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20 sept. 2024

Éphésiens 2.8-13

Chapitre 2

Introduction

Dans les Maximes, La Rochefoucauld écrit : « La bonne grâce est au corps ce que le bon sens est à l’esprit. » En français, le mot « grâce » est utilisé à pas mal de sauces, d’un titre de noblesse à la locution « grâce à » en passant par les trois déesses qui personnifient le don de plaire ; c’est dans ce dernier sens que La Rochefoucauld l’utilise ; il veut dire : « charme, attrait, douceur, harmonie, élégance, beauté, finesse. » Mais « grâce » est aussi synonyme de faveur, reconnaissance ou de bonne volonté. Dans le Nouveau Testament, ce mot veut toujours dire une faveur imméritée qui est à la base du pardon divin, et dans son épître aux Éphésiens, l’apôtre Paul a souvent la grâce de Dieu à l’esprit et donc sous sa plume.

Versets 8-9

Je continue à lire dans le second chapitre de l’épître aux Éphésiens.

Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter (Éphésiens 2.8-9).

En latin : « Sola gratia, sola fide » ; par la grâce seulement, par la foi seulement. Paul a déjà dit que nous étions spirituellement morts à cause de nos faux pas et de nos manquements, c’est à dire de nos péchés, mais Dieu, à cause de l’extraordinaire richesse de sa grâce, nous a fait revivre en Christ. Il a ressuscité les croyants et les a fait asseoir ensemble avec Jésus dans les lieux célestes. Et un jour, tous les rachetés seront dans le royaume de Dieu comme trophées de sa grâce et pour la gloire de son nom. Rien de tout cela n’est dû à un quelconque rite, mérite personnel, ou accomplissement.

Pressé par la vérité et le besoin de son cœur d’attribuer toute l’œuvre du salut exclusivement à la grâce de Dieu, l’apôtre y revient donc, et il insiste. On ne répétera jamais assez que c’est la grâce et rien d’autre qui est la base du salut et on ne peut la saisir que par la foi. La grâce n’est pas une œuvre, mais un moyen par lequel on accepte le salut gratuit de Dieu. Un jour, j’ai entendu quelqu’un, qui expliquait la différence entre la grâce et la foi ; il comparait la grâce à l’eau qui est sous pression dans les tuyaux et qui ne demande qu’à sortir, et la foi, aux robinets qu’on actionne et qui sont le moyen par lequel on se procure l’eau qui coule librement.

La grâce est une faveur imméritée, ce qui veut dire qu’elle est accordée à quelqu’un qui n’en vaut pas la peine et ne mérite rien. C’est là ce qui fait pour nous toute la valeur de la grâce de Dieu car nous n’avons aucune autre espérance d’être sauvés. Parce que la grâce de Dieu se trouve en Jésus-Christ et repose sur son sacrifice parfait, ceux qui placent leur confiance en lui peuvent être assurés de leur salut. Celui qui croit ou qui dit posséder la vie éternelle n’est pas présomptueux et il ne présage pas de l’avenir, puisque, et comme je le dis et répète, le don de la vie éternelle ne repose ni sur ma bonne volonté à bien faire ni sur ma fidélité à Dieu, mais sur Jésus-Christ seul et sur son sacrifice. Dans son épître aux Philippiens, Paul écrit :

J’en suis fermement persuadé : celui qui a commencé en vous son œuvre bonne la poursuivra jusqu’à son achèvement au jour de Jésus-Christ (Philippiens 1.6).

Avec chaque vrai croyant, Dieu s’engage dans un projet qu’il a bien l’intention d’achever et que nul dans l’univers ne peut l’empêcher de le mener à terme. Comme je l’ai déjà dit, quand Dieu commence avec 100 brebis, il finit avec 100 et il n’en perd aucune en route. Si son enfant s’éloigne de lui, il s’arrangera d’une manière ou d’une autre pour qu’il rentre au bercail. Donc, puisque le salut ne dépend pas de moi, mais que c’est un don de la grâce de Dieu qui repose sur le sacrifice de Jésus, celui qui met sa confiance en lui peut dire avec assurance : « Je suis sauvé », et non pas : « peut-être ou j’espère », ou pire encore : « je fais tout mon possible. » On peut comprendre la grâce de Dieu comme son amour à l’œuvre ou en action. Dans son commentaire sur l’épître aux Éphésiens, un professeur et auteur de théologie (Lewis Sperry Chafer) écrit : « On peut faire une distinction très nette entre l’amour plein de compassion que Dieu manifeste envers les pécheurs, et la grâce qu’il leur offre en Jésus-Christ. L’amour de Dieu et sa grâce ne sont pas une seule et même chose. Dieu aime les pécheurs avec une compassion démesurée et pourtant, à cause des exigences de sa sainteté et de sa justice outragées, il ne peut pas les délivrer de sa colère et d’une malédiction juste. Cependant, si l’amour pouvait donner au pécheur tout ce que la sainteté et la justice bafouées exigent de lui, l’amour de Dieu serait alors libre de s’exprimer sans entrave en faveur de ceux qui sont condamnés. C’est ce que Jésus a réalisé sur la croix en prenant sur lui le châtiment réservé aux coupables. Par ailleurs, la grâce divine manifestée dans le salut est l’expression de la compassion de Dieu en faveur du pécheur. Elle peut s’exercer librement parce que le juste jugement du péché a déjà eu lieu grâce au sacrifice de Jésus-Christ. L’amour divin désire sauver, mais en est incapable à cause des exigences de la justice ; mais la grâce divine est libre d’agir puisque Christ est mort. Bien que l’amour et la miséricorde de Dieu soient, tout comme sa grâce, mentionnés dans la lettre aux Éphésiens, l’objectif éternel de Dieu n’est pas seulement la manifestation de son amour, mais plutôt celle de sa grâce. »

De son coffre à trésor infini, Dieu prodigue sa grâce aux pécheurs sans aucune retenue. La seule part de l’homme dans le salut est la foi, qui est le moyen de se l’approprier, mais qui, je le répète, n’est pas assimilable à une œuvre, surtout qu’elle aussi, procède de Dieu. En effet, la foi ne vient pas de moi non plus mais c’est un don que Dieu fait à ceux qu’il a choisis pour la vie éternelle. Mais alors, me direz-vous, puisque tout est don du ciel, le jour du grand jugement, un non-croyant ne pourra-t-il pas dire avec raison que Dieu est injuste de le condamner ? Non et sa culpabilité reste entière, parce qu’il n’a pas accepté et ne s’est pas soumis à l’enseignement des Écritures. Dans son épître aux Romains, Paul écrit :

La foi vient de ce qu’on entend (ou comprend) et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu (Romains 10.17).

L’apôtre illustre ce principe en prenant Moïse comme exemple. En effet, suite à ses rencontres avec l’Éternel, ce grand législateur se couvrait la face avec un voile, mais ce n’était pas parce qu’il aveuglait tout le monde sur son passage comme les phares d’une voiture la nuit, mais parce qu’il ne voulait pas que le peuple hébreu voie disparaître la gloire passagère de son visage. Or, aujourd’hui, la gloire de Dieu en Jésus-Christ n’est ni passagère, ni cachée puisque la Bonne Nouvelle de l’Évangile est disponible partout, et pour quiconque veut l’entendre.

Dans sa seconde épître aux Corinthiens, l’apôtre dit :

L’esprit des Juifs est devenu incapable de comprendre, car lorsqu’ils lisent l’Ancien Testament, ce même voile (qui leur cache la gloire de Dieu) leur couvre l’esprit ; il ne leur est pas ôté, car c’est dans la foi en Jésus-Christ qu’il est levé (2Corinthiens 3.14-15).

La foi est la capacité de croire, que Dieu donne à quelqu’un quand avec sincérité de cœur et en toute honnêteté intellectuelle, il examine la personne et l’œuvre de Jésus. Il va sans dire que ce ne sont pas les excuses qui manquent pour ne pas croire, mais elles sont toutes aussi mauvaises les unes que les autres. Le problème de certains est qu’ils sont ancrés dans un style de vie condamnable qu’ils ne veulent pas lâcher. Ceux-là n’auront la foi que le jour où ils seront dégoûtés de leurs péchés ; alors ils se tourneront vers Jésus.

D’autres disent avoir des difficultés d’ordre intellectuel avec les Écritures : c’est l’arche de Noé, la baleine de Jonas, le dragon crachant le feu dont parle Job, le sort éternel de ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus, etc. En réalité, ces objections sont le plus souvent un masque qui cache le vrai problème qui lui, est d’ordre moral. Même les croyants se débattent plus ou moins avec des questions sans réponses ; c’est mon cas. Par exemple, le département de psychologie d’une grande université (Duke) a découvert que la seconde raison pour laquelle les gens sont mentalement instables et émotionnellement perturbés est qu’ils passent une grande partie de leur temps à ruminer des erreurs ou des fautes passées, alors qu’ils pourraient simplement les déposer au pied de la croix, car alors, Jésus-Christ s’en chargerait.

Dans le langage courant on entend parfois dire : « Il n’y a que la foi qui sauve. », et c’est bien vrai pour ce qui est du salut éternel. Pour obtenir le pardon de ses fautes, il est indispensable, nécessaire et suffisant d’avoir la foi en Jésus-Christ. Un grand prédicateur (Spurgeon) a dit : « Ce n’est pas la joie en Christ qui te sauve ; c’est le Christ. Ce n’est pas non plus ta foi en Christ bien qu’elle en soit l’instrument ; c’est le Christ. C’est le mérite et le sang du Christ. »

Verset 10

Je continue le chapitre 2 aux Éphésiens.

Car nous sommes le chef-d’œuvre de Dieu ; car par notre union avec le Christ, Jésus, Dieu nous a créés pour que nous accomplissions les bonnes œuvres qu’il a préparées à l’avance (Éphésiens 2.10).

Voilà, exposé avec admirable clarté, le rapport des œuvres et de la foi chez le chrétien.

Avec ces « bonnes œuvres préparées à l’avance », on retrouve une nouvelle fois le thème de l’élection et du plan de Dieu. Seulement ici, il est appliqué non plus au salut, mais au style de vie que nous devons mener, et au service auquel Dieu nous appelle. Le mot grec traduit par « chef-d’œuvre » a donné « poème » en français. L’ensemble des croyants, et donc l’Église, est la nouvelle création, l’expression artistique, le chef-d’œuvre et le poème que Dieu a réalisés. Le salut entraîne une transformation réelle et profonde du croyant qui est façonné et préparé par Dieu afin qu’il accomplisse les bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance pour sa gloire.

Plus loin dans l’épître, l’apôtre traite des bonnes œuvres en détail. Il faut bien insister sur le fait que c’est le salut d’abord et les bonnes actions ensuite. Les œuvres n’entrent absolument pas dans le salut ; elles n’en sont pas la cause mais l’effet. Avant qu’un être humain puisse accomplir une œuvre agréable à Dieu, il faut d’abord qu’il ait lui-même été l’œuvre de Dieu, créés de nouveau en Jésus-Christ ; c’est la nouvelle naissance ou naissance d’en-haut (Jean 3.3 ; 2 Corinthiens 5:17). Il ne faut donc pas mettre la charrue avant les bœufs et croire qu’en faisant quelque chose de bien, on peut mériter le salut ou quoique ce soit du Seigneur.

Pour les croyants, Dieu a préparé une voie pavée de bonnes œuvres qu’il accomplira par eux et en eux. C’est Dieu qui réalise ses objectifs par l’intermédiaire de son Église et de ses enfants, et c’est un immense privilège que de participer ainsi à l’avancée de son royaume.

Verset 11

Je continue le texte.

C’est pourquoi, vous qui portez, dans votre corps, la preuve que vous n’êtes pas des Juifs et qui donc êtes traités d’“ incirconcis ” par ceux qui se disent “ les circoncis ” à cause d’un rite accompli sur leur corps et par des hommes, rappelez-vous quelle était votre situation autrefois (Éphésiens 2.11).

Paul s’adresse aux croyants d’origine païenne qui constituent très certainement la majorité des destinataires de cette épître.

La circoncision est le signe de l’alliance conclue entre l’Éternel et Israël, et les païens en sont exclus. En choisissant Abraham comme chef de file d’une lignée qui lui appartient, Dieu avait établi une rupture et une forte distinction entre les Juifs et les autres peuples. Ce clivage, cette différentiation a duré jusqu’à la descente du Saint-Esprit à la Pentecôte. La circoncision constituait une grande barrière sociale et spirituelle entre Juifs et non-Juifs, deux groupes qui se vouaient une haine profonde. Bien qu’un païen puisse se convertir au judaïsme, jamais il ne pouvait devenir juif et restait donc prosélyte toute sa vie.

Verset 12

Je continue le texte.

En ce temps-là, vous incirconcis étiez sans Christ, vous n’aviez pas le droit de faire partie du peuple d’Israël, vous étiez étrangers aux alliances conclues par Dieu pour garantir sa promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde (Éphésiens 2.12).

C’est la seconde fois dans ce chapitre (comparez Ephésiens 2:1-8) que l’apôtre établit un parallèle entre l’état de ténèbres et de mort où vit le païen, c’est à dire l’homme naturel, et les glorieux privilèges du peuple de Dieu qui jouit de ses grâces.

En grec, le mot pour « incirconcis » est « prépuce ». Voulant rappeler aux païens convertis à Jésus-Christ leur état précédent, Paul se sert du terme méprisant utilisé par les Juifs, mais de manière à montrer clairement et délicatement qu’il les désapprouve. Ce que lui trouve de regrettable dans cet état, ce n’est pas l’absence de la circoncision, institution vaine à ses yeux, mais que les païens sont alors privés des grâces de Dieu.

Avant de devenir chrétiens, les païens sont tenus à l’écart des cinq privilèges qui sont accordés au peuple de Dieu.

Premièrement, ils sont sans Christ, c’est-à-dire sans espérance de salut et donc dans une situation sans espoir ou désespérée. C’est la meilleure définition qu’on puisse donner d’un non chrétien, qu’il soit d’origine juive ou païenne

Deuxièmement, ne pouvant pas appartenir à la nation d’Israël que Dieu a choisie, les païens ne font pas partie du peuple élu. Soit dit en passant qu’il en est de même pour nous qui ne sommes pas juifs.

Troisièmement, les non-Juifs n’ont droit à aucune des promesses que l’Éternel a faites aux descendants d’Abraham, Isaac et Jacob. Ils sont hors des alliances spécifiques que Dieu a contractées avec Abraham (Genèse 12.1-3 ; 15.18-21 ; 17.1-8), avec David (2Samuel 7.16 ; Psaumes 89.1-4). Les non-Juifs sont également hors de la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ déjà annoncée dans l’Ancien Testament (Jérémie 31.31-34 ; Ézéchiel 36.24-30). Toutes ces alliances garantissent une existence nationale au peuple d’Israël, la terre de Palestine dont un jour ils hériteront en totalité, un Roi qui est Jésus-Christ, et de nombreuses bénédictions à la fois spirituelles et matérielles.

Tout ça pour dire que jusqu’à l’effusion du Saint-Esprit à la Pentecôte, les non-Juifs étaient hors circuit pour ainsi dire ; étant complètement hors du plan de Dieu ils n’avaient aucun espoir de gloire et de bénédictions futures. Cependant, maintenant tout est changé, car les non-Juifs qui croient en Jésus-Christ sont intégrés dans son Église, qui rassemble des membres de tous les peuples, y compris les Juifs. Or, les croyants ont eux aussi reçu des promesses, et l’une des plus importantes est celle où Jésus dit à ses disciples :

Lorsque je vous aurai préparé une place dans la maison de mon père, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez, vous aussi, là où je suis (Jean 14.2-3).

Quatrièmement, les païens n’espèrent rien parce que contrairement au peuple juif, ils n’attendent aucun Messie ou Sauveur ; ils n’ont rien à espérer. Pour ma part, je n’ai pas la moindre idée qui étaient mes ancêtres ; étaient-ce des Francs, des Gaulois, des Ostrogoths ? Ce qui est sûr par contre est qu’ils étaient autant païens qu’on puisse l’être.

Les religions du monde n’ont rien à offrir à leurs adeptes en ce qui concerne l’au-delà, et ces derniers ignorent ce qui leur arrivera après la mort. J’ai souvent entendu dire : « On verra bien ». Mais quand on y réfléchit, ce doute est angoissant. Alors, pour y mettre fin, la plupart des non-croyants disent croire que tout s’arrête au cimetière, mais ce n’est pas une perspective particulièrement réjouissante.

Cinquièmement, les non-Juifs ne connaissaient pas le vrai et seul Dieu et ne le cherchaient pas non plus. Par contre, ils avaient une foule de divinités et d’idoles en tous genres et pour tous les goûts. En plus, leur décadence morale était prononcée. Tout cela fait que leur état spirituel était désespéré, et leur vie, sans espoir, sans but et sans raison d’être. Tout non-croyant est aujourd’hui dans cette triste situation ; il avance dans les ténèbres ne sachant où il va et souvent il ne s’en inquiète même pas. La seule chose qu’il puisse faire en ce bas monde est de presser cette vie autant qu’il le peut comme on le ferait d’une orange afin d’en extirper un maximum de jus, car après la mort c’est le trou et le grand vide. La description de Paul est déprimante, mais il n’y va jamais de main morte et ne caresse personne dans le sens du poil. Dans son épître aux Romains, quand il décrit la condition spirituelle de l’humanité, là non plus il ne mâche pas ses mots. Je lis ce passage :

Nous avons démontré que tous les hommes, tant Juifs que non-Juifs, vivent sous l’empire du péché. L’Écriture le dit : Il n’y a pas de juste, pas même un seul. Pas d’homme sensé, capable de comprendre, pas un qui cherche sérieusement Dieu. Tous ensemble ils se sont fourvoyés et corrompus, ils sont devenus inutilisables pour Dieu. Aucun ne fait le bien, pas même un seul. Ce qu’ils disent fait penser aux relents d’un sépulcre ouvert. Leur langue sème la tromperie, elle est chargée de mensonges. Ce que profèrent leurs lèvres est aussi dangereux que du venin d’aspic. Leur bouche est pleine de malédictions et d’amertume : on n’y trouve que jurons et paroles amères. Leurs pieds sont agiles quand il s’agit de répandre du sang. La désolation et le malheur jalonnent leur route ; derrière eux, ils laissent la misère et le trouble. Ils ne connaissent pas le chemin qui mène à la paix. Respecter Dieu ? Cela ne leur vient pas à l’idée. Révérer Dieu n’a pas de sens à leurs yeux. Aucun d’eux ne prend Dieu au sérieux (Romains 3.9-18).

Ça décoiffe !

Verset 13

Je continue de lire dans le second chapitre de l’épître aux Éphésiens.

Mais maintenant, par votre union avec le Christ, Jésus, vous qui, autrefois, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce au sacrifice du Christ (Éphésiens 2.13).

Le mot « proches » a un sens technique parce que c’est le nom que les Juifs donnaient aux prosélytes, les païens convertis au judaïsme. Comme je l’ai dit, les prosélytes bénéficiaient d’un certain accès à la communauté d’Israël et au culte à l’Éternel, mais ils étaient confinés dans « la cour des Gentils » qui se trouvait sur la gauche quand on regarde le temple de face.

Quand Paul dit : « Mais maintenant avec le Christ Jésus », il marque un double contraste. Le premier est temporel et par rapport à autrefois, et le second est par rapport à leur précédent état quand ils étaient « sans Christ » alors que dorénavant ils sont « en Christ ». Les païens, jadis éloignés, sont désormais « proches » du seul vrai Dieu et des Juifs, et ils le doivent à la mort du Christ pour tous les hommes.

L’Ancien Testament annonçait déjà que des nations lointaines seraient un jour admises dans la présence du Dieu d’Israël. Plus loin, Paul cite une prophétie dans laquelle l’Éternel dit :

Paix, paix, à celui qui est loin et à celui qui est près ! (Ésaïe 57.19).

Cette prophétie s’est accomplie quand les Juifs et les païens se sont convertis à Jésus-Christ. L’Église est la seule communauté où tous les hommes de toutes les races et ethnies sont frères. C’est en se rapprochant de Dieu que les hommes divisés se rapprochent les uns des autres ; c’est en se réconciliant avec Dieu qu’ils se réconcilient entre eux et la paix avec Dieu devient leur paix mutuelle ; C’est en Christ et en lui seul que Juifs et païens peuvent former un seul peuple uni.

 

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

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