offerts en sacrifice. Leur importance économique justifiait leur rachat par des agneaux, l’autre alternative étant leur destruction.

Il va sans dire que les premiers-nés hébreux n’étaient pas sacrifiés, ce qui par contre était pratiqué par les Cananéens et qui justifiera leur extermination. Les fils aînés exprimaient leur appartenance à l’Éternel par une vie qui lui était dévouée. Ces ordonnances étranges de consécration et de rachat étaient destinées à préparer Israël puis l’humanité à accepter le sacrifice que le Messie accomplirait dans la suite des temps. Le Nouveau Testament indique clairement que les croyants sont des rachetés. Je lis quelques passages en les résumant :

Oui, tu es digne, car tu as été mis à mort et tu as racheté pour Dieu, par ton sang répandu, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toutes les nations. Ils ont été rachetés d’entre les hommes pour être offerts comme des premiers fruits à Dieu et à l’Agneau. Vous avez été libérés de cette manière futile de vivre que vous ont transmise vos ancêtres et vous savez à quel prix. Il a fallu que le Christ, tel un agneau pur et sans défaut, verse son sang précieux en sacrifice pour vous. Dès avant la création du monde, Dieu l’avait choisi pour cela (Apocalypse 5.9 ; 14.4 ; 1Pierre 1.18-19).

Voilà achever les directives du Seigneur, qui ont suivi les 10 plaies d’Égypte. La dernière a manifesté avec éclat la victoire de l’Éternel sur pharaon, et par voie de conséquence, celle d’Israël sur l’Égypte. Les Hébreux ont assisté à l’impuissance totale des faux dieux à se défendre contre l’Éternel. Ce vécu devrait les encourager à demeurer fidèles à leur Dieu et à ne pas se tourner vers de vaines idoles. Le texte a expliqué le sens et a défini avec soin tous les détails du repas de Pâque. Son objet est de rappeler de génération en génération, à tous les Israélites, cet événement fondateur de la nation d’Israël qui est également inscrit dans le calendrier religieux. Si les Hébreux sont libres, c’est grâce à l’Éternel.

Versets 17-18

Je continue le texte.

Quand le pharaon eut laissé partir le peuple d’Israël, Dieu ne les conduisit pas par la route du pays des Philistins, bien qu’elle fût la plus directe, car il s’était dit : « S’ils devaient affronter des combats, ils pourraient regretter leur départ et retourner en Égypte. » Il leur fit donc faire un détour par le chemin du désert, du côté de la mer des Roseaux. Les Israélites quittèrent l’Égypte, en bon ordre (Exode 13.17-18).

Les Hébreux étaient davantage des maçons que des guerriers et Dieu en tient compte. La route des Philistins, qui suit à peu près le contour de la Méditerranée vers le nord-est, était jalonnée de forteresses occupées par l’armée de pharaon. D’après des découvertes archéologiques faites en l’an 2000 par une équipe suédoise, les Hébreux ont quitté le delta du Nil en contournant les lacs salés qui sont encore en Égypte, puis sont sortis du pays par le sud en longeant le golfe du Suez jusqu’aux environs du milieu de la péninsule du Sinaï. Ensuite, le peuple l’a traversée en diagonale en direction du golfe d’Aqaba situé au nord du bras droit de la Mer Rouge. Ce trajet était compliqué et on pourrait se dire que l’Éternel aurait pu leur simplifier la vie en faisant quelques miracles ici et là. Mais Dieu n’accomplit des prodiges qu’avec parcimonie, car il ne veut pas passer pour un thaumaturge. Il préfère de loin que les hommes marchent par la foi, ce que Jésus a aussi dit. Je le cite :

À moins de voir des signes miraculeux et des choses extraordinaires, vous ne croirez donc pas ? (Jean 4.48).

Dieu a un plan qu’il suit et il respecte autant que possible les lois naturelles qu’il a lui-même mises en place. Cela dit, les époques du Christ et de Moïse furent des exceptions à ce principe. Mais Dieu désire faire un travail d’équipe avec son peuple. Il cherche toujours à établir une relation avec ses créatures sur les principes de sa grâce et de leur foi.

Verset 19

Je continue le texte.

Moïse emporta les ossements de Joseph, puisque celui-ci en avait solennellement adjuré les Israélites en leur disant : « Dieu ne manquera pas d’intervenir en votre faveur, alors vous emporterez mes ossements avec vous » (Exode 13.19).

Moïse obéit à la dernière volonté de Joseph qui apparaît à la fin de la Genèse. Je la lis en la résumant :

Joseph vécut cent dix ans. À la fin de sa vie, il dit aux siens : — Je vais mourir, mais Dieu ne manquera pas d’intervenir en votre faveur et vous fera remonter de ce pays vers celui qu’il a promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob. Puis Joseph fit prêter serment aux Israélites en leur disant : — Lorsque Dieu interviendra pour vous, vous emporterez d’ici mes ossements (Genèse 50.22, 24-25).

Plus de deux siècles se sont écoulés depuis la disparition de Joseph. Il était mort en héros national, mais aussi, et surtout en héros de la foi. Il croyait que son peuple hériterait de la Terre Promise et il désirait être du voyage parce qu’il voulait être sur place quand il ressuscitera lorsque le Messie viendra pour établir son règne sur cette terre.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

janv. 27 2023

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