Chapitre 29

Introduction

La première fois que j’ai vu le film « Les 10 Commandements », il m’a fortement impressionné. Mais quand on lit le récit de l’Exode, on se rend compte que le metteur en scène n’a pas saisi les subtilités du texte. Ainsi, pour les 5 premières plaies d’Égypte, Moïse rapporte que pharaon s’obstine en refusant de libérer les Hébreux, mais à partir de la sixième plaie, on a un changement brusque car il est écrit : « l’Éternel fit que le pharaon s’obstine » (Exode 9.12). C’est fini, Dieu ne lui tend plus la perche parce qu’il a dépassé le point de non-retour ; sa patience est arrivée à son terme ; la possibilité de se repentir est désormais révolue et c’est place au jugement.

Versets 9-12

Je continue de lire dans le chapitre 29 du livre d’Ésaïe en compressant le texte.

Étonnez-vous et soyez stupéfaits ! Aveuglez-vous, et restez aveuglés ! Soyez tous ivres, mais pas de vin, et chancelez, mais non d’avoir trop bu ! Car l’Éternel a répandu sur vous un esprit de torpeur, il a bouché vos yeux — il s’agit des prophètes — il a voilé vos têtes, vous qui recevez des révélations — il s’agit d’hommes qui ont des révélations. Etonnez-vous et soyez stupéfaits ! Aveuglez-vous, et restez aveuglés ! Enivrez-vous, mais pas de vin, et chancelez, mais non d’avoir trop bu ! Toutes les révélations sont devenues pour vous comme les mots écrits sur un rouleau scellé. Donnez-le à un homme qui a appris à lire en lui disant : “ Lis cela, s’il te plaît ”, et il vous répondra : “ Je ne peux pas le lire, le rouleau est scellé ”. Donnez-le à quelqu’un qui n’a jamais appris à lire en lui disant : “ Lis cela, s’il te plaît ”, et il vous répondra : “ Moi, je ne sais pas lire ” (Ésaïe 29.9-12 ; Comparez Ésaïe 22.1-14).

Les verbes : « étonnez-vous, aveuglez-vous, enivrez-vous » sont à la forme réfléchie, ce qui suggère que l’aveuglement est la conséquence d’un jugement ; une incrédulité obstinée produit son propre châtiment.

Ceux qui savent lire sont les prêtres et les prophètes, alors s’ils ne comprennent pas la prophétie d’Ésaïe, ce n’est pas par manque de connaissance, mais parce que leur incrédulité en voile le sens divin (comparez Matthieu 11.25). Quant au commun du peuple, il est ignorant et accueille le discours du prophète avec un manque de foi mêlé de surprise ce qui fait qu’il refuse d’accepter que Jérusalem sera humiliée avant d’être miraculeusement délivrée.

Parce que du plus grand au plus petit, les Israélites ont délibérément choisi de ne pas mettre leur foi en l’Éternel, les prédictions de ses véritables prophètes (Ésaïe, Michée, Osée) sont comme un message scellé inintelligible ou un livre qu’ils ne peuvent pas lire. Par contre, la grande majorité du peuple semble vouloir suivre les faux prophètes et les visionnaires trompeurs. Alors, Ésaïe annonce que Dieu va les frapper d’un aveuglement supplémentaire, ce qui est aussi arrivé au Pharaon comme je l’ai déjà expliqué.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des gens disent qu’ils n’ont pas le temps d’étudier les Écritures ou bien qu’on peut leur faire dire ce qu’on veut, et d’autres excuses encore. Cette attitude est dangereuse, car celui qui ferme ainsi son cœur à la Parole de Dieu court le risque d’être frappé d’aveuglement spirituel (comparez Ésaïe 6.10 ; 19.14 ; Romains 1.28), et alors il croira vraiment n’importe quoi.

Verset 13

Je continue le texte.

Le Seigneur dit encore : Ce peuple se tourne vers moi, mais ce n’est qu’en paroles, et il me rend hommage, mais c’est du bout des lèvres : car au fond de son cœur, il est bien loin de moi, et la vénération qu’il me témoigne n’est faite que de règles que des hommes lui ont enseignées (Ésaïe 29.13).

Quand Ésaïe dit ces paroles, le peuple se rend régulièrement au temple qui est plein à craquer, seulement ces gens sont incrédules et aveugles sur leur véritable condition spirituelle ; le culte qu’ils offrent à Dieu est un formalisme sans réelle piété. Ils ont bien accepté les réformes engagées par le roi Ézéchias mais sans gaieté de cœur (comparez Ésaïe 1.11-15 ; Amos 5.21).

Ce passage a été cité par Jésus selon l’ancienne version grecque, à propos de la superficialité du culte juif de son temps (Matthieu 15.8-9), donc un peu plus de 7 siècles après Ésaïe, ce qui confirme l’adage : « plus ça change et plus c’est la même chose ».

Depuis la nuit des temps, des multitudes célèbrent un culte à leurs dieux et suivent les rites prescrits par leurs croyances, mais ces pratiques n’ont pas le moindre mérite parce que par nature, l’homme étant religieux, il ne fait que suivre ce qu’il est. L’important est d’avoir une relation personnelle avec son Créateur, ce qui ne peut se faire que par le biais de Jésus-Christ, car il est le seul chemin qui mène à Dieu (Jean 14.6) ; ensuite seulement, le culte avec certains rituels, revêt un sens.

Verset 14

Je continue.

À cause de cela, j’étonnerai ce peuple par de nouveaux prodiges, des actes extraordinaires ; la sagesse des sages sera anéantie, l’intelligence fera défaut à ses intelligents (Ésaïe 29.14).

Ce passage est cité par l’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens (1.19). Alors que les grands de la cour ont réussi à convaincre le roi de faire alliance avec l’Égypte pour les protéger des Assyriens (Ésaïe 30.1-2), l’Éternel va envoyer contre eux la toute puissante armée assyrienne et ils verront alors que toutes leurs magouilles ne servent à rien et ne les sauveront pas, car l’Égypte ne bougera pas le petit doigt pour les secourir, et le salut de Jérusalem sera uniquement dû à un prodige que le Seigneur accomplira in extremis.

Versets 15-16

Je continue.

Malheur à ceux qui s’ingénient à cacher leurs desseins à l’Éternel et dont les entreprises se font dans les ténèbres, à ceux qui disent : “ Qui peut nous voir ? Qui nous remarque ? ” Allez-vous inverser les rôles ? Allez-vous prendre le potier pour l’argile, pour que l’ouvrage dise à celui qui l’a fait : “ Je ne suis pas ton œuvre ”, et que le pot affirme au potier qui l’a façonné : “ Tu ne sais pas ce que tu fais ? ” (Ésaïe 29.15-16).

Ésaïe annonce la ruine de ceux qui poursuivent en secret des projets contraires à la volonté de Dieu. L’image du potier est souvent utilisée par les prophètes pour rappeler que le vase ne peut raisonnablement pas se considérer comme l’égal de celui qui l’a fait ; la créature est dépendante et inférieure à son créateur.

Ce blâme du prophète concerne encore l’alliance avec l’Égypte, une faute grave sur laquelle il revient une nouvelle fois dans le prochain chapitre. Comme les grands de Jérusalem savent qu’Ésaïe est fortement opposé à ce projet, ils conspirent en secret contre lui. Mais c’est totalement insensé que de penser un seul instant pouvoir faire quoi que ce soit à l’insu de Dieu.

Versets 17-18

Je continue de lire dans le chapitre 29 d’Ésaïe.

Encore un peu de temps, et le Liban sera transformé en verger, et le verger sera semblable à la forêt. En ce jour-là, les sourds même entendront les paroles du livre et, sortant des ténèbres et de l’obscurité, les yeux des aveugles verront (Ésaïe 29.17-18).

Dans le lointain avenir, quand le Seigneur établira le Millénium, on assistera à un renversement de rôles entre les puissants et les faibles (Luc 1.52) ; l’aveuglement spirituel d’Israël prendra fin et son changement moral sera aussi grand qu’une transformation du Liban en vergers alors que ce pays est normalement couvert de forêts. Matthieu rapporte que Jésus a cité ces paroles en les appliquant à la guérison physique des sourds et des aveugles (Matthieu 11.5).

Versets 19-21

Je continue.

Oui, grâce à l’Éternel, les humbles se réjouiront de plus en plus. Les plus déshérités des hommes exulteront de joie grâce au Saint d’Israël. Car les tyrans auront tous disparu, et les moqueurs ne seront plus, et tous ceux qui sont aux aguets pour commettre le mal seront éliminés, ceux qui condamnent les gens par leur parole, ceux qui tendent des pièges aux juges dans les tribunaux, ceux qui perdent le juste sans aucune raison, oui, tous disparaîtront (Ésaïe 29.19-21).

Pendant le Millénium, la détresse des opprimés se changera en réjouissances et la domination des despotes de tous ordres cessera. Les perversions et la corruption prendront fin (comparez Ésaïe 32.6-7), et les politiciens et les juges ne pourront plus abuser de leur pouvoir comme c’est le cas aujourd’hui (comparez Ésaïe 10.2 ; 1Rois 21).

Versets 22-24

Je finis le chapitre 29.

C’est pourquoi l’Éternel qui a racheté Abraham, dit à la communauté de Jacob : “ Jacob n’aura plus honte, désormais, et son visage n’aura plus à pâlir. Lorsqu’ils verront tout ce que j’aurai accompli au milieu d’eux, ils me reconnaîtront pour Dieu, ils me vénéreront, comme étant le Saint de Jacob, ils me redouteront, moi, le Dieu d’Israël. Ceux dont l’esprit s’égare apprendront la sagesse, ceux qui sont mécontents recevront instruction ” (Ésaïe 29.22-24).

Dans cette conclusion de l’oracle, Ésaïe annonce que le peuple choisi retournera un jour à l’Éternel, tout comme Abraham est sorti du paganisme et a placé sa foi en l’Éternel. Au cours de son histoire mouvementée, à cause de son incrédulité et de son idolâtrie persistante, Israël a souvent fait rougir de honte ses ancêtres qui avaient une foi vivante en l’Éternel. Dieu a sévèrement puni son peuple et ce n’est pas fini.

Aujourd’hui, avec ses couches de villes les unes sur les autres, Jérusalem ressemble à une génoise. Mais un jour, elle sera la ville du Messie, le grand Roi et le Seigneur des seigneurs, et le peuple d’Israël sera alors fidèle à son Dieu (comparez Ésaïe 8.13 ; 10.20 ; 17.7-8).

Chapitre 30

Versets 1-3

Nous arrivons au chapitre 30 qui est le second discours du prophète contre l’alliance de Juda avec l’Égypte. Ce projet d’abord tenu secret (Ésaïe 29.15) est maintenant en voie d’exécution puisque les ambassadeurs d’Israël sont en route pour l’Égypte (Ésaïe 30.2, 4, 6). Je commence de lire ce chapitre 30.

Malheur aux fils rebelles, déclare l’Éternel, qui forment des projets où je n’ai pas de part, qui concluent des traités contre ma volonté pour ajouter ainsi un péché à un autre ! Ils s’en vont en Égypte sans m’avoir consulté pour se mettre en sécurité auprès du pharaon et pour chercher refuge à l’ombre de l’Égypte ! Le refuge du pharaon sera sujet de honte, le refuge que vous cherchez à l’ombre de l’Égypte vous plongera dans une grande confusion (Ésaïe 30.1-3).

L’Éternel est furieux contre son peuple parce que ses dirigeants agissent contre sa volonté en retournant en Égypte (comparez Deutéronome 17.16 ; Ésaïe 31.1), et en plus, ils sont stupides de s’allier avec un pays en plein déclin qui a déjà subi une cuisante défaite contre l’Assyrie.

Versets 4-5

Je continue.

Oui, vos ministres sont déjà à Tsoân et vos ambassadeurs parviennent à Hanès. Mais tous seront honteux à cause de ce peuple : il ne leur sera d’aucune aide, d’aucun secours, d’aucune utilité, mais il fera leur honte et leur fera perdre la face (Ésaïe 30.4-5).

C’est pure folie de la part de Juda de ne pas se confier en l’Éternel et de chercher l’appui d’une puissance qui ne lui sera d’aucun secours. Les émissaires du roi vont bon train d’une ville à l’autre en Égypte. Tsoân (ou Tanis) est la plus grande ville du nord de l’Égypte et la plus proche d’Israël. Située à l’est du delta du Nil, ce fut la capitale de la 25e dynastie. Hanès (plus tard Héracléopolis) se trouve à 100 km au sud du Caire sur une île du Nil dans l’Égypte dite moyenne.

Versets 6-7

Je continue.

Menace au sujet des bêtes du Néguev : À travers un pays de détresse et d’angoisse, dans le pays du lion, oui, du lion rugissant, dans le pays de la vipère et du serpent volant, ils portent leurs richesses sur l’échine des ânes, et leurs trésors sur le dos des chameaux en cadeau à un peuple qui ne peut rien pour eux (SEM). Car le secours de l’Égypte n’est que vanité et néant ; C’est pourquoi j’appelle cela du bruit qui n’aboutit à rien (Ésaïe 30.6-7 ; LSG).

La dernière phrase est littéralement : « vantardise, eux rester assis », ce qui peut aussi être rendu par « dragon de papier ». Les Égyptiens font étalage de leur puissance mais quand Juda sera attaqué, ils ne bougeront pas. Les Israélites des X tribus viennent juste d’en faire l’amère expérience. L’alliance conclue par leur roi Osée avec l’Égypte n’a pas empêché le royaume du Nord d’être effacé de la carte (2Rois 17.4).

Ésaïe dénonce avec ironie le piètre spectacle des ambassadeurs judéens qui sont prêts à tous les sacrifices pour acheter au prix fort une alliance de néant avec l’Égypte (comparez 1Rois 15.19 ; 2Rois 16.7-8) ; et de plus, ils doivent traverser le désert du Néguev, un lieu inhospitalier qui grouille de bêtes sauvages.

Versets 8-11

Je continue.

Viens maintenant, grave cela en leur présence sur une tablette, inscris-le sur un document afin que cela serve de témoin pour les jours à venir, et à toujours, car c’est un peuple révolté, ce sont des fils trompeurs et qui refusent d’écouter la Loi de l’Éternel, qui disent aux prophètes : “ Ne prophétisez pas ”, et à ceux qui ont des révélations : “ Cessez de nous servir des révélations vraies ! Annoncez-nous des choses agréables, que vos révélations nous bercent d’illusions : sortez des bons chemins, quittez les sentiers droits, cessez de nous importuner avec le Saint, Dieu d’Israël ” (Ésaïe 30.8-11).

Le peuple incrédule en a marre d’entendre constamment le même refrain, les mêmes exhortations d’Ésaïe. Alors, ce dernier décide d’écrire sa prophétie afin que qu’au moment de son accomplissement, tout le monde sera obligé de reconnaître qu’il avait parlé de la part de l’Éternel.

Versets 12-17

Je continue le texte en compressant.

Par conséquent, voici ce que déclare le Dieu saint d’Israël : Puisque vous méprisez cet avertissement et que vous vous confiez à la violence et aux intrigues, que vous comptez dessus, à cause de cela, ce péché deviendra pour vous comme une brèche dans un mur élevé : un renflement y apparaît et puis, soudain, le voilà qui s’écroule. Car ainsi parle le Seigneur, l’Éternel, le Saint d’Israël : C’est si vous revenez à moi, si vous restez tranquilles, que vous serez sauvés, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force ! Mais vous ne l’avez pas voulu et vous avez dit : Non, nous fuirons à cheval ! Eh bien : Oui, vous fuirez ! Il ne subsistera que quelques rescapés qui seront comme un mât en haut d’une montagne ou comme une bannière au sommet d’un coteau (Ésaïe 30.12-17).

Quand une lézarde se forme dans un barrage, tôt ou tard, il finit par se fissurer et toute la vallée est noyée. Au lieu d’invoquer l’Éternel, les Judéens se « confient à la violence », c’est à dire qu’ils font des préparatifs militaires et magouillent avec l’Égypte. Cette désobéissance au traité d’alliance de la Loi est la fissure qui va entraîner la ruine de Juda. Ésaïe voit plus loin que la menace assyrienne et aperçoit déjà la fin de la nation et l’exil à Babylone d’où seule une poignée d’Israélites, décrit comme « un mât et une bannière », reviendront.

Versets 18-22

Je continue de lire dans le chapitre 30 en compressant.

Et pourtant, l’Éternel attend le moment de vous faire grâce et il se lèvera pour vous manifester sa compassion, car l’Éternel est un Dieu juste. Heureux tous ceux qui se confient en lui ! Ô peuple de Sion habitant à Jérusalem, tu ne pleureras plus ! Car Dieu te fera grâce quand tu crieras et, lorsqu’il t’entendra, il répondra à ton appel. Alors tu entendras dire derrière toi : — C’est ici le chemin : suis-le, là, va à droite là, va à gauche Tu tiendras pour souillé le placage d’argent recouvrant tes idoles, le revêtement d’or qui orne tes statues : tu les rejetteras comme une chose impure, tu diras : — Hors d’ici ! (Ésaïe 30.8-22).

Ésaïe télescope l’avenir de Juda jusqu’à son retour de l’exil babylonien duquel, dans un premier temps, seulement 50.000 colons et leurs familles reviendront. L’Éternel est un Dieu juste qui doit juger la masse du peuple endurcie, mais il n’y prend aucun plaisir ; ce qu’il aime faire, c’est exercer la miséricorde. Il fera donc grâce à Jérusalem qui ne tombera pas aux mains des Assyriens. Suite à tous ces châtiments, un petit reste aura les yeux ouverts sur le bien-fondé des messages des prophètes et se tournera vers l’Éternel. Ces croyants seront comme les brebis que le berger conduit. Après l’exil, l’idolâtrie disparut en grande partie d’Israël.

Versets 23-26

Je continue en compressant.

Et Dieu accordera la pluie à la semence que tu mettras en terre. Aussi, la nourriture que produira la terre sera très riche et savoureuse, et ton bétail, en ce temps-là, paîtra dans de vastes prairies. Au jour du grand massacre où les tours fortes tomberont, il y aura partout sur les hautes montagnes, sur toute colline élevée, des cours d’eau abondants. La lune brillera du même éclat que le soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus vive. Elle sera pareille à la lumière de sept jours au jour où l’Eternel pansera les plaies de son peuple, où il guérira les blessures entraînées par les coups qu’il a reçus (Ésaïe 30.23-26).

Après les guerres sanglantes de la fin de la « grande tribulation », les puissances ennemies d’Israël seront anéanties et les rescapés entreront dans le Millénium ; alors, la terre connaîtra une abondance extraordinaire. Cette époque de paix et de prospérité clôturera l’histoire de l’humanité, et la nature, affranchie de souffrance et de dévastation, sera élevée à un niveau de vie et de félicité qui n’a encore jamais été (comparez Ésaïe 11.6-9).

Versets 27-33

Je finis de lire le chapitre 30 en compressant.

L’Éternel en personne va venir d’un pays lointain, sa colère est ardente, oui, c’est un nuage oppressant. Il va passer les peuples au crible destructeur. Cependant, parmi vous retentiront des chants comme en la nuit de fête, et vous vous réjouirez comme celui qui monte au son des flûtes, au mont de l’Éternel et vers le rocher d’Israël. L’Éternel fera retentir sa voix majestueuse et l’on verra son bras s’abattre dans le déchaînement de sa colère et dans l’embrasement de son feu qui consume, du sein de la tornade, de la tempête et de la grêle. Car l’Assyrie tremblera en entendant la voix de l’Éternel lorsqu’il le frappera de son bâton. Et l’Éternel lui-même combattra contre lui par des coups redoublés. Déjà, depuis longtemps, le bûcher est dressé, il est prêt aussi pour le roi (d’Assyrie), il est profond et large, le bois est empilé en quantité, le feu est prêt et le souffle de l’Éternel comme un torrent de soufre l’embrasera (Ésaïe 30.27-33).

Au tableau précédent du salut final d’Israël (Ésaïe 30.19-26) répond celui du jugement de l’Assyrie qui représente aussi l’ensemble du monde païen. Ésaïe évoque ici encore la prochaine invasion du pays mais aussi la délivrance miraculeuse de Jérusalem. Israël sera sauvé par l’ange exterminateur qui frappera les Assyriens (Ésaïe 37.36) tout comme il avait fait périr les premiers-nés égyptiens (Exode 12).

Ce châtiment sera si sévère qu’il rappellera les villes de Sodome et Gomorrhe qui furent détruites par une pluie de soufre (Genèse 19.24). L’intervention divine est tellement certaine qu’un bûcher est déjà prêt pour brûler les dépouilles des soldats tués par l’ange de l’Éternel. Il se trouve dans la vallée de Ben-Hinnom au sud de Jérusalem, un endroit sinistre où les rois idolâtres y sacrifiaient des enfants par le feu au dieu Molok (2Chroniques 28.3 ; 33.6 ; 2Rois 23.10 ; Jérémie 7.31-34 ; 19.2, 6 ; 32.35).

Plus tard, ce lieu est appelé « géhenne » et devient la décharge de la ville ; un feu y brûle en permanence de sorte que l’endroit symbolise l’enfer et plus exactement « l’étang de feu ». Dans cette prophétie, le roi assyrien Sennachérib représente aussi la bête, l’Antichrist, et derrière lui Satan qui seront tous condamnés. Dans le livre de l’Apocalypse de Jean, on lit :

Alors le diable (qui les trompait) fut jeté dans l’étang de feu et de soufre : il y rejoignit la bête et le faux prophète et ils y subiront des tourments, jour et nuit, pendant l’éternité (Apocalypse 20.10).

Après avoir été miraculeusement délivré de l’Assyrie, Israël entonnera les cantiques d’actions de grâces qui se chantaient lorsque le peuple se rendait au temple en procession (comparez Psaumes 42.5) à l’occasion des grandes fêtes religieuses (comparez Matthieu 26.30). Quand on y réfléchit et tout compte fait, il n’existe que deux camps : celui de Dieu et l’autre. Choisissons donc le bon.