Chapitre 56

Introduction

Beaucoup de gens dans le monde sont antisémites sans trop pouvoir en expliquer la raison ; tout ce qu’ils savent est qu’ils n’aiment pas les Juifs. Parfois, c’est par jalousie à cause de leurs richesses ou de leur réussite professionnelle, mais la véritable cause de cet antagonisme invétéré, est qu’ils sont le peuple choisi par Dieu. Pour cette raison, Satan a les Juifs dans le collimateur et il utilise les hommes pour les persécuter. Pourtant, c’est grâce à Israël que les non-Juifs ont accès à la grâce de Dieu. Dans son épître aux Romains, Paul écrit :

Si les Israélites ont trébuché, est-ce pour tomber définitivement ? Loin de là ! Par leur faux pas, le salut est devenu accessible aux païens (Romains 11.11).

Jusqu’ici, dans le livre d’Ésaïe, il a surtout été question du salut pour Israël bien que le augure ait annoncé plusieurs fois que tous les peuples y participeront également. Dans le chapitre 55, l’invitation à saisir la grâce et le pardon de Dieu est adressée à Israël, mais dans le chapitre 56, qui est le complément et le pendant du précédent, cette invitation est adressée aux non-Juifs. Au chapitre suivant, le prophète complète cette double invitation en confirmant que l’offre du salut est pour tous, tout en adressant de sévères reproches aux malfaisants et de redoutables menaces à ceux qui persistent à mépriser l’appel de Dieu.

Verset 1

Je commence maintenant de lire le chapitre 56.

Voici ce que dit l’Éternel : Faites ce qui est juste et respectez le droit, car je vais bientôt vous sauver, je vais faire justice (Ésaïe 56.1).

Ésaïe établit un lien entre le comportement présent et le salut futur de la nation d’Israël lorsque Jésus-Christ établira sur terre son royaume de justice. Mais en attendant, ceux qui ont une foi personnelle doivent la manifester par une vie droite, en se gardant du mal et par le désir sincère d’accomplir la volonté de Dieu. L’étude des Écritures en général et des prophéties en particulier n’a pas pour but de satisfaire notre curiosité ou de nous distraire, mais d’encourager les croyants à mener une vie sanctifiée. L’apôtre Jean écrit :

Mes chers amis, dès à présent nous sommes enfants de Dieu et ce que nous serons un jour n’a pas encore été rendu manifeste. Nous savons que lorsque le Christ paraîtra, nous serons semblables à lui, car nous le verrons tel qu’il est. Tous ceux qui fondent sur le Christ une telle espérance se rendent eux-mêmes purs, tout comme le Christ est pur (1Jean 3.2-3).

Pendant le Millénium, il n’y aura plus de prises d’otages, de meurtres, de viols, d’escroqueries ou de cambriolages parce que le Sermon sur la Montagne qui est beaucoup plus sévère que la loi de Moïse sera strictement appliquée. Par exemple, Matthieu rapporte que Jésus a dit :

Celui qui se met en colère contre son frère sera traduit en justice. Celui qui lui dit “ imbécile ” passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de l’enfer (Matthieu 5.22).

La justice sera alors inflexible, expéditive et administrée sur-le-champ. En contrepartie, on pourra se promener en toute tranquillité dans n’importe quel quartier de toutes les villes du monde. À Jérusalem, dans l’avenue Alléluia et sur le Boulevard de la gloire, les gens rendront grâces au Messie pour tous ses bienfaits ; chacun vivra en paix dans sa vigne et sous son figuier ; ce sera vraiment le ciel sur la terre.

Verset 2

Je continue le texte.

Bienheureux sera l’homme qui (fera ce qui est juste et respectera le droit) agira ainsi, heureux sera celui qui s’y appliquera : qui respectera le sabbat, et ne le profanera pas, et qui s’efforcera de ne faire aucun mal ! (Ésaïe 56.2).

Martin Luther fait observer que les deux commandements de garder le sabbat et de ne faire aucun mal rappellent, l’un, la première table de la Loi avec les cinq premiers commandements, et le second, la deuxième table de la Loi. L’institution du sabbat (Exode 20.8-11) était la base fondamentale de la théocratie israélite et l’un des traits distinctifs du peuple choisi descendant d’Abraham.

Le jour consacré à l’Éternel est un mémorial, une manière de se souvenir de l’alliance qu’il a conclue avec Moïse, et c’est aussi un signe de la fidélité de l’Israélite à son Dieu (Exode 31.13-17). Preuve en est, le refus d’observer le sabbat équivaut à un rejet de l’alliance, ce qui est une faute qui encoure la peine de mort.

Pendant le Millénium, tout homme encore non croyant aura la possibilité de respecter le sabbat et ainsi d’entrer dans l’alliance et être incorporé au peuple de Dieu. Aujourd’hui par contre, nous sommes sous le régime de la grâce. Dans son épître aux Colossiens, l’apôtre Paul écrit :

Ne vous laissez juger par personne à propos de ce que vous mangez ou de ce que vous buvez ou au sujet de l’observance des jours de fête, des nouvelles lunes ou des sabbats (Colossiens 2.16).

Verset 3

Je continue le texte.

L’étranger qui s’attache à l’Éternel ne devra pas se dire : “ L’Éternel m’exclura sûrement de son peuple ”, et l’eunuque non plus n’aura pas à penser : “ Je suis un arbre sec ! ” (Ésaïe 56.3).

« L’arbre sec » évoque l’impossibilité d’avoir une descendance. Sous le régime de l’Ancienne Alliance, les non-Juifs qui adoptent la foi israélite sont admis parmi le peuple de Dieu, mais avec certaines réserves (Deutéronome 23.3-8). Il est probable que ces prosélytes éprouvent un certain sentiment d’infériorité par rapport aux Israélites de souche. Quant aux eunuques, même israélites, ils sont carrément exclus de toutes les assemblées cultuelles (Deutéronome 23.2).

Mais dans le cadre de la Nouvelle Alliance, sous laquelle nous sommes aujourd’hui, qui est éternelle et qui se prolongera évidemment dans le Millénium et au-delà, tout le monde sans exception peut, par la foi en Jésus-Christ, prendre une place pleine et entière parmi le peuple de Dieu.

Versets 4-5

Je continue.

Car voici ce que l’Éternel déclare : À ceux qui sont eunuques, qui respecteront les sabbats que j’ai prescrits, qui choisiront de faire ce qui m’est agréable, et qui s’attacheront à mon alliance, je leur réserverai dans ma maison et dans mes murs une stèle et un nom qui vaudront mieux pour eux que des fils et des filles : je leur accorderai un nom impérissable qui ne sera jamais rayé (Ésaïe 56.4-5).

Pendant le Millénium, l’étranger, l’eunuque et l’Israélite seront sur le même pied d’égalité et devront satisfaire les mêmes exigences de fidélité envers l’Éternel. Sous l’Ancienne Alliance, le nom était perpétué par les enfants mâles. Absalom, un des fils de David, n’ayant aucune progéniture, avait fait ériger une stèle où il a gravé son nom (2Samuel 18.18). Dieu promet aux eunuques quelque chose de semblable qui perpétuera encore mieux leur mémoire que des fils. Cette inscription se trouvera dans le temple et dans les registres d’Israël, et symbolisera l’appartenance des eunuques au peuple de Dieu.

Versets 6-7

Je continue.

Et tous ceux qui sont étrangers et qui s’attacheront à l’Éternel pour le servir, et pour l’aimer et pour être ses serviteurs, qui respecteront le sabbat et ne le profaneront pas, et qui s’attacheront à mon alliance, je les ferai venir à ma montagne sainte et je les réjouirai au Temple où l’on me prie, et j’agréerai leurs holocaustes et autres sacrifices offerts sur mon autel. Car on appellera mon Temple : “ La Maison de prière pour tous les peuples ” (Ésaïe 56.6-7).

Quand Jésus a vidé les marchands ambulants qui avaient transformé le temple en un immense souk, il a dit :

Il est écrit : On appellera ma maison une maison de prière, mais vous, vous en faites un repaire de brigands (Matthieu 21.13 ; comparez Marc 11.17 ; Luc 19.46).

La prière est présentée comme un acte cultuel tellement important que le temple prend le nom de « maison de prière ». Les sacrifices et les holocaustes mentionnés ici sont probablement des offrandes d’ordre spirituel. Dans sa première épître, l’apôtre Pierre écrit :

Puisque vous êtes, vous aussi, des pierres vivantes, édifiez-vous pour former un temple spirituel et pour constituer un groupe de prêtres consacrés à Dieu, chargés de lui offrir des sacrifices spirituels qu’il pourra accepter favorablement par Jésus-Christ (1Pierre 2.5).

Le temple du Millénium ne sera pas réservé aux seuls Israélites, mais aura une vocation universelle, car tous les peuples y seront admis, une nouveauté que le roi Salomon avait déjà anticipée (1Rois 8.41-43 ; comparez Ésaïe 2.2-3 ; Marc 11.17).

Verset 8

Je continue le texte.

Voici ce que déclare l’Éternel, lui qui rassemble les bannis d’Israël : À ceux qui seront déjà rassemblés j’en joindrai d’autres que je rassemblerai aussi (Ésaïe 56.8).

Dans le royaume messianique, le nouveau peuple de Dieu est constitué par les exilés d’Israël auxquels se joignent les non-Juifs convertis. Jean rapporte que Jésus a également exprimé cette pensée quand il a dit :

J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos. Celles-là aussi, il faut que je les amène ; elles écouteront ma voix, ainsi il n’y aura plus qu’un seul troupeau avec un seul berger (Jean 10.16 ; comparez Jean 12.32).

Verset 9

Je continue le texte.

Vous tous les animaux sauvages, venez, repaissez-vous, tous les animaux des forêts ! (Ésaïe 56.9).

Le prophète quitte la gloire du royaume messianique pour revenir sur terre. Alors qu’en général, il parle aux futurs exilés de Babylone(Ésaïe 40 à 66), ici, il s’adresse à ses contemporains. Cette section rappelle beaucoup le genre et le ton des 33 premiers chapitres qui constituent la première grande partie du livre.

Les animaux sauvages représentent les nations païennes qui sont invitées à dévorer le troupeau, c’est-à-dire Israël (comparez Jérémie 12.9 ; Ézéchiel 34.5). Les Assyriens avaient déjà rayé de la carte le royaume israélite des 10 tribus du Nord et ravagé le territoire de Juda, et puis dans l’ombre, se constitue peu à peu l’empire babylonien qui mettra fin au royaume de Juda.

Plus tard, ce sont les Grecs, les Romains, les nations européennes et l’Église catholique qui persécuteront les Juifs. Jérusalem a été détruite plus de vingt fois, et aujourd’hui la ville est assise sur un amas de décombres. Pour aller jusqu’au niveau qui correspond au temps de Jésus-Christ, il faut descendre au moins de dix mètres. Et depuis que les Juifs ont créé l’état moderne d’Israël en 1948, ils n’en finissent pas d’avoir maille à partir avec le monde musulman et leurs déboires sont loin d’être finis.

Verset 10

Je continue le texte.

Les sentinelles d’Israël sont toutes des aveugles : ce sont des ignorants, tous sont des chiens muets qui ne peuvent pas aboyer. Rêvassant, allongés, ils aiment somnoler… (Ésaïe 56.10).

Dans l’ancien Israël, les bergers surveillent leur troupeau à l’aide d’un chien de garde. La nuit, il ne dort que d’un œil et ayant l’ouïe fine, il sait tout de suite si quelqu’un ou une bête féroce s’approche des brebis. Si c’est le cas, il se met à aboyer à plein poumon afin de réveiller son maître.

Les sentinelles sont les dirigeants qui ont pour mission d’éclairer Israël et de l’avertir d’un danger : ce sont en première ligne les prophètes (comparez Ézéchiel 33.1-7), puis viennent les prêtres et les chefs politiques. Ésaïe les compare tous à des chiens muets, paresseux et gloutons, qui négligent de se manifester quand survient un danger. De tels guides aveugles sont monnaie courante au temps d’Ésaïe (Ésaïe 28.7 et suivants) et ils seront nombreux pendant l’exil (Jérémie 29.1-32). Ce violent réquisitoire du prophète contre les responsables d’Israël semble avoir été prononcé sous le règne du roi inique Manassé.

L’apôtre Paul aussi met les croyants en garde contre les chiens (Philippiens 3.2), c’est-à-dire les faux prophètes et les faux frères qui répandent des doctrines contraires à l’enseignement des Écritures et qui sont à l’origine du foisonnement des sectes dites chrétiennes.

Versets 11-12

Je finis de lire le chapitre 56.

Mais ces chiens sont avides et jamais rassasiés, et ce sont des bergers qui ne comprennent rien. Ils suivent chacun leur chemin à la poursuite de leurs gains. Venez, je vais chercher du vin, et nous boirons jusqu’à l’ivresse des boissons fortes, disent-ils. Demain, la fête continue comme aujourd’hui : il reste du surplus en abondance (Ésaïe 56.11-12).

Un dirigeant indigne donne un banquet et promet que les festivités continueront le lendemain. Les responsables d’Israël, politiques ou religieux, se courbent tout bas devant Mammon, le dieu de l’argent. Au lieu de veiller au bien-être du troupeau, ils ne songent qu’à se remplir les poches et à tirer profit de leur position d’autorité aux dépens du peuple (comparez Ésaïe 28.7 ; 5.11-12).

Au vu des affaires qui défraient la chronique et de la conduite générale de ceux qui nous gouvernent, on voit qu’il n’y a décidément rien de nouveau sous le soleil, et que plus ça change et plus c’est la même chose.

Chapitre 57

Introduction

Nous arrivons au chapitre 57 qui est un croisement de chemins ; le premier mène à la vie et l’autre au châtiment. À l’heure actuelle, dans nos pays dits civilisés, les malfaiteurs de tout poil ont la vie belle et prolifèrent parce qu’en démocratie, la justice est faible pour une raison très simple ; elle s’appuie sur la philosophie humaniste selon laquelle, à quelques rares exceptions près, tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil, et donc peut être récupéré. Cette fausse croyance tire sa source des antres de l’enfer. Mais à la fin des temps, les pendules seront remises à l’heure et enfin, justice sera faite comme elle se doit.

Versets 1-2

Je commence de lire le chapitre 57.

Des innocents périssent mais nul ne s’en soucie, et des hommes de bien sont enlevés, sans que nul ne comprenne que les justes sont emportés pour éviter le malheur à venir (SEM). Il entrera dans la paix, il reposera dans sa tombe, celui qui aura suivi le droit chemin (Ésaïe 57.1-2 ; autre).

Pendant que les dirigeants indignes mènent une vie dévolue, les justes du pays disparaissent sans que nul ne se soucie de la menace que renferment ces morts prématurés ; personne ne réalise que ce sont les colonnes de l’édifice social qui disparaissent et que sans eux, la nation va s’effondrer. Dieu est en train de retirer les justes pour les épargner et les soustraire au jugement que la corruption régnante va attirer sur le pays.

Un peu avant que ne commence la période troublée qui conduisit à la destruction de Juda et l’exil babylonien, l’Éternel a dit au bon roi Josias qu’il mourrait afin de ne pas voir le châtiment imminent de Juda (2Rois 22.20). Les justes souffrent quand la corruption et la méchanceté règnent autour d’eux, mais en mourant dans la foi, ils reçoivent leur récompense éternelle.

Quand on a des enfants en bas âge, on ne peut pas s’empêcher de se faire quelques soucis concernant leur avenir ; on se demande à quoi ressemblera le monde quand ils auront atteint l’âge de se débrouiller tout seul. D’ailleurs, il y a des couples qui choisissent délibérément de ne pas avoir d’enfants pour leur éviter les vicissitudes de la vie.

Verset 3

Je continue.

Mais vous, approchez-vous, fils de l’enchanteresse, race adultère, prostituée ! (Ésaïe 57.3).

À partir d’ici, le prophète s’en prend à l’ensemble du peuple coupable d’idolâtrie (Ésaïe 57.3-13). Dans les Écritures, l’idolâtrie est souvent appelée « prostitution » ou « adultère » parce que c’est une trahison à l’égard de l’Éternel et un rejet de l’alliance qu’il a conclue avec Israël. L’enchanteresse désigne les habitants de Jérusalem qui pratiquent la sorcellerie issue du paganisme. La loi de Moïse interdit formellement toutes les formes d’occultisme (Deutéronome 18.10-12 ; comparez Osée 2.4-7 ; Ézéchiel 23.1-49).

Ésaïe considère que sa génération est le fruit de l’union monstrueuse de la Jérusalem du Dieu vivant avec les fausses divinités qui sont vénérées par les Israélites. Dans les religions qui observent les rites de fertilité, les adorateurs s’identifient avec des divinités mâles et femelles en ayant des relations sexuelles avec des prostituées sacrées, ce qui, croient-ils, assure de bonnes récoltes et leur permet d’avoir beaucoup d’enfants ainsi que de nombreux animaux domestiques. Le prophète leur demande de s’approcher de lui afin qu’ils entendent bien l’étendue des malheurs qui vont les frapper.

Verset 4a

Je continue le texte.

De qui vous moquez-vous ? Et contre qui (Ésaïe 37.23) ouvrez-vous grand la bouche, contre qui tirez-vous la langue ? (Ésaïe 57.4a).

Les Israélites font un pied de nez au prophète, mais ce faisant, ils se moquent également de l’Éternel, car les railleries et les outrages qu’Ésaïe subit de leur part remontent jusqu’à celui qui l’a envoyé, le Saint d’Israël.

Versets 4b-6

Je continue.

N’êtes-vous pas des enfants infidèles et une race fourbe, vous qui vous échauffez auprès des chênes et sous chaque arbre vert, vous qui immolez les enfants en sacrifice dans les lits des torrents et les creux des rochers ? Les pierres polies du torrent, voilà ton bien, voilà, voilà ton lot ! C’est pour ces pierres-là que tu as répandu des libations de vin, que tu fais des offrandes ! Et avec tout cela devrais-je avoir pitié ? (Ésaïe 57.4b-6).

Cette description correspond aux pratiques qui ont cours sous le règne des rois impies Ahaz puis Manassé. Les chênes sont des arbres sacrés consacrés à Astarté, la déesse phénicienne de la fertilité. Les Israélites immolent des enfants en l’honneur de Moloc le dieu des Ammonites dans la vallée de Hinnom, et aussi de Baal, la divinité phénicienne (comparez 2Rois 23.10 ; Jérémie 7.31 ; 19.5 ; Ézéchiel 16.20 et suivants). Ce culte horrible, auquel se rattachent certaines cérémonies mystérieuses, se célèbre dans des endroits écartés et sauvages, dans des ravins et des grottes. En plus, les Israélites adorent des cailloux, une pratique en usage chez les Phéniciens et d’autres peuples orientaux. Les idoles des tribus arabes sont généralement des pierres brutes, comme la pierre noire contenue dans le sanctuaire cubique de La Mecque, et qui avant l’Islam représentait la planète Saturne, et était déjà adorée. L’usage était d’oindre d’huile les pierres sacrées, d’y déposer des offrandes et d’accomplir à l’entour diverses cérémonies religieuses. Ce fétichisme sémitique se rapproche des menhirs, ou pierres sacrées, qui servent au culte des morts, qu’on trouve dans le Nord de la France et surtout en Bretagne.

Ésaïe fait ici un jeu de mots intéressant. Il dit : « chalak chélek » ce qui littéralement veut dire : « le caillou est ta part », alors que dans de nombreux passages de l’Ancien Testament, l’Éternel est appelé « la part, la portion ou le partage, de son peuple » (Psaumes 142.6). Au lieu de choisir le Dieu vivant qui devrait être leur portion, les Israélites choisissent des pierres informes. Quelle ignominie ! Mais avant de leur jeter la pierre, c’est le cas de le dire, je dois me demander quelle idole est ma portion.