Chapitre 23

Introduction

Aujourd’hui, nous sommes modernes et nous nous croyons plus malins que nos ancêtres. Notre culture occidentale arrogante qui se croit supérieure a écarté Dieu et ses préceptes de sa route pour les remplacer par l’humanisme. Le résultat est une suite ininterrompue de scandales et de drames qu’on lit dans les faits divers et qu’on nous présente dans le journal télévisé du soir. L’erreur monumentale de l’homme est d’avoir rejeté les enseignements des Textes Sacrés. Alors que le peuple de Dieu est sur le point d’entrer en Terre promise, Moïse lui donne toute une série de règles de vie qui a pour but de lui permettre de jouir pleinement de la vie. Je continue à lire dans le chapitre 23 du Deutéronome.

Versets 20-21

Lorsque tu prêteras de l’argent, des vivres ou toute autre chose à un compatriote, vous n’exigerez pas d’intérêt de sa part. Vous pouvez exiger des intérêts lorsque vous faites un prêt à un étranger, mais vous ne prêterez pas à intérêt à vos compatriotes. Alors l’Éternel votre Dieu vous bénira dans tout ce que vous entreprendrez dans le pays où vous allez entrer pour en prendre possession (Deutéronome 23.20-21).

L’Éternel n’apprécie pas le capitalisme sauvage tel qu’il existe en certains points du globe où les plus forts et les plus riches exploitent le petit peuple. L’Israélite économiquement prospère doit aider son frère indigent sans profiter de lui. Cette ordonnance ne s’applique pas aux étrangers car les prêts qui leur sont accordés étant à usage commercial, percevoir un intérêt ne pose pas de problème.

Versets 22-26

Je finis le chapitre 23.

Quand tu auras fait un vœu à l’Éternel votre Dieu, tu n’en différeras pas l’accomplissement, car l’Éternel ton Dieu ne manquerait pas de t’en demander compte, et tu porterais la responsabilité d’une faute. D’ailleurs, tu n’es pas tenu de prononcer un vœu ; si tu t’en abstiens, tu ne seras pas coupable pour cela. Mais si une promesse a franchi tes lèvres, tu dois la tenir et accomplir le vœu que tu auras librement fait à l’Éternel ton Dieu de ta propre bouche. Si tu viens à passer par le vignoble de ton prochain, tu pourras manger autant de raisin que tu veux, jusqu’à satiété, mais tu n’en emporteras pas dans ton panier. De même, si tu traverses le champ de blé mûr de ton prochain, tu pourras cueillir des épis à la main, mais tu n’en couperas pas à la faucille (Deutéronome 23.22-26).

Les Écritures exhortent fréquemment le fidèle à veiller sur sa langue et à ne pas proférer des paroles en l’air ; une promesse légère est facile à faire mais beaucoup moins à tenir.

La maraude était permise parce qu’en Palestine, les cultures avaient un taux de rendement très élevé, mais il ne fallait quand même pas faire une véritable récolte sur le dos du propriétaire.

Chapitre 24

Versets 1-4

Nous arrivons au chapitre 24 où il est question du divorce. Je commence à le lire.

Supposons qu’un homme ait épousé une femme et que, plus tard, il cesse de la considérer avec faveur parce qu’il trouve quelque chose d’infâme à lui reprocher. Alors il rédige une lettre de divorce, il la lui remet et la renvoie de chez lui. Après être partie de chez lui, cette femme se remarie avec un autre homme. Supposons que ce second mari cesse aussi de l’aimer, qu’il rédige à son tour une lettre de divorce, la lui remette et la renvoie de chez lui, ou supposons qu’il meure. Dans ce cas, le premier mari qui l’a renvoyée n’aura pas le droit de la reprendre pour femme, car elle est devenue impure pour lui, et ce serait une chose abominable aux yeux de l’Éternel. Vous ne chargerez pas de péché le pays que l’Éternel votre Dieu vous donne en possession (Deutéronome 24.1-4).

Le but de cette loi n’est évidemment pas d’instituer le divorce, qui était un fait admis dès les temps anciens, mais de rendre la séparation conjugale définitive une fois qu’elle était suivie d’un second mariage de la femme. L’époux doit avoir un motif d’accusation bien déterminé et faire établir un document officiel ce qui protège son épouse contre ses caprices lunatiques. La lettre de divorce évite à la femme d’être renvoyée de manière arbitraire. Jésus a enseigné que le divorce ne devrait pas être, ce qui a hérissé le poil des religieux de son époque qui se sont référés à ce passage de la Loi pour en défendre le principe ; sur quoi Jésus a répondu :

C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de divorcer d’avec vos épouses. Mais, au commencement, il n’en était pas ainsi. Aussi, je vous déclare que celui qui divorce et se remarie, commet un adultère, sauf en cas d’immoralité sexuelle (Matthieu 19.8-9).

Verset 5

Je continue le texte.

Lorsqu’un homme vient de se marier, il sera dispensé du service militaire et on ne le chargera d’aucune obligation particulière ; il restera disponible pour son foyer pendant un an, et fera la joie de la femme qu’il aura épousée (Deutéronome 24.5).

Aucune responsabilité publique ne peut être confiée au jeune marié. Cette ordonnance touchante se préoccupe davantage du bonheur de la jeune femme que de celui du mari.

Versets 6-7

Je continue.

On ne prendra pas en gage les deux meules de son prochain, on ne saisira même pas celle du dessus, car ce serait prendre en gage ses moyens d’existence. Si l’on découvre qu’un Israélite a enlevé l’un de ses compatriotes israélites et l’a réduit en esclavage ou l’a vendu, cet homme sera puni de mort. Ainsi vous ferez disparaître du milieu de vous la souillure qu’entraîne le mal (Deutéronome 24.6-7).

Les deux pierres de meule, une fixe et une mobile servent à moudre le grain nécessaire à la nourriture quotidienne. Il est donc interdit de s’en saisir. Celui qui met en esclavage un compatriote défait l’œuvre de l’Éternel qui a délivré les Israélites d’Égypte. En conséquence, il a commis une faute de lèse-majesté contre Dieu qui demande la peine capitale.

Le reste du chapitre est une suite de prescriptions sans rapport logique les unes avec les autres, sur la lèpre, et surtout sur les rapports avec l’argent.

Versets 10-22

Je finis ce chapitre 24 en compressant.

Si tu prêtes quelque chose à ton prochain, tu ne pénétreras pas dans sa maison pour te saisir d’un gage ; tu attendras dehors que l’emprunteur t’apporte son gage à l’extérieur. S’il s’agit d’un pauvre, tu ne te coucheras pas sans lui avoir restitué le gage. Tu ne manqueras pas de le lui rapporter au coucher du soleil pour qu’il puisse s’en couvrir à son coucher en te bénissant, et l’Éternel ton Dieu considérera cela comme une marque de justice. Tu n’exploiteras pas l’ouvrier journalier qui est d’humble condition ou pauvre qu’il s’agisse d’un Israélite ou d’un immigré habitant chez toi dans ton pays. Tu lui donneras son salaire chaque jour avant le coucher du soleil, car étant pauvre, il attend sa paie avec impatience ; sinon il en appellerait à l’Éternel contre toi et tu porterais la responsabilité d’un péché. Tu ne fausseras pas le cours de la justice au détriment d’un immigré, ni d’un orphelin, et tu ne prendras pas en gage le vêtement d’une veuve. Quand tu moissonneras ton champ, si tu oublies une gerbe dans le champ, ne retourne pas pour la ramasser, laisse-la pour l’immigré, pour l’orphelin ou la veuve, afin que l’Éternel ton Dieu te bénisse dans tout ce que tu entreprendras. Quand tu secoueras tes oliviers, ne cueille pas ensuite ce qui reste aux branches, ce sera pour l’immigré, l’orphelin ou la veuve. De même, quand tu vendangeras ta vigne, n’y reviens pas pour grappiller ce qui reste, ce sera pour l’étranger, l’orphelin ou la veuve. Rappelez-vous que vous avez été esclaves en Égypte ; c’est pourquoi je vous ordonne d’agir ainsi (Deutéronome 24.10-22).

Ces ordonnances montrent bien que Dieu prend soin des plus faibles et qu’il ne veut pas qu’ils soient laissés pour compte. Ainsi, il est interdit de dépouiller le pauvre de son nécessaire pour vivre. Si j’avais vécu à cette époque, je n’aurais pas pu entrer dans la maison de mon prochain qui me devait de l’argent. C’était lui, le débiteur qui choisissait le gage qu’il voulait bien me remettre à moi, le créancier. Les Israélites doivent constamment se souvenir de l’immigré, de la veuve et de l’orphelin et s’assurer qu’ils ont de quoi vivre. Tout comme l’Éternel est venu au secours des Hébreux dans la détresse en Égypte, ils doivent à leur tour faire preuve de miséricorde envers les démunis. Nos législations sociales ne sont pas plus avancées que les ordonnances profondément humaines de la Loi de Moïse.

Chapitre 25

Verset 4

Je continue.

Tu ne mettras pas de muselière à un bœuf pendant qu’il foule le blé (Deutéronome 25.4).

Le blé était foulé par un bœuf qui tirait une sorte de herse et piétinait les épis. Les sentiments d’humanité qui dictent la plupart des préceptes précédents doivent être étendus aux animaux domestiques. Après avoir labouré péniblement le sol en automne et que vient la moisson, le boeuf ne doit pas être privé de jouir lui aussi du fruit de son dur labeur.

Mise à part une sollicitude envers les animaux, ce dicton concerne les rapports sociaux et veut dire que le travailleur a droit à des égards de la part de celui qui l’emploie.

Versets 5-6

Je continue.

Si deux frères demeurent ensemble et que l’un d’eux vienne à mourir sans laisser d’enfant, sa veuve ne se remariera pas en dehors de la famille ; son beau-frère l’épousera pour accomplir son devoir de beau-frère envers elle. Le premier fils qu’elle mettra au monde perpétuera le nom du frère défunt pour que ce nom ne s’éteigne pas en Israël (Deutéronome 25.5-6).

Cette ancienne coutume datant des patriarches (Genèse 38.8) s’appelle la loi du lévirat, parce qu’en latin « lever » veut dire beau-frère. En Palestine, hormis les descendants de la tribu de Lévi, toutes les familles possèdent des terres qu’elles cultivent. Quand un homme meurt sans laisser de fils, sa veuve se retrouve seule et sans soutien. Elle prend alors l’initiative de demander à son beau-frère qui habite le plus près de chez elle de l’épouser, peu importe qu’il soit marié ou pas, vu que la polygamie est acceptée. Épouser la veuve est un devoir que le beau-frère doit accomplir, d’une part envers sa belle-sœur afin d’assurer son existence, et d’autre part envers le défunt, pour que son nom ne disparaisse pas des registres d’état civil israélite, ce qui est une catastrophe qu’il faut éviter à tout prix. Cette coutume est brillamment illustrée par Ruth la Moabite dans le livre de l’Ancien Testament qui porte son nom.

Versets 7-10

Je continue.

Si cet homme n’a pas envie d’épouser sa belle-sœur, elle se rendra à la porte de la ville vers les responsables et leur dira : Mon beau-frère refuse de perpétuer le nom de son frère en Israël, il ne veut pas remplir son devoir de beau-frère. Alors les responsables de la ville le convoqueront et lui parleront. S’il persiste dans son refus d’épouser sa belle-sœur, celle-ci s’approchera de lui en présence des responsables, elle lui ôtera sa sandale et lui crachera au visage ; puis elle déclarera à haute voix : “ Voilà comment doit être traité l’homme qui ne veut pas constituer une famille pour son frère ! ” Dès lors, on surnommera la famille de cet homme en Israël “ la famille du Déchaussé ” (Deutéronome 25.7-10).

Si le beau-frère refuse d’épouser la veuve, elle le traîne en justice en quelque sorte et attire une certaine disgrâce sur lui et sa famille. Par contre, il est inconcevable que la belle-sœur ne veuille pas se marier avec son beau-frère parce qu’en Israël, ne pas avoir d’enfants était considéré comme le plus grand des malheurs. La sandale que la belle-soeur ôte du pied de son beau-frère symbolise la propriété. À la la cession d’un bien immobilier, l’ancien propriétaire ôtait l’une de ses chaussures et la donnait à l’acheteur montrant par là qu’il lui cédait ses droits sur la propriété.

Dans le cas qui nous occupe, elle déchausse son beau-frère, prenant les juges à témoin qu’il a honteusement manqué à son devoir de l’épouser. L’insulte est cinglante car les Israélites ne vont nu-pieds que dans les circonstances les plus lamentables.

« Le déchaussé » est une expression qui désigne donc un homme qui s’est montré déloyal envers son frère, sa tribu et sa nation, et qui ne respecte ni son honneur, ni celui de sa famille. Il faut aussi savoir qu’à cette époque, en Israël se marier n’est pas du tout un choix personnel et une histoire privée et individuelle, mais une affaire de famille où tout le monde a son mot à dire. Dans l’histoire de Ruth, le beau-frère a refusé de la prendre pour épouse et c’est le plus proche parent suivant, un certain Boaz et aïeul du roi David, qui l’a prise pour femme.

Versets 11-12

Je continue avec un passage désagréable.

Supposons que deux Israélites se battent ensemble et que la femme de l’un d’eux intervienne pour délivrer son mari des coups de son adversaire. Si elle empoigne ce dernier par les organes sexuels, vous lui couperez la main sans vous laisser apitoyer (Deutéronome 25.11-12).

Je me soumet à l’enseignement de toute la Parole de Dieu mais je dois avouer que cette ordonnance est dure à accepter. À côté de la loi du talion : « œil pour œil et dent pour dent », c’est la seule mutilation prescrite par la Loi de Moïse, alors que celles-ci étaient pratiquées à tour de bras par les autres peuples.

Versets 13-16

Je continue en simplifiant.

Tu n’auras pas dans ton sac deux sortes de poids différents : l’un plus lourd, l’autre plus léger. Tu n’auras pas dans ta maison deux mesures de capacité : l’une plus grande et l’autre plus petite. Car l’Éternel ton Dieu a en abomination ceux qui commettent de telles fraudes (Deutéronome 25.13-16).

Dans l’antiquité, l’utilisation de deux poids deux mesures par les marchands malhonnêtes, est relativement courante. Quand ils achètent de la marchandise, ils utilisent un instrument de mesure plus grand que ce qu’il est censé être, par exemple 1100 grammes pour un poids d’un kilo, et quand ils revendent leur poids ne fait plus que 900 grammes.

Versets 17-19

Je continue jusqu’à la fin du chapitre 25.

Rappelez-vous comment les Amalécites vous ont traités quand vous étiez en chemin après votre sortie d’Égypte ; sans aucun respect de Dieu, ils vous ont rejoints sur votre route et ont attaqué par derrière les éclopés qui fermaient votre marche, alors que vous étiez épuisés et à bout de forces. Lorsque l’Éternel votre Dieu vous aura assuré une existence paisible en vous délivrant de tous vos ennemis d’alentour, dans le pays qu’il vous donne comme patrimoine pour que vous le possédiez, vous détruirez les Amalécites de dessous le ciel pour effacer leur souvenir. N’oubliez pas de faire cela (Deutéronome 25.17-19; comparez Exode 17.14,16).

Comme je l’ai déjà dit, Dieu manifeste sa justice en prenant soin des faibles et des indigents et en châtiant les impies. Les Amalécites étaient un peuple sauvage, inhumain, lâche et perfide. Ils ont attaqué par surprise les arrières du peuple d’Israël en marche dans le désert ; après quoi, une bataille rangée en bonne et due forme les a mis en déroute. Saül, le premier roi d’Israël, aura ordre de les exterminer mais il n’obéira que partiellement. Ceux qui restent seront ensuite décimés par David, puis par la tribu de Siméon.

Chapitre 26

Versets 1-4

Nous arrivons maintenant au chapitre 26 qui commence par une belle cérémonie similaire à la fête annuelle des premiers fruits. Ce passage énonce la conduite liturgique à tenir pour l’offrande des premiers fruits du pays ainsi que pour la dîme tri-annuelle. Je commence à lire.

Lorsque vous serez arrivés dans le pays que l’Éternel votre Dieu vous donne comme patrimoine, lorsque vous en aurez pris possession et que vous y serez installés, chacun de vous prélèvera une part de tous les premiers produits du sol qu’il aura récoltés dans le pays que l’Éternel votre Dieu vous donne, il les déposera dans une corbeille et se rendra au lieu que l’Éternel votre Dieu aura choisi pour y établir sa présence. Il ira trouver le prêtre qui sera en fonction à ce moment-là et lui dira : Je déclare aujourd’hui devant l’Éternel ton Dieu que je suis entré dans le pays que l’Éternel avait promis par serment à nos ancêtres de nous donner. Le prêtre prendra la corbeille de sa main et la déposera devant l’autel de l’Éternel votre Dieu (Deutéronome 26.1-4).

Après la première récolte, dans leur nouveau pays, un échantillonnage des premiers fruits sera présenté à l’Éternel dans une corbeille. Cette offrande exceptionnelle n’a eu lieu qu’une seule fois. Elle signifie qu’Israël a pris possession du pays que l’Éternel a promis de donner à  ses pères. A Jacob, Dieu a dit : – Je suis l’Eternel, le Dieu d’Abraham ton ancêtre et le Dieu d’Isaac. Cette terre sur laquelle tu reposes, je te la donnerai, à toi et à ta descendance (Genèse 28.13). Cette cérémonie donne aux Israélites une magnifique occasion de rendre grâces à l’Éternel pour sa bonté et sa fidélité. Voilà un exemple à suivre pour chacun de nous.