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06 janv. 2025

Ecclésiaste 8.8 – 9.10

Chapitre 8

Introduction

On a coutume de dire qu’il y a deux choses qu’on ne peut pas éviter : les impôts et la mort. En réalité, il est possible de jouer à cache-cache avec le trésor public, par contre, nul n’échappe à la dame à la faux.

Verset 8

Je continue de lire dans le chapitre 8 de l’Ecclésiaste.

Personne n’est maître de son souffle de vie, personne ne peut le retenir, personne n’a de pouvoir sur le jour de sa mort : il n’y a pas de trêve dans la lutte pour survivre et ce n’est pas la méchanceté qui sauvera celui qui s’y livre (Ecclésiaste 8.8).

L’homme n’est pas maître de son destin et la mort est le lot de tous les vivants. Le jugement aussi est inévitable et un despote n’échappera pas aux justes rétributions de Dieu, mais nul ne sait quand, et souvent ce n’est que dans l’autre monde.

Versets 9-10

Je continue.

Tout cela, je l’ai vu et j’ai beaucoup réfléchi à tout ce qui se fait sous le soleil. Il arrive qu’un homme domine sur les autres pour leur faire du mal. Or j’ai vu des méchants être enterrés (en grande pompe). On allait et venait du sanctuaire, et on les louait oubliant dans la ville comment ils avaient agi. Cela aussi est dérisoire (Ecclésiaste 8.9-10).

L’oppression peut pousser le peuple à bout, mais s’il se révolte, il risque d’être mâté dans un bain de sang comme c’est arrivé si souvent en France. Quant à ceux qui ordonnent les massacres, certains passent à l’échafaud, mais la majorité d’entre eux meurent paisiblement et ils ont même droit à de somptueuses funérailles comme s’ils avaient été des dirigeants bienveillants. À l’image du Prédicateur, je trouve cette entorse à la justice consternante, mais il y en a tant !

Verset 11

Je continue.

Parce qu’une mauvaise action n’est pas vite sanctionnée, les hommes sont portés à faire beaucoup de mal (Ecclésiaste 8.11).

Le moulin de Dieu, dit-on, tourne lentement —  si lentement que l’homme peut aisément supposer qu’il ne tourne pas du tout. Il semble en effet que Dieu est indifférent au mal qui règne suprême. L’homme livré à lui-même continue donc à suivre les penchants de sa nature mauvaise. Quant à la justice humaine, elle tourne aussi très lentement, malheureusement. Dans nos sociétés laxistes, le crime paie. En effet, d’un côté, d’une manière ou d’une autre, les victimes sont souvent punies, et de l’autre, les auteurs d’actes odieux qui méritent la corde ou le supplice de la roue ont droit à une prison dorée. Alors qu’ils auraient dû être exécutés publiquement dans les 24 heures qui suivent leur crime, ils attendent d’être jugés devant leur télé couleur. Puis l’avocat de la défense arrive à leur trouver toutes sortes de circonstances atténuantes, et avec le temps qui passe et passe encore, la population oublie les victimes et souvent même éprouve de la pitié pour le criminel. Devant une telle situation, il ne faut pas s’étonner que les délits de tous ordres se multiplient.

Versets 12-14

Je continue.

Cependant, même si le pécheur fait cent fois le mal et voit se prolonger ses jours, je sais tout de même que le bonheur est pour ceux qui révèrent Dieu, parce qu’ils le révèrent vraiment. Mais qu’il n’y aura pas de bonheur pour le méchant et que, semblable à l’ombre, il ne verra pas ses jours se prolonger, parce qu’il ne révère pas Dieu. Cette vanité qui se passe sur la terre est que certains justes subissent le sort que méritent les agissements des méchants, et certains méchants ont le sort que méritent les œuvres des justes. Cela aussi est dérisoire, me suis-je dit (Ecclésiaste 8.12-14).

Le Prédicateur affirme que le bonheur dépend de notre attitude respectueuse vis-à-vis de Dieu et pourtant, certaines personnes ne sont pas traitées comme leurs actes le méritent. C’est peut-être injuste, mais on sait par expérience que c’est comme ça. En ce bas-monde, la justice est très relative, et les événements et l’action de Dieu sont totalement imprévisibles. Il peut m’arriver un bienfait ou une tuile sans que ça soit en rapport avec mon comportement.

Quand Jésus-Christ aura instauré son royaume sur terre, il mettra de l’ordre dans le chaos qui y règne et le bien triomphera. En attendant, il faut reconnaître qu’ici-bas, ça va plutôt mal. Certes, certains malheurs découlent directement de certaines conduites, et ceux qui jouent avec le feu risquent fort de se brûler. C’est pourquoi il faut éviter de mal faire et se soumettre à Dieu (1Pierre 3.17).

Verset 15

Je continue.

C’est pourquoi j’ai fait l’éloge de la joie puisqu’il n’y a rien d’autre de bon pour l’homme sous le soleil que de manger, de boire et de se réjouir, et que c’est là ce qui l’accompagne au milieu de son dur labeur auquel il se livre pendant les jours que Dieu lui accorde de vivre sous le soleil (Ecclésiaste 8.15).

Au constat, la vie n’est pas juste mais faite de contradictions vexantes. Ainsi, le juste n’est pas toujours récompensé et quelques fois il tombe dans le malheur. Comme je l’ai dit, l’impie n’est pour ainsi dire jamais puni comme il le mérite et parfois même il prospère. Le Prédicateur énonce à nouveau la conclusion, « sous le soleil », à laquelle il est déjà arrivé à plusieurs reprises (Ecclésiaste 2.24 ; 3.12, 22 ; 5.16-17). Il vante aussi la joie ce qu’il fera à nouveau (Ecclésiaste 9.7-10 ; 12.1-2). L’homme ne peut pas contrôler ou prévoir les événements ni savoir d’avance s’ils lui seront favorables ou pas. Voilà pourquoi, il doit savourer avec reconnaissance tous les instants de bonheur que Dieu lui accorde (Ecclésiaste 7.14). Tout est peut-être futile, mais le sage sait quand même profiter de la vie.

Versets 16-17

Je finis de lire le chapitre 8.

Après m’être ainsi appliqué de tout mon cœur à connaître la sagesse et avoir considéré les occupations auxquelles l’homme se livre ici-bas en se refusant le sommeil nuit et jour, j’ai considéré l’œuvre de Dieu. Or l’homme ne peut comprendre ce qui se fait sous le soleil. Il a beau se donner de la peine pour chercher, il ne trouvera pas. Et même si le sage prétend savoir, en réalité il ne peut pas comprendre (Ecclésiaste 8.16-17).

Le Prédicateur conclut son discours sur les anomalies qu’il vient de déplorer en reconnaissant que l’homme ne peut discerner les voies de Dieu, ce qu’il a déjà dit (Ecclésiaste 3.11 ; comparez Ésaïe 55.9 ; Romains 11.33). Loin de tout comprendre, la sagesse consiste à révérer Dieu ; tel est le fil conducteur du Prédicateur dans le dédale chaotique de l’existence humaine.

On pourrait penser que la philosophie de vie de l’auteur consiste à mener une vie honorable et surtout à saisir les occasions qui se présentent à lui pour passer du bon temps. Ce n’est pas faux et il va d’ailleurs continuer sur cette lancée. Entre nous, soit dit, c’est exactement la façon de vivre du Français moyen et je le comprends tout à fait. Cette vie « sous le soleil » comme le montre si bien le texte de l’Ecclésiaste prête à toutes les confusions à cause du mal qui sous une forme ou sous une autre est irrémédiablement lié à toutes les activités humaines parce qu’il nous colle littéralement à la peau.

Le Français moyen a une maison en banlieue ou un appartement en ville, et une voiture relativement récente. Il travaille bien sûr, mais sait profiter des week-ends et il prépare les prochaines vacances. Il va au resto avec des amis et s’offre des petits plaisirs ici et là. Il sait aussi aider ses voisins ou des personnes en difficulté et il va même à l’église aux grandes occasions, pour une communion, un enterrement ou pour Pâques, sachant qu’à la suite de ces cérémonies il y a toujours un repas à la clé. Il se dit aussi que si Dieu il y a, il s’est forcément rendu compte qu’il a mené une vie convenable et donc méritoire, ce qui fait qu’il est à peu près sûr d’aller au ciel, s’il y en a un bien sûr. Cependant, il n’est pas vraiment satisfait de sa vie parce qu’il a l’impression qu’il lui manque toujours quelque chose. Justement, par la sagesse, le Prédicateur essaie de déterminer ce qui ne va pas. Pour cela, il tente de comprendre ce qui se passe autour de lui. En se cachant derrière Salomon, il a fait une enquête minutieuse et examiné tous les domaines de la vie pour savoir ce qui lui apporterait une satisfaction durable. C’est « sous le soleil », les pieds sur terre, qu’il a mené son enquête tambour battant. Il a tout essayé et ses réflexions constituent l’apogée de la sagesse, car elles vont jusqu’aux confins du pouvoir de raisonnement humain. Généralement, le Prédicateur ne prend pas Dieu en compte, ce qui n’est pas étonnant, car on sait que pour faire ses expériences, Salomon a dû enfreindre les commandements de Moïse. Quant aux conclusions « sous le soleil », c’est un fiasco quasi complet.

L’Ecclésiaste est un peu le mouton noir des Textes Sacrés. Pris hors de son contexte, ce livre déroutant semble s’opposer à certains articles fondamentaux de la foi juive et chrétienne. Je me souviens de la première fois que j’ai lu ce livre, et je me suis alors demandé pourquoi il avait une place au milieu des Textes Sacrés. Cependant, si le but de l’auteur est de savoir si l’homme peut trouver un contentement sans Dieu, alors il n’y a pas de problème à ce que l’Ecclésiaste fasse partie des livres inspirés de Dieu. Malheureusement, au travers les siècles, l’Ecclésiaste est devenu le chouchou d’un certain nombre d’athées et de sectes, car il apporte de l’eau à leur moulin. Mais ce mauvais usage de l’Ecclésiaste est intellectuellement malhonnête parce qu’il fait abstraction de sa conclusion ainsi que de son contexte qui est « sous le soleil ».

En effet, à mi-distance entre la marée haute et basse se trouve le niveau de la mer. Il existe une vie abondante en dessous et au-dessus. En fait, ce sont deux mondes tout à fait distincts. Sous l’eau, les conditions sont favorables à la vie aquatique et les poissons se déplacent avec leurs nageoires. Au-dessus de l’eau, des conditions de vie différentes permettent la vie aérienne et les oiseaux utilisent des ailes pour voler. L’hirondelle ne va pas dire au requin qu’il a tout faux parce qu’il n’a pas de plumes. Et le corbeau et le brochet ne pourront jamais indiquer de la même manière l’endroit où se trouve le niveau de la mer car pour l’un, il est en bas et pour l’autre, il est en haut.

Le livre de l’Ecclésiaste est écrit « sous le soleil » alors que la vie chrétienne se situe dans les lieux célestes. Dans son épître aux Éphésiens, l’apôtre Paul écrit :

Dieu nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus (Éphésiens 2.6).

L’homme qui est « sous le soleil » voit les choses d’une manière différente de Dieu dont le trône se trouve au-dessus de l’univers et entouré d’éternité. Se préoccuper uniquement des biens terrestres ou avoir premièrement en vue les réalités célestes, sont deux manières très différentes de vivre. Ceux qui sont simplement « sous le soleil » mènent une existence banale alors que les croyants considèrent la vie comme un don de la grâce de Dieu dans le présent, pour l’avenir et jusque dans l’éternité.

Ces deux philosophies de vie sont aussi éloignées l’une de l’autre que les mondes en dessous et au-dessus du niveau de la mer. Le non-croyant ne peut pas comprendre l’exhortation de l’apôtre Paul aux Colossiens quand il leur écrit :

Comme vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut, là où se trouve le Christ, qui siège à la droite de Dieu (Colossiens 3.1).

Pour celui qui n’est pas ressuscité avec le Christ, les réalités célestes sont un non-sens, et lui demander de marcher par la foi est l’équivalent d’essayer d’apprendre à un cochon de voler alors que ce qu’il veut c’est se vautrer dans la boue, pas devenir un oiseau. Le non-croyant doit d’abord naître d’en haut et ensuite seulement il aura un intérêt pour les réalités spirituelles.

Le livre de l’Ecclésiaste est une expérience humaine. En tant que roi d’Israël, Salomon a tout fait; il peut se le permettre parce qu’il en a les moyens puisqu’il est l’homme le plus riche, le plus sage et le plus intelligent de tout le Moyen-Orient. Derrière Salomon, le Prédicateur s’est également penché sur la religion, la bonne réputation et la moralité. Mais au terme de ses expérimentations, il a déjà dit :

Alors je me suis mis à haïr la vie, car tout ce qui se fait sous le soleil m’est apparu détestable, parce que tout est dérisoire : autant courir après le vent. Qui aime l’argent n’en aura jamais assez, et qui se complaît dans l’abondance ne sera jamais satisfait de ses revenus. Cela encore est dérisoire (Ecclésiaste 2.17 ; 5.9).

Au 19e siècle, l’écrivain anglais William Thackeray publie « Vanity Fair », un roman qui dresse un portrait satirique des classes moyennes et supérieures de son temps. Son héroïne, Becky Sharp, est une aventurière qui au travers de ses intrigues, met à nu les vices, la petitesse et la vie minable que mènent les personnes qu’elle rencontre. Il conclut son roman en disant : « La pièce de théâtre est terminée. Nous rangeons les marionnettes dans leur boîte. Tout est vanité et poursuite du vent. » On pourrait dire la même chose de la majorité des acteurs et actrices de cinéma. Sans Dieu, la vie n’a pas de sens. Dans ses « Confessions », et en parlant de Dieu, Saint Augustin écrit : « Tu nous as créés pour toi-même et le cœur de l’homme est tourmenté jusqu’à ce qu’il trouve sa paix en toi. »

Chapitre 9

Verset 1

Nous arrivons maintenant au chapitre 9 de l’Ecclésiaste, dans lequel le Prédicateur nous fait part de nouvelles considérations morales, et donne des règles de conduite à suivre. Je commence à le lire.

Oui, j’ai beaucoup réfléchi à tout cela, et tout ce que j’ai compris, c’est que les justes, les sages et tous leurs travaux sont dans la main de Dieu. L’homme ne sait pas s’il rencontrera l’amour ou la haine : il peut tout envisager (Ecclésiaste 9.1).

« L’homme ne sait pas » est une formule qui revient à plusieurs reprises (Ecclésiaste 9.1 ; 11.2, 6 ; 12.10-14). Non seulement il ne comprend pas les voies de Dieu, mais il n’est pas le maître de sa destinée, car ses actions et ses projets sont sujets à la volonté souveraine de Dieu (Proverbes 21.1). Il ne sait pas ce que l’avenir lui réserve sinon qu’il va vers la mort.

Verset 2

Je continue.

Tout est pareil pour tous : un même sort atteint le juste et le méchant, celui qui est bon et pur, et celui qui est impur, celui qui offre des sacrifices et celui qui n’en offre pas. Celui qui est bon est traité comme celui qui fait le mal, et celui qui prête serment comme celui qui n’ose pas le faire (Ecclésiaste 9.2).

Moralité, piété, justice n’assurent pas forcément un sort terrestre plus enviable que celui de l’impie. La meilleure des conduites n’est pas un sauf-conduit au travers des écueils de la vie. Le Prédicateur rappelle que les malheurs arrivent à tous afin de s’opposer aux efforts et aux calculs présomptueux de l’homme qui voudrait commander à la bonne fortune (Ecclésiaste 2.14-15).

Verset 3

Je continue.

Un des plus grands maux parmi tout ce qui se passe sous le soleil, c’est que tous les hommes connaissent un sort identique. Voilà pourquoi les hommes sont remplis de méchanceté, et la déraison règne sur leur cœur tout au long de leur vie. C’est qu’après cela, il y a la mort ! (Ecclésiaste 9.3).

La vie est une gigantesque loterie qui détermine nos circonstances. Puis quand le rideau tombe, la mort supprime tout. Les bonnes et mauvaises actions des hommes sont comme des dessins sur le sable que la marée efface. C’est du moins l’impression que l’on a « sous le soleil ». Parfois on entend dire : « plus jamais ça! », c’est gentil mais de toute façon, ça recommencera.

Parce que Dieu ne sanctionne pas le mal immédiatement (Ecclésiaste 8.11), les hommes s’imaginent qu’il n’y a rien de plus que ce qu’ils voient. Croyant que leur comportement ici-bas n’importe guère, ils se laissent aller à leur tendance innée qui est de mal faire. Voilà pourquoi les méfaits prolifèrent, du vol à la tire au prédateur sexuel en passant par tout le reste. La philosophie de l’homme moderne est : « Mangeons et buvons car demain nous mourrons (Ésaïe 22.13 ; 1Corinthiens 15.32). »

Précédemment, les observations déprimantes du Prédicateur l’ont amené à considérer la non-existence comme préférable à la vie (Ecclésiaste 4.2-3 ; 6.4), mais ici, il va tenir un tout autre langage.

Verset 4

Je continue le texte.

Pour tous les vivants, il y a de l’espoir. Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort (Ecclésiaste 9.4).

Ces propos sont proches du dicton : « Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir » et similaires au proverbe latin (Dum spiro, spero) « tant que je respire, j’espère ». En Orient, le chien est un animal méprisable, mais vivant, le Prédicateur le considère supérieur au roi des animaux, mort.

Versets 5-6

Je continue.

En effet, les vivants savent qu’ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout ; ils n’ont plus rien à gagner, ils sombrent dans l’oubli. Leurs amours, leurs haines, leurs désirs, se sont déjà évanouis. Ils n’auront plus jamais part à tout ce qui se fait sous le soleil (Ecclésiaste 9.5-6).

Ces paroles satiriques sont très amères. Le Prédicateur ne nie pas que l’homme continue à être conscient au-delà de la mort mais il ne dit pas dans quel état les morts se trouvent; il affirme simplement qu’ils ne font plus partie de la vie ici-bas et donc qu’ils ne participent plus à ce qui s’y passe. Les vivants peuvent encore se nourrir d’espoir et de bonheur, ce qui bien sûr ne concerne plus les trépassés. Quand un croyant meurt, l’âme va directement au paradis et le corps reste en terre jusqu’à sa résurrection. Dans sa seconde épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit :

Nous sommes pleins de courage, mais nous préférerions quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur (2Corinthiens 5.8).

Versets 7-9

Je continue le texte.

Va, mange ton pain dans la joie et bois de bon cœur ton vin, car Dieu prend plaisir dès maintenant à ce que tu fais. Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs et que le parfum ne manque pas sur ta tête. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vaine existence que Dieu t’accorde sous le soleil, oui, pendant tous ces jours dérisoires, car c’est la part qui te revient dans la vie au milieu de tout le travail pour lequel tu te donnes de la peine sous le soleil (Ecclésiaste 9.7-9; Comparez 2Samuel 12.20 ; Psaumes 45.8 ; 104.5 ; Proverbes 18.22).

Quel beau défi lancé aux tristesses de la vie ! Le Prédicateur ne veut pas que nous sombrions dans le désespoir, mais veut nous encourager à jouir du bonheur que Dieu met à notre disposition (Ecclésiaste 2.24-26 ; 3.13 ; 5.18). Celui qui accepte avec reconnaissance ce que Dieu lui donne l’honore (1Timothée 4.4). En effet, Dieu prend plaisir à voir vivre ceux qui lui font confiance. Comme le croyant est délivré des vains efforts d’essayer de gagner l’approbation divine par des pratiques ascétiques, religieuses ou autres, il est libre de profiter des joies que Dieu lui accorde (Ecclésiaste 2.24-26 ; 3.12-13, 22 ; 5.18-19).

L’exhortation de jouir de la vie avec sa femme contraste fortement avec le commentaire du chapitre 2 (8) où le Prédicateur fait dire à Salomon que « les nombreuses belles femmes » sont une vanité. La différence provient de ce que le Prédicateur parle d’une seule épouse tandis que Salomon en a eu mille.

Verset 10

Je continue.

Tout ce que tu trouves à faire, fais-le avec l’énergie que tu as, car il n’y a plus ni activité, ni réflexion, ni science, ni sagesse dans le séjour des morts vers lequel tu es en route (Ecclésiaste 9.10).

Non seulement nous devons profiter de la vie, mais aussi de toutes les occasions qui se présentent à nous. Le Prédicateur ne parle pas de ce que font ou ne font pas les défunts ; il relève simplement que les occupations terrestres telles que nous les connaissons n’existent pas dans l’au-delà. La mort met un terme à toute participation aux activités humaines (Jean 9.4). Alors tant que nous en avons l’occasion, profitons pleinement de la vie que Dieu nous donne.

Commentaire biblique radiophonique écrit par le pasteur et docteur en théologie : Vernon McGee (1904-1988) et traduit par le pasteur Jacques Iosti.

févr. 07 2023

Émission du jour | Jean 3.14-36

Dieu a tant aimé le monde

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