Chapitre 7

Introduction

La vie d’un explorateur doit être passionnante et on pourrait penser que celui dont les moyens sont illimités, et qui a le privilège d’expérimenter absolument tout ce qui lui fait plaisir serait comblé, ivre de bonheur. Eh bien, non ! Dieu a béni Salomon plus que tout autre homme ce qui lui a permis d’étudier les sciences et les lois naturelles, la sagesse et la philosophie, le plaisir et le matérialisme, l’existentialisme, le fatalisme et la religion. Bien entendu, il cherche aussi à savoir si l’argent satisfait le cœur de l’homme. De tous les grands que ce monde a portés, il est incontestablement l’un des plus fortunés. Mais après toutes ses expérimentations, il constate que rien ne permet d’échapper aux misères propres à la condition humaine. Le dénominateur commun à toutes ses enquêtes est que « tout est dérisoire et ne vaut pas mieux que de courir après le vent ». Suite à ce constat désolant, Salomon recommande à l’homme de se contenter des quelques instants de bonheur que Dieu lui accorde ici et là et de les accepter avec reconnaissance.

Mon pèlerinage sur terre est une phase cruciale de mon existence éternelle parce que c’est ici-bas que je prépare mon avenir dans l’au-delà. Ma vie présente suscite donc des interrogations sérieuses comme : « Comment savoir ce qui est bon et bien pour l’homme ? » C’est ce que le Prédicateur va maintenant examiner dans le domaine de la moralité. Je commence à lire le chapitre 7 de l’Ecclésiaste.

Verset 1

Mieux vaut un bon renom qu’un parfum raffiné, et le jour de sa mort est préférable à celui de sa naissance (Ecclésiaste 7.1).

Voilà bien une déclaration « coup-de-poing » ! En hébreu, « renom et parfum » ont la même racine; c’est comme si en français on disait : « Mieux vaut être en bonne odeur que de répandre une bonne odeur. » Le Prédicateur dit donc que la renommée qui demeure après son départ de ce monde est préférable à l’odeur passagère du parfum. Mais pourquoi ne pas avoir les deux. Dans son évangile, Matthieu raconte l’histoire de cette femme qui enduit les pieds de Jésus avec de la myrrhe. Elle est alors vivement critiquée par les disciples, mais le Seigneur prend sa défense et dit :

Vraiment, je vous l’assure, dans le monde entier, partout où cette Bonne Nouvelle sera annoncée, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire (Matthieu 26.13).

Le jour de la mort, on laisse à peu près tout derrière soi, y compris la souffrance et les déceptions, par contre il reste la réputation auprès de tous ceux qui vous ont connu de près ou de loin. Le Prédicateur enseigne d’une manière voilée qu’un repos est réservé aux fidèles du Seigneur décédés.

Bien que prometteuse, la naissance contient aussi le potentiel d’une vie de folie gâchée, car consacrée à « courir après le vent ». A ce sujet et assez curieusement, quelques peuples antiques faisaient grand deuil à la naissance des enfants et se réjouissaient au moment de la mort. De ce nombre sont les Thraces d’origine indo-germanique qui habitaient les Balkans. Leur empire fut conquis par les Grecs puis les Romains. Au premier siècle, la Thracie est une province romaine.

Verset 2

Je continue le texte.

Mieux vaut se rendre dans une maison de deuil que dans celle où l’on festoie, car celle-là nous rappelle quelle est la fin de tout homme et il est bon d’y réfléchir pendant qu’on est en vie (Ecclésiaste 7.2).

Un proverbe arabe dit : « Si tu entends des complaintes funèbres, entre là ; si tu es invité à un festin, ne passe pas le seuil ! » Le patriarche Job se rendait compte des dangers moraux auxquels s’exposent ceux qui font la fête (Job 1.5).

Avez-vous remarqué combien les gens se conduisent avec dignité les uns par rapport aux autres afin de faire bonne impression et pour dire que « tout va bien », comme « Les Flamandes » que chantait Jacques Brel ? Les gens biens assistent à des causeries sur le réchauffement de la planète et sur les problèmes des banlieues. Quand ils vont aux funérailles d’un ami ou d’une connaissance, ils écoutent les commentaires et les louanges souvent hypocrites concernant le défunt espérant qu’on en dira autant d’eux.

Un deuil a du bon parce que c’est la meilleure occasion de réfléchir sur la brièveté de l’existence et de considérer sa propre mortalité dans le but de s’assurer qu’on est en règle avec son Créateur.

Par ailleurs, assister aux funérailles de quelqu’un dont la vie fut exemplaire est une expérience enrichissante. Celui qui a mené une vie morale et qui a contribué au bien-être de ses concitoyens mérite d’être imité parce qu’il est louable d’être un bon voisin, de ne pas offenser son prochain ni de mettre ses pieds dans un nid de guêpes en se mêlant de ses affaires.

Verset 3

Je continue.

Mieux vaut la tristesse que le rire, car avec un visage triste, le cœur est rendu meilleur (Ecclésiaste 7.3).

Cette tristesse est due au spectacle des vies futiles que mènent la plupart des gens ainsi qu’aux tragédies humaines. Le visage triste exprime le sérieux de la mort et une remise en question personnelle devant son Créateur. Dans sa célèbre prière, Moïse a demandé à Dieu :

Apprends-nous donc à bien compter nos jours, afin que notre cœur acquière la sagesse ! (Psaumes 90.12).

Le Prédicateur condamne la frivolité et la recherche des plaisirs comme moyen de fuir la réalité de notre condition misérable au lieu de l’assumer et d’en tirer les conséquences qui s’imposent.

Il existe une fuite moderne devant la mort, qui ne lui laisse aucune place, ni dans la pensée populaire ni dans les conversations polies. On fait tout pour occulter la mort; après la cérémonie religieuse, on bavarde pour oublier le cercueil et se féliciter d’être encore en vie. Après le cimetière, on vous sert un petit repas pour fermer la parenthèse funèbre. Ces petites mises en scène évitent toute réflexion sérieuse sur sa mortalité, le jugement à venir et l’au-delà.

Verset 4

Je continue le texte.

L’attention du sage se porte au lieu où l’on pleure un deuil, celle de l’insensé au lieu où l’on se livre à la joie (Ecclésiaste 7.4).

Lors d’une messe funéraire, il y a toujours des gens qui s’approchent de l’église, mais bifurquent pour finir dans le bistro d’en face car ils ont semble-t-il pour devise : « Ni Dieu ni diable ».  Ils se retrouvent et blaguent pour éviter d’avoir le cafard, de réfléchir et surtout pour oublier qu’un jour le glas sonnera pour eux. Ils se disent : « S’il y a un dieu, j’ai mes chances. Je n’ai jamais fait de mal et je contribue à la société ».

Le sage, lui, n’a pas peur d’aller dans la maison de deuil, car il est très conscient de la brièveté de la vie ; il sait consoler ceux qui pleurent et quand il les quitte, son cœur reste avec eux.

Toute sage vision de l’existence doit regarder la mort en face et l’intégrer dans sa conception de la vie. Si le Prédicateur regarde sa fin sans crainte, c’est parce qu’il ne l’envisage pas comme un événement irrationnel et brutal, mais plutôt comme un seuil qu’on franchit et qui s’ouvre sur une dimension cachée de la vie.

Versets 5-6

Je continue.

Mieux vaut écouter les reproches d’un homme sage qu’écouter la chanson des insensés. Car les rires de l’insensé sont comme le crépitement des épines sous une marmite. Cela aussi est dérisoire (Ecclésiaste 7.5-6).

La censure du sage redresse ce qui est courbé et elle a une influence positive sur ceux qui veulent bien l’écouter (Psaumes 141.5). À l’opposé, les réjouissances frivoles et les plaisanteries graveleuses sont creuses. Elles provoquent des éclats de rire et des applaudissements bruyants, mais qui sont de courte durée, qui ne donnent aucune chaleur et ne procurent aucun bénéfice à ceux qui les écoutent.

Verset 7

Je continue.

L’oppression rend le sage insensé, et les cadeaux lui font perdre la tête (Ecclésiaste 7.7).

Ceux qui ont une position d’autorité sont sur une pente glissante. Même une personne honorable peut se laisser griser par le pouvoir, agir en insensé, opprimer les petites gens et accepter des pots-de-vin (Proverbes 17.8).

Verset 8

Je continue.

Mieux vaut l’aboutissement d’une entreprise que son début. Mieux vaut un esprit patient que prétentieux (Ecclésiaste 7.8).

Tout projet a une finalité incertaine. Il vaut donc mieux œuvrer avec patience plutôt que de faire le malin et dire que ce sera un jeu d’enfant. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Verset 9

Je continue.

Ne t’irrite pas trop vite, car c’est dans le cœur des insensés que la colère élit domicile (Ecclésiaste 7.9; Comparez Job 5.2 ; Jacques 1.20).

Les présomptueux sont des insensés, car lorsqu’ils rencontrent des imprévus ils perdent leur sang-froid.

Verset 10

Je continue le texte.

Garde-toi de dire : “ Comment se fait-il qu’autrefois, les choses allaient mieux qu’aujourd’hui ? ” Car ce n’est pas la sagesse qui te dicte une telle question (Ecclésiaste 7.10).

Il n’est pas rare d’entendre des anciens dire que de leur temps les choses étaient mieux, mais chaque époque a ses lumières et ses ombres. La sagesse me dicte d’accepter sans me plaindre les circonstances dans lesquelles Dieu m’a placé. C’est ici et maintenant que je dois accomplir la tâche qu’il a préparée d’avance pour moi. Jérôme, un Père et un docteur de l’Église, a dit : « C’est nous qui faisons le bon ou le mauvais siècle, selon que nous sommes vertueux ou vicieux. »

Versets 11-12

Je continue le texte.

La sagesse est bonne tout autant qu’un héritage ; elle profite à ceux qui voient le soleil. La protection qu’offre la sagesse est comme celle que procure l’argent, mais la sagesse a un avantage : elle fait vivre ceux qui la possèdent (Ecclésiaste 7.11-12).

Un héritage est toujours bon à prendre parce que l’argent met à l’abri de la pauvreté. Cependant, la sagesse a davantage de valeur car elle permet d’éviter les écueils de la vie, de devenir prospère et de trouver un certain bonheur (Proverbes 3.18). Dans l’Ancien Testament, la sagesse est vue comme source de vie, et l’apôtre Paul écrit que pour nous, « Jésus a été fait sagesse » (1Corinthiens 1.30).

Versets 13-14

Je continue.

Considère l’œuvre de Dieu : qui donc pourra redresser ce qu’il a tordu ? Au jour du bonheur, jouis du bonheur, et au jour du malheur, réfléchis, car Dieu a fait l’un et l’autre, si bien que l’homme ne peut rien découvrir de ce qui doit lui arriver (Ecclésiaste 7.13-14).

« Ce qui est tordu », ce sont toutes les calamités qui affligent le genre humain depuis la malédiction prononcée sur lui et qui a engendré sa triste condition. Que ce soient les bienfaits ou les tragédies, au final, tout provient du Dieu souverain (Job 2.10 ; Lamentations 3.38).

Le Prédicateur renouvelle son appel à savourer le bonheur quand il se présente, et à mettre à profit les temps d’épreuves pour se mettre en règle avec Dieu. Comme il envoie tour à tour bonheur et malheur, il rend l’avenir imprévisible. Personne, même pas le sage, peut savoir si la prochaine étape de sa vie sera une belle aubaine ou une tuile qui lui tombera sur la tête, car les voies de Dieu sont impénétrables.

Versets 15-18

Je continue.

J’ai tout vu au cours de ma vaine existence : ici un juste périt malgré sa droiture, là, un méchant prolonge ses jours malgré sa perversité. Ne sois pas juste outre mesure et ne sois pas trop sage, pourquoi te faire du mal ? Ne sois pas non plus méchant outre mesure et ne sois pas insensé, pourquoi voudrais-tu mourir avant ton heure ? Tu feras bien de prendre garde à l’un comme à l’autre ; oui, celui qui révère Dieu suivra ces deux conseils (Ecclésiaste 7.15-18; Comparez Proverbes 10.27).

Ici, commence la section la plus surprenante du livre. Le Prédicateur attaque l’orgueil moral du légaliste qui prétend faire de ses critères moraux, des absolus, et de sa vertu, des actes de justice.

Dans la mesure où la perfection n’est pas de ce monde, il faut vivre avec ce qui est tordu et parfois sacrifier à la folie en acceptant d’agir de manière imparfaite, de faire des erreurs, tolérer les anomalies, rechercher des compromis. « Sous le soleil », la règle pour tous est une combinaison de misères et de petits bonheurs de façon tout à fait imprévisible. En effet, une vie juste n’entraîne pas forcément une longue et heureuse vieillesse, et vice-versa. L’assassin peut finir ses jours tranquillement comme ce fut le cas par exemple de ce tortionnaire cambodgien surnommé « le boucher » qui est décédé paisiblement dans sa 80e année alors qu’il a pris une part active dans la mort de 2 millions de personnes.

Le Prédicateur s’élève contre la propre justice de ceux qui se croient supérieurs aux autres. Le légaliste qui est droit comme un I et qui suit sa religion à la lettre ne s’assure pas la bénédiction de Dieu parce que son cœur, le vôtre ou le mien est naturellement mauvais (Ecclésiaste 7.20). Mais ce n’est évidemment pas une excuse pour se laisser aller au mal qui tôt ou tard sera jugé (Ecclésiaste 3.17 ; 8.12-13). L’exhortation du Prédicateur est donc de révérer Dieu, car cette attitude permet d’éviter les deux extrêmes du relâchement moral et de la propre justice.

Versets 19-22

Je continue.

La sagesse se montre plus fort en faveur du sage que 10 capitaines qui défendent une ville. Il n’y a sur terre aucun homme juste qui fasse toujours le bien sans jamais pécher. Ne prête pas attention à tout ce qu’on dit, et si ton serviteur te dénigre, n’écoute pas, car tu sais bien qu’à plusieurs reprises, il t’est arrivé, à toi aussi, de dénigrer les autres (Ecclésiaste 7.19-22).

La sagesse rend l’homme fort ; c’est la contrepartie de sa faiblesse due à sa mauvaise nature. L’apôtre Paul cite les paroles du Prédicateur quand il écrit aux Romains :

L’Écriture le dit : Il n’y a pas de juste, pas même un seul (Romains 3.10 ; comparez Psaumes 130.3 ; 143.2 ; Job 9.2 ; Proverbes 20.9 ; 1Rois 8.46).

Puisque ni vous ni moi ne sommes justes, soyons indulgents les uns envers les autres. Si on te juge un peu sévèrement, ne t’en préoccupe pas trop. Il faut savoir tout entendre sans se formaliser et songer à toutes ces paroles vaines que tu as toi-même prononcées (Jacques 3.1-2).

Versets 23-24

Je continue.

Tout cela, j’ai essayé de le comprendre par la sagesse, en me disant : “ Je veux acquérir la sagesse. ” Mais elle reste loin de moi. La compréhension des choses est hors de ma portée. Elle est profonde, beaucoup trop profonde pour qu’on puisse l’atteindre (Ecclésiaste 7.23-24).

Même le sage ne comprend pas l’œuvre de Dieu parce que ses voies sont impénétrables.

Verset 25

Je continue.

Mais je me suis appliqué de tout mon cœur à apprendre, à explorer et à rechercher la sagesse et la raison, et à comprendre combien le mal est stupide et combien la stupidité est folie (Ecclésiaste 7.25).

La sagesse de Dieu nous dépasse, mais elle est descendue jusqu’à nous sous forme de lois morales puis de Jésus-Christ. Job résume ce que l’Éternel demande à l’homme quand il dit :

“ Révérer le Seigneur, voilà la vraie sagesse ! Se détourner du mal, voilà l’intelligence ! ” (Job 28.28).

Verset 26

Je continue.

J’ai découvert quelque chose de plus amer que la mort : c’est une femme dont le cœur est un guet-apens et un piège, et dont les bras sont des chaînes. Celui qui jouit de la faveur de Dieu échappera à ses griffes, mais le pécheur s’y laissera prendre (Ecclésiaste 7.26).

Il s’agit de Dame Folie, adultère et séductrice, telle qu’elle est décrite dans le livre des Proverbes (Proverbes 5.2-5 ; 6.24-26 ; 7.5, 21-22 ; 22.14); c’est la pire des calamités pour l’homme.

Versets 27-28

Je continue.

Voici à quelles conclusions je suis parvenu, dit le Prédicateur, après avoir examiné les choses une à une pour me faire une opinion. D’ailleurs, je cherche encore et je n’ai pas trouvé : j’ai bien trouvé un homme sur mille (qui révère Dieu), mais je n’ai pas trouvé une femme entre elles toutes (Ecclésiaste 7.27-28).

L’auteur utilise une figure de style poétique (parallélisme complémentaire) par laquelle les mots « homme et femme » sont des termes génériques représentant toute l’humanité. Il dit donc que les êtres humains qui obéissent à Dieu sont à la fois rares et quasi inexistants.

Verset 29

Je finis de lire le chapitre 7 de l’Ecclésiaste.

Voilà la seule chose que j’ai trouvée : Dieu a fait les êtres humains droits mais eux, ils ont cherché beaucoup de complications (Ecclésiaste 7.29).

Le Prédicateur fait allusion à Adam et Ève pour expliquer la faillite de l’homme. Nos premiers parents ont été créés parfaits à l’image de Dieu, mais par leur désobéissance ils se sont rendus coupables et responsables de la condition humaine misérable et méprisable.

Chapitre 8

Introduction

Nous arrivons au chapitre 8 qui est un discours sur la sagesse. Bien qu’elle soit fort utile pour éviter les écueils « sous le soleil », elle ne permet pas de comprendre les voies de Dieu.

Verset 1

Je commence à lire ce nouveau chapitre.

Qui est comparable au sage ? Qui sait analyser une situation ? La sagesse d’un homme illumine son visage et fait disparaître la sévérité de sa face (Ecclésiaste 8.1).

L’homme sage sait évaluer une situation et comment agir, et il le fait avec un esprit de douceur. Sous le régime actuel de la grâce, c’est la foi en Jésus-Christ qui permet à quelqu’un de manifester l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté et les autres vertus chrétiennes (Galates 5.22).

Versets 2-4

Je continue.

Obéis aux ordres du roi et, à cause du serment prêté devant Dieu, ne te hâte pas de lui retirer ton allégeance ; ne persiste pas dans une mauvaise cause, car le roi fera ce qui lui plaît. En effet, sa parole est souveraine. Qui oserait lui dire : “ Pourquoi fais-tu cela ? ” (Ecclésiaste 8.2-4; Comparez Proverbes 16.14 ; 19.12).

Dans l’ancien Israël, le peuple prête serment de fidélité au roi en prenant Dieu à témoin (2Samuel 21.7 ; 1Rois 2.43 ; 2Rois 11.17 ; 1Chroniques 11.3 ; 29.24). Même si un conseiller n’approuve pas les décisions du souverain, il est tenu de les exécuter. S’il est sage, il garde la tête froide et évite de démissionner ou de se révolter (Proverbes 24.21); seuls les prophètes de l’Éternel tiennent tête aux mauvais rois. Par contre, dans les grands empires d’Orient, nul n’ose jamais contrarier le monarque qui jouit donc d’une liberté absolue. C’est un peu ce que les jeunes d’aujourd’hui recherchent. Un jour, j’ai demandé à un « Gothique » : « Pourquoi t’habilles-tu tout en noir ? » Il m’a répondu : « Je veux être libre et faire comme bon me semble. » J’ai poursuivi : « — Et si tu t’habillais autrement, est-ce que tes amis t’accepteraient ? » Il a hésité, puis a dit : « Je ne crois pas ! » Alors, je lui ai dit : « Finalement, tu n’es pas aussi libre que tu penses alors que moi je peux m’accoutrer comme je veux ; je ne suis pas obligé de porter le même uniforme tous les jours. Nous sommes pourtant tous deux anticonformistes ; nous allons à contre-courant, toi en t’habillant de noir et moi en ayant accepté Jésus-Christ comme mon Sauveur et mon Seigneur. Si tu veux la vraie liberté, soumets-toi à lui. » Jésus a dit :

Si le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres (Jean 8.36).

Versets 5-7

Je continue le texte.

Celui qui s’en tient aux ordres du roi ne se mettra pas dans une mauvaise situation, et le sage saura discerner en lui-même le moment opportun et le temps de jugement. Pour toute chose, en effet, il y a un moment opportun et un temps de jugement alors que le peuple est dans la misère parce qu’il ne sait pas ce qui arrivera ; et qui pourrait lui annoncer comment cela arrivera ? (Ecclésiaste 8.5-7).

Le Prédicateur a déjà dit que « Dieu jugera le juste et l’injuste, car pour chaque chose et pour chaque acte, il y a un temps pour le jugement » (Ecclésiaste 3.17). Le sage reste dans ses fonctions et se soumet à son souverain despotique tout en espérant qu’un changement aura lieu un jour. Mais en attendant, il doit prendre son mal en patience parce qu’il ne peut pas savoir quand Dieu interviendra. Et puis même celui qui prépare bien un coup d’état, reste à la merci d’un événement fâcheux qui au dernier moment, peut tout faire capoter. Telles sont les incertitudes « sous le soleil ».