Chapitre 28

Introduction

C’est dans la nature humaine de casser du sucre sur le dos des absents, ou si on entend quelqu’un démolir son prochain, d’y participer ne serait-ce que par son silence; j’ajouterai qu’on peut même y trouver un malin plaisir. Par contre si c’est moi qui suis dans le collimateur, c’est plus pareil.

Ésaïe commence un long discours en accusant et menaçant Samarie, capitale du royaume israélite des X tribus du Nord. Cette harangue ne déplaît certainement pas à ses auditeurs de Jérusalem, mais maintenant que leurs oreilles sont ouvertes toutes grandes, le prophète dirige sa censure contre eux en commençant par le haut de l’échelle, le dessus du panier. Je continue de lire dans le chapitre 28 du livre d’Ésaïe.

Versets 7-8

En voici d’autres qui sont égarés par le vin et que les boissons fortes font tituber. Oui, prêtres et prophètes, les boissons fortes les égarent, le vin les étourdit et ils titubent sous l’effet des boissons fortes, ils s’égarent dans leurs visions et ils vacillent en rendant la justice. Toutes les tables sont couvertes de leurs vomissements infects et pas un coin n’est resté propre (Ésaïe 28.7-8).

La classe dirigeante de Juda et parmi eux ceux qui se disent prêtres et prophètes, devraient être les premiers à donner l’exemple d’une obéissance sans faille à l’Éternel, mais spirituellement, ils sont tout aussi endurcis que les chefs du royaume du Nord. Ils sont dépeints de façon si vivante que le texte décrit certainement une rencontre entre Ésaïe et un groupe de prêtres et prophètes réunis en conseil.

La loi interdit aux prêtres de boire de l’alcool avant de faire leur service cultuel (Lévitique 10.9, comparez Proverbes 20.1), une règle que de toute évidence, ils ne respectent guère. C’est grave non seulement vis-à-vis de Dieu, mais aussi des hommes parce qu’ils jouent un rôle important en matière de justice ; ce sont eux qui siègent à la cour d’appel et qui décident les ultimes recours (Deutéronome 17.8 et suivants).

Versets 9-10

Je continue.

“ Qui Ésaïe prétend-il enseigner ? s’exclament-ils. Et à qui donc veut-il expliquer son message ? Cela convient tout juste à de petits enfants que l’on vient de sevrer, d’éloigner du sein maternel ? Car c’est ordre sur ordre, ordre sur ordre, et c’est règle sur règle, règle sur règle : un peu par ci, un peu par-là ” (Ésaïe 28.9-10).

En hébreu, l’accumulation de ces répétitions de mots, qui ont toutes les mêmes sonorités, imite quelqu’un qui bégaie. C’est par ces paroles que les buveurs se moquent d’Ésaïe et de ses exhortations incessantes qui, disent-ils, sonnent à leurs oreilles comme un caquetage, un blablabla qu’on répète à des petits enfants.

Verset 11

Je continue.

Eh bien, c’est par des hommes aux propos inintelligibles à la langue barbare, que l’Éternel parlera à ce peuple (Ésaïe 28.11).

Puisque les Israélites et ses dirigeants refusent d’entendre le message du prophète et le traitent de balbutiement enfantin, Dieu leur parlera dans une langue qu’ils ne comprendront pas par un peuple barbare qui va les envahir (comparez Deutéronome 28.49 ; Ésaïe 33.19). Ce passage est cité par l’apôtre Paul dans sa première épître aux Corinthiens (14.21), ce qui montre bien, si on veut être fidèle au contexte, que les langues inconnues ne s’adressent pas à des croyants, mais à des incroyants.

Versets 12-13

Je continue.

(L’Éternel leur) avait dit : “ C’est ici le repos, laissez se reposer ceux qui sont fatigués ; voici l’apaisement ”. Mais ils n’ont pas voulu écouter l’Éternel. C’est pourquoi la parole de l’Éternel sera pour eux : ordre sur ordre, ordre sur ordre, règle sur règle, règle sur règle, un peu par ci, un peu par-là, de sorte qu’en marchant, ils tombent en arrière et se cassent les reins, qu’ils soient pris au filet et qu’ils soient capturés (Ésaïe 28.12-13).

On ne se moque pas impunément de Dieu. Puisque les moqueurs méprisent la parole de l’Éternel qui leur indique le chemin du repos (comparez Jérémie 6.16), Dieu va réellement leur donner ordre sur ordre, règle sur règle, en les livrant à des ennemis cruels qui par des exigences sévères et des ordres incessants leur feront regretter la Loi de l’Éternel qu’ils ont rejetée. Le prophète leur annonce ainsi qu’ils prendront le chemin de l’exil (Ésaïe 8.14-15).

Versets 14-15

Je continue.

C’est pourquoi, écoutez ce que dit l’Éternel, vous, les moqueurs, vous, les chefs de ce peuple, qui régnez à Jérusalem. Voici ce que vous dites : “ Nous avons fait alliance avec la mort et, avec le séjour des morts, nous avons fait un pacte : quand le flot débordant déferlera, il ne viendra pas jusqu’à nous, car nous nous sommes fait du mensonge un abri, et la duplicité sera notre refuge ” (Ésaïe 28.14-15).

En face du péril que représente l’Assyrie, le bon roi Ézéchias cède devant un puissant parti politique qui veut faire alliance avec l’Égypte (2Rois 18.21). Aux yeux des chefs incrédules, c’est la seule planche de salut.

À cette époque, Juda est déjà tributaire de l’Assyrie à qui les dirigeants du royaume ont promis qu’ils ne se rebelleraient pas. Mais ils adoptent des voies tortueuses en faisant de la tromperie l’atout de leur jeu (comparez Ésaïe 29.15). Par leurs machinations, les chefs obtiennent l’aval du roi, une réussite dont ils sont très fiers et se vantent. Mais Ésaïe remet les pendules à l’heure ; il appelle les choses par leur nom et déclare que cette alliance avec l’Égypte est aussi viable qu’un pacte avec la mort.

Verset 16

Je continue de lire dans le chapitre 28.

C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Je vais placer en Sion, une pierre servant de fondation, une pierre éprouvée, une pierre angulaire d’une grande valeur, servant de fondement solide : celui qui la prend pour appui ne sera pas réduit à fuir (Ésaïe 28.16).

Plusieurs fléaux vont submerger Juda : d’abord, les Assyriens (en 701 av. J-C), puis les Babyloniens (en 587) qui mettront fin au royaume que le roi David avait fondé. Devant ces catastrophes, le seul refuge sûr des fidèles est une foi ferme en l’Éternel. Précédemment, Ésaïe a dit de Dieu qu’il est à la foi un sanctuaire et un rocher qui fait trébucher (Ésaïe 8.14).

Pour les croyants, le Seigneur est un abri en tout temps, mais il fait un croc-en-jambe aux moqueurs. Pour remplacer la dynastie de David dont l’existence sera interrompue, Dieu pose une pierre qui est le fondement d’un nouvel édifice qu’il construit ; le royaume messianique. Dans le Nouveau Testament, cette pierre désigne plusieurs fois Jésus-Christ (Luc 20.17-18 ; Romains 9.33 ; Éphésiens 2.20 ; 1Pierre 2.4-8).

À la fin des temps pendant le jugement de « la grande tribulation », tout comme aujourd’hui face à la tromperie religieuse et au chaos spirituel qui règnent dans le monde, la foi en Jésus est la réponse unique et le seul refuge sûr. Quand le jugement tombera, celui qui fait confiance au Christ et en sa Parole « ne sera pas réduit à fuir » ou comme l’ancienne version grecque traduit : « ne sera pas couvert de honte » parce qu’il s’est appuyé sur du faux, du néant, des croyances vaines qui l’ont totalement induit en erreur.

Versets 17-20

Je continue le texte.

J’aurai le droit pour règle, j’emploierai la justice comme mon fil à plomb. La grêle balaiera votre abri de mensonge, les eaux emporteront votre refuge. L’alliance avec la mort que vous avez conclue sera anéantie, et votre pacte fait avec le séjour des morts ne subsistera pas. Quand le flot débordant déferlera, il vous écrasera. Aussi souvent qu’il passera, il vous emportera, car il repassera matin après matin, de jour comme de nuit. C’est par la terreur que je vous ferai la leçon (autre). Vous serez comme un homme dont le lit est trop court pour pouvoir s’y étendre et dont la couverture est beaucoup trop étroite pour qu’il s’en enveloppe (Ésaïe 28.17-20).

L’édifice que Dieu construit est fondé sur le droit et la justice qui sont les règles d’or du règne du Christ sur terre. Tous ceux qui trouvent que les discours du prophète Ésaïe sont fatigants seront obligés d’écouter une autre leçon : celle de la terreur que leur inspireront les hordes ennemies qui envahiront Juda par vagues successives. Bien qu’ils n’aient pas pu prendre Jérusalem, les Assyriens ont pillé le royaume à plusieurs reprises. La métaphore du lit et de la couverture trop étroits signifie que les ressources de Juda contre leurs ennemis font lamentablement défaut, et l’alliance contractée avec l’Égypte est vaine.

Verset 21

Je continue.

Car l’Éternel se lèvera comme au mont Peratsim et il s’indignera comme il s’est indigné dans la plaine de Gabaon pour accomplir son œuvre ; mais quelle œuvre insolite, pour faire son travail, mais quelle tâche étrange ! (Ésaïe 28.21).

Le mont Peratsim se trouve entre Jérusalem et Bethlehem, et Gabaon est à 8 km au nord de la capitale. Ces deux endroits furent le théâtre de deux victoires écrasantes du roi David sur les Philistins (2Samuel 5.20 ; 1Chroniques 14.11, 16).

Tout comme jadis, l’Éternel combattait contre les ennemis de son peuple, maintenant il va s’attaquer à lui à cause de son infidélité. Cependant, l’intention de Dieu de ruiner Juda au lieu de lui assurer la victoire, est incongrue, une action surprenante car contraire à son action passée. Certes, mais l’Éternel est un Dieu saint qui ne pactise pas avec les péchés de son peuple ou des hommes en général.

Le réformateur Martin Luther opposait « œuvre étrange » de l’Éternel à son « œuvre propre ». La première, ce sont les jugements que Dieu exerce et auxquels il ne prend aucun plaisir ; la seconde, son « œuvre propre » décrit son action miséricordieuse de grâce et de salut qu’il lui plaît d’accomplir.

Verset 22

Je continue.

Et maintenant, cessez de vous moquer, de peur qu’on ne resserre les chaînes qui vous lient. Car j’ai appris de l’Éternel, le Seigneur des armées célestes, que la destruction de tout le pays a été décidée (Ésaïe 28.22).

Le juge de toute la terre a prononcé une sentence irrévocable (comparez Ésaïe 10.22-23). Il s’agit de la mise à sac du royaume de Juda par le roi assyrien Sennachérib (en 701 av. J-C).

Versets 23-29

Je finis de lire le chapitre 28 du livre d’Ésaïe.

De toutes vos oreilles, écoutez-moi ! Écoutez ma parole bien attentivement : Quel laboureur laboure la terre en tout temps pour y semer ? Passe-t-il tout son temps à tracer des sillons et à herser le sol ? Après avoir aplani la surface, il y répand l’aneth et sème le cumin, il met le blé en lignes, puis l’orge au bon endroit, l’épeautre enfin à la lisière. C’est son Dieu qui l’instruit des règles qu’il doit suivre et c’est lui qui l’enseigne. Car on ne foule pas l’aneth à l’aide d’un rouleau, on ne fait pas non plus passer une roue de chariot par-dessus le cumin, mais on bat l’aneth au bâton, on bat le cumin au fléau. Il est vrai qu’on broie le froment pour en faire du pain, mais on ne le bat pas sans fin. On fait passer dessus la roue et le traîneau, mais les chevaux n’écrasent pas le grain sous leurs sabots. Tout cela vient de l’Éternel, le Seigneur des armées célestes. Son plan est merveilleux, sa sagesse est immense (Ésaïe 28.23-29).

Avec deux paraboles tirées du monde agricole, l’Éternel annonce par la bouche de son prophète que les jugements ont un caractère temporaire et mesuré, qu’il utilise des moyens adaptés envers son peuple et que son action a pour finalité le salut d’un reste de fidèles. Le cultivateur ne laboure pas pour labourer, mais cette opération réalisée, il passe aux semailles dans le champs qui a été ainsi préparé.

Pareillement, Dieu ne punit pas pour punir, mais pour préparer son peuple au salut et à de nouvelles bénédictions. Comme le laboureur accomplit ses diverses tâches au moment convenable, de même, il y a un temps pour punir et un temps pour bénir. Le châtiment du peuple de Dieu ne durera donc pas. Ésaïe fait en outre remarquer que lors des semailles, le cultivateur traite chaque espèce de céréale d’une certaine façon ; de même, Dieu agit en fonction des objectifs qu’il a fixés pour chacun de nous.

Dans sa méthode, le laboureur ne fait qu’obéir aux lois de Dieu révélées dans la nature ; en conséquence, il va sans dire que le Créateur qui inspire au cultivateur cette sagesse est lui-même sage dans les procédés éducatifs qu’il emploie à l’égard de son peuple, de chaque communauté de croyants et de chacun de nous. Une fois les semences ou les plantations arrivées à maturité, la récolte se fait en fonction de l’espèce.

Le rouleau est une lourde pièce de bois hérissée de pointes attelées à des bœufs et qui sert à fouler le grain. Mais on ne l’utilise pas pour des plantes délicates qui elles, sont battues à la main. Quant au grain qui passe sous le rouleau, il n’est que partiellement écrasé. Tout comme ces grains ne sont pas entièrement broyés, de même le peuple de Dieu ne sera pas exterminé. Les moqueurs seront châtiés avec rudesse, mais les fidèles seront jugés avec ménagement.

Par les traitements divers et variés que Dieu fait subir à son peuple, il le fait mûrir et dégage ainsi de l’enveloppe, de l’Israël charnel, un reste de rescapés qui sera sauvé.

Peut-être que vous ne travaillez pas la terre, mais peu importe ; si Dieu œuvre dans la vie de quelqu’un qui a la caboche rude, il va serrer les boulons jusqu’à faire plier le cou le plus raide. Avis aux amateurs. Quant à celui qui persiste dans sa rébellion, tôt ou tard il sera irrémédiablement brisé (Proverbes 29.1). Ce passage tiré du monde agricole est aussi élevé dans son enseignement que simple et familier dans sa forme ; il rappelle en cela et à plus d’un égard les paraboles de Jésus.

Chapitre 29

Introduction

Nous arrivons maintenant au chapitre 29 où Ésaïe annonce l’invasion prochaine de Juda par les Assyriens (en 701 ; comparez Ésaïe 1.6-8). Il prédit que Jérusalem sera assiégée et menacée d’être détruite, mais qu’au moment de la plus grande détresse, l’Éternel délivrera miraculeusement la ville sainte. Cette prophétie a pour but de mettre à plat la fausse confiance des moqueurs et de consoler les fidèles.

Versets 1-2

Je commence à lire.

Malheur à la cité-Autel, à la cité-Autel contre laquelle David a installé son campement (SEM). Ajoutez année à année, laissez les fêtes accomplir leur cycle (SER), (puis) j’assiégerai la ville-Autel, elle ne sera plus que plaintes et gémissements. Oui, je ferai de toi comme un autel (Ésaïe 29.1-2).

Après un cycle complet des grandes fêtes, c’est-à-dire dans environ un an, cet oracle s’accomplira. Il est probable qu’Ésaïe a prononcé ce discours juste avant la fête de Pâques qui ouvre l’année religieuse ; il dit donc que l’invasion du royaume aura lieu à la fin des pluies du printemps prochain, l’époque de l’année où ceux qui rêvent de conquêtes ont coutume de se mettre en campagne guerrière.

Le mot « Ariel » traduit par « cité-autel » (comparez Ézéchiel 43.15-16) est un nom symbolique qui est appliqué à Jérusalem et qui veut dire « lion de Dieu » (2Samuel 23.20). Il est vrai que le lion est l’emblème du roi David et dans le livre de l’Apocalypse (5.5), Jésus-Christ est appelé « le lion de la tribu de Juda ». Mais « Ariel » désigne également le foyer (Lévitique 6.12-13) de l’autel des holocaustes qui se trouve à l’entrée du sanctuaire juif, le Lieu saint du temple. Si Ésaïe appelle ainsi Jérusalem, c’est parce qu’elle va subir un jugement si sévère que ses habitants seront comme des victimes offertes sur l’autel des sacrifices.

Versets 3-4

Je continue le texte.

J’établirai mon campement en cercle autour de toi et je t’assiégerai avec des ouvrages de siège, élevant contre toi des fortifications. Tu seras abaissée et c’est depuis la terre que montera ta voix, oui, ta parole sera plus basse que la poussière. Ta voix sortira de la terre comme celle d’un revenant, et ta parole montera du sein de la poussière tout comme un sifflement (Ésaïe 29.3-4).

Le prophète insiste sur le fait que ceux qui vont assiéger Jérusalem ne sont que de simples exécutants de l’Éternel (comparez Ésaïe 10.5). On sait que le royaume de Juda fut envahi par les Assyriens et sa capitale complètement coupée de toutes communications avec le monde extérieur, mais l’assaut ne fut jamais donné. L’angoisse sera quand même extrême, et l’orgueil des habitants de la ville abaissé jusqu’à terre.

Ésaïe compare les gémissements de ses habitants (comparez Ésaïe 3.26) à ceux d’un médium qui est censé prêté sa voix à l’esprit d’un mort, une description appropriée puisque la nécromancie est largement pratiquée en Juda.

Versets 5-8

Je continue le texte.

La foule de tes ennemis sera comme une fine poudre, la multitude des tyrans comme la paille qui s’envole. Cela se produira soudain, en un instant. Le Seigneur des armées célestes interviendra pour toi avec le fracas du tonnerre, des tremblements de terre, et un bruit formidable, la tempête et le tourbillon, la flamme d’un feu dévorant. Comme il en est d’un songe, d’une vision nocturne, ainsi en sera-t-il de toutes les nations nombreuses qui attaquaient la ville-Autel, qui combattaient contre elle et contre ses remparts, qui l’assiégeaient. Il en sera comme d’un homme qui serait affamé et rêverait qu’il mange, mais lorsqu’il se réveille, il a le ventre creux, ou comme un assoiffé qui rêverait qu’il boit, et lorsqu’il se réveille, il se sent épuisé, il a la gorge sèche. Ainsi en sera-t-il de ces nations en foule qui combattent contre le mont Sion (Ésaïe 29.5-8).

Ésaïe annonce la délivrance de Jérusalem. Quoique les ennemis soient innombrables, ils vont disparaître en un clin d’œil comme de la poussière balayée par un coup de vent. Leur présence sera semblable à un cauchemar qui s’évanouit au réveil. Alors que les assaillants croient déjà que la prise de Jérusalem est imminente, ils seront amèrement déçus, et seront comme celui qui rêve et croit être en train de manger et de boire mais se réveille la bouche sèche et le ventre creux.

En 701 av. J-C, alors que le roi assyrien Sennachérib encercle la ville, la nuit avant l’assaut, l’ange de l’Éternel descend dans le camp des assaillants et au réveil, 185 000 hommes de guerre manquent à l’appel (comparez Ésaïe 10.16, 24-27 ; 14.25 ; 17.12-14 ; 30.28 ; 37.33-37). Les survivants ont aussitôt plié bagage. Ce n’est que 125 ans après cet incident que Jérusalem est investie par Nabuchodonosor (586 av. J-C). À partir de ce moment-là a commencé un jugement d’Israël qui n’est toujours pas terminé. Dans son histoire, Jérusalem a été assiégée au moins 27 fois par des puissances étrangères et très souvent détruite. De nos jours, les rues de la ville sont situées au moins à quinze mètres au-dessus de leur niveau au temps de Jésus, parce qu’elle a été reconstruite sur les ruines de ruines. Certes, Jérusalem est de temps en temps en rémission et connaît des moments, sinon de paix, tout au moins d’absence de guerres. Mais même aujourd’hui, la ville n’est pas entièrement aux mains des Juifs qui sont obligés de tenir compte de considérations politiques et religieuses. Le temple n’est pas reconstruit et là où il devrait être se trouve la Mosquée d’Omar (construite en 671 ap. J-C).